Bachelot confie la santé à un chasseur de têtes
C'est une offre d'emploi d'apparence anodine : on cherche un « manager de haut niveau » pour « un projet innovant et d'envergure ». Sauf qu'elle émane du ministère de la Santé, qui a confié le recrutement de hauts fonctionnaires à un cabinet privé. Et le poste -directeur d'une Agence régionale de santé- n'existe pas encore : Roselyne Bachelot doit encore obtenir l'accord du Parlement.
L'offre a été publiée dans Le Monde daté de ce lundi, mais aussi sur le site Cadremploi. Une petite annonce pour une grande réforme : l'unification de tous les acteurs locaux de la santé publique sous une autorité commune. Les 26 Agences régionales de santé (ARS) contrôleront notamment les hôpitaux publics, les Ddass et l'assurance-maladie.
Des candidats venus du public comme du privé
Le directeur général d'une ARS devra donc être à la fois « stratège », « créateur de liens et négociateur » et « pilote et organisateur du changement », explique l'annonce. Mais il devra aussi se soumettre à un mode de recrutement inédit. Plus besoin de sortir de l'ENA ou de passer un concours spécifique, comme celui réservé aux futurs directeurs d'hôpitaux.
L'appel d'offres du ministère de la Santé a été publié discrètement, en novembre. Son objet ? « Organisation d'un appel à candidatures, constitution d'un vivier et évaluation et gestion des candidatures. » Pour constituer ce « vivier », l'Etat a retenu le cabinet Eric Salmon & Partners, spécialisé dans la recherche de cadres dirigeants pour la finance ou l'industrie.
Le mélange public-privé ne s'arrête pas là. Les candidats pourront être aussi bien des fonctionnaires que des cadres du privé, souligne-t-on chez Eric Salmon & Partners. Ils devront simplement disposer d'au moins quinze ans d'expérience du management à un haut niveau, pas forcément dans le domaine de la santé.
Une « short list » de trois noms
Qu'ils soient issus du public ou du privé, les candidats devront tous se soumettre aux entretiens et aux tests du chasseur de têtes. Comme le préconisait un rapport remis en janvier 2008 à Roselyne Bachelot, le cabinet fournira au ministère une « short list » de trois noms pour chaque poste à pourvoir.
Les méthodes publiques reprendront ensuite le dessus : les directeurs seront nommés au conseil des ministres. Avec un même titre, mais des statuts différents. Les directeurs issus du privé ne deviendront pas fonctionnaires, mais simples « contractuels », liés à l'Etat le temps de leur mission.
Bénéficieront-ils aussi d'une rémunération différente ? Chez Eric Salmon & Partners, on se refuse à aborder la question. Eco89 a aussi contacté le cabinet de Roselyne Bachelot, sans réponse pour l'instant.
Autre inconnue : quand les ARS verront-elles le jour ? Dévoilé cet automne par Roselyne Bachelot, le projet de loi n'a pas encore été soumis aux parlementaires. La petite annonce de la ministre invite donc les candidats à la patience, en les avertissant que « les nominations auront lieu au printemps ». Si le Parlement le veut bien.
► A lire aussi : l'article de Jean Matouk sur la réforme de l'hôpital
Photo : manifestation des internes hospitaliers contre les réductions budgétaires le 21 mars 1997 (Regis Duvignau/Reuters), Annonce de recrutement des directeurs généraux de santé parue dans Le Monde.
- 13327 visites
- 76 réactions















28







Sarkozy a dit que le probleme de l'hopital était avant tout d'organisation... alors, on va recruter de gens venant du privé pour faire le taf et mettre au pas les autres... le management venant de l'entreprise devrait le faire... On pourrait imaginer que l'on recrutera des cadres du commerce par exemple...
Du coup, quand on dit qu'il n'y a pas de sous pour augmenter le personnel de l'état ou pour autres choses, on va certainement en trouver pour financer ces cadres venant du privé... qu'il faudra bien payer... et je doute qu'on va leur dire qu'il faut pas trop demander de salaire car ce sont les impots des gens qui payeront les salaires...
De plus, le poste est peut-etre déjà pourvu de longue date... mais on passe l'annonce pour la forme tout simplement...
Finalement, cela fait penser que le patron du Pole Emploi vient de voir son salaire augmenté... une augmentation de 20% de sa rémunération portée de 230 à 275.000 € bruts par an... Cela peut peut-etre donné un ordre d'idée du salaire...




Partager