MP3, livre électronique : des cadeaux pas assez « réels »
On n'écoute plus que des MP3, on lit de plus en plus sur son livre électronique... Mais on continue à offrir des CD et des bouquins à nos amis.
C'est le paradoxe que constate l'économiste Justin Wolfers sur Freakonomics, un blog du New York Times :
« La semaine dernière, j'ai fait une chose très années 90 : j'ai acheté un disque compact. Le CD n'était pas pour moi. C'était un cadeau de Noël. »
Wolfers a ensuite réalisé la stupidité de la chose. « Après tout, le destinataire du cadeau -comme la plupart d'entre nous aujourd'hui- écoute presque exclusivement des fichiers mp3. »
« Mais quelque part, ça semblait plus “réel” d'offrir un disque compact physique que de transférer les droits de propriété d'un fichier mp3 beaucoup plus commun. »
L'économiste explique ensuite qu'il ne lit quasiment plus que sur son livre électronique. « Vous pourriez penser que cela conduit ma famille à m'offrir des livres au format approprié, l'électronique. Mais non. En fait, ma famille a quasiment arrêté de m'offrir des livres. »
L'économie immatérielle, c'est pas un cadeau
Wolfers continue en disant que quand il avait offert un Scrabble il y a deux ans, « ce fut un succès ». Le jeu n'étant pas pratique à transporter, il a voulu l'acheter sous forme d'application iPhone. Avant de renoncer, le magasin étant pris d'assaut à la veille de Noël.
Tout ceci l'amène à se poser une question : « Qu'est-ce qui explique notre attitude schizophrénique vis-à-vis de l'économie immatérielle ? »
Universal Music a peut-être trouvé la solution : en partenariat avec Smartbox, la maison de disques propose un an de musique, avec téléchargements illimités, pour 59€. Le tout, dans une boîte en carton plutôt moche.
Mine de rien, dans son babillage post-Noël, l'économiste américain pose une question pertinente : fonctionnant grâce à des objets hi-tech, supposés design ou glamour mais généralement très onéreux, l'économie immatérielle se nourrit, par définition, de contenus à la présentation totalement insipide, voire inexistante. L'anti-cadeau par excellence.
Et vous, pour Noël, avez-vous offert de l'immatériel ou des bonnes vieilles galettes compactes, tellement plus agréables à recevoir par ceux que vous aimez ?
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La différence entre le concret, qui reste, que l'on peut toucher, et l'immatériel, volatile, inexistant.
J'avoue que moi aussi, j'aurais du mal à percevoir un « cadeau virtuel » comme un cadeau. Tout simplement parce que ça n'a pas d'existence.
Pour dire que ça n'a rien à voir avec les nouvelles technologies, si on « m'offre » un abonnement à une revue, je ne le perçois pas vraiment comme un cadeau.
M'offir un pécule en me disant de prendre ce qui me fait envie (argent liquide ou chèques cadeaux), idem.
Un bouquin sur puce, comparé à un livre sur papier, yapafoto non plus : le « toucher » n'a rien à voir. Et le toucher est aussi un plaisir, tout autant que le contenu du livre lui-même.
Que je m'offre un livre téléchargé ou un livre sur puce : OK. L'offir serais pour moi une honte, en quelque sorte...
Ça n'a aucune « postérité ».
Je préfère encore un truc à deux balles marrant (style la salière à roulette d'Al-Ice, même si je n'en ai jamais l'usage ! ) : ça a pour moi beaucoup plus de valeur intrinsèque (entre autres « l'implication » de celui qui offre).
Pour moi, un cadeau n'est pas fait pour être utile, mais pour faire plaisir (enfin, normalement).
Tout ça est très difficile à expliquer ou décrire, car c'est très subjectif...
Je conçois que l'on puisse penser autrement, mais au risque de décevoir, j'offrirais toujours du concret.




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