
(De Delhi) La couverture médiatique des attentats de Bombay a été vivement critiquée en Inde. Les télévisions indiennes ont adopté une charte pour les situations de crise. Certains en Inde y voient un premier pas vers une limitation de la liberté de la presse.
Jamais les médias indiens n'avaient connu une telle situation. Pendant trois jours, ils ont couvert en continu et en direct l'attaque terroriste la plus importante de l'histoire indienne. En boucle, sur les télévisions du pays, l'incendie de l'hôtel Taj Mahal, des images dures des nombreuses victimes et le suivi, minute après minute, des opérations policières en cours. (Voir la vidéo)
Alors que les attaques battaient leur plein, les autorités ont du demander aux journalistes d'arrêter de diffuser des informations sur les interventions des commandos d'élite. Les terroristes, barricadés dans les hôtels, avaient accès aux médias et connaissaient, en direct, les mouvements des forces de l'ordre.
Une charte pour les situations de crise
Après les attaques, le gouvernement indien et les agences de renseignement ont fortement critiqué les médias, les accusant d'avoir entravé les opérations policières et d'avoir mis en danger des vies. En réaction, les chaînes de télévision –principalement visées- ont adopté une charte pour les situations de crise similaires à celle du 26 novembre, peut-on lire sur le site Internet de la chaîne NDTV.
Dorénavant, les chaînes ne diffuseront plus d'interviews téléphoniques en direct d'otages ou de terroristes, ce qui s'était produit à Bombay. Elles veilleront aussi à ne montrer aucune image pouvant nuire aux opérations policières en cours. L'identité des otages ne sera plus mentionnée. Et toute image diffusée devra clairement indiquer la date et l'heure du tournage.
Pendant les attaques de Bombay, les mêmes scènes avaient tourné en boucle sur toutes les chaînes, rendant l'information très confuse. Les télévisions ont aussi accepté de ne plus diffuser d'images trop violentes.
Cette charte s'inspire de textes déjà en vigueur chez les médias américains ou britanniques.
Un début de restriction de la liberté de la presse ?
Mais ce texte a déjà fait grincer des dents quelques journalistes, qui le considèrent comme un début de restriction de la liberté de la presse. Pour eux, la couverture médiatique des attentats de Bombay a, au contraire, permis de mettre en lumière les défaillances du système de sécurité indien, rapporte Top News. Et il serait profondément injuste de rendre les médias responsables des échecs des forces de l'ordre.
Mais au delà des questions de sécurité, d'autres critiques se font entendre sur le traitement médiatique de ces attaques. Imtiaz Alam, secrétaire général de l'association des médias libres d'Asie du Sud, a vivement dénoncé le comportement guerrier des journalistes indiens et pakistanais.
« Les médias indiens ont fait des conclusions hâtives sur la culpabilité du Pakistan, a-t-il déclaré dans les colonnes du journal Tehelka. Les médias pakistanais sont allés encore plus loin, en accusant l'Inde elle-même. Ils pensaient qu'elle avait monté de toutes pièces les événements et que c'était une conspiration pour retirer au Pakistan l'arme nucléaire. »
Des positions qu'il juge excessives, et surtout extrêmement dangereuses :
« Les médias peuvent amener deux Etats à se faire la guerre. Mais ils peuvent aussi créer l'atmosphère nécessaire à la réconciliation. »
Photo : l'hôtel Taj Mahal de Bombay, vendredi (Arko Datta/Reuters)




















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De Tinhinane
Médiatrice scientifique | 17H45 | 28/12/2008 |
Je pensais, sans doute naïvement, que cette profession était bien balisée et qu'elle avait des règles déontologiques. n'est-ce pas le cas ?
Chaque fois que les médias sont critiqués pour leur gestion de l'information ils brandissent le spectre de l'entrave à la liberté de la presse. Si cela vaut pour certains pays autocratiques, dans des dictatures, globalement cet argument me rappel un autre, l'entrave à la liberté du marché, auquel se raccrochaient de nombreux financiers qui aujourd'hui exigent l'aide des Etats, sur les deniers publics, pour les sortir des abysses dans lesquels ils nous ont plongés. L'information contrôlée par le pouvoir me répugnent tout autant que l'absence de règles déontologiques (démocratiquement édictées et clairement annoncées et communiquées) et leur respect par les professionnels des médias.
De Phil2922
Retraite invalidité | 18H52 | 28/12/2008 |
Ce qui me désespère, c'est de voir la vitesse à laquelle les palaces de Bombay ont été remis en état pour pouvoir acceuillir les touristes avec des biftons plein les poches.
Un an après qu'un cyclone ait détruit tout un quartier dans le nord, des familles sont toujours logées dans des Mobil-Homes… ! Et des exemples de ce genre on peut trouver à la pelle, et plus dramatiques encore… !
Cette société est vraiment désolante… ! !
Allez, un p'tit coup de « Blagues actualités » pour nous remonter le moral :
http://phil195829.overblog.com
à Phil2922
De Les Grands Champs
Retraité, le doigt là où ça fait m... | 19H05 | 28/12/2008 |
Vous oubliez que les fonds ne viennent pas du même endroit !
Les touchés sont des familles les plus riches de Bombay, ceci vous donne-t-il les raisons ?
Pour qu'il n'y ai pas de diffusions comme elles l'ont été ?
Je n'aurais même pas pensé que cela ai été !
Incroyable ce manque de lucidité, comment n'y ont-ils pas pensé que de l'autre coté ils regardaient la T V ? Idem pour la radio !
à Les Grands Champs
De narvic
22H00 | 28/12/2008 |
3e paragraphe : « les attaques battaient son plein » (« son » comme « sonore ») et pas « leur plein » (ce n'est pas « son » comme « sienne »)… ; -)
De General Subverciòn
réfractaire délocalisé | 22H13 | 28/12/2008 |
c'est un peu comme si on demandait au GIGN de se trimballer avec des reporters de télé pour diffuser en live,c'est totalement idiot , ça fait un support médiatique incomparable pour les forcenés et ça leur permet de pouvoir localiser encore plus de cibles…Quand à la liberté de la presse,est elle plus importante que les vies humaines,surtout sur une histoire du genre des attentats de Mumbay ? je ne pense pas que dans ce cas là,ce soit très éthique de la part des médias de parler de liberté,ça relève tout au plus du voyeurisme malsain tendance charognard.
à General Subverciòn
De DBL8
Retraité | 05H13 | 29/12/2008 |
»…ça relève tout au plus du voyeurisme malsain tendance charognard. »
D'accord, mais la T V nous a habitué à ça !
Qui n'a pas vue des passants regarder un accident par pur voyeurisme car incapable de faire quoi que ce soit pour porter secours ?
Les journalistes, presque TOUS, ont une grande part de responsabilité dans ce comportement, mais il faut de l'audience (audio-T V), vendre du papier, ect. Rappelez-vous le décès de « Sevran », c'en est révoltant cette course à l'audience ! !
De millesime
retraité | 22H34 | 28/12/2008 |
le directeur du service fédéral russe de contrôle des stupéfiants Viktor Ivanov a dénoncé l'utilisation des réseaux de trafic de drogue : « les données dont nous disposons attestent que le baron régional de la drogue, Dawood Ibrahim, a mis à la disposition des terroristes son réseau logistique pour préparer et réaliser les attaques.. »
qui est derrière le narcoterrorisme ?
Si on stoppe le flux global d'héroïne, de cocaïne,de marijuana et autres drogues illicites et dangereuses, on assèche la source principale de financement des forces narcoterroristes internationales »
Soros, un pion du Foreign & Commenwealth office, est la personnification du contrôle britannique sur le trafic mondial de drogue et d'armes qui se monte à plusieurs milliers de milliards de dollars…. !
De Hautpoul
11H08 | 29/12/2008 |
L'influence de la télévision et des journalistes n'est pas négligeable. De plus en plus nous avons des informations qui arrivent « brutes de décoffrage » par des médias dont le but est d'informer avant les autres sans penser aux conséquences d'un manque d'analyse ou de recul. Souvent la télévision quand on l'accuse d'influencer en mal le public ou les enfants brandit le spectre que la liberté et du fait que « c'est ce que le public veut ! ! ». On en arrive à une télévision au raz du sol qui comme dans les pays nord américains vend la quantité et non la qualité et qui ne se remet jamais en cause.
Dans le cas de Bombay la télévision participe à l'évènement. C'est le syndrome de l'observateur qui n'observe plus un phénomène mais celui-ci avec en plus les perturbations de son observation sur celui-ci. Phénomène très connu dans le milieu scientifique. Avoir des règles de déontologie ne veut pas dire mettre de la censure. Mis plutôt redevenir plus « professionnel » en se remettant en cause sur le but du journalisme de faits d'actualité. Le journalisme d'enquête est un autre domaine qui de part le temps entre l'évènement et la diffusion permet un recul matériel non négligeable.
Marc
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 16H44 | 29/12/2008 |
C'est hallucinant que les terroristes n'avaient qu'à regarder la télé pour savoir ce qui se passait…
Que les médias filment et diffusent ce qu'ils veulent, ça se comprend et ça ne choque que ceux qui regardent ; mais ils auraient au moins pu attendre que ce soit fini et montrer quelque chose étudié avec du recul, plutôt qu'un live à deux balles comportant 90% de bouche trous et aucune objectivité.
Comme quoi on a beau ne pas bouffer de vache, on bouffe la même merde à la télé que le reste du monde…
De sarkar
15H13 | 30/12/2008 |
A propos du trafic narco, en plus de ce que dit les resposnables russes, il faut se rappeler que les talibans prélèvent comme taxe 10% du prix payé au cultivateur afghan. ET les 90 autres pourcent ? ET quid des prix payés par les consommateurs d'opium et d'héroîne dans les marchés solvables des pays occidentaux - beaucoup plus élevés que le prix payé au cultivateur afghan ? ET encore le blanchiment de ces dizaines de milliards ? Quelles banques ? Situées dans quels pays ?
Il est clair que ce ne sont pas talibans qui contrôlent ces banques. Qui alors ? La réponse est-elle si difficile ? Il y a quelques décennies, le professeur Alfred McCoy (L'université de Wisconsin, je crois) publiait son fameux livre démontrant comment une partie de la guerre US d'Indochine (des millions de morts chez les autochtones) fut financée par le pavot-opium-héroïne. Allez sur Google, tapez Alfred McCoy, « politics of heroin », US, Indochina.