Quatre-vingts ans et pas une ride ? Alors là, Tintin !

« Dès le premier numéro, j'ai commencé à illustrer (de façon déplorable ! ) un récit fantaisiste mais consternant (…). Très vite, j'ai trouvé cette histoire assommante et, dès qu'elle a été terminée, j'ai décidé d'en créer une moi-même. » Ainsi Hergé raconte-t-il à Numa Sadoul, l'homme qui le confessa mieux que personne, la naissance, dans Le petit Vingtième, de son ½uvre la plus célèbre. A la fin de l'année 1928, il a dessiné un conte parodique, « La Noël du petit enfant sage », où figure un jeune garçon à tête ronde, accompagné d'un chien blanc. Son patron, l'abbé Norbert Wallez, lui demande d'exploiter ce personnage.

De son propre aveu, Hergé ne se rend pas compte de ce qu'il vient de faire quand est publiée la première planche de « Tintin au Pays des Soviets ». Le 10 janvier 1929, il y a quatre-vingts ans. Le succès est foudroyant. Ainsi crée-t-il le premier mythe de la bande dessinée. Inimaginable pour ce petit Bruxellois de vingt-deux ans, autodidacte du dessin et qui improvise au fur et à mesure. « Au contraire, je suis sans cesse étonné que Tintin ait du succès, et cela depuis si longtemps », dira-t-il encore à Sadoul. « Et je voudrais bien savoir pourquoi. »

Georges Remi, qui a choisi son pseudonyme en inversant ses initiales, dessine, comme diraient deux de ses personnages, « depuis sa plus France entendre ». Devenu scout, il imagine « Les Aventures de Totor, C. P. des Hannetons ». Le héros est affublé d'une tête ronde et d'une mèche plate (plus tard, ce sera une houppe). L'influence majeure d » « R.G. » semble avoir été Sans famille, d'Hector Malot. L'histoire d'un jeune garçon qui part à l'aventure accompagné d'un chien blanc du nom de Capi, diminutif de… « Capitaine » ! Voilà qui nous rappelle quelque chose !

On sait comment, de héros solitaire, Tintin s'est vu, petit à petit, entouré de compagnons devenus indispensables : le fidèle Milou, le tonitruant capitaine Haddock, le distrait et génial professeur Tournesol et les incorrigibles inspecteurs Dupont et Dupond. De 1929 à 1947, Hergé dessine vingt-deux albums à un rythme effréné, sans compter ses autres travaux. Durant la guerre, il travaille au grand quotidien Le Soir, contrôlé par les Allemands. On le lui reprochera, et il est vrai que certains dessins de l'époque posent problème. D'où les sempiternelles accusations de racisme, qui oublient un peu vite « Tintin en Amérique », témoignage des sentiments indianistes d'Hergé, et « Le Lotus bleu », marqué de la touchante amitié avec Tchang Tchong-Jen.

Mais c'est après la guerre qu'Hergé, frappé par une grave dépression nerveuse, s'interroge sur le héros qui lui a apporté gloire et fortune. Se sentant prisonnier d'un personnage trop idéal, qu'il a créé par hasard et fait vivre par ordre, il se débattra sans cesse avec Tintin. La crise couve dès « Le Crabe aux pinces d'or », où Haddock, dans lequel il se transpose désormais, tente par deux fois de tuer Tintin. Elle ira crescendo jusqu'à « Tintin au Tibet », avant de se muer en lassitude. En 1966, son collaborateur Jacques Martin (auteur d'Alix) recueillera la confidence fatale, et longtemps restée taboue : « Je hais Tintin ! Vous n'avez pas idée à quel point ! »

C'est pourtant aux Aventures de Tintin qu'il donnera le meilleur de lui-même, assisté de l'équipe des Studios Hergé. A plusieurs reprises il expliquera : « Ce sont mes yeux, mes poumons, mes tripes ». Sa chair et son sang, en somme. Rapports singuliers, quasi masochistes, avec ce fils de papier qu'il n'arrivera jamais à tuer. L'explication tient peut-être à un aspect délicat de la vie privée de cet homme secret : Georges Remi ne pouvait pas avoir d'enfant.

Les premiers albums ont été redessinés par leur créateur et ses collaborateurs successifs (dont un certain E. P. Jacobs). Tous sauf un : « Tintin au pays des Soviets ». Officiellement, Hergé le jugeait trop mauvais. D'autres ont soupçonné la crainte d'une polémique liée à cette charge contre le régime bolchevique. Visiblement, cet album l'embarrassait. Numa Sadoul, à qui le grand homme avait (suprême honneur ! ) confié les clefs des Studios, retrouva un soir les planches originales, que l'on croyait perdues. Dans le placard à balais des toilettes…

56 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de skalpa

De skalpa

actif et militant ? | 23H18 | 07/01/2009 | Permalien

Ah Tintn, quel symbole d'égalité

C'est bizarre qu'on est retrouvé des planches originales dans des wc…

http://kprodukt.blogspot.com

Portrait de Babalawo

De Babalawo

docteur es "ju-ju" | 23H36 | 07/01/2009 | Permalien

Portrait de Le Yéti

De Le Yéti

yetiblog.org | 23H46 | 07/01/2009 | Permalien

J'ADORE TINTIN ! ! !

Portrait de C. Creseveur

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De C. Creseveur

D'actualité | 10H15 | 08/01/2009 | Permalien

Milou aussi !

Portrait de Xa_chan

De Xa_chan

(nippon ni mauvais) | 01H04 | 08/01/2009 | Permalien

Mais n'importe quoi les gens qui prennent encore Tintin au Congo et autres de cette période pour argent comptant et en profitent pour dénoncer le « racisme » de Hergé ! !

Et la mise en contexte historique, alors ? Quand vous lisez du Hugo, vous vous replacez mentalement dans le contexte politique, social et économique de l'époque d'écriture du bouquin, non ? Et pourquoi en serait-il autrement avec la BD en général ?

Ahhh, mais fada que je suis, c'est vrai ! La BD n'est certainement pas une littérature ! ! La BD n'est là que pour abrutir les masses et y chercher une quelconque profondeur serait vain et illusoire ! La BD ne vaut pas plus que le papier sur lequel elle est imprimée et encore…

Alors oui, Hergé fut « raciste ». Mais il fut « raciste » dans son époque, à savoir que tout le monde était alors plus ou moins « raciste ». Faut-il pour autant le juger avec nos critères actuels ? Je ne le crois pas, non, même si je suis d'accord pour dire qu'actuellement les rééditions de cet album devraient être accompagnées d'une préface indiquant le pourquoi du comment pour aider le lecteur à faire la part des choses. Mais voilà, ça coûte des sous ces affaires-là…

Au lieu de vaticiner sur le « racisme » de Hergé, posez-vous plutôt la question suivante : si Hergé avait dessiné « Tintin au Congo » après « Vol 714 pour Sydney » ou encore « Tintin et les Picaros », serait-il identique à l'album que nous connaissons ? Je ne crois pas, non…

Hergé, comme tout le monde, a évolué au cours de sa vie et de sa carrière, ses opinions et ses idées ont changé. Il serait donc trop facile de rejeter « Tintin » sous l'accusation de « racisme ». Mais c'est évidemment plus facile de dénigrer et de critiquer gratuitement, sans nuance.

Portrait de albin

à Xa_chan Portrait de Xa_chan De albin

journaliste, écrivain & éditeur | 01H41 | 08/01/2009 | Permalien

C'est faux, tout le monde n'était pas fasciste. Tout le monde n'était pas raciste. Il y avait des groupes, des syndicats, qui ont lutté très vite contre le racisme. De nombreux écrits le prouvent mais évidemment c'est tellement facile de dire que tout le monde l'était. C'est comme si dans 50 ans on disait mais tout le monde pensait comme Sarkozy…or il existe d'immenses poches de résistances qui seront probablement oubliés d'ici là.

Portrait de Coldo

De Coldo

pas là | 01H58 | 08/01/2009 | Permalien

Ce qui est fascinant chez Hergé, ça n'est pas d'où il est parti mais où il est arrivé… et le parcours qui l'a amené là.
Oui Georges Rémi a été élevé dans un milieu très conservateur, raciste et antisémite.
Oui le jeune Hergé a été lui-même raciste et antisémite, encore qu'on ne puisse pas trouver de trace de militantisme chez lui. C'était un « racisme passif », sans aucune trace d'aggressivité.
Rappelons d'ailleurs que Hergé n'est pas vraiment le scénariste des Soviets ni de Tintin au Congo (qu'il ne voulait pas voir republié en couleurs d'ailleurs), mais que ces sujets lui ont été imposés par son employeur d'alors, l'abbé Wallez.
Et dès le premier album 100% Hergé, Tintin en Amérique, on voit Tintin prendre la défense des indiens contre les blancs, dénoncer les mauvais traitements dont ils sont l'objet, et dénoncer aussi les lynchages de noirs.
Et dans Le Lotus Bleu (un chef d'oeuvre), Hergé s'ouvre sur le monde et les autres cultures, et devient peu à peu un humaniste sensible, ce qu'il prouvera dans tous ses autres albums.

Il y a peu de textes contre le racisme aussi beaux et émouvants que celui de la rencontre entre Tintin et Tchang.

Portrait de freakfeatherfall

à Coldo Portrait de Coldo De freakfeatherfall

loin de la rue | 05H26 | 08/01/2009 | Permalien

« Et dans Le Lotus Bleu (un chef d'oeuvre), Hergé s'ouvre sur le monde et les autres cultures, et devient peu à peu un humaniste sensible »

Regarde comment sont les personnages japonais dans « Le Lotus bleu », avec leur gueule de porc, et on en reparlera de l'« humaniste sensible »…
Cette BD est une des meilleures, mais elle me laisse quand même un arrière-goût âcre dans la bouche.

Portrait de Numerosix

à freakfeatherfall Portrait de freakfeatherfall De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 10H03 | 08/01/2009 | Permalien

Arrete , avec ça , mon vieux Freak , il ne faut pas prendre les lecteurs ( meme enfants) pour des débiles .

-J » ai lu Tintin au Congo quand j » etais mome et je suis devenu néo-colonialiste et je jetais des caillous aux méchants touristes japonais et plus tard , c'est a cause de mes lectures de Sade que je me suis mis à torturer les petites filles et les petits garçons , Monsieur le Juge …
-Ha bon sang , il faudrait interdir toute cette littérature qui fait tant de mal ! OU au moins mettre des avertissements !

Portrait de hershellgordon

à Numerosix Portrait de Numerosix De hershellgordon

12H50 | 08/01/2009 | Permalien

depuis que j'ai vu 2000 maniacs, je pratique le lynchage festif, une sorte de saint jean gore…

Portrait de freakfeatherfall

à Numerosix Portrait de Numerosix De freakfeatherfall

loin de la rue | 18H29 | 08/01/2009 | Permalien

Je ne parle pas de l'influence sur le lecteur, N6. Je suis incapable de dire si elle en a ou pas, et ce n'était pas mon propos.

Simplement, je trouve que dans cette BD, où la culture chinoise est présentée de manière extraordinaire, il est dommage que les Japonais aient été réduits à une telle caricature. Et pour moi ils n'ont pas des têtes de « méchants », c'est-à-dire des « gueules » comme on en voit au cinéma (pour répondre à Coldo), mais vraiment des têtes de cons.

Mon post rebondissait juste sur le côté « humaniste sensible » que je trouvais exagéré…

Portrait de le vilain petit canard 66

à freakfeatherfall Portrait de freakfeatherfall De le vilain petit canard 66

montagnard à palmes | 09H45 | 09/01/2009 | Permalien

n » oubliez pas, que dans le contexte les Japonais étaient les gentils envahisseurs. ; -), un peu, beaucoup commme chez nous en 40…
allez Paf + 1 Godwin. Entendu sur France-Inter (mâtin quelle Radio ! ) un article du Times sur l » homosexualité du journaliste virtel ou il est dit que le rossignol milanais est une drag-queen, hé hé…

Portrait de Coldo

à freakfeatherfall Portrait de freakfeatherfall De Coldo

pas là | 10H56 | 08/01/2009 | Permalien

Le Lotus Bleu dénonce l'invasion de la Chine par le Japon, alors que ce dernier avait le soutien général des pays occidentaux.
Il faut savoir par exemple que l'ambassadeur du Japon en Belgique avait tenté de faire interdire la publication de l'album.

Là les japonais sont les méchants, donc ils ont des têtes de méchants. Mais par exemple dans Le Crabe aux Pinces d'Or, il y a un policier japonais qui est un personnage positif, et sa tête est tout ce qu'il y a de normale…
La BD caricature bons et méchants, et pas telle ou telle « race »…

Allez par exemple sur le site http://bdrepliques.site.voila.fr/ et cherchez les répliques concernant Tintin. C'est assez parlant quant à l'évolution du personnage…

Portrait de mrmeuble

à Coldo Portrait de Coldo De mrmeuble

Expat' en Corée | 06H49 | 09/01/2009 | Permalien

Et dans « Coke en stock », n'oublions pas qu'Herge denonce aussi les trafiquants d'esclave.

Portrait de stephanemot

De stephanemot

Author & Chief AtoZ Officer | 02H31 | 08/01/2009 | Permalien

« pas une ride » : justement, le probleme de Tintin c'est qu'il est trop lisse, desesperement plat.

a cote de lui, Milou semble un humain incapable de communiquer avec un animal trop stupide.

le seul interet - limite - de la serie reside dans les personnages secondaires.

Portrait de freakfeatherfall

à stephanemot Portrait de stephanemot De freakfeatherfall

loin de la rue | 05H25 | 08/01/2009 | Permalien

Exact, le seul intérêt, c'est le Capitaine Haddock !

Enfin, j'exagère, pas le seul intérêt, mais le personnage le plus fort de la série. Fort, c'est à dire, qui marque chaque livre de son empreinte. On se souvient de ses invectives, de ses rapports conflictuels avec pratiquement tous les autres personnages.

Portrait de guerzit

à freakfeatherfall Portrait de freakfeatherfall De guerzit

Incomprenant majeur | 10H33 | 08/01/2009 | Permalien

Moi mon préféré c'est le lama… C'est d'ailleurs le seul personnage qui prend le dessus sur Haddock.

« Quand lama pas content, lui toujours faire ainsi… »

Portrait de Coldo

à guerzit Portrait de guerzit De Coldo

pas là | 10H57 | 08/01/2009 | Permalien

Là encore, dans Le Temple du Soleil, Hergé prend la défense des amérindiens contre les « européens »… Voir la scène de la rencontre avec Zorrino par exemple.

Pas mal pour un supposé raciste…

Portrait de Emma T

à Coldo Portrait de Coldo De Emma T

TBBT addict. | 12H02 | 08/01/2009 | Permalien

C'est aussi lui qui se met en colère parce que les Tziganes ne trouvent pas de terrains pour s'installer. C'est lui qui les accueille à Moulinsart et qui prend la gamine par la main. C'est lui encore qui remet les pendules à l'heure quand la pie vole les bijoux de la Castafiore et qu'ils se font accuser…

Haddock, c'était vraiment le grand-père rêvé… on se demandait juste ce qu'il fichait avec ce freluquet à ses cotés.

Portrait de mrmeuble

à Coldo Portrait de Coldo De mrmeuble

Expat' en Corée | 13H27 | 09/01/2009 | Permalien

« Tiens voila Zorrino le petit marchand d'orange…Attends, on va s'amuser un peu »

« Brute ! ! ! »

Le « Brute » de Tintin est mythique…Avant chaque droite, un « brute ».

Portrait de Lemmy_Nothor

De Lemmy_Nothor

En cavale, the one that got away... | 06H04 | 08/01/2009 | Permalien

Moi je dévorai tout ce qui me tombait sous la main, Tintin, Spirou et Fantasio, Marsupilami, Les Pieds Nickelés, Blake et Mortimer, Gaston Lagaffe….mais j'aimais pas Becassine ni Babar.

Portrait de johanjohan

De johanjohan

johan | 08H30 | 08/01/2009 | Permalien

Ils ont bien raison les commentaires qui dénoncent le colonialisme et le racisme fleurant bon l'ethno-centrisme d'une époque. Pas une ride ? au contraire, Tintin est génial pour entreprendre les sentiments d'une période qu'on espère révolue. Par contre, il ne devrait en aucun cas rester à la portée des enfants. Je crois qu'avoir été bercé par ces histoires où les nègres pouvaient être gentils mais toujours un peu bêbêtes, les juifs rapaces, les arabes tordus etc etc. n'est pas sans conséquence.

C'est tout simplement stupéfiant que nous donnions encore ces BD aux enfants. Et pour tout dire, je me demande sérieusement si ce n'est pas révélateur que l'époque en question n'est tout simplement pas révolue dans la tête des blancs européens qui voudraient encore se penser comme le centre du monde, donner des leçons aux autres et tout comprendre à travers des schémas caricaturales. Ce n'est évidement pas la faute à la BD d'être une caricature, c'est sa fonction. Mais un journal télévisé est aujourd'hui la prolongation de Tintin dont il reprend tous les travers exposés. De là à penser que les petits soldats du journalisme se prennent tous pour Tintin…

Portrait de Thomas Cadène

à johanjohan Portrait de johanjohan De Thomas Cadène

Dessinateur | 08H48 | 08/01/2009 | Permalien

vous dites »Ce n'est évidement pas la faute à la BD d'être une caricature, c'est sa fonction. » et je me dis qu'il y a du travail à faire avant que les préjugés contre la BD tombent… (comme quoi en matière de préjugés… ; ) )

 

Donner du tintin aux enfants c'est donner accès à une des constructions narratives les plus habiles et les plus réussie de la seconde moitié du XXème siecle, ça ne veut pas dire les abandonner à leur lecture. C'est aussi leur donner accès à des aventures formidables, du rêve, Tintin ne se résume pas à trois albums. C'est une sensibilisation à la ligne claire qui est culturellement une étape incontournable de l'histoire de l'image.

Après c'est le role de quiconque laisse quelque chose à un enfant : la disponibilité, le choix. On n'est pas obligé de tout donner.

Mais bon je rappelle que les méchants ont été tous français à Hollywood pendant quelques années, avant ils étaient tous russes. L'environnement politique d'une création peut être très vif dans son influence. Souvenez vous de certaines vision de la France dans des blockbusters pas si vieux. Les préjugés, les caricatures ont encore beaucoup de force à l'heure de la webcam et de googlemap, vous imaginez qu'à l'époque il valait mieux être intellectuellement bien armé pour sortir de la pourriture idéologique qui pouvait régner ici ou là.

Je pense aussi que l'époque n'est jamais une excuse à un comportement mais pour autant l'époque ne peut pas être niée, pas plus que l'éducation, pas plus que les circonstance pour comprendre ce comportement, pour l'appréhender (je ne dis pas « pour l'excuser »).

Un homme peut évoluer, il peut devenir de moins en moins con (en général c'est l'inverse, réjouissons nous des cas d'améliorations) et on peut le remarquer.

Un artiste qui laisse une trace sait aussi que dans 50 ans cette trace sera toujours là qui parlera en son nom. Est ce pour autant qu'elle dira ce qu'il est devenu ? Je ne le crois pas.

Portrait de Lemmy_Nothor

à johanjohan Portrait de johanjohan De Lemmy_Nothor

En cavale, the one that got away... | 09H12 | 08/01/2009 | Permalien

Vous avez peut-être raison. Ma marraine travaillait chez Larousse, et pour mes sept ans elle me fit le plus beau cadeau du monde….Mythologie Generale, énorme bouquin, lourd, avec un labyrinthe sur la couverture, et au centre le Minautore….je passais des dieux nordiques au Dr Septimus, Olrik en Egypte, j'avais toutes les references devant moi…si ça m'a influencé ? J'espère bien…

Mais ne prenont pas les enfants pour des imbéciles. Ce sont les attitudes qui règnent à la maison qui nous façonnent, Tintin n'est pas grand chose si on le compare à son père quand on a 5 ou 6 ans. Et les lectures que nous en faisons au courant de notre vie ( oui, parfois je me prends un vieux Tintin et je les relis ) nous font voir des nouvelles choses à chaque fois. J'ai lu Le Voyage Au Bout De La Nuit au moins quatre fois ……et c'est toujours different. J'ai visionné tous les films des Marx Bros. plus de cent fois…..et c'est toujours génial.
Que ça soit Tintin ou Groucho, pour chacun d'entre nous, ils sont devenus des compagnons de route, avec leurs qualités et leurs défauts.
Mais pour en revenir à Tintin,maintenant quand je reverrai cette image de Haddock, hallucinant Tintin en bouteille de champagne au milieu du désert, en l'étranglant, j'aurai une petite pensée pour Hergé….

Portrait de le vilain petit canard 66

à Lemmy_Nothor Portrait de Lemmy_Nothor De le vilain petit canard 66

montagnard à palmes | 10H24 | 09/01/2009 | Permalien

Vous parlez t » or, mais vous n » êtes plus minot, l » émi
,°+)))

Portrait de Emma T

à johanjohan Portrait de johanjohan De Emma T

TBBT addict. | 11H36 | 08/01/2009 | Permalien

Mais les livres pour enfants sont faits pour les faire rêver ! Les enfants n'y croient pas plus que ça, en tout cas pas plus qu'à la fille qui dort 100 ans et attend le bisou qui sauve ni au grand type poilu qui bouffe ses gamines en les prenant pour des garçons…

Pour rester chez Tintin au Congo, quand vous étiez petit, à quel période avez-vous située l'histoire ? Personnellement (et bizarrement je vous le concède), je pensais qu'elle se passait au 19ième siècle. Et je me rappelle bien n'avoir jamais fait aucun rapport entre les africains de la BD et des amis sénagalais de mes parents.

Bien sûr ces « lectures » (quoiqu'en BD, les enfants « lisent » souvent les images avant les bulles) façonnent dans un sens, mais pas forcément dans celui qui paraît à priori le plus évident. A vrai dire, même enfant, j'ai toujours trouvé le personnage de Tintin un peu « ridicule ». Un « petit blanc » en somme. Mais je n'aurais pas aimé qu'on m'empêche de le lire car j'ai bien rigolé.

Là où je retrouve le vrai Tintin au Congo, c'est au Tropenmuseum d'Amsterdam, c'est très étrange et très intéressant ce musée.

Portrait de oui ben non

De oui ben non

10H00 | 08/01/2009 | Permalien

Les dernières éditions de Tintin au Congo ont été « expurgées » de leur caractère colonialiste.Quand je compare la première édition et la dernière, je préfère la première, non pour des raisons idéologiques, mais parce qu'elle est un condensé de la conscience de l'époque : la supériorité des blancs, alors qu'il ne s'agit que d'un décalage de civilisation. Encore que, quand on pense à la question que certains se posent sur les « bienfaits » de la colonisation, on peut douter de cette « soit disant » supériorité.
Les pratiques des financiers actuels, et de nos politiciens, relèvent de cette confusion des genres : eux seuls détiennent la vérité. Et, on voit où cela nous a conduit !
Alors, pour moi, certains albums d'Hergé sont des livres d'histoire,qu'il faut prendre au second, voire troisième degré.

Portrait de Thomas GREDAT

à oui ben non Portrait de oui ben non De Thomas GREDAT (auteur)

| 10H12 | 08/01/2009 | Permalien

Je lis beaucoup de commentaires à propos de « Tintin au Congo ». Petit rappel : longtemps introuvable après la guerre, il réapparut sous forme de feuilleton dans les années 1970… dans une revue zaïroise !

Portrait de Emma T

à Thomas GREDAT Portrait de Thomas GREDAT De Emma T

TBBT addict. | 12H11 | 08/01/2009 | Permalien

Parce qu'au Zaïre aussi ça les fait marrer, pardi. ; -)))

Portrait de C. Creseveur

De C. Creseveur

D'actualité | 10H30 | 08/01/2009 | Permalien

On peut le décortiquer tant qu'on veut, on aura évidemment raison de dire que Hergé était raciste. Mais qui ne l'était pas dans les années 20 ? Mes grands-parents le sont encore. Je ne les déteste pas pour autant.
Pour Tintin c'est pareil. Je ne peux pas le détester. Je ne le détesterait jamais.
D'autant moins que chacune de ses histoires a été pour moi un voyage exceptionnel. Je me souviens de tous.
Je suis d'accord avec vous Thomas : Tintin n'a pas pris une ride. Mais d'abord je dois vous couper la tête !

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