Le président de la République, Nicolas Sarkozy, vient à nouveau d'actionner la machine à lubrifier les egos pour sortir le gouvernement d'une impasse face au « malaise des jeunes ». Après Bernard Kouchner, Rama Yade, Fadela Amara, Eric Besson, la soif de reconnaissance reste un levier assez puissant pour inciter des personnes à jouer les pompiers leurrés.
A l'égard de l'opinion publique, la nomination de Martin Hirsh et de Richard Descoings, le premier à la Jeunesse, le second pour la réforme des lycées, vise avant tout à rassurer les familles des classes moyennes de sensibilité de gauche, qui donnent du crédit politique à ces deux personnalités.
Commission n'est pas concertation
Les interlocuteurs ont changé, mais les termes aussi. Fini les petites phrases méprisantes d'un Xavier Darcos sur les rituels lycéens. Les nouveaux mots d'ordre « communicationnels » de la majorité sur les plateaux de télévision ou sur les ondes radiophoniques sont désormais « concertation », « temps d'écoute », « malaise des jeunes ». Une nouvelle fois, le président de la République s'installe dans la peau du sauveur, lui qui avait demandé à son ministre de l'Education d'imposer des réductions d'effectifs sans précédent et de tenir le cap.
Ce changement d'orientation est-il une bonne nouvelle pour l'éducation en général et les élèves en particulier ?
Signalons tout d'abord que le principe d'une commission n'a pas pour effet automatique la mise en place d'une concertation, comme nous le démontre la réforme de l'audiovisuel et la commission Copé. Au passage, l'application d'un article de loi (suppression de la publicité après 20 heures) alors que celle-ci n'a pas encore été votée -fait sans précédent dans l'histoire de la Ve République- révèle un grave déficit démocratique de notre société qui n'a pas provoqué beaucoup de réactions en dehors des bancs des sénateurs.
D'autre part, l'arrêt des suppressions de postes dans l'enseignement, principale revendication du mouvement lycéen et enseignant, n'a pas été satisfaite. Richard Decoings, dans son nouvel habit, a beau jeu de claironner que la réforme du lycée se fera sans suppressions de poste, celles-ci continueront au collège et à l'école primaire.
L'école primaire, grande oubliée de ce virage stratégique
Les décisions prises par Darcos concernant les Rased et la suppression des cours le samedi matin ont été des coups sévères portés aux chances de réussite des élèves et c'est dans ce contexte que les deux nouvelles figures de la « modernité politique ». En cela, l'école primaire, maillon essentiel de la politique éducative, est la grande oubliée de ce virage stratégique.
En réalité, la peur d'une dérive « à la grecque » de la jeunesse française a obligé Nicolas Sarkozy a réagir en piochant dans son carnet d'adresses quelques noms bien sentis. Cela ne tient pas lieu de politique de l'éducation à l'heure où les réformes sont nécessaires tant les inégalités scolaires sont criantes.
Tout ceci ne serait pas très grave si ces tours de passe-passe n'affectaient pas le politique dans son ensemble. Or, la nomination de Richard Descoings est aussi une aberration politique. Celui qui a initié un partenariat entre Sciences-Po et des lycées ZEP pour lutter en faveur de l'égalité des chances travaille dorénavant pour un gouvernement qui a, en supprimant la carte scolaire, aggravé les inégalités scolaires, comme l'a démontré un rapport d'inspecteurs de l'Education nationale il y a quelques mois.
Les stratégies politiques à court terme ne sont pas seulement inefficaces, elles alimentent la confusion démocratique.




















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De in girum
17H58 | 13/01/2009 |
merci Sébastien, excellent. en conclusion je dirais même plus, les stratégies politiques perverses peuvent se montrer tout à fait efficaces pour alimenter le recul de la démocratie.
heureusement il reste les étudiants …
De ALLAIN JULES C@MMUNICATION
18H03 | 13/01/2009 |
Je ne sais pas vraiment pourquoi Richard Descoings a accepté de s'engager dans cette galère. Science Po donne-t-il le droit, parce qu'on y a réussi, à faire cet amalgame bidon ?
Concertation ? Je crois rêver.
Ils vont échouer lamentablement.
http://www.agoravox.fr/article.php3 ? id_article=49936
De Kipple
Exilé | 19H06 | 13/01/2009 |
Laissez quand même une chance à Descoings, qui a quand même modernisé et décoincé une institution qui peinait à s'adapter, Sciences Po. Il a fait de très bonnes choses avec les Conventions Education Prioritaire
De Suzanna
09H40 | 14/01/2009 |
Les conventions de Descoing ne touchent qu'une très grande minorité d'élèves et d'établissements. Elles ne sont absolument pas généralisables à la France entière, sauf à donner BEAUCOUP de moyens aux Lycées, précisément ce dont Sarko ne veut pas.
Encore un coup de com, comme d'hab.
à ALLAIN JULES C@MMUNICATION
De désinscrit à sa demande
Entrepreneur | 08H54 | 14/01/2009 |
La gauche française, Dieu merci, ne se limite pas à l'extrême-gauche altermondialiste ou à l'extrême-gauche rouge-brun, ou aux néo-staliniens ou néo-trotskystes, comme pourrait le faire croire une lecture des contributions de ce blog. Il existe aussi une gauche de gouvernement non-infantile
à désinscrit à sa demande
De compte sup. à la demande du riverain 25.08
chat de garde | 12H27 | 14/01/2009 |
Salutre, Gaetan !
De Hatamoto
18H03 | 13/01/2009 |
Encore un « le peniste » de plus : « Socialement à gauche, économiquement à droite ».
Quand j'étais enfant (vers disons 10 ans) je regardais déjà les débats politiques.
Je ne sais pas trop ce que j'arrivais à comprendre, mais j'avais bien compris qu'il y avait les « gentils » (la gauche) et les « méchants » (les autres) (et oui, tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes : p ).
Et quand deux politiciens de bords opposés étaient d'accord sur un sujet, j'étais trés mal à l'aise, comme si quelque chose n'allait pas et ça me faisait peur.
Aujourd'hui j'ai toujours cette peur, mais je sais maintenant pourquoi : quand gauche et droite sont unanimes, je sais que c'est moi qui trinquerai tôt ou tard !
De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 18H13 | 13/01/2009 |
Toutes les initiatives de N$ se fracassent contre cette évidence. La démocratie est en train de devenir une simple toile de fond en trompe l'œil.
Personne ne se laisse plus abuser.
Seuls font semblant d'y croire ceux qui ont besoin de se faire lubrifier l'égo sans redouter une dérive à la grecque.
Image audacieuse : -) dans un article excellent.
De dalun
18H29 | 13/01/2009 |
Zégo zégo zégo-land ..Article bien écrit , la « communicationnalité » (hé oui ) va flinguer la parole et l'écoute . ! Pas bien : 5/50 , c'est tout ce que valent ces communicants .
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 18H38 | 13/01/2009 |
J » ai la flemme de chercher , mais il me semble que c'etait le génial Balladur , qui avait envoyé dans les années 90 un ( des) million(s) de questionnaires à remplir par les lycéens pour leur demander ce qu » ils voulaient . Cette forme de consultation populiste avait couté un max de pognon et avait demandé un temps enorme pour tout depouiller . Le tout aurait pu etre fait pour beaucoup moins cher et beaucoup plus vite avec un ou deux sondages intelligents pour obtenir le meme resultat , completement nul d » ailleurs , si je me souviens bien .
à Numerosix
De 101.7
Promeneur | 18H56 | 13/01/2009 |
« J » ai la flemme de chercher , mais il me semble que c'etait le génial Balladur »
C'est presque sûr si j'en crois cette source :
http://www.alternatives-economiques.fr/le-questionnaire-envoye-par-e--ba…
Ce fût d'après ce que ma mémoire laisse remonter un beau fiasco, comme le carnet santé de l'inénarrable ministre de l'époque et actuel membre de la commission européenne dont le nom par contre ne me revient pas.
P.S. Pour rappel : kicéty qui était le ministre du budget de l'époque ?
Ben oui… Zident 1er empereur des 53%
à 101.7
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 22H58 | 13/01/2009 |
« L'inénarrable ministre de l'époque et actuel membre de la commission européenne » se nomme Jacques Barrot, c'est le mentor de Wauquiez et c'est lui aussi qui a piqué plus de deux millards dans les fonds agricoles de l'UE pour les mettre dans les satellites Galiléo ceci sans faire trop de bruit pour éviter la colère des agriculteurs qui, dans son département d'origine la Haute-oire, votent massivement pour lui.
à Servais-Jean
De 101.7
Promeneur | 23H20 | 13/01/2009 |
Bingo !
Je recherche sur wikipédia et que vois-je ?
Non, ce n'est pas une blague, Barrot et barreau même combat. Il a le CAP d'avocat.
Hortefeux a t-il un CAP de pompier ?
Alliot-Marie un Certificat de virginité ?
Besson a t-il fait des études de liftier ?
Létard un CAP d'horloger ?
Laporte était-il huissier ?
Je ne parle pas du premier des ministres, car mon jeu de mot ne marche qu'en phonétique.
à 101.7
De ericj
23H39 | 13/01/2009 |
« Je ne parle pas du premier des ministres, car mon jeu de mot ne marche qu'en phonétique. »
Sa politique, aussi ! : )
à Numerosix
De félicité-mafoi
19H19 | 13/01/2009 |
Et d'ailleurs, « on » s'est dépêché d'oublier les réponses de ce questionnaire qui n'étant pas nominatif (et je crois même qu'il avait été envoyé aux familles et non pas aux lycéens) pouvait être rempli par n'importe qui.
Il faut préciser que lesdits lycéens réclamaient des cours d'arts plastiques et de musique … tsss tsss pas vraiment dans l'air du temps puisque « les nouveaux décideurs » veulent, eux, imposer des cours d'économie …
De Suzanne Citron
Historienne et auteure | 19H28 | 13/01/2009 |
La politique du saucissonnage
Martin Hirsch, pour la « jeunesse » Richard Descoings pour « le lycée », mais encore (jusqu'à nouvel ordre) Xavier Darcos pour l'ensemble du système scolaire,mais aussi Fadela Amara, dont personne ne parle, pour la ville et les « banlieues » où les « jeunes » sont nombreux.
En toile de fond, quel projet, quels objectifs. Sebastien Ledoux a raison de rappeler les mesures imposées à l'école par Darcos : suppression du samedi, « nouveaux » programmes, démantellement des RASED. Mais cette fois on touche au fond du désordre et de l'absurde. Silence sur les précédentes « réformes » du Ministre et sur le malaise engendré. Cette nouvelle lubie de l'omni président apparaît comme totalement déconnectée du réel. Une réforme du lycée sans distanciation critique de l'ensemble du système éducatif, en aval d'un collège qui est par excellence le lieu de toutes le difficultés et de tous les échecs et reste totalement absent du discours.
Martin Hirsch dans une interview au Monde parle de mission transversale, d'expérimentation. Mais pour qui, pour quoi et comment ? La « jeunesse » ainsi posée est un concept vague hors de toute définition sociologique et coupé de tout terrain. Expérimenter sur quoi ? E t quelle transversalité opérer quand, institutionnellement sont concernés le cabinet du premier ministre (commissariat de Hirsch), l'éducation nationale (le lycée), mais aussi la ville, les affaires sociales, la culture… Comment faire sans décloisonnement institutionnel et administratif des ministères concernés ?
à Suzanne Citron
De désinscrit à sa demande
Entrepreneur | 14H58 | 14/01/2009 |
Madame, je SAIS que vous êtes une Universitaire remarquable, mais je suis absolument certain que si vous étiez nommée Ministre de l'EN et que vous entrepreniez des réformes, vous verriez immédiatement se lever une levée de boucliers contre vos réformes, qui pourtant, j'en suis sûr, seraient excellentes. Toutes les réformes proposées sont immédiatement diabolisées et combattues avec âpreté. Et maintenant c'est d'autant plus facile pour les profs qu'ils n'ont même plus besoin de faire grève : les lycéens font le boulot à leur place : c'est la grève par procuration. Ne trouvez-vous pas choquant que les adultes s'agenouillent ainsi devant ces lycéens ? Est-ce qu'ils ont compétence pour décider quelle doit être la politique de la France en matière d'Education ?
à désinscrit à sa demande
De éternellerebelle
enragée ! | 18H24 | 14/01/2009 |
Les lycéens nous montrent l'exemple,organisés en coordinations,ils
sont l'espoir des grands chambardements et de l'insurrection qui vient
ils ne sont pas encore des moutons soumis ,leur enthousiasme,leur
spontanéité,ont toujours fait peur aux pouvoirs
leurs luttes dépassent le cadre de l'éducation,ils veulent changer le
monde ,ils sont notre espérance
Rejoignons-les le 29 janvier dans la GRÉVE GÉNÉRALE
et surtout faisons en sorte que cette gréve soit RECONDUITE
car une gréve d'une journée ne suffira pas à licencier la mafia qui nous enfume il faudra déborder l'appel à minima des syndicats
réformistes et collabos ! ! !
Votre interrogation sur la compétence des lycéens à s'occuper de la politique éducative est pour le moins curieuse !
Cette jeunesse s'occupe de son avenir ,et de bien d'autres problémes concernant le monde ,cela me semble naturel !
http://lecrc.forumactif.fr/organisation-de-la-mobilisation-f35/calendrie…
à éternellerebelle
De désinscrit à sa demande
Entrepreneur | 18H28 | 14/01/2009 |
Vous dites n'importe quoi, vous n'avez vraiment pas peur d'écrire de grosses sottises !
De verotanf
père de famille | 19H42 | 13/01/2009 |
la participation de Martin Hirsh à ce gouvernement pour exclusivement la mise en place du R.S.A. pouvait (peut-être) se défendre. Mais s'il accepte sa nouvelle nomination, il cautionne les (nombreuses) dérives passées, présentes et futures du chef de l » état.
De Andalouse
19H48 | 13/01/2009 |
Vous serait-il possible d'éviter les termes aussi injurieux et vulgaires que : pute alter-mondialiste et enculés ?
à Andalouse
De mick69
20H07 | 13/01/2009 |
Les injures viennent d'un troll qui inonde le site en ce moment, probablement dans l'espoir que les commentaires soient fermés et qu'il n'y ait plus de liberté d'expression sur Rue89 (en particulier au sujet de Gaza si j'ai bien décodé le message)
à Andalouse
De ericj
21H03 | 13/01/2009 |
Vu d'où ça vient, c'est à prendre comme un compliment. ; )
De papy55
prof. en province | 20H59 | 13/01/2009 |
Depuis longtemps le bluff, les « bandes annonces » et les artifices de communication font office de politique et la casse continue : tout doit passer à la moulinette d'un libéralisme outrancier !
Mais les réalités de terrain sont de plus en plus difficiles à grimer : de plus en plus de gens ne peuvent plus se soigner correctement -on laisse entendre que c'est la faute au système-, l'accès aux études devient de plus en plus inégalitaire malgré quelques opérations de discrimination positive largement médiatisées -nos responsables veulent en fait priver le plus grand nombre d'un droit d'accès à des études supérieures au prétexte qu'il manque des bras, il suffit de supprimer quelques filières en amont- , les services aux personnes agées sont refilées aux Conseils Généraux que l'on veut supprimer……
La crise (faillite du système ! ) a fini par éclater….mais n'a rien changé à la « feuille de route » , sinon que l'on a trouvé en quelques jours des milliards pour les banques, milliards que devront « rembourser » les 80% les plus modestes de la population… !
De Lairderien
00H02 | 14/01/2009 |
Excellente et longue analyse qui peut se résumer ainsi :
Notre présiment à fait du blablabla (comme d'hab) pour dresser un nouvel écran de fumée en masquant ses échecs répétés et faire causer dans les chaumières ! ! !
De kiki21120
sans emploi | 01H22 | 14/01/2009 |
A quand une commission tenue par un commissaire regroupant toutes les idées plus ou moins lumineuses venant des nombreuses divisions étatiques traitant de la jeunesse, afin de mieux la ficher.
Il y a environ 40 on était jeune à 20 ans avant 25 ans, on était marié et avait fondé une famille ; désormais à 30 ans on est toujours jeune et surtout précaire.Quand on sera jeune à 40 ans la société sera dans le talon de fer*, l'oppression totale.
* le talon de fer livre de Jack London très éloquent ;
De Hulk
Gros con de droite | 03H13 | 14/01/2009 |
Sarkozy veut pouvoir réformer sans que se forme un front du refus. Avec la crise qiu va être dure, il est donc obligé de finasser. Il est probable qu'il n'y aura que des habillages de forme cependant, et pas de changement sur le fond.
Et c'est tant mieux ; il n'y aurait rien de pire que de suspendre les réformes ; de mal barrée, la France passerait au statut foutu.
De désinscrit à sa demande
Entrepreneur | 08H23 | 14/01/2009 |
Hier, Juan Pablo nous a quittés après avoir vu un de ses posts supprimé. Il écrivait entre autres, ceci :
« Ce n'est pas à 4 pisseuses de lycée analphabètes de décider quelle est doit être la politique de la France en matière d'éducation ». ( fil Israël/Palestine)
Chers coblogueurs, pensez-vous que cela justifiait une telle sanction ? Merci.
à désinscrit à sa demande
De papy55
prof. en province | 09H25 | 14/01/2009 |
JPdT remplacé par LMD ?
à papy55
De désinscrit à sa demande
Entrepreneur | 09H34 | 14/01/2009 |
Plaît-il ?