
Michel Rocard met fin à soixante ans de combats politiques
Une porte-parole du groupe PSE au Parlement européen a annoncé ce mercredi que l'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard, 78 ans, allait renoncer prématurément, à la fin du mois, à son mandat d'eurodéputé. Il ne devrait pas se représenter, mettant ainsi un point final à plus de soixante ans de combats politiques.
Fils de résistant, énarque, il s'éloigne en 1955 du Parti socialiste, dont il était responsable de la branche étudiante, sur la guerre d'Algérie. En 1960, il participe à la création du Parti socialiste unifié (PSU), qui rassemble des dissidents socialistes comme lui, des chrétiens de gauche et d'anciens communistes.
Nommé secrétaire général du PSU en 1967, il se présente à la présidentielle en 1969. Le 9 mai au Lutétia, il explique sa stratégie… qui ne lui attirera qu'un peu plus de 3% des suffrages. (Voir la vidéo)
Après avoir soutenu la candidature de François Mitterrand à la présidentielle de 1974, il rejoint le Parti socialiste la même année. Deux ans plus tard, il est élu maire de Conflans-Sainte-Honorine. Il se brouille à la même époque avec Mitterrand, pour lequel il se désiste tout de même lors de la présidentielle de 1981. Le soir de la victoire, il harangue les foules à la Bastille : « Nous voulons tous que ce pays change. » (Voir la vidéo)
Nommé ministre du Plan dans le premier gouvernement de Pierre Mauroy, il devient ensuite ministre de l'Agriculture en 1983. Il démissionne en 1985. Retour aux responsabilités nationales en 1988 : François Mitterrand réélu le nomme à Matignon. Le 29 juin 1988, il prononce son discours de politique générale, qui annonce le « style Rocard » : « Je rêve d'une politique où l'on est attentif à ce que l'on dit et pas à qui le dit. » (Voir la vidéo)
Le 26 juin, il fait signer aux frères ennemis de Nouvelle-Calédonie les Accords de Matignon sur le droit à l'autodétermination. (Voir la vidéo)
Le 12 octobre de la même année est institué le Revenu minimum d'insertion, autre grande réussite de son passage aux affaires : « L'espoir, c'est aussi permettre à ceux qui sont le plus durement frappés, que notre société laisse partir à la dérive, que la marginalité guette, d'avoir droit à une deuxième chance. » (Voir la vidéo)
Le 15 mai 1991, François Mitterrand, avec qui il est de plus en plus en opposition, lui demande de présenter sa démission. Il est remplacé par Edith Cresson. Deux ans plus tard, il parvient à prendre le contrôle du parti après la déroute aux législatives, avec un slogan : le « big-bang ». (Voir la vidéo)
Après une nouvelle défaite aux Européennes, il démissionne du poste de premier secrétaire en 1994. Elu sénateur l'année suivante, il démissionne de ce mandat pour choisir le Parlement européen. La même année, il débat avec Nicolas Sarkozy sur le chômage et la précarité dans « La Marche du siècle ». (Voir la vidéo)
En 2005, il s'illustre dans le combat pour le logiciel libre, puis,en 2008, en prenant à plusieurs reprises fait et cause pour le président Sarkozy, en qui il voit le représentant d'« une droite réformatrice et intelligente ». Un soutien exploité par le chef de l'Etat. (Voir la vidéo)
A lire aussi :
► Nouvelle-Calédonie : l'aveu de Rocard sur l'affaire d'Ouvéa
► A La Rochelle, Rocard se fait huer pour un nouveau tacle à Royal
► La bio de Michel Rocard sur Wikipedia
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De Janus 333
Slainte! | 20H16 | 14/01/2009 |
Certainement un homme politique de grande qualité, quoiqu'on en dise, car il est de bon ton aujourd'hui chez certains à gauche de lui tomber dessus à bras raccourcis, peut-être à cause de son opposition affichée à la madone du PS. Il laissera quelque part un goût d'inachevé, il faut dire que Mitterrand a veillé à ce qu'il ne monte pas trop haut…Certaines prises de position récentes quelque peu indulgentes à l'égard du nain de jardin ont terni son aura. Dommage !
De TARPON
20H21 | 14/01/2009 |
Sa grande erreur fut de ne pas rester un opposant » à Miterrand ,il aurait pu alors devenir incontournable.Mais ,sans avoir le manque de courage d'un Jacques Delors ,il a quand meme cédé tres vite à la vanité du pouvoir.On se souviendra de ses discours tellement inaudibles qu'on peut se demander s'il les entendait vraiment.
De jmax 3111
20H35 | 14/01/2009 |
j'ai eu à le côtoyer lors du combat contre les brevets logiciels. En une heure, il avait tout compris et a su monter une stratégie diabolique : aller dans le sens des brevets logiciels et amender de telle sorte que les brevets logiciels sont devenus interdits en Europe ! Du très grand art de la part d'un véritable homme d'Etat ; ils sont si rares en France et en Europe.
chapeau, Monsieur
De Dominique52
(technicien salarié) | 22H00 | 14/01/2009 |
il aura réussi les accords de Matignon sur la Nouvelle Calédonie, et ça n'était pas à la portée de n'importe qui…
Je crois que contrairement à de nombreux autres responsables politiques il a été marqué tout au long de sa vie politique par un trait de caractère qui est à la fois un honneur et un handicap : des scrupules, des doutes, des interrogations.
A part lui, Beregovoy et Delors ils ne sont pas nombreux chez qui on a pu déceler ce genre de sentiments plus ou moins forts.
En tout cas c'est quelqu'un de brillant. Dommage que comme tout homme vieillissant il vire au conformisme et au conservatisme sans même le percevoir.
De Thomas GREDAT
| 22H04 | 14/01/2009 |
Une figure de la politique française contemporaine, droite et gauche confondues. Et une décision qui s'imposait : il faut savoir s'arrêter. Peut-être Michel Rocard aurait-il dû renoncer plus tôt à la politique, il y a un ou deux ans, quand il n'était même plus une autorité morale.
Michel Rocard était indépendant, doté d'une forte personnalité. Il en fallait pour tenir tête à Mitterrand, même si ce dernier, indiscutablement, était le plus fort des deux. Rocard a fait une excellente carrière politique, vous rappeliez son bilan de Premier Ministre. Mais son passage à Matignon l'a aussi usé. Je devrais plutôt dire : « Mitterrand l'a usé ». Rocard n'a plus jamais retrouvé son épaisseur politique après son départ de la rue de Varenne.
Quant à son penchant de fin de carrière pour Sarkozy… L'homme était-il un naïf, ou au contraire très intelligent ? Le calcul politique n'était pas son fort, malgré ses efforts. Je ne dis pas qu'il fut toujours honnête, je dis qu'il a toujours manqué de vice. Contrairement à son ami de la promotion Vauban de l'ENA, Jacques Chirac. Qui tenta de l'imposer comme ministre de l'Education nationale à Jospin, qui se contenta de répondre par le silence. Michel Rocard, qui attendait dans les jardins de l'Elysée, fut surpris par le journaliste Daniel Carton. Triste fin de carrière. Oui, décidément, Michel Rocard aurait dû se retirer plus tôt.
D'autres, au Parti socialiste, devraient suivre son exemple, au lieu de s'évertuer à être après avoir été.
De latypik
01H18 | 15/01/2009 |
Il y a quelques années, alors que j'étais membre de la Fédération des Français de l'Etranger du PS, j'ai participé à une réunion commune avec lui rue de Solférino. J'avais une bonne image de lui car il était le héros de mes parents et parce qu'il m'apparaissait comme un sage désormais dénoué d'ambition.
Un camarade lui a posé une question qui visiblement l'embarrassa sur les relations amicales qu'il entretenait avec certains gouvernants africains pas très portés sur la démocratie. Ce camarade était lui-même de ce continent et vivait sur place. Il posa sa question très courtoisement, semblant attendre confiant un démenti ou bien une explication acceptable par tous.
Rocard est alors entré dans une colère noire ! Il se leva menaçant de partir et lançant « je me croyais entouré d'amis ici ! ». Tout le monde en resta pantois et je dois dire que depuis cette anecdote il m'est apparu beaucoup moins sympathique…
De framboise92
Je refleurirai un jour ! | 06H55 | 15/01/2009 |
Merci à Rocard d'avoir essayé de mettre la gaucheau pouvoir après soixante huit. Je lui en sui reconnaissante. Il est facile d'oublier…je n'oublie pas !