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Meilleurs voeux de Bongo au Gabon : cinq opposants en prison

Omar Bongo le 13 mars 2008 à Dakar (Finbarr O'Reilly/Reuters)

Les cinq « suspects » de Libreville
Grégory Ngbwa Mintsa, partie civile dans la plainte des biens mal acquis
Marc Ona, coordinateur de la coalition gabonaise Publiez Ce Que Vous Payez
Georges Mpaga, membre de PCQVP et président du Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG)
Gaston Asseko, journaliste à radio Sainte-Marie
Dieudonné Koungou, journaliste à Tendance Gabon

Omar Bongo a toujours eu le sens du timing. Mercredi 31 décembre, le président gabonais a donc profité du réveillon pour jeter en prison une brochette d'opposants de la société civile. Leur point commun ? Avoir porté ces derniers mois la cupidité du régime et de ses affidés devant la justice française. Une coalition d'ONG réclame leur libération.

A Libreville, la rumeur des maquis disait Omar Bongo furieux de la plainte lancée en France sur ses biens mal acquis. Une plainte relayée par plusieurs ONG, françaises et gabonaises. Comme celle de Marc Ona Essangui, Coordinateur de la campagne Publiez Ce Que Vous Payez(PCQVP), qui milite pour une gestion transparente des revenus des industries extractives.

Rue89 l'avait filmé à Paris lors d'une action symbolique menée devant un hôtel particulier du président gabonais. Marc Ona rappelait alors un « effet de la mondialisation, qui est que quand votre voisin pleure, c'est celui d'à côté qui prend le relais ».(Voir la vidéo)


Mercredi dernier, 31 décembre, la police a donc lancé un coup de filet contre trois acteurs de la société civile et deux journalistes. Tous incarcérés pour… un motif encore inconnu. Ils devaient être déférés au parquet dans la soirée de mardi.

En arrière-plan, la fortune de Bongo et les dérapages des huiles du régime

La garde à vue gabonaise
On pourrait en rire, mais c'est un porte-parole du ministère des Affaires étrangères qui a livré la précision : au Gabon, la garde à vue peut durer « cinq jours, hors jours fériés », week-end compris. Une particularité qui permet d'expliquer la longueur inhabituelle de la procédure en cours, puisque le 1er et le 2 janvier, puis le week-end, n'ont pas été comptabilisés.

Alertées dans la journée, les ONG françaises ont eu du mal à obtenir des informations durant le long week-end de trève de fin d'année. Vendredi 2 janvier, le ministère français des Affaires étrangères commente mollement l'affaire lors du point presse :

« Nous considérons d'une part qu'il faut respecter les procédures de justice mais d'autre part, nous rappelons notre attachement au rôle de la société civile.
Nous venons d'avoir notre ambassade qui suit attentivement cette situation pour tenter de comprendre ce qui se passe. Ces personnes font, semble-t-il, l'objet d'une garde à vue, nous attendons de voir comment les choses vont évoluer. Nous suivons attentivement cette affaire. »

En fait, les militants et les deux journalistes sont retenus au commissariat central de Libreville. Un lieu de sinistre réputation où les policiers ont parfois la main lourde sur les suspects. Sans compter l'effroyable dépôt du sous-sol, aux conditions d'hygiène déplorables.

Aucun avocat ne peut les voir. Leurs familles grapillent les informations au compte-goutte. L'un d'eux aurait été sérieusement tabassé par les policiers.

Lundi 5 janvier, Sherpa, Transparency international, Amnesty, la FIDH et cinq autres associations ont finalement décidé de dénoncer collectivement les « persécutions exercées sur ces personnes », dont « le seul tort est de réclamer l'application au Gabon des règles de bonne gouvernance édictées par les institutions internationales auxquelles le pays adhère, c'est-à-dire la transparence et la probité dans la gestion des deniers publics ».

De son côté, Survie condamne une « opération coup de poing » et une « prise d'otage » de la société civile.

Un régime à bout de souffle, sur fond de crise sociale profonde

Après 41 ans de règne sans partage, il est certain que le régime Bongo n'est plus au meilleur de sa forme. Depuis septembre, les enseignants sont en grève. Un mouvement qui est en train de s'étendre au reste de la fonction publique.

Pour Marcel Libama, membre du Front des organisations de la société civile pour la lutte contre la pauvreté au Gabon, les militants issus de la société civile ont donc remplacé l'opposition politique (inexistante) comme relais des frustrations d'une population confrontée à la crise. C'est aussi la raison pour laquelle Omar Bongo les a visés. (Ecouter le son)

Autre sujet d'inquiétude pour l'occupant du Palais du bord de mer : la (nouvelle) liberté de ton des médias numériques. Toutes les initiatives judiciaires et les enquêtes journalistiques relatant des faits de corruption ont trouvé asile sur Internet. Dans un pays où l'information a toujours été sévèrement contrôlée, cette liberté dérange.(Ecouter le son)

Le bras de fer va-t-il se régler à la barre d'un tribunal ? L'avocat parisien Thierry Lévy doit se rendre jeudi à Libreville, où il croisera peut-être son confrère Patrick Maisonneuve, l'avocat d'Omar Bongo.

Photo : Omar Bongo le 13 mars 2008 à Dakar (Finbarr O'Reilly/Reuters)

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Biens mal acquis africains, nouvelle plainte,
La carte des résidences de la Françafrique à Paris
Manifestation devant le Bongoland parisien

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3 commentaires sélectionnés

Portrait de Anna M

De Anna M

Kanata | 06H53 | 07/01/2009 | Permalien

Opposition politique inexistante ? Et l'UPG de Pierre Mamboundou ?

Portrait de ALLAIN JULES C@MMUNICATION

De ALLAIN JULES C@MMUNICATION

11H57 | 07/01/2009 | Permalien

Le Gabon reste et demeure, une dictature passive. Il est loin le temps où Bongo, pouvait tuer ses opposants et les amants de son ex femme, Patience Dabany, reconvertie en chanteuse à succès.

Maintenant, il embastille. Mamboundou reste un opposant à la petite semaine. Même des historiques comme Mba Abessole, se sont couchés, c'est dire la puissance d'OB.

Bref, il restera aussi puissant tant qu'il sera en vie. Il tient la France par la barbichette. Trop de secrets : de Elf à Total, e passant par ? ? ? ? Avec la richesse gabonaise, découvrir les « matitis » (bindonvilles) quand on visite Libreville, on ne sait où va l'argent. Bon, oui, dans les palais de……retraites du Roi El Hadj Omar Bongo Ondimba.

Il y restera (au pouvoir) jusqu'à sa mort. Le problème c'est son remplacement. Ali Ben, son fils, serait prêt.

http://www.agoravox.fr/article.php3 ? id_article=49652

Portrait de Azza

De Azza

Ingénieur en informatique scientifi... | 14H40 | 07/01/2009 | Permalien

Vous ne pensez pas que Bongo a profite du fait que le monde regarde ailleurs pour operer ?

Quand au moindre mal, vous avez raison : Bongo n'est que le parrain Africain de la Francafrique, le gendre et complice de Denis et Sassou N'Guesso, lui meme boucher de dizaines de miliers de ses concitoyens…

Mais c'est vrai que sur le marche mediatique du mort, le palestinien vaut toujours plus que le negre congolais ou gabonais !

Ne vous trompez pas, je suis horrifie par la situation a Gaza, mais pourquoi croit-on toujours que les dictateurs Francafricains, parcequ'ils viennent regulierement serrer des mains a l'Elysee, sont de gentils papas ? Pourquoi les morts Africains n'interessent ils personne ? Pourquoi les centaines de civils massacres a la mitrailleuse du haut d'helicopteres par les milices de Sassou apres avoir ete affames pendant des jours dans les forets congolaises en 1998 ne comptent pas (un seul papier de quelques lignes dans libe a l'epoque, alors qu'ELF soutenait Sassou par des livraisons d'armes) ?

Je pense que c'est parce qu'il est plus facile d'etre contre la politique des USA ou d'Israel que contre celle de la France en Afrique qui participe pourtant du meme mouvement de (neo)colonialisme, de mepris de peuples juges inferieurs ou en tout cas « pas murs pour la democratie » comme avait ose l'affirmer Chirac en sont temps (entre deux valises de pognons envoyees par Bongo justement)

Bongo ne vaut pas mieux que Mugabe, Sassou, Compaore et consorts. Directement et indirectement, il est responsable de miliers de morts, d'une misere comparable a celle des palestiniens pour des millions d'Africains, d'emprisonements, de tortures.

Franchement, votre expression « moindre mal » est vraiment mal choisie ! ! !

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