France 3 : un journaliste promu après un ménage à la préfecture
Un rédacteur en chef de France 3 récemment promu est connu pour avoir, par le passé, assuré une prestation rémunérée (un « ménage ») dans une préfecture alors qu'il co-dirigeait la rédaction régionale. « Avant, c'était une grosse faute. Aujourd'hui, c'est une petite faute », aurait répondu le directeur général adjoint de la chaîne à une syndicaliste au moment de cette promotion.
Carole Petit, secrétaire générale du Syndicat national des journalistes (SNJ) de France 3, est formelle : « A mon avis, il voulait dire par là que de l'eau a coulé sous les ponts depuis. » Et non que la réforme de France Télévisions, qui entre en vigueur lundi, minimise l'importance des fautes déontologiques, comme on aurait pu le croire. Joint par Rue89 sur son lieu de vacances, le directeur-général adjoint de France 3 en charge de l'information, Paul Nahon, dément tout aussi formellement avoir tenu de tels propos.
« L'ORTF en rêvait, France 3 l'a fait »
La nomination d'Eric Brisson comme rédacteur en chef adjoint par intérim des éditions nationales du week-end a en tous cas fait du bruit à France Télévisions au mois de décembre. En effet, en 2006, alors qu'il occupait le même poste hiérarchique à France 3 Picardie, il avait reçu sur le plateau de son JT de midi un des intervenants d'un colloque organisé par la préfecture de région. Le colloque s'est tenu l'après-midi même, animé par... Eric Brisson. Contre rémunération. « Pendant ses heures de service », précisait à l'époque la section régionale du SNJ dans un communiqué titré « Télé-préfet » : « l'ORTF en rêvait, France 3 Picardie l'a fait ! ».
Quand le choix d'Eric Brisson pour remplacer jusqu'au 1er mars une journaliste partie en congé maternité a été annoncé, les syndicats de France 3 sont montés au créneau. Des délégués du personnel ont posé la question à Paul Nahon pendant des réunions. Le SNJ lui a aussi envoyé un e-mail pour lui rappeler « un manquement grave aux principes de déontologie qui régissent notre profession », une « faute qui n'avait alors donné lieu à aucune sanction » :
« Dans le contexte actuel extrêmement difficile pour l'audiovisuel public et France télévisions en particulier, nous ne pouvons que vous mettre en garde contre ce type de dérives préjudiciables à l'image de rigueur professionnelle que se doit de présenter la Rédaction nationale. »
Pourtant, Paul Nahon déclare qu'il n'est « pas très au courant de cette affaire ».
« Je vous déconseille d'écrire un article là-dessus »
Joint par Rue89, Eric Brisson considère que « c'est une vieille histoire », qu'il n'a fait ça « qu'une fois dans [s]a vie », et que le fait de recevoir cet invité sur son plateau avant de le retrouver comme intervenant dans un colloque préfectoral étaient deux choses « totalement indépendantes » :
« On aurait reçu cet invité sur le plateau que j'aie animé le colloque ou non. C'était un colloque sur l'intelligence économique, un sujet difficile à illustrer en allant sur le terrain. »
Le terrain, justement... En 2006, les journalistes picards notaient que l'employeur provisoire du rédacteur en chef adjoint (la préfecture, donc), était « l'institution politico-administrative la plus importante de la région » :
« Celle avec laquelle nous sommes nous, journalistes de terrain, le plus fréquemment en rapport au gré de nos reportages. »
A deux reprises, Eric Brisson m'a « déconseillé » d'écrire un article sur cette affaire : le faire constituerait une « atteinte directe à [s]es compétences professionnelles ».
France 3 est une chaîne connue pour ses « ménages » de journalistes : Christine Ockrent, en particulier, ou la présentatrice Laurence Piquet, qui avait été mise à pied pendant dix jours dans les années 90 après avoir animé un faux 19/20 pour le compte du laboratoire Pfizer.
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Mélange des genres ?
Diversion c'est Domination, Pièges à la Une, à la deux, à la trois, etc... ! !
Nicolas Sarkozy corrompt publiquement
de grands éditorialistes...
Après avoir dénoncé la censure qui frappe toute critique du président Nicolas Sarkozy, les syndicats de journalistes se sont indigné des diverses fonctions honorifiques et missions rémunérées offertes par le président de la République à onze chroniqueurs influents des grands médias.
• L'ancien courtisan de François Mitterrand, Jacques Attali, éditorialiste à l'hebdomadaire l'Express, a été nommé président de la commission pour la « libération de la croissance française »
• Georges-Marc Benamou, confident officiel l'ancien président Mitterrand, éditorialiste au quotidien Nice Matin et chroniqueur au quotidien La Provence, a été nommé « conseiller pour la culture et l'audiovisuel » du président de la République.
• Jean-Louis Bourlanges, chroniqueur sur la radio France Culture, a rejoint le « Comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République »
• Guy Carcassone, chroniqueur à l'hebdomadaire Point, a rejoint le « comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République »
• Jean-Claude Casanova, fondateur de la revue Commentaire, éditorialiste associé au quotidien Le Monde, a rejoint le « comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République »
• Jean-Marie Colombani, ancien directeur du quotidien Le Monde, chroniqueur politique sur France Inter le vendredi matin, et animateur de l'émission « Face à face » sur la chaîne de télévision Public Sénat a accepté une mission officielle de trois mois sur la réforme des conditions d'adoption.
• Olivier Duhamel, chroniqueur sur France Culture, a rejoint le « comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République »
• Yves de Kerdrel, éditorialiste au quotidien Le Figaro et chroniquer à la radio économique BFM, a rejoint la commission pour la « libération de la croissance française »
• Éric Le Boucher, chroniqueur économique au Monde, a rejoint la commission pour la « libération de la croissance française »
• Myriam Lévy, qui suivi la campagne de Ségolène Royal pour Le Figaro, a été nommée conseiller en communication du Premier ministre.
• Catherine Pégard, rédactrice en chef du service politique de l'hebdomadaire Le Point, a été nommée conseiller politique du président de la République.
• Marie Drucker, présentatrice du journal télévisé de France 3, est l'épouse d'un député et ancien ministre.
• Christine Ockrent, animatrice de l'émission « Duel sur la 3 » sur France 3, est l'épouse du ministre des Affaires étrangères
• Béatrice Schönberg, présentatrice du journal télévisé de France 2 est l'épouse du ministre de l'Environnement.
À noter qu'à l'inverse
• Laurent Solly, ancien chef de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur, a rejoint la direction de la principale chaîne de télévision TF1.
Médias, propagandes ?




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