
Visite de Rue89 ou la découverte du facteur humain
Figurez-vous que j'ai fini par franchir le pas : le modeste riverain que je suis s'est résolu à débouler dans les locaux de ma petite Rue89. J'étais un peu intimidé en pénétrant impromptu dans cet endroit. Tous ces yeux interrogateurs qui se fixent soudain sur vous !
Vous pouvez toujours le fréquenter à longueur de jours, un site d'information brasse avant tout de l'info, des idées, de la com'. Même si vous y participez assidûment avec vos commentaires, que vous vous échinez à distinguer la bouille des auteurs sur les petites vignettes-photos qui illustrent leurs articles, les infos, les idées et la com » que vous y découvrez demeurent fâcheusement désincarnées. Oui, oui, fâcheusement !
Parce que les infos, les idées et la com », c'est la vie. Et la vie désincarnée, sans cette indispensable épaisseur humaine, ses odeurs, ses regards et ses bas du dos, c'est un peu fadasse. Et vous-même, privé de cette présence physique, obnubilé seulement par votre clavier de commentateur échauffé, vous vous laissez parfois aller à des débordements que vous regretterez sitôt franchie la porte de ceux à qui vous vous adressiez « aveuglément ».
L'optimiste tragique
Alors voilà, c'est fait, j'ai franchi la porte et je les ai vu(e)s. Oh pas longtemps, mais déjà suffisamment. Quand ceux que vous côtoyez sans vraiment les connaître prennent corps, l'idée que vous vous faisiez d'eux, la connaissance que vous croyiez avoir d'eux, changent presque instantanément de perspective.
À l'inverse, eux-mêmes vous renvoient tout aussi instantanément une image de vous que vous ne soupçonniez pas forcément. « Le Yéti, vos textes sont d'un pessimisme invétéré. » Quoi ? comment ? moi, « pessimiste » ? ? ?
Au début vous vous défendez. Mais pas du tout ! Je suis au contraire d'un optimisme forcené ! L'effondrement de l'Empire capitaliste que j'essaie de décrire de commentaires en commentaires est une des choses les plus heureuses qui soient arrivées au monde depuis des décennies, une lumière salvatrice après les mornes années de fric des eighties, les sinistres et mafieuses années 90 et suivantes. Même si on ne sait pas ce que nos cerveaux un peu tordus vont en faire.
Puis vous réfléchissez. Bon d'accord, disons que vous êtes un optimiste peut-être un peu tragique, au sens où l'entend Umberto Eco : l'optimiste tragique, c'est cet irréductible optimiste qui n'ignore jamais qu'alentour rôde le pire.
Ne pas désincarner l'auditoire
Au demeurant, le message que l'on fait passer est celui qu'eux, vos premiers lecteurs, comprennent, non celui que vous prétendiez exprimer. Quand votre interlocuteur comprend mal ce que vous dites, ce n'est pas lui qui est un idiot, c'est vous qui vous êtes mal exprimé.
Souvent ce décalage entre expression et compréhension vient du fait que vous avez « désincarné » votre auditoire (quand vous ne l'avez pas purement et simplement ignoré). Le fait aussi peut-être que celui qui reçoit le message ne donne pas chair à celui qui s'adresse à lui.
Oui, voilà la petite leçon que j'ai tirée de ma courte visite à ma petite Rue : ne jamais oublier, chez les « absents » à qui nous nous adressons, l'élément humain frémissant, avec ses odeurs enivrantes, ses regards troublants et son joli bas du dos. (Vous dites ? Qu'il y a un bon paquet de bas du dos qui ne méritent rien d'autre que d'être bottés ? Ça oui, mais c'est une autre histoire. Ceux-là, c'est à la savate qu'on s'adresse à eux, rien d'autres.)
Pendant tout le voyage qui me ramenait dans ma province lointaine, c'est à tout ceci que je réfléchissais. Penser à intégrer toute cette variable humaine dans mes prochaines interventions. Hé hé, ça allait être gratiné !
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De lioe
berlin | 14H46 | 07/01/2009 |
Bonjour a tous
J etais a Paris la semaine dernière et je me suis également mis que ce serait sympa de voir l équipe de la RUE en vrai !
Mais je sais pas, j avais l impression que cela retirait quelque chose de particulier que j ai entre moi et la Rue. Ce cote mystérieux, cette peur de casser une affinité(qui n est que virtuel) en décevant. Se dire que peut être en partant s imaginer Chloe le Prince dire« je le voyais plus grand… », ou Pierre Hasky « son accent a celui la je le connais yaboulis !
et Guillemette dire “c est pas celui la qui me fait des petites blagues taquines pas drôle ? …
Non tout compte fait pour le moment je préfère que cela reste comme ca ! Dans mon petit monde a moi !
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 21H55 | 07/01/2009 |
C'est terrible de taverser le miroir !
Lorsque tu arrives aux locaux de rue89, c'est assez terrifiant de constater cette ambiance de débauche .
Le string de Rachida sur le bureau du jouvenceau Julien M., la Harley de Hooper en siège de Pierre H.,les fers de cathénaires planqués sous le bureau de Chloé L., sans parler des stagiaires écrivant les fiches de lectures de Hubert A.
David S.torturant mr B .des sévices généreux, ou Guillemette F.jouant à la poupée Obama, Zineb D.se coiffant d'une perruque BHL, et Arnaud A.testant les dernières drogues à la mode, cela fout un choc.
Je ne parle pas des soirées « épicène » organisées en backroom, par Camille, avec Yann G. en portier bigouden, ni des chantages zodieux de Audrey C., avec ses photos sous X !
Je ne cite pas les autres ,et spécialement Pascal R.qui avec les autres membres de l'équipe a eu la délicatesse d'acheter mon silence…(Damien C , merci pour le portable, Marie S.pour la boite de chocolat ..)
Mais le passage d'un yéti dans la cour n'a pas du passer inaperçue.