Plus studieuses, plus matures, mieux organisées, les étudiantes sont souvent majoritaires dans les établissements prestigieux.

L'idée de cet article m'est venue en me retrouvant face à la 83e promotion des étudiants de l'ESJ de Lille. Un amphithéâtre de 56 étudiants avec seulement 13 pauvres garçons, faciles à compter au milieu de cette marée de filles.
A dire vrai, je me suis tout de suite demandé si l'autre moitié de l'humanité était bien en train de prendre le pouvoir par le savoir… Soulevez le sujet autour de vous et vous aurez droit à deux types de réaction :
- Les filles et quelques garçons : « Mais c'est quoi le problème ? »
- Les autres garçons, bravaches : « J'aurais préféré faire mes études aujourd'hui »
J'avais un peu oublié la question, lorsque je suis tombé sur les décrets publiant les listes d'admission des candidats à l'Ecole nationale de la magistrature (ENM), l'un des grands temples de la méritocratie républicaine. Alors là, record battu. Vous ne devinerez jamais combien de futures magistrates sortiront de l'ENM dans trois ans ?
- Sur le seul concours externe, celui des étudiants, les filles représentent 82% des admis
- Du coup, l'administration a visiblement tenté de corriger le tir, avec 6 garçons pour 17 admis au concours interne et sur dossier
Tous les professionnels du droit vous le diront : ces dernières années, les femmes ont massivement investi les tribunaux. La justice serait-elle une exception ?
Les filles s'imposent dans tous les concours de la République, sauf l'X
Visiblement, non. En vérifiant les derniers chiffres disponibles auprès des grandes écoles, il est facile de voir se dessiner un large mouvement. Jugez plutôt :
- Après des décennies de conservatisme (voir les photos encravatées des promos des Trente Glorieuses, quatre femmes sur 48 étudiants dans la promotion de Jacques Chirac en 1959), la dernière promotion de l'Ecole nationale d'administration (ENA) est composée de 28% de filles
- Tendance accentuée à l'Ecole normale supérieure (ENS), où en 2008 les admissions sur dossier sont dominés par les candidates : 51% dans les départements scientifiques et 47% dans les départements lettres.
- En revanche, le concours de l'ENS, en sciences, tourne à l'avantage des garçons : 5/43 filles en maths-physique-info, 3/21 en physique-chimie, 0/8 en informatique et 12/21 en biologie(soit moins de 25%)) d'après les chiffres fournis par utilisateur-anonyme.
- Le seul bastion à résister vaillamment aux hordes féminines est l'école Polytechnique, où elles ne constituent que 13,5% de la dernière promotion
Sur cette dernière exception, les études les plus sérieuses comme celle menée par l'OCDE en 2000, par l'Insee en 2003 ou par le ministère de l'Education nationale en 2008, ont mis en évidence -pour simplifier- la supériorité littéraire des filles et leur corrélatif manque d'intérêt pour les mathématiques. Le tout sur fond de tenaces clichés sur l'orientation dévolue aux uns et aux autres : aux garçons les choses sérieuses (les sciences), aux filles les futilités (la littérature).
En guise d'explication, Marie-Sophie Keller, notre experte des questions de genre, me renvoie à l'étude de Christine Guionnet et Erik Neveu, « Féminins, Masculins, Sociologie du genre » (éd. Armand Colin) :
« La difficulté récurrente de certains garçons face à la maîtrise linguistique s'explique en partie par un rapport distinct à l'école.
Souvent moins scolaires et appliqués, plus libres de sortir, ils consacrent moins de temps au travail à la maison que les filles, sauf dans certains milieux sociaux, où celles-ci doivent effectuer de nombreuses tâches domestiques et s'occuper des plus jeunes enfants du foyer (Hoff Sommers, 2000).
Si les moyennes dissimulent les puissants processus de présélection, les filles paraissent néanmoins mieux adaptées au “‘ métier’ d'étudiant(e). Elles sont plus studieuses, mieux organisées, plus assidues que les étudiants. Elles notent les cours avec plus d'application, demandent plus d'explications aux enseignants, adoptent des méthodes de révision plus élaborées.”
Pourquoi les filles ratent-elles l'oral d'HEC ?
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Qu'en est-il lorsque l'on aborde les écoles du (vrai) pouvoir économique ? En scrutant les derniers résultats du concours 2008 des Hautes études commerciales (HEC), j'ai cru un instant que là aussi les filles étaient en train de gagner, à la force de leurs neurones, leur place au paradis des managers. A première vue, on peut le croire : sur plus de 4 000 candidats, les filles représentent 47% de la promotion de la prestigieuse école de commerce.
Mais, Guillemette Faure -qui dans une autre vie a fréquenté les bancs d'une grande école de commerce- m'a mis la puce à l'oreille. Elle m'assure que la part des filles s'effondre curieusement après les oraux, parce qu'elles font baisser les salaires de sortie, sur lesquels s'appuient les classements des écoles. Vérification faite, Guillemette soulève un vrai mystère. Suivez bien :
- Au dernier concours d'HEC, il y avait 1 873 candidats et 2 154 candidates (53%)
- Puis, parmi les 700 admissibles : 342 garçons et 358 filles (51%)
- Pour arriver aux admis : 202 garçons et 178 filles (46%)
Questions : que s'est-il passé entre l'écrit et l'oral ? Les filles se sont-elles subitement liquéfiées ? Les garçons ont-ils révélé d'implacables qualités de businessman ? Les permanents de l'ESJ de Lille, qui font passer l'épreuve orale de leur concours, m'ont toujours assuré du contraire.
A cet âge -entre 22 et 25 ans- les femmes sont en général plus mûres, plus déterminées et plus volontaires que leurs petits camarades. Autre hypothèse : la direction d'HEC fait, sans le dire, un peu de discrimination positive en faveur des hommes.
Dans les universités françaises, 58% des étudiants en LMD sont des filles
En tout cas, le phénomène est bien plus massif qu'il n'en a l'air. Lisez bien : dans les universités françaises, en 2006-2007, la répartition par sexe des étudiants en LMD (licence, master, doctorat) s'établissait ainsi :
‘Sur un total de 1 191 170 étudiants, on recense 503 732 garçons (42%) et 687 438 filles (58%)’
Les grincheux pourront bien arguer que les hommes restent majoritaires au niveau du doctorat, l'évolution semble inéluctable. J'ai d'ailleurs dressé le même constat en corrigeant les travaux des étudiants lillois : les filles sont meilleures enquêtrices que les garçons. Avec mes cinq confrères masculins, nous avons d'ailleurs eu du mal à justifier l'absence de consoeurs à nos côtés.
► Le dernier rapport d'activité de la délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes de l'Assemblée nationale.
Addendum, le 4/01/08, à 20h : correction sur les chiffres des dossiers d'admission de l'ENS et sur celui du concours dans les filières scientifiques.
Photo : la 83e promotion de l'ESJ Lille, après la réalisation d'un magazine sur Bruxelles (DR)




















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De XavXav
12H50 | 04/01/2009 |
Un bémol : vous examinez des filières « sciences humaines », « sciences po » ou droit. Pourquoi pas les filières scientifiques ?
La part des filles s'y effondre passé le bac, d'autant plus que la filière considérée est plus dominée par les maths. (des garçons en maths plus que physique, plus que chimie, plus que bio).
Coté réussite aux concours fonction publique, doit-on parler d'une conquête des filles ou d'un abandon par les garçons ? Autrement dit, la proportion de filles augmente elle par fuite des garçons vers d'autres horizons plus rémunérateurs ? Est-ce qu'il ne s'agit pas d'un phénomène de dévaluation de la fonction de juge, en proie aux critiques des médias et de la droite sur les thèmes du corporatisme, tout en étant mal payé pour le niveau d'étude et le travail fourni par rapport aux sinécures du privé accessible à ce niveau d'étude. On peut faire la même remarque pour les profs : jadis fonction estimée, aujourd'hui largement méprisée (cf n'importe quel article du figaro sur l'EN), sous-payée par rapport au privé pour ce niveau d'étude et de sélection (quelques places annuelles dans certaines matières, concours comparativement plus dur que l'X ! ! ! ), et majoritairement féminine.
Quant au journalisme, je vous laisse imaginer qu'il s'agisse encore d'une fonction de pouvoir. La presse est bien mal en point, et je pense que ça n'ira pas en s'arrangeant. S'agit-il donc d'une victoire des filles que d'être plus nombreuses dans un secteur économique en déclin ?
On pourrait parler d'amélioration de la situation si la proportion de filles avait fortement augmenté aussi à l'X, à Centrale (Paris/Lyon/Lille/Nantes) et dans les cursus de chefs d'entreprises du CAC -cursus qui sont souvent internationaux-
Bref, beaucoup moins d'optimisme de ma part que dans la première partie de votre article…
à XavXav
De Bardamu
difficile | 13H10 | 04/01/2009 |
Le phénomène que vous décrivez - féminisation d'une profession rimant avec dévalorisation - est réel concernant l'éducation nationale ou le droit, mais il a tendance à s'estomper.
Les cursus d'études médicales se féminisent de plus en plus, par exemple, alors que « faire médecine » est toujours perçu comme synonyme d'ascension sociale.
Il me semble que la réussite scolaire féminine est un mouvement général inéluctable.
Dû en grande partie à la différence des âges de la puberté : la poussée d'hormones se déclenche à des périodes différentes, avantageant les filles.
à Bardamu
De anini
enseignante | 14H06 | 04/01/2009 |
Je ne comprends pas ce que la poussée hormonale vient faire dans les études !
Autrefois , on avait tendance à dire que le désir d'enfant poussait les filles à se marier jeunes !
Ce n'est bizarrement plus le cas de nos jours !
(Depuis la contraception ? …. )
à Bardamu
De doutagogo
14H06 | 04/01/2009 |
Bonjour,
Non, ce n'est pas dû à la période différente pour la poussée de leurs hormones. Les hormones des femmes font beaucoup trop fantasmer….
Déjà à l'école élémentaire,les filles sont plus studieuses et en réussite, les hormones ne les travaillent tout de même pas à l'avance. Si ?
amicalement
Agnès Lenoire
à Bardamu
De kevangel
Chercheur | 15H34 | 04/01/2009 |
Je crois que beaucoup de personnes se trompent en raisonnant en termes de valeurs (qui est meilleur que l'autre). En fait, les filles investissent massivement les filières littéraires (d'où écoles de journalistes et de magistrats) et les filières de sciences expérimentales (médecine, biologie, chimie,…) mais délaissent les filières des autres sciences (physique, maths,…) et la politique.
Ce qu'on observe n'est donc ni une supériorité ni une infériorité, mais simplement une différence de GOUTS entres les filles et les garçons. D'où une majorité de filles dans certaines filières et une minorité dans d'autres, ceci INDEPENDAMMENT du prestige et du niveau des filières.
Ensuite l'insertion dans le milieu professionnel et les discriminations, c'est une autre affaire et il ne faut pas tout mélanger.
à kevangel
De jexiste
si, si | 10H53 | 05/01/2009 |
Ce n'est pas seulement une affaire de goûts, les pressions sociales sont énormes et viennent de tous côtés.
J'ai déjà donné un témoignage partiel sur mon expérience de la prépa dans les commentaires sur cet article de Vol19 que je salue au passage :
http://www.rue89.com/2008/11/21/lenseignement-recherche-est-un-sacerdoce
Je le complète ici :
Pour la toute première fois de mon existence, et à mon grand étonnement, j'y ai été confrontée au sexisme, celui d'une partie de mes camarades de classe n'admettant pas d'être concurrencés par des filles.
Dans les classes de seconde, première et terminale que j'ai fréquentées (section C), les filles étaient majoritaires et obtenaient les meilleurs résultats, sans que cela ait jamais posé de problème manifeste pour les garçons.
Nous étions au contraire très minoritaires en prépa, mais cependant, toujours les plus nombreuses dans le peloton de tête.
Le rôle des parents est ici non négligeable. Ils ont toujours tendance à pousser davantage les garçons que les filles vers ces filières, et aussi, compte tenu du coût des études dans l'enseignement supérieur, à sacrifier celles des filles quand ils estiment ne pas pouvoir en faire autant pour chacun de leurs enfants. La « réussite » des garçons est plus importante à leurs yeux, le cas échéant elle est prioritaire, leurs représentations se conforment toujours plus ou moins aux modèles ancestraux.
Même chose dans le corps enseignant.
Pour l'anecdote, voilà l'un des éléments qui m'ont convaincue de faire une prépa plutôt que la fac :
A quelques semaines du Bac, je suis allée faire un tour dans un salon spécialisé dans l'orientation des jeunes pour rencontrer des professionnels de tous horizons.
Un prof de chimie enseignant à l'université était présent pour les filières scientifiques. Avant de l'aborder, je l'ai entendu répondre aux questions d'un élève de troisième qui s'intéressait aux mêmes métiers que moi. Très sérieusement, il lui a expliqué qu'il devait d'abord réussir à entrer en seconde C, puis en première et terminale C, et ensuite, préférer la prépa et les grandes écoles d'ingénieurs à un cursus universitaire. Ses arguments étaient convaincants. Arrive mon tour. J'étais déjà bien installée sur la bonne voie, il m'a ri au nez. A ses propres filles, m'a-t-il dit, il conseillait la fac. Largement suffisant pour une fille…
à Bardamu
De keta
13H53 | 07/01/2009 |
A mon avis et que cela n'engage que moi, le changement vient du fait de la considération de la femme.
Je ne pense qu'il y avait de grandes différences entre la capacité intellectuelle d'une femme et d'un homme il y a 50 ans, mais tout simplement, c'est que l'on n'a pas laissé aux femmes les moyens de s'exprimer , de se faire valoir.
La société a conçu la femme de la sorte que sa place soit au foyer. Les activités étant limitées, des activités n'ayant pas vraiment besoin d'effort intellectuel…Mais petit à petit les choses ont changé, non l'intelligence mais l'émancipation . Actuellement, les femmes sont un peu plus libres d'aller à n'importe quel université et choisir n'importe quelle filière, un peu car il y toujours les contraintes sociales car une femme doit se choisir une filière qui aura pour métier une activité assez stable, avec moins de déplacement par exemple, pour pouvoir assumer pleinement son futur rôle de mère et d'épouse. Et ainsi de suite, et en plus, il faut se mettre à l'évidence , c'est qu'à la base du calcul même , il y plus de femmes dans ce monde actuellement que d'hommes , donc,….
à XavXav
De jck
13H17 | 04/01/2009 |
l'article de ne dit pas combien de filles se présentent au concours de l'X (je rappelle qu'on doit encore y suivre une formation militaire)
J'aimerais voir la même méthodologie dans toute les filières que pour HEC.
à jck
De toots
void | 14H32 | 04/01/2009 |
La réponse est : peu.
L'article est effectivement intéressant. Ayant une formation scientifique, j'aurai aimé voir ces études traités, car pour le coup des filles restent fortement minoritaires.
à jck
De David Servenay
(auteur)
Rue89 | 14H39 | 04/01/2009 |
Moi aussi, XavXav, j'aurais aimé trouver ces chiffres dans les statistiques publiées par Polytechnique.
Ils n'y figurent pas.
à David Servenay
De Tom Roud
15H23 | 04/01/2009 |
Un autre chiffre intéressant serait la proportion de filles en classe préparatoire scientifique. Je suis à peu près sûr qu'on ne dépasse pas beaucoup les 13% de filles à l'X ; ) .
à Tom Roud
De kevangel
Chercheur | 18H36 | 04/01/2009 |
Quand j'étais en prépa, c'était en province, donc pas un prépa parisienne élitiste, on était 39 garçons et 6 filles. Et pourtant, il n'y avait aucune discrimination. Par contre, dans les prépas littéraires, la proportion était inverse.
C'est pourquoi les soi-disant discriminations en école d'ingé, ca me fait bien marrer. Tous les élèves ingénieurs disent qu'ils aimeraient plus de filles dans leur promo, je crois juste que les filles aiment moins les sciences (surtout les maths), c'est la nature qui est faîte comme ca.
à kevangel
De jean.pierre
21H05 | 04/01/2009 |
c'est a peu pres le même rapport actuellement en prépa maths actuellement sur toulouse
à kevangel
De toots
void | 14H30 | 05/01/2009 |
Non ce n'est pas la nature. Dans d'autres pays, les filles sont bien plus présentes en Science.
D'ailleurs jusqu'au Bac, elles réussissent en moyenne bien mieux que les garçons dans les fillières scientifiques.
Il faut plutot regarder du coté de la pression sociale ambiante. Ce que les parents, les professeurs vont conseiller aux garçons et aux filles.
Quand aux maths à proprement parler, il y a eu de grandes femmes mathématiciennes, et rien ne prouve qu'il y ait moins d'affinité avec les maths pour les femmes que pour les hommes, seulement que les femmes sont bien moins poussées à faire ce genre d'études.
Et bien entendu, malgré l'absence de barrières, la situation se reproduit identique à elle-même, puisque l'état de fait pousse les gens à penser que c'est une situation « naturelle », et donc à la reproduire…
à toots
De jexiste
si, si | 18H30 | 05/01/2009 |
Le Grand Orient de France n'a aucune influence dans ces autres pays.
à XavXav
De doutagogo
14H17 | 04/01/2009 |
Bonjour,
Vous avez raison, dans les filières de « sciences fondamentales » il y a un faible nombre de filles. Extrait du rapport de l'Assemblée Nationale (lien en fin d'article de David) :
-->Les femmes restent majoritaires, en particulier en langues (75,2 %),lettres-langues-sciences humaines (72,2 %) et en lettres sciences du langage-arts (73 %).
-->En revanche, elles sont toujours minoritaires en sciences fondamentales et applications (27,3 %) et en sciences et techniques des activités sportives (31,7 %).
Amicalement
Agnès Lenoire
http://doutagogo.com
à XavXav
De lapin
étudiant | 15H09 | 04/01/2009 |
« La part des filles s'y effondre passé le bac, d'autant plus que la filière considérée est plus dominée par les maths. »
Je corrige un peu, je fais parti d'une promo de master en mathématiques fondamentale, et il y a plus de filles que de garçons. L'exemple d'X est mauvais car si les filles l'esquivent, c'est parce que polytechnique est une école militaire, avec formation et stage dans l'armée. J'ai un copain qui a fait X et qui s'est retrouvé dans les paras avec un grade de troufion.
Je ne suis pas sûr que ça fasse envie à une majorité de filles de se retrouver dans l'armée.
à lapin
De Pas lolo
fasciné | 16H52 | 04/01/2009 |
« L'exemple d'X est mauvais car si les filles l'esquivent, c'est parce que polytechnique est une école militaire, avec formation et stage dans l'armée. »
Je doute. De toute façon, le véritable étalon du cursus sup/spé générale (ancien P » / M », honnêtement j'ai pas trop suivi l'évolution) c'est ENS Ulm. On refuse parfois l'intégration à Polytechnique pour intégrer Ulm, très rarement l'inverse.
« J'ai un copain qui a fait X et qui s'est retrouvé dans les paras avec un grade de troufion. ».
C'est clairement un cas. Les X ont la paye de sous-offs et sont aspirants d'office pendant leur période militaire. Pour ne pas être aspirant, et en même temps avoir les capacités physique pour faire les paras, je dirais qu'il y a un souci, voire une dissonance cognitive.
En clair, des gens qui refusent l'X pour rentrer à Centrale Paris ou aux Mines, il y en autant que de ceux qui ont refusé l'X pour faire BEP plomberie. Ca paie bien aussi plombier.
à lapin
De XavXav
20H29 | 04/01/2009 |
Centrale n'est pas militaire, et le problème y est le même, on y trouve environ 1/5ème de filles, et combien iront en 3°année dans les spécialisations « porteuses » du moment ? (à mon époque : info et maths app, aujourd'hui ? )
à lapin
De clausius
23H05 | 07/01/2009 |
Doublement faux :
_ Les filles n'esquivent pas l'X à cause de l'armée. Ceux et celles qui refusent l'X pour cette raison sont généralement ceux qui sont antimilitaristes jusqu'au bout des ongles, et si peu de personnes apprécient vraiment l'armée, peu la détestent à ce point, et encore moins pour refuser l'X. De plus, un quart d'une promo a la possibilité de faire son service dans le civil (associations…)
_ L'exemple de votre copain qui a fait l'X et qui s'est retrouvé avec un grade de troufion m'étonne, puisque un étudiant polytechnicien récupère automatiquement le grade d'aspirant (grade de base d'officier), sauf si il fait tout pour être déclassé, ce qui est peut être son cas, mais il l'aurait alors vraiment voulu et n'aurait pas de regret à avoir.
La vérité, c'est que la proportion de filles à l'X est comparable à celle des autres écoles d'ingénieur, c'est à dire très faible.
à XavXav
De News-addict
Consultant marketing | 11H37 | 06/01/2009 |
tout à fait d'accord avec XavXav : les filles ont pris d'assaut tous les métiers de la fonction publique (police, magistrature, enseignement, …). elles accordent plus d'importance à la stabilité de l'emploi qu'à la rémunération, qui elle est privilégiée par les hommes.
diplômé d'école de commerce, j'ajoute que le taux de féminisation diminue au fur et à mesure que l'on monte dans le classement des écoles de ce type, et inversement ! ainsi, si HEC compte 46% de filles, ce dernier taux atteint les 60-70% dès la 4ème ou 5ème école.
en terme de filières, on peut remarquer que le marketing ou la gestion des ressources humaines sont très féminisés par rapport aux fonctions financières, or les salaires y sont là encore inférieurs.
De abyssin
immigre vers l'Amerique | 12H58 | 04/01/2009 |
un énorme paradoxe pourtant :
d'après l'article, on pourrait penser que la gente féminine prend progressivement ancrage dans l'élite politique et économique du pays.
au vu du ratio souvent favorables aux femmes, pourquoi parle t-on encore de discrimination féminine ? , elles dominent les facs, la médecine, les lettres, le commerce etc pas encore l'X.
les femmes sont peut être majoritaires dans les études supérieures, seulement là ! car dans le monde professionnel il y a un fossé terrible qui ne reflète pas leur proportion dans les études.
ce pays tolère les femmes pour étudier mais une fois leur diplôme en poche…c'est le désert, combien d'entre elles vont décrocher un job à la hauteur de leur qualification ou compétences ? très peu.
on peut faire la même réflexion pour les immigrés mais pour eux, la méritocratie républicaine est un vrai mirage, une illusion.
à abyssin
De jexiste
si, si | 14H40 | 04/01/2009 |
Les femmes ingénieurs sont toujours considérées comme des monstruosités - autant à droite qu'à gauche et vice versa - et finissent plus sûrement à l'hôpital psychiatrique qu'à la tête d'une société du CAC 40, car femme ET ingénieur, c'est de la schizophrénie.
Les arguments les plus élaborés que j'aie pu entendre sont ceux-ci :
- Les diplômes ne valent plus rien, la preuve, on en donne même aux femmes, maintenant !
- Les femmes n'ont pas l'intelligence pour être ingénieurs.
- Quand elles s'imaginent qu'elles l'ont, c'est bien la preuve qu'elles sont débiles et malades mentales, complètement folles !
- Pour obtenir des diplômes, des postes et salaires d'ingénieurs, elles ont nécessairement couché avec tous leurs profs, employeurs et supérieurs hiérarchiques. Donc ce sont des putes.
- Ces sales putes volent la place des hommes dans le travail.
- Si on se laisse faire, bientôt on sera gouvernés par des femmes.
à jexiste
De Pas lolo
fasciné | 17H04 | 04/01/2009 |
Marrant, mais moi j'ai l'expérience totalement inverse.
J'ai pu voir ce genre d'attitudes dans les entreprises de taille moyenne.
Dans les grosses boutiques, on tombe plutôt dans le travers inverse du fait de la politique de promotion de la parité affichée dans les jolies tablettes polychromes « Nos Valeurs ». Comme il faut faire du chiffre, de l'indicateur, on peut voir quelques demoiselles faire des carrières météoritiques.
Pour l'organisation cela n'a rien de réellement gênant, que le service soit géré par un manager féminin incompétent, ou un manager masculin incompétent ne change rien à l'histoire. Mais comme ils ont un peu de bourre sur les dits indicateurs, la période est propice aux dames.
à Pas lolo
De jexiste
si, si | 11H04 | 05/01/2009 |
Les arguments que je donne ont été validés, confirmés et reconfirmés n fois par des décisions de justice.
Pour les magistrats comme pour bien d'autres (***), les femmes ingénieurs n'auraient jamais dû exister. C'est une aberration du XXième siècle dont ils espèrent tous qu'elle ne sera bientôt plus qu'un mauvais souvenir. Ils y travaillent. Rappelez-vous l'affaire du petit Lubin ou de sa mère, Magali Guillemot. Elle a été l'occasion de vastes campagnes de dénigrement des femmes ingénieurs, des monstres - voyez ce dont elles sont capables, ce ne sont même pas des femmes…
à jexiste
De Pas lolo
fasciné | 11H23 | 05/01/2009 |
Les arguments d'autorité, j'en consomme de moins en moins. Citez vos sources.
Si tout ce que vous avez c'est une femme accusée d'infanticide soit disant parce qu'elle aurait un diplôme d'ingénieur, je rigole doucement et je ne saurais trop vous conseiller de vous limiter à des sujets que vous maitrisez sans doute mieux.
à Pas lolo
De jexiste
si, si | 14H35 | 05/01/2009 |
Ce sujet-là, je le maîtrise parfaitement, c'est celui de ma vie.
Avec l'affaire Guillemot, on a entendu de soi-disant psychologues expliquer en boucle durant des mois que les femmes ingénieurs ne savent pas communiquer parce qu'elles sont insensibles et n'ont pas d'émotions, pas de coeur, et aussi que cela se transmet de mère en fille…
Conclusion : faites-les stériliser et le problème est résolu.
Le gouvernement Jospin a légalisé la stérilisation des femmes décrétées malades mentales en 2001.
Je devance ici votre demande de sources sur cette question :
http://afcap.free.fr/st%E9rilisation%20des%20handicap%E9s%20mentaux.php
Les femmes ingénieurs sont visées pour la raison suivante :
Une bonne gagneuse ne reste une bonne gagneuse que tant que la rentabilité de son poste de travail n'est pas grevée par un congé maternité.
Mais il y a aussi pour de nombreux tarés l'idée d'éradiquer le fléau que constitue pour eux l'arrivée de femmes ingénieurs dans le monde du travail.
à jexiste
De jexiste
si, si | 21H17 | 04/01/2009 |
Ah, j'oubliais celui-ci, un vrai régal :
Vous avez pu faire des études d'ingénieur, vous êtes donc une richissime héritière et n'avez pas besoin de travailler pour vivre. Vous travaillez donc en amateur, pas en professionnelle. Les professionnels travaillent pour vivre. On n'a pas besoin d'amateurs dans le monde du travail. Si vous voulez travailler, il vous faut d'abord devenir professionnelle, vous devez accepter de nous faire don de votre immense fortune ou de l'héritage de vos parents.
Et n'essayez pas de nier, les commerciaux ont réponse à tout : si, si, vous avez de l'argent, vous portez des jeans, tous les riches portent des jeans pour cacher qu'ils sont riches, c'est bien connu, c'est une preuve, vous êtes bien une richissime héritière.
Vous refusez toujours de donner ? Alors vous êtes infecte, on va s'occuper de vous…
à jexiste
De Pas lolo
fasciné | 11H25 | 05/01/2009 |
Je n'avez pas vu que vous aviez entamé un dialogue avec vous même.
à Pas lolo
De jexiste
si, si | 12H10 | 05/01/2009 |
Je ne pouvais plus éditer mon commentaire de 14h40 pour le compléter, vu qu'entre-temps vous y aviez répondu.
Vous arrive-t-il de réfléchir avant d'écrire ?