Dans le retro, avec l'INA 23/12/2008 à 16h36

Coup d'Etat en Guinée après la mort de l'indéracinable Conté

Elodie Nabot | Etudiante en journalisme


Les autorités guinéennes ont annoncé mardi matin la mort du président Lansana Conté, survenue lundi soir. Décédé à l’âge de 74 ans des suites d’une longue maladie, il était au pouvoir depuis vingt-quatre ans.

Pour suivre la crise en Guinée


Les militaires ont aussitôt pris les rênes du pays. Moussa Dadis, capitaine dans l’armée, a annoncé sur Radio Conakry « la dissolution du gouvernement, des institutions républicaines et de la Constitution », ainsi que la suspension de toute activité politique et républicaine. Il a ajouté qu’un conseil consultatif, composé de civils et militaires, serait bientôt mis en place.

L’intervention radiophonique du militaire contient de nombreuses revendications sociales, évoquant le « désespoir profond de la population ». Moussa Dadis dénonce une situation économique catastrophique que la Guinée aurait pu éviter, grâce à sa richesse en ressources naturelles. Il accuse les autorités de corruption, ou encore d’impunité généralisée.

Le président Lansana Conté, né en 1934 dans une famille paysanne, laisse derrière lui un pays classé parmi les plus pauvres de la planète. Il était arrivé au pouvoir le 3 avril 1984, après la mort d’Ahmed Sékou Touré, premier président de la Guinée indépendante.


Un an après l’arrivée au pouvoir de Conté et des militaires, l’impatience se fait jour dans la population. Certes, les Guinéens bénéficient d’une certaine libéralisation, mais l’économie ne redémarre pas.


En 1999, à l’occasion du Sommet de la francophonie, Jacques Chirac inaugure le barrage de Garafiri. Un voyage qui suscite l’espoir chez les opposants au président Conté, dont le leader, Alpha Condé, candidat malheureux à l’élection de 1998, est emprisonné.


Après plus de vingt ans de pouvoir, le général Conté était toujours contesté. Les manifestations hostiles au pouvoir, début 2007, sont réprimées dans le sang, l’état de siège est décrété. Les affrontements font plus d’une centaine de morts en quelques semaines. Un calme précaire règne en Guinée et la population vit dans la peur.


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  • sup. à la demande du riverain 29 juin
    • Posté à 18h51 le 23/12/2008
    • Internaute 58127
      bye bye ...

    et que veut dire le retour d’Alpha Condé, dimanche :

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  • Thierno Seck
    Thierno Seck
    ApprentiSorcier
    • Posté à 19h44 le 23/12/2008
    • Internaute 24434
      ApprentiSorcier

    Que Dieu me Pardonne, mais je ne vais pas pleurer ni prier pour ce despote. Je trouve même que c’est une extreme bonne nouvelle. De plus je dirai même qu’il aille au diable ! !

    Ce que j’ai vraiment du mal a comprendre c’est comment un quasi paralysé est arrivé a gérer quand mm un pays. Certes les anacdotes sur Conté font rire, j’aurai aimé que certains amis publient ici certaines anecdotes, ils pourraient gagner le prix de l’humour. Seulement au dela de ces betises il y a des vies sacrifiées et un pays coulé.

    Certes comme les chatds ce despote a eu plusieurs vies. Ca fait quelques temps que l’on annonce sa mort. Même hier matin on m’annoncait encore sa mort.

    Ce mort vivant a comme derniere anecdote marrante, accompagné ses sbires casser la prison pour liberer son pote milliardaire devant la stupefaction générale des gardes et de la nano justice. Cela a fait rigoler au dela des frontières. Ce paysan despote ne manquera a personne.

    Ayant énormément d’amis guinéens, mon troisième pays aprés mon Sénégal natal et le Mali de ma moitié, j’espère quune nouvelle page va s’ouvrir. Ce pays de gens dignes et battants mérite autre chose avec toute sa richesse potentielle .

    Ce que je peux souhaiter c’est que la guinée avance et devienne une terre d’immigration pour mes compatriotes sénégalais, car il y a des choses à y faire.

    Sous les règnes de Séckou et Lass, le nombre de guinéens émigrés au Sénégal a dépassé toute imagination. J’espère que pour tous ceux la qui échappaient a l’arbitraire de ces despotes qu’ils pourront revenir cheze eux revoir ceux qu’ils y ont laissé sans craintesaucunes et que cette double vie entre nos deux pays renforcera les liens sanguins qui lient guinéens et sénégalais. A titre perso, cela ne me déplairait pas que nos pays fusionnent de même que le Mali pour former une communauté de destin de peuls, sousous, wolofs, bambaras, sérères, diolas, etc....

    J’ose esperer qu’en cas de problèmes de sécurité, nos défaillantes autorités sénégalaises feront tout pour que tous les guinéens qui le souhaitent viennent chez nous le temps que les choses se calment.

    Nous ne pouvons entre gens si proches, que nous soutenir. La souffrance de ce peuple nous la partageons.

    Que vive la Guinée, et qu’une nouvelle page s’ouvre enfin dans ce pays si fermé.

    Je termine en exhortant les autorités de la CEDEAO de ne pas accepter de putch militaire. Quitte a intervenir par la force contre cette armée fantome. Nous devons refuser que l’on nous vole nortre avenir commun.

    Bon débarras et Bone année 2009 a tout le monde. Je suis trés content de la mort de cet assassin !

    Salam

  • AAL Balle au centre
    AAL Balle au centre
    Militant Modem
    • Posté à 23h33 le 23/12/2008
    • Internaute 46457
      Militant Modem

    Guinée à l’épreuve !

    Le problème de la Guinée, de l’Afrique en général, y compris quelques-uns des pays dits émergents c’est que la population localement souffre du même mal, à savoir celui de la corruption. Mais, il ne faut pas croire que ça n’est propre qu’à ces pays. Chez nous, nous avons nos petits scandales qui parfois s’étallent sur les pages de nos journaux comme la vente de frégates à Taïwan, le financement de nos partis politiques par les potentats de ces pays, le dédommagement d’un homme d’affaire « Tapi » sur les deniers de l’Etat et j’en passe. Autrement dit, il n’y a pas de corrompus sans corrupteurs, mais la corruption chez nous est plus ou moins « supportable » car nous avons un système un peu plus redistributif.

    J’espère que la Guinée réussira à tourner la page de ses années sombres. Pourtant, je crains que la mort du dictateur ne change pas grand chose tant que ceux et celles qui prendront la relève n’auront pas un plan d’ensemble pour lever le défi de leur développement et non celui qui leur est imposé depuis 1/2 siècle par nos propres gouvernants et les institutions internationales. En effet, la Guinée, comme certains pays producteurs de matières premières, mise sur l’exportation de ces richesses qui lui reviennent transformées et à un coup nettement supérieur au produit de base. Dans ce cas comment voulez-vous que ces pays constituent une épargne leur permettant de financer des investissements. C’est l’histoire du chat qui se mange la queue et la regarde dépité car elle ne repousse pas.

    Bon vent à la Guinée et qu’un vent nouveau souffle enfin sur le pays.

    Abdallah Aboubacar-Lorenzo

  • clomani14
    clomani14
    Paris
    • Posté à 09h54 le 24/12/2008
    • Internaute 24164
      Paris

    Quand j’ai entendu annoncer la mort de Lansana Conté, je me suis dit : « tiens, la Guinée enfin débarrassée de son tyran... va y avoir un coup d’état et la Françafrique va intervenir d’une façon ou d’une autre »...
    La 1ère partie de mes supputations s’est avérée juste peu de temps après avoir entendu l’info... J’attends la suite. A Noël, on déballera les cadeaux et peut-être la Françafrique grenouillera–t-elle pour placer un homme à elle en Guinée...
    D’ailleurs, Marchiani a été libéré... remise de peine il paraît. Quel honneur !
    C’est pour aller libérer la Guinée ?

  • said sellali
    said sellali
    cadre à nantes
    • Posté à 11h44 le 24/12/2008
    • Internaute 25979
      cadre à nantes

    Il faut reconnaitre une chose à Lansa na Conte-je vais me faire l’avocat du diable pour changer- avoir évité la guerre civile dans son pays alors que tous les voisins de la Guinée ont souffert de ce maux-Sierra Leone, Libéria, Guinée-Bissau. Encore heureux que l’armée soit la seule institution à peu près valable dans ce pays.
    Après avoir dit cela, bien évidemment la situation économique et sociale est un scandale en Guinée et cela est principalement dû à Conté qui avait institué la gabegie, le clientélisme et et la corruption en sytème de gouvernement.

  • 1a-2b-3c-4d
    1a-2b-3c-4d
    Merci, c'est gentil, et vous ?
    • Posté à 13h39 le 24/12/2008
    • Internaute 51132
      Merci, c'est gentil, et vous ?

    Le vieux n’a pas passé Noël… Noël serait-il propice aux coups d’États ?
    ça me rappelle le Général Gueï Robert, renversant Henri Konan Bédié en Côte d’Ivoire, le jour de Noël 1999. Ce Noël-là, les médias français avaient d’ailleurs d’autres chats à fouetter, avec leurs grosses tempêtes dans la Manche.
    En Côte d’Ivoire donc, c’est papa Gueï Noël qui vire Bédié, soupçonné de vouloir s’éterniser au pouvoir. Guéï est acclamé par la foule, heureuse de se débarrasser de Bédié qui commençait vraiment à devenir pesant. (Par exemple, Bédié avait mis Henriette Diabatté, du RDR d’Allassane Ouatara, en prison.) Libération de cette Dame par la junte… La mission officielle de la junte militaire de Gueï est alors d’organiser des élections, mais sans y prendre part elle-même, ce qui sera démenti par la suite, puisque 10 mois plus tard, en octobre 2000, Le Général Guéï lui-même compte parmi les candidats à l’élection présidentielle, tandis qu’Allassane Ouatara est écarté de la course à la candidature, pour raison officielle de nationalité Ivoirienne douteuse, et tandis que Bédié regarde tout cela depuis son exil en France. Finalement c’est Laurent Gbagbo qui sera élu, malgré la proclamation de la victoire de Guéï à la RTI. Cette contestation de l’attribution de la victoire donnera lieu à de fortes manifestations dans la rue, en faveur de Gbagbo, car les Ivoiriens commençaient à trouver la junte militaire de Guéï… pesante encore. Fuite de Guéï, mais alors qu’on allait les oublier, manifestations des sympathisants d’Alassane Ouatara, qui, écartés des élections dès le début, entendent bien réclamer de nouvelles élections maintenant que Guéï n’est plus là. Répression sanglante par les sympathisants de Gbagbo, qui ne laisseront pas passer leur victoire aux urnes. Épisode du charnier de Yopougon. Et depuis, la situation en Côte d’Ivoire s’est encore détériorée, avec des attaques de rebelles au Nord du pays, un pays coupé en 2, puis réunifié (plus ou moins), des élections qui se font attendre et un appauvrissement des gens en général.
    Il y a beaucoup de Guinéens en Côte d’Ivoire, venus tenter leur chance, tout comme des Burkinabés, des Maliens, des Ghanéens, et même des Nigérians (ça fait déjà un peu plus loin). Je viens de lire un peu plus haut que beaucoup de Sénégalais venaient tenter leur chance en Guinée, je l’ignorais. On voit bien que dans cette immense mosaïque culturelle qu’est l’Afrique, les gens traversent les frontières pour trouver du travail, mais aussi parfois pour fuir la guerre et les persécutions. Cela va de la survie aux grosses affaires. Des disparités existent entre les niveaux de développements économiques de ces pays, poussant justement les gens à traverser les frontières.

    Voilà pourquoi, même si cela n’est qu’une utopie, je ne peux m’empêcher de rêver à une grande Afrique unie.