Haro sur les caisses de supermarché sans caissière
Mardi 6 janvier, sortie des cours et direction le supermarché le plus proche pour réapprovisionner mon frigo vide. J'arrive à l'entrée et remarque de nouveaux petits boîtiers, alignés par dizaines et dont l'aspect physique se situe entre la Game Boy et le vieux GPS.
Comme la seule explication était « trois avantages » et qu'il n'y avait personne du magasin à proximité, j'ignore l'« engin » et franchit les portes de l'hypermarché. Courses classiques d'étudiant : un kilo de pâtes, dix steaks hachés surgelés, quelques fruits (il paraît qu'il faut en manger dix par jour), du lait, du jus de fruit et des œufs. Je me suis permis deux extras, une nouvelle serviette de bain et une poêle.
Jusque-là, rien de bien exceptionnel, et des prix toujours en hausse… La nouveauté est venue à la caisse. En effet, il y avait seulement trois caisses « classiques » ouvertes. Pour un hypermarché de cette taille, c'était ridicule. Les files d'attente s'étendent jusqu'à quinze mètres dans les rayons.
Quand je parle de caisse « classique », je fais référence à une caisse équipée d'une caissière. Car il y avait une dizaine de caisses « automatiques » ouvertes, mais limitées à dix articles. Pour les superviser, une seule présence, celle d'un agent de sécurité. Et enfin, deux autres caisses spécialement aménagées pour les Game Boy de l'entrée.
Il faudra s'y faire !
Trente minutes d'attente, énervement de certains, tentative de doublement d'autres… Bref les files d'attente que nous connaissons tous et dont le degré d'énervement augmente avec la longueur de la file. Enfin mon tour arrive.
Je demande à la caissière pourquoi si peu de caisses sont ouvertes. Elle me répond que c'est parce qu'il y a les soldes demain et, moins directement, parce qu'à terme tout sera surement automatisé donc il faudra s'y faire ! Montant total : 64 euros, je n'aurais pas dû prendre la serviette…
Cette petite aventure m'a surtout permis d'entrevoir le supermarché du troisième millénaire. D'abord, plus de contact humain, que des machines. Ensuite, à nous de passer nos achats à la caisse donc plus besoin de payer des caissières (déjà sous-payées).
Cela va provoquer quelques changements mais ce qui ne change jamais, c'est l'augmentation constante des prix. La grande distribution tire sans cesse ses coûts vers le bas (marges arrière, pressions sur les fournisseurs,
baisse de qualités des produits, suppressions de postes, etc.) et pourtant les prix augmentent, toujours, même si ce n'est que de quelques centimes par mois. Nous le constatons tous.
En sortant, je ne peux m'empêcher de ressentir la même chose que lorsqu'on m'a vendu vingt euros la photo où je pose avec le vrai Père Noël. En espérant avoir été pessimiste sur l'avenir de la grande distribution, bons soldes à tous !
- 13657 visites
- 141 réactions













28







J'ai essayé ça aussi l'autre jour pour la première fois, justement pour gagner du temps parce qu'il n'y avait énormément de monde derrière les caisses traditionnelles.
Avantage :
-ça va plus vite
Question :
- à terme moins de boulot pour les caissières. Et une question : mieux vaut-il avoir de nouveaux emplois qualifiés pour inventer et produire de telles machines ou préserver des emplois sous-payés et peu valorisés comme celui de caissières ?
Le problème ce n'est peut-être pas la perte de ce type d'emplois, c'est peut-être plutôt la capacité du pays à recaser les gens par des politiques de formation adaptées.
Désavantages :
-Utiliser ces caisses automatiques revient plus cher aux consommateurs, puisque dans le supermarché où je les ai testés elles ne prenaient pas en compte les réductions indiquées en rayon. Réduction que la plupart du temps les caissières prennent en compte manuellement. Et hop une réduction de 50centimes promise en rayon et disparue à la caisse.
-Dans une logique purement économique sans âme, les clients qui utilisent les caisses automatiques devraient payer moins cher normalement.
Le prix du produit correspond à un certains nombres de coûts fixes + la marge du supermarché ( CF) et maintenant à un coût variable, celui de la caissière (Cv1) ou celui de la caisse automatique (CV2)
Le prix du produit (P) = CF + CV1
Cv1 > Cv2 donc P> CF+ CV2.
pour que le consommateur utilise plus ces machines, la différence (D) entre P et (CF + CV2) devrait être répartie équitablement entre le consommateur et le supermarché.
Ainsi chacun y trouverait son compte (sauf les caissières). Pour l'instant, l'avantage n'est qu'au profit du supermarché donc la conclusion de l'article est juste « ce qui ne change jamais, c'est l'augmentation constante des prix ».




Partager