Au moins trois des 11 places dont parle la ministre n'étaient pas adaptées au cas du patient décédé ou n'existaient pas.

Roselyne Bachelot et l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf) ne sont pas d'accord. Ce n'est pas la première fois. Mais là, les parties s'opposent sur le nombre de places en réanimation dans la nuit de samedi à dimanche en région parisienne, qui auraient pu éviter la mort à un patient. Zéro place pour l'Amuf, onze selon la ministre, qui a déploré, lors d'une conférence de presse, un défaut d'organisation. Rue89 a confronté ces chiffres.
L'Amuf publie un communiqué sur son site, dimanche soir, soit 12 heures après la mort d'un patient dans une ambulance du Samu faute de place en réanimation. Le document, intitulé « le point à 20 heures » recense les places disponibles la veille en région parisienne : zéro, selon l'association du Dr Patrick Pelloux.
Lundi, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot annonce qu'elle diligente une enquête de l'Igas sur le décès. Lors d'une conférence de presse, elle diffuse une liste de onze places disponibles cette nuit-là dans différents services de réanimation d'Ile-de-France. Pour elle, l'accueil était possible :
« En temps normal, nous sommes avec une trentaine de lits disponibles en Ile-de-France, là nous sommes dans une période de tension mais nous avions onze lits disponibles en région parisienne à moins de 20 minutes du malade. Il n'y a pas de dysfonctionnement structurel. »
Comment expliquer cette différence de chiffres ? D'abord par la méthode de comptage. D'après l'Amuf, le ministère de la Santé se serait basé sur les relevés du Centre régional de veille et d'action sur les urgences. Ces relevés sont effectués tous les jours, entre 8 heures et 9 heures du matin. Ce qui n'explique pas l'intitulé du document fourni par le ministère, qui avance que les places mentionnés étaient libres « dans la nuit du 27 au 28 ».
« J'ai plutôt tendance à croire l'Amuf, le support est plus crédible », juge une professionnelle de santé. « Les chiffres du ministère viennent peut-être de l'ARH (l'Agence régionale de l'hospitalisation, ndlr), mais dans ce cas ils doivent dater de 17 heures environ. »
L'Amuf, elle, a construit son tableau à partir des déclarations de médecins urgentistes en poste qui cherchaient des places en réanimation pour leurs patients. Et qui n'en trouvaient pas.
Nous avons tenté de joindre tous les services de réanimation dans lesquels, selon la ministre, il restait des places libres susceptibles d'accueillir le patient décédé. Sur dix hôpitaux, cinq nous ont répondu.
Catégorique, l'hôpital de Mantes affirme que son service ne comptait « aucune place jusqu'au lendemain soir », malgré les affirmations de la ministre. Mais n'a pas voulu développer sur les raisons de sa présence dans la liste.
« Nous avions bien une place pendant la nuit, mais elle a été prise à 5 heures du matin par un autre malade », explique-t-on à l'hôpital Saint-Antoine, à Paris :
« Le patient qui est décédé avait besoin d'une coronarographie, mais notre service de réanimation n'est pas équipé pour cela. Le patient aurait pu prendre cette place mais dans un deuxième temps, après cet examen. »
Même réponse à Provins : le service de réanimation ne peut pas pratiquer de coronarographie. La place disponible ce soir-là n'était donc pas susceptible de sauver le patient.
A Meaux, le service de réanimation reconnaît qu'il avait un lit dans la nuit. Mais qu'il n'a pas été contacté pour ce patient, dont la situation médicale devait être examinée pour décider de l'opportunité de le transférer dans ce service.
Le centre hospitalier de Versailles, quant à lui, doit encore vérifier les plannings. Mais une responsable rapporte les propos du Samu 78, qui aurait amené un patient vers 19 heures, qui aurait occupé le dernier lit de réanimation.
Après vérification auprès des hôpitaux, nous sommes retournés vers le service de presse de Roselyne Bachelot. Qui maintient son document, qualifié de « vérifié ». « Nous sommes bien informés. Tous les lits que nous avons signalés comme disponibles l'étaient. »
► Mis à jour le 31/12/2008 à 10h30 : un riverain nous a signalé une dépêche de l'Agence de presse médicale (APM), dont deux journalistes, Caroline Besnier et Marion Henry, ont enquêté sur les places disponibles en réanimation. Voici quelques extraits de cette dépêche qui nous permettent de compléter le tour d'horizon.
La direction de l'hôpital Foch à Suresnes (Hauts-de-Seine) a indiqué que ses 12 lits de réanimation étaient tous occupés dans la nuit de samedi à dimanche alors que le ministère précisait qu'un lit était disponible.
Une source interne à l'hôpital privé du Vert Galant à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), qui appartient au groupe Générale de santé, a également indiqué que cet établissement n'avait pas de lit disponible en réanimation cette nuit-là. Cette information n'a pas pu être confirmée mardi par le groupe de cliniques.
S'agissant de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), la direction générale a confirmé qu'elle avait bien eu cinq lits de réanimation médicale disponibles dans la nuit de samedi à dimanche.
Mais les établissements mentionnés par le ministère dans sa liste (Cochin (deux lits), Saint-Antoine, Lariboisière, La Pitié-Salpêtrière)correspondent aux disponibilités à 16 heures dimanche et non dans la nuit précédente.
La direction générale a précisé qu'à minuit samedi soir, deux lits de réanimation étaient en fait disponibles à Bichat, un à Lariboisière, un à Tenon et un à Henri-Mondor à Créteil. Un lit de réanimation chirurgicale était également disponible à Ambroise Paré à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).


















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De fatalyst
21H12 | 30/12/2008 |
J'ai pas envi que vous pétiez les plombs mais :
-Selon les premiers éléments de l'autopsie pratiquée ce mardi, il n'aurait pas survécu même s'il avait été hospitalisé à temps, annonce le parquet d'Evry au Figaro. Le parquet précise qu'il faut « rester très prudent mas vraisemblablement si on avait trouvé une place, ça n'aurait pas changé les choses ». L'autopsie a en effet révélé un problème cardiaque et un « très mauvais état de son cœur ».
(source lefigaro.fr vue sur le post.fr)
Un seul mot : EDIFIANT ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
J'ai du mal à le croire mais c'est vrai.
De nahera
21H17 | 30/12/2008 |
Ben c'est facile pourtant. Bachelot doit bien savoir qui a fait son tableau.
Il suffit de diffuser le numéro de téléphone de cette personne dans tous les services d'urgence d'Ile de France. Au lieu d'appeler tous les hôpitaux un par un, il leur suffira de connaitre un seul numéro.
Voilà, voilà, problème réglé, au suivant ! ! : -)
De Bernard_du_Nord
21H24 | 30/12/2008 |
Ah oui, c'est maintenant le nouvel argument : ça n'aurait pas changé les choses.
Désolé, mais on ne lui a pas donné la chance de s'en sortir (même si cette chance était minime). Qui dit que l'état de son coeur ne s'est pas rapidement dégradé à cause de l'attente. Et s'il avait pu être pris en charge de suite…
Maintenant que les chiffres données par R. Bachelot s'avèrent erronés, on laisse supposer que …
Dois-je rappeler que la médecine n'est pas une science exacte ?
De Bernard_du_Nord
21H35 | 30/12/2008 |
Pour celles et ceux qui ne l'ont pas entendu, vous pouvez réécouter l'excellent débat avec Regis Garrigue (AMUF), Giroud Marc (SDF), Guidet Gérard (SFRL).
Le terme « Excellent débat » n'est pas de moi, mais celui utilisé par l'AMUF.
Lien : http://www.europe1.fr/popup/reecoute/(idconducteur)/94566/(idemission)/159229
De Ga
Dessineux | 22H04 | 30/12/2008 |
De Le wouavrais
Soudeur | 22H15 | 30/12/2008 |
Moi , je me méfie de tous les comptages qui viennent des ministères depuis que nous avons vu Darcos incapable de réaliser une banale règle de trois à la télévision.
De marchenchuches
Ouvreur d'huitres au Niger | 08H20 | 31/12/2008 |
On se pose enfin la bonne question.
Dormez braves gens, il serait mort de toutes façons.
Une fausse nouvelle en quelque sorte.
C'est une véritable révolution dans l'éthique de la médecine.
Jusqu'à notre nouvellel ère la médecine avait une obligation de moyen, le résultat dépendant de moyens et du patient lui même.
Avec la nouvelle réforme,il n'y a plus obligation de moyens, quid de l'obligation de résultat ?
Ca ouvre des horizons immenses :
- Attaquer le médecin en justice s'il ne vous a pas guéri, malgré les immense moyens mis en oeuvre.
- Refuser les infractions, (non mise en oeuvre correcte de moyens), si le résultat n'est pas blessure ou mort d'homme.
- Absoudre notre cher président de tous les errements réformateurs puisque de toutes façons on n'échappe pas aux conséquences de la crise.
En résumé : Mieux vaut laisser le patient guérir plutôt que prévenir.
On vit une époque formidable.
Entre nous, vous pensez vraiment que onze lits (éventuellement virtuels) disponibles sont suffisants pour couvrir les risques de réa sur une population de 10 millions d'habitants. Un petit carambolage et la marge passe en négatif.
De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 09H39 | 31/12/2008 |
Bon, tout le monde tombe sur Bachelot, elle l'a bien mérité.
Mais ce qui me frappe, c'est le silence assourdissant de Son Altesse.
Je veux bien admettre que le Brésil, c'est loin, et qu'il a du enlever la batterie de son portable car il sait que sinon on peut l'écouter, mais quand même.
Lui qui saute au micro dès qu'on relâche un malade mental pour réclamer une réforme de l'hôpital psychiatrique, ici, rien ? ? ? ? ? ? ?
Rien non plus concernant le schizophrène évadé ? ? ? ?
Ses voeux de 2009 … enregistrés d'avance….
Vous ne trouvez pas ça bizarre ? ? .
Si ça se trouve, il est mort, mais on nous cache la vérité jusqu'au 1er Janvier.