Un riverain de Rue89 va porter plainte contre le Samu et l'hôpital pour « non-assistance à personne en danger ». Voici pourquoi.
Un de nos riverains, un cuisinier qui vit dans le quartier de Belleville, à Paris, nous a fait parvenir ce récit, samedi. Il s'apprête à porter plainte pour « non assistance à personne en danger » contre les services sociaux, le Samu et l'hôpital qui avaient la charge de Moussa, son voisin malien depuis un peu plus d'un an. Il l'a retrouvé mort, seul, dans sa salle de bains, mardi dernier, au retour d'un séjour à l'hôpital « parce que tout le monde a lâché prise, s'est déresponsabilisé ».
Mardi dernier, Moussa est mort de froid. Dans un appartement, à Paris, dans mon immeuble. Moussa est infirme des jambes, il se balade dans un fauteuil. Non : il se baladait dans un fauteuil.
Depuis quelques jours, il tombait de son lit, de son fauteuil, deux à trois fois par jour. Il appelait mon voisin et mon voisin le relevait. Il lui demandait : « Ça va ? » et il lui répondait qu'il allait prendre une douche.
Son handicap était survenu après un accident de travail : il était laveur de vitres et il est tombé d'un échafaudage. Il avait vécu dans un centre et tous (médecins, psy et assistance sociale) avaient convenu que Moussa était assez autonome pour vivre seul.
Un cri primal de survie
Un jour, j'étais chez moi et j'ai entendu vers 22 heures Moussa appeler mon voisin en hurlant. C'était un cri primal de survie, nous y sommes allés et j'ai vu cet homme ramper et hurler, couvert de sang. Je lui ai parlé : « Moussa, nous allons appeler
les pompiers, tu ne peux pas continuer comme cela. » Il m'a dit : « Non, relevez moi, je veux prendre ma douche. »
J'ai répondu que non, qu'il fallait qu'il soit pris en charge par des services spécialisés. J'ai appelé les pompiers et j'ai regardé son appartement : pas de table, il mangeait sur son évier. Le lit, soi disant un lit médical, était bon quand on se casse une jambe mais pas pour son handicap : pas de barrières, trop petit pour sa corpulence. Il y avait un drap déchiré, ni couette ni couverture. Sa chaise était à moitié bloquée, pas de lumières dans la pièce, le chauffage éteint.
Les pompiers arrivent et le remettent sur son fauteuil après les questions d'usage (comme une litanie : « Ça va ? », « oui, je veux prendre une douche »). Ils lui nettoient les pieds et ils repartent. Je commence à parler à Moussa et je lui demande si tout est ok. Là, il me dit : « Enlève-moi les ampoules parce que cela coûte cher l'électricité. » Je lui réponds que non, qu'il lui faut de la lumière.
Il n'ira pas a l'hôpital car il n'est pas blessé
Nous rentrons chez nous et à 2 heures, nous entendons encore ce cri et nous accourrons. Moussa par terre… on recommence. Je rappelle les pompiers et ils reviennent. Je leur demande de l'emmener à l'hôpital mais ils refusent car, me répondent-ils, il n'est pas blessé.
On s'aperçoit que le chauffage est éteint, nous le rallumons et j'engueule Moussa. Nous repartons, intrigués et craignant le pire, mais nous repartons. Vers 10 heures du matin, j'appelle son assistante sociale. Elle n'est pas là, mais j'ai une autre personne qui me demande plus ou moins de quoi je me mêle et m'assure que Moussa va très bien et que je m'inquiète un peu trop.
Vers 11 heures, encore ce cri. J'y vais et je sais à quoi je dois m'attendre. Le sempiternel « Relève moi, je veux prendre une douche. » Le chauffage est éteint, je le
rallume. J'appelle le Samu, j'explique (un peu excédé, c'est vrai) la situation. Cette brave dame me répond qu'il faut que j'appelle les pompiers et que, franchement, elle perd son temps avec moi et que des choses plus graves se passent. Bienvenue dans le monde réel.
Je n'ai qu'à m'en occuper. Ah bon ?
Je rappelle son assistante sociale et rebelote : ils ne peuvent rien faire. Madame
X n'est pas là. Je n'ai qu'à m'en occuper. Ah bon ? Les pompiers reviennent, à peu près les mêmes, et là ils prennent conscience du problème. Ils seront les seuls, d'ailleurs.
Nous en parlons et ils commencent à lui poser des questions : quel jour sommes-nous ? Quel mois ? Quelle année ? Que des réponses fausses : pour lui, nous étions dimanche au mois de mars 2006. Son nom, il le connaissait à peine et encore moins son adresse.
Le Samu arrive et moi j'étais fier de moi : ils allaient voir qu'il n'allait pas bien, il serait pris en charge à l'hôpital. Nous étions jeudi et, chaque jour passant, nous nous disions : « C'est bon, Moussa est pris en charge, soigné et tout va bien. »
Le dimanche matin, je descends et je vois que Moussa est de retour. Je vais voir mon voisin et il me dit qu'il lui a parlé et a mis le chauffage. Lundi passe. Mardi matin, mon voisin est inquiet, le rideau est toujours fermé. Il frappe, rien, le silence. Il appelle les pompiers.
Mort de froid, par terre, dans la salle de bains
Les pompiers arrivent et forcent la porte. Moussa était par terre et mort. Mort de
froid, il avait éteint le chauffage et il était dans la salle de bain.
Moussa va être enterré dans la terre de ses ancêtres, le Mali. Et une enfant de 6 ans va voir son père, qu'elle n'avait jamais vu, arriver dans un cercueil.
Dès que l'enquête sera terminée, j'ai décidé de porter plainte avec l'aide d'une association de Maliens, contre l'hôpital, son assistante sociale, le Samu. Pour non assistance à personne en danger.





















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à Anita1945
De compte supprimé 24
| 03H23 | 23/12/2008 |
Euh… faire venir sa femme et sa fille du Mali…
Vu l'ambiance en ce moment, ça doit pas être évident…
C'est sûr, t'as raison sur toute la ligne, mais c'est mal barré : le flot de misère augmente alors que les moyens de la combattre sont proportionnellement de plus en plus faibles… les structures sont lourdes, usées, tout tourne en sur-régime dans un moteur sans huile dans le carter : on entend les engrenage grincer, puis se coincer… jusqu'à ce que ça pète.
Depuis de longues années, tout le système social n'a fait que se dégrader, il ne fallait pas grande-chose pour l'achever, mais comme Sarkolas conduit comme un fou et à tombeau ouvert, il a bousillé le moteur… qui crache de plus en plus de morts de son pot d'échappement… et risque bien de lui exploser à la face.
***
1 : http://sd-16847.dedibox.fr/wordpress/images/zampano.gif
à Anita1945
De Akaa
11H53 | 23/12/2008 |
« On n'encombre pas les hôpitaux psychiatriques si l'on n'a pas commis de délits ! Il était dans un fauteuil roulant à son domicile ; il n'était pas dangereux pour autrui ! »
Franchement cette phrase, désolé, mais c'est du grand n'importe quoi. Il faut arrêter de penser que les CHS sont des prisons où seuls les fous dangereux ont leur place. Le but est aussi de protéger le malade contre lui même, il y a un certain nombre de dépressifs et alcooliques en CHS, ou simplement des gens incapables de se prendre en charge sans se mettre en danger. Dans le cas présent, le type est mort car incapable de se gérer. Si ça ne méritait pas une hospitalisation, il aurait au moins fallu organiser un suivi un minimum poussé, cet homme avait l'air complètement désorienté..
Avec ça, m'étonne pas que Sarko se permette de raconter n'importe quoi sur les hôpitaux psy et d'entretenir la confusion dans l'esprit des gens…
à Akaa
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 16H35 | 23/12/2008 |
Anita doit trop regarder TF1, sa vision des hôpitaux psychiatriques est sidérante d'ignorance.
J'espère pour elle qu'elle n'en aura jamais besoin.
à Akaa
De ganima
chomeur de longue durée furtur trav... | 09H03 | 24/12/2008 |
bonjour,
je viens de lire les postes, cet article m'interesse ayant vécu quelque chose de similaire, je ne suis pas malienne, et j'ai de la famille, pourtant…., j'ai été internet d'office parceque j'ai pétée les plombs à la suite de cette situation, EDF et GDF sur facturée l'electricité, quand au hlm outre DE 30 F à 50 E au passage de l'euro ils ont augmenté sauvagement à 80 E les charges de leurs taudis, en plus on ne sait trop pourquoi, pour l'instant, mais la consommation d'eau et la même que vous soyez absent pendant 3 mois de votre appartement ou que vous y viviez pendant 3 mois ? plus que bizare !
Moussa a du etre confronté à ce problème, comme moi j'y suis confrontée tous les jours, et je suis aussi handicapée.(autre point commun)
J'ai failli mourir de faim en france en 2003, si je n'avais pas piquée une crise de nerf au assedic, je serais probablement morte.
Quand il m'ont recupéré au chr je pesais 40 Klg .
Depuis, je n'arrive pas à me debarraser des psychiatres, qui me clientèlisent pour leur bisness !
Voilà comment fonctionne la france !
je dois mon retablissement à l'aide de népalais, qui n'ont pas voulu me voir mourir de faim, d'isolement, et qui se sont trés vites rendu compte que je n'étais ni dangereuse ni folle , mais que je n'avais pas de travail, et pas de mari pour subvenir à mes moyens.
Pour le reste de mes jours, je leurs suis redevable, je les remercies, ils sont hindous je suis chrétienne catholique !
Belle leçon d « humanité et de solidarité, de la part de ces étrangers qui m'ont tendu la main pendant que la france cato et musulmane me crachait dessus.
A lors tes hopitaux spy, je peux te dire que c “est plutôt des prisons qu'autres choses !
Pire ils fabriquesnt des drogués, parceque ça leur rapport la garantie d'un travail par ces temps de crise !
Sarkosy s'en est apperçu est il veut reformer l'indemnisation des handicapés !
voilà, comme cyp, mes condoléances à la famille de moussa.
à Anita1945
De energienoire
ici et maintenant | 12H20 | 23/12/2008 |
Il est question de désorientation pas nécessairement d'Alzheimer.
à Anita1945
De jorge_Atlan
15H00 | 23/12/2008 |
« On n'encombre pas les hôpitaux psychiatriques si l'on n'a pas commis de délits ! »
Jusqu'à preuve du contraire, les hospitaux psychatriques sont des lieues de soin et pas d'enfermement.
S'iil vous plait ne dites pas des choses comme ca. Cela sous entends que tous les malades sont des criminels, ce que vous ne voulez pas dire.
Pas besoin d'alzheimer pour être désorienté, une simple déshydratation suffit.
à Servais-Jean
De Anita1945
retraitée | 02H07 | 23/12/2008 |
……….« Quand on ne sait plus où l'on habite, ni dans quel jour, ou quelle année, on se trouve : la seule solution est l'hôpital psychiatrique qui se chargera par la suite de trouver une solution définitive dans une maison médicalisée »……..
Ce n'est pas parce-que l'on est infirme, en fauteuil, avec mémoire diffuse, que l'on est atteint d'ALZHEIMER.
Cet homme ne se nourrissait sûrement pas comme il aurait fallu ! Qui lui rapportait les courses quotidiennes ? Il n'avait plus d'énergie dans la tête et neurones !
On n'encombre pas les hôpitaux psychiatriques si l'on n'a pas commis de délits ! Il était dans un fauteuil roulant à son domicile ; il n'était pas dangereux pour autrui !
C'est un cas de la misère financière et d'handicap médical et d'entr'aide nécessaire et indispensable.
Il lui fallait un lieu de survie (un Centre de vie quotidienne) ou faire venir sa femme et sa fille du MALI pour l'entraide.
Problème : toutes les femmes n'acceptent pas un handicapé physique…
Abandonné à lui-même ! ! ! ! et MALIEN en plus ! ! ! ! dans un pays étranger pour lui !
Il lui fallait en premier, une Assistante Sociale, pour s'occuper de son cas !
De MarsuBleu
à 10.000 km | 02H24 | 23/12/2008 |
Histoire très triste, en effet, et je pense que oui : il faut forcer quelqu'un à se soigner. Mais je pense que les pompiers et le Samu n'y sont pour rien et que les fautifs potentiels sont plutôt à chercher du côté de l'assistance sociale et de l'hopital qui l'a renvoyé chez lui sans dispositif particulier.
Une chose m'étonne et m'attriste (car ça aurait pu le sauver) : pourquoi ne l'a-t-on pas aidé a rentrer au Mali en conservant sa pension d'invalidité ? il y avait une famille, semble-t-il, et sa pension lui aurait permis d'y vivre sans doute plus largement ?
De mec de banlieue
un martien sur cette planete | 04H56 | 23/12/2008 |
oui triste réalité de la vie , combien d'immigrés jettes hors de chantier
après avoir eut un accident de chantier pour les sans papiers , ou des combats judiciaires infinis pour des normes de sécurité non respecter sur les chantiers …..
je sais plus quoi trop dire , mais tout ça ne date pas d'aujourd'hui et c'est pas près de finir : s.
De Waldeck
Naufragé en Sarkoland | 08H13 | 23/12/2008 |
Bravo les premiers de la classe !
Je ne sais pas si parmi tous les auteurs de commentaires certains ont déjà pratiqué l'assistance aux victimes, mais on se croirait sur un forum des entretiens de Bichat.
Je ne mets pas en cause l'émotion sincère de Thierry, ni sa révolte légitime, mais revenons quelques jours en arrière, le tollé, quand il a été question de placer les SDF du Bois de Vincennes dans des asiles, et ce, de gré ou de force…
On est souvent désarmé devant la détresse, mais Moussa, vous l'auriez recueilli chez vous ?
Reprenez la lecture des articles de Patrice Pelloux dans Charlie Hebdo ou celle des évangiles, messieurs les Pharisiens
à Waldeck
De zboubb
From the slums of shaolin | 11H50 | 23/12/2008 |
« La perdrix aime les pois, mais pas ceux qui l'accompagnent dans la casserole » Thoreau
De ALLAIN JULES C@MMUNICATION
08H15 | 23/12/2008 |
Bravo à ce monsieur de coeur, brave citoyen. Hélas, les autres pourritures, je ne les salue pas.
http://www.agoravox.fr/article.php3 ? id_article=49028
De les vignes94
infirmier | 08H19 | 23/12/2008 |
c'est hélas devenu banal ce genre de situation de grande détresse .ce qui est grave c'est notre système de santè qui commence a faire le tri face a des detresses de ce genre, la société se supporte plus de se pencher sur les problemes de dèpandence,il y a beaucoup de grandes annonces mais rien ne suis ; il n'y a pas que les pompiers ,le Samu,et les hopitaux de responsable c'est la nouvelle mentalite MARCHE OU CREVE et des cas comme Moussa j'en vois de plus en plus,c'est toujours a l hopital qu'ils nous arrivent
De kiki21120
sans emploi | 08H32 | 23/12/2008 |
Pour justifier les impôts et autres taxes, je dis toujours « un pays qui ne reçoit pas d'impôts est un pays qui n'a pas de routes ». Je ne pense pas que les fonctionnaires fassent mal leur travail, c'est le manque manifeste de moyen ! Comme il est écrit dans le talon de fer Jack London : vous avez tout ils nous faut tout. des ouvriers parlent aux riches.
De DeaD_BodieS
Tech info | 08H48 | 23/12/2008 |
Merci à toi cher samaritain qui lui a tendu la main ! … Merci pour ton témoignage ! … Mais cela reste notre quotidien, nous handicapés de toutes parts, fardeaux d'un société flétrie. On ne demande pourtant que de vivre décemment…
De Guyd77
le passant qui passe | 09H21 | 23/12/2008 |
Vas-y voisin car y'en a marre de fermer les yeux.
Il faut soutenir le voisin.
De jjezfm
Internaute | 09H27 | 23/12/2008 |
terrifiant…
au moins, grâce à votre témoignage, Moussa ne sera pas mort anonymement.
De Brainspotting
09H36 | 23/12/2008 |
S'il vous plait, dites-moi comment je peux encore supporter cette société malade.. je hais profondément les adultes, et j'espère bien qu'on mettra un jour au point un virus capable de vous éradiquer de ma belle planète.
à Brainspotting
De jorge_Atlan
15H03 | 23/12/2008 |
J e te signales que tu vas le devenir adulte, hein !
Alors ta belle planète c'est aussi la notre. La tendance a devenir ou être con n'est pas dévolu qu'aux adultes.
De minuit
en transit | 09H43 | 23/12/2008 |
Certes Moussa aurait dû être amené aux urgences par les Pompiers, mais est ce que porter plainte est vraiment utile ? Etes vous déjà allé aux urgences d'un grand hôpital parisien ? Savez vous qu'il y a par jour une bonne dizaine de Moussa que l'on soigne du mieux qu'on peut, même s'ils sont noirs et vieux. Mais savez vous également que la politique actuelle du gouvernement aboutit à la diminution des moyens de tous les hôpitaux ? Que le but est d'être RENTABLE. Et que malheureusement aucun Moussa ne sera jamais rentable pour aucune institution. C'est un procès à l'Etat qu'il faut faire, et non pas à des gens qui se dévouent pour faire leur travail du mieux qu'ils peuvent, même si cela peut alerter un peu la population sur les problèmes du système de santé français qui tombe de plus en plus bas comme le montre votre histoire.
De 511keV
non politiquement correct | 09H57 | 23/12/2008 |
» Moussa va être enterré dans la terre de ses ancêtres, le Mali »
une question : qui paye le transport ?
une remarque : cet argent miraculeusement arrivé n'aurait il pas été utilisé plus justement en portant aide à cet homme de son vivant.
conclusion : une immense hypocrisie des « victimes » ….
De Waldeck
Naufragé en Sarkoland | 11H10 | 23/12/2008 |
Pour mémoire, entre autre…
Ethique du Sapeur Pompier :
******
Je ne veux connaitre ni ta philosophie
Ni ta religion, ni ta tendance politique,
Peu importe que je sois jeune ou vieux
Riche ou pauvre, francais ou étranger.
Si je me permets de te demander quelle est ta peine
Ce n'est pas par indicretion, mais bien pour mieux t'aider
Quand tu m'appelles, j'accours
Mais assure-toi de m'avoir alerté par les voies les plus
rapides et les plus sures.
Les minutes d'attentes t'apparaitront longues très longues ;
Dans ta détresse pardonne mon apparente lenteur
GENERAL CASSO, commandant de la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris de 1967 à 1970
De zboubb
From the slums of shaolin | 11H46 | 23/12/2008 |
J'espère avoir un jour un voisin comme toi Thierry.
Témoignage touchant, néanmoins peut on faire le procès des services sociaux sur cette « anecdote » ? ( pardon pour le terme réducteur )
La vrai question est : Est ce qu'ils ont les moyens de faire face à ce genre de situations et ont ils les solutions pour ces cas de figure ?
De xaero
amateur professionnel | 11H51 | 23/12/2008 |
je trouve ca super intelligent de porter plainte ; pour faire condamner les « coupables » ? Ca fera quelques personnes en moins au SAMU qui ne pourront plus s'occuper des futurs Moussa. Et dans tous les cas des frais judiciaire à la charge de l'état qui ne pourront pas être utilisés pour autre chose.
L'aider était un magnifique acte de générosité, mais là tu vas juste foutre la merde
à xaero
De energienoire
ici et maintenant | 12H31 | 23/12/2008 |
Plainte. Il me semble que le plus important c'est d'en exprimer l'intention, puisque n'étant pas un proche de ce pauvre homme aucune action ne doit être possible.
Quant à la non-assistance elle ne tient pas puisque (si j'ai tout compris) 1/l'assistant sociale a vu cet homme 2/le samu s'est déplacé 3/les pompiers se sont déplacés. CIrculez.
à xaero
De jorge_Atlan
15H10 | 23/12/2008 |
vous devriez rester amateur amateur.
Vous semblez ignorer que si poursuites il y a ce sera l'institution qui sera poursuivie, sauf preuve de négligence personnelle.
Ca aura au moins le mérite d'attirer l'attention sur des dysfonctionnement structurels. Et si cette « merde » peu aider a faire avancer les choses et a éviter que vous soyez mal pris en charge, c'est tant mieux.
De lifka
12H37 | 23/12/2008 |
En lisant ce témoignage - généreux par ailleurs - je ne peux m'empêcher de me poser une question. Pourquoi signaler ainsi que le voisin en question est malien ? Cette variable pour désigner la victime est-elle pertinente ? Sa seule pertinence est pour laisser entendre que sa situation aurait été différente si il n'avait pas été noir ou si il avait été français.
La conclusion qui s'impose immédiatement (et beaucoup ici ont sauté dessus à pieds joints sans autre interrogation) est : nos services sociaux et nos pompiers sont racistes et corollaire évident : ils sont tous blancs et français « de souche » ce qui bien entendu reste encore à démontrer, car le même article ne dit rien de l'origine ni de la couleur de la peau de ceux qui ont eu affaire à ce pauvre homme (et pour cause : il n'en sait rien).
Pourtant les histoires de ce genre sont légion et totalement sans rapport avec la couleur de la peau de qui que ce soit. Il n'est que de voir le nombre de petits vieux qui chaque année meurent seuls chez eux et que l'on découvre après plusieurs jours, que ce soit lors de la dernière canicule ou en hiver à cause du froid.
Les causes sont multiples : les services sociaux sont débordés et trop nombreux, les foyers d'accueil possibles surpeuplés et coûteux, ils ne sont pas outillés pour accueillir à long terme quelqu'un qui n'est pas malade et donc pas pris en charge par la sécurité sociale, les gens eux-mêmes refusent d'y rester ou d'être aidés et bien souvent, l'entourage est inexistant ou indifférent et tout le monde a ses propres soucis. Tout un enchaînement de circonstances où chacun a sa part de responsabilité, et qui dure depuis des décennies sans que le gouvernement de gauche ou de droite n'y change quoi que ce soit, si ce n'est pour mettre des cautères sur une jambe de bois.
Donc je résume l'affaire autrement : un handicapé est mort chez lui parce que aucun service social n'a été capable de trouver une solution efficace convenant à son cas.
J'ajoute aussi sans rien vouloir enlever à la généreuse indignation de l'auteur : puisque lui et d'autres savaient la situation précaire de cet homme et l'incurie des services sociaux, pourquoi ne se sont-ils pas arrangés entre voisins et amis pour passer chez lui toutes les deux heures (ou au moins deux ou 3 fois par jour), lui apporter un bol de bouillon ou un thé chaud et vérifier si tout allait bien, s'il avait de quoi manger et si son chauffage était allumé au lieu d'attendre qu'il tombe et crie à l'aide ? Peut-être alors ne serait-il pas mort de froid ? Plutôt que d'accuser les autres et de porter plainte, ne devrions nous pas tous nous interroger sur notre propre responsabilité dans ce genre de circonstances.
Je sais, je mets les pieds dans le plat et ce que je dis n'est pas politiquement correct, mais toute cette indignation contre les services sociaux et contre le gouvernement n'est-elle pas une façon commode de se dédouaner de notre propre sentiment de culpabilité pour avoir nous-même laissé mourir un voisin en ne faisant à son égard que le « minimum syndical » ?
De nadegerousseau
15H30 | 23/12/2008 |
C'est interessant de vous lire, tous.
Et bravo car j'avais peur d'en lire des vertes et des pas mûres.
Hors mis quelques-uns, limite crétins, je suis fière de nous. Si.
Moussa était une personne avec un handicap lourd dans une situation précaire qui n'était plus en possession de ses moyens et qui, malgré les SOS est mort de froid chez lui.
Cette année l'opinion publique et les médias sont très touchés par la précarité. Or là, on nous arrête sur le fait que tu meurts de froid chez toi. (Les crétins ne sont pas trop touchés, ça va ? )
On peut papoter pendant des heures mais je suis heureuse que Thierry réagisse, car bien que nous ayons un système social digne, nous devons toujours rester vigilant afin que ce que notre société à établis demeure.
Nous savons tous que rien n'est gagné. Et que même si ça fait de la peine au cul, il faut se remettre en question quoiqu'il en coûte. (Il en est de même pour la démocratie. Ne pensez pas que c'est acquis, la démocratie)
Mais je trouve qu'un service social qui ne peut pas formuler une réponse humaine à une urgence, même si il est super booké, doit reconsidérer un tout petit peu les choses. Et au pire on va l'aider, c'est normal.
L'autre soucis que nous allons devoir régler c'est notre attitude en France face à la question du handicap. L'autruche n'est pas une réponse acceptable.
Thierry n'a rien d'un super héros, et encore moins d'un donneur de leçon. C'est un citoyen de cette planète. Point barre.
Merci à tous
De Jean-Luc LUMEN
en invalidité | 16H00 | 23/12/2008 |
Ayant été moi-même pompier en Allemagne (spécialisé gaze & chimie et sanitäter (secouriste niveau San-B).
En Allemagne un pompier n'est pas forcément un secouriste, les deux services sont bien distincts.
Depuis presque dix ans en invalidité.
Je pense pouvoir amener mon témoignage concernant ces trois sujets.
La monté en puissance de la dégradation et la désintégration des services de santé, et plus généralement du système de vie du peuple de base, de la plus part des pays de l'Europe a eu comme point de départ le jour après la chute du mur de Berlin, je ne citerai que deux pays dont je voix quotidiennement la destruction des services sociaux, je nomme la France et l'Allemagne.
Il n'y a pas un jour sans qu'une décision de restriction ne soit prise, encore moins et toujours moins pour les services de santé et de retraites.
La dernière que j'ai entendu concerne la retraite : avant pour avoir élevé des enfants vous aviez une majoration,….qui sera prochainement divisé en deux…. (avant de disparaitre complètement)
A toutes ces restrictions de budget qui ne concernent principalement que le citoyen de base, s'ajoute en France la liquidation des libertés individuelles, aggravée depuis l'arrivée de sarkozy à l'intérieur puis comme président. (voire mes messages ultérieurs)
http://www.collectifpsychiatrie.fr/phpPetitions/index.php ? petition=1
S'y ajoute une forte détérioration de l'éthique et de l'honnêteté des professions, de gendarmes, policiers, pompiers, magistrats, médecins, sans oublier certains fonctionnaires et hauts fonctionnaires qui ne sont là que pour saboter la bonne marche des services et des innovations pour le bien être des citoyens.
Pour autant je n'oublie pas la détérioration du monde ouvriers (e), employés (e), et petits artisans/commerçants.
Conclusion, si vous êtes riche, ou haut fonctionnaire, ou député/sénateur, en bonne santé, sans scrupules et froid comme un bloc de glace cela ne vous concerne pas.
Je souhaite de bonnes fêtes de fin d'année, ainsi que mes meilleurs vœux pour l'année à venir, à toutes personne qui fait un geste au quotidien afin d'améliorer la vie d'autrui.
Jean-Luc LUMEN
Résistant fils de Résistant
De shu_mei
éduc | 16H10 | 23/12/2008 |
Je suis éducatrice dans un accueil de jour pour personnes sans abri. Je n'ai pas vocation à faire de suivi social ni de réinsertion. Toutefois, je peux indiquer aux personnes la marche à suivre, qui aller voir et pourquoi.
Ce matin, un couple se présente et dit n'avoir pas de solutions d'hébergement pour ce soir ni demain soir. Je leur propose donc de faire le 115 pour obtenir une place en urgence, ce qu'ils acceptent. Je fais le numéro avec eux, je traite avec la personne du 115, qui me demande de rappeler plus tard. Ce que je fais une demi heure plus tard.
La personne n'arrive pas à joindre le centre d'hébergement d'urgence et demande de rappeler dans l'après-midi.
Hors l'après-midi l'accueil dans lequel je travaille est fermé. Je dis donc au couple de rappeler d'une cabine vers midi et demi. Ce qu'ils refusent de faire, parce que, me disent-ils, ils sont connus, qu'on va leur dire non, que c'est mon boulot, que je suis payée pour ça etc etc.
Mes explications sur le fait que j'ai fait la demande en leur nom, que ça n'est donc pas lié à moi, que leurs angoisses liées à l'attente sont compréhensibles, qu'ils sont tout à fait capable de passer un coup de fil, qu'au pire ils peuvent toujours aller dans une autre association n'y changeront rien.
Ils sont partis furax en me disant que ce soir ils étaient dehors par ma faute.
S'ils décèdent cette nuit, porterez-vous plainte contre moi ?
Ce que je veux démontrer par l'exemple, c'est que le social et l'assistance d'urgence face à des personnes relativement politisées (précaires, exclues) ces temps ci (super faux cul les médias là dessus au demeurant) sont relativement difficiles à traiter d'une part due au manque évident de moyens, d'autre part due au fait que les personnes avec qui nous travaillons sont des personnes adultes, qui font eux aussi partie du système.
Qu'a proposé son assistante sociale à Moussa ? Qu'en a t'il fait ? Et pour une hospitalisation, quel est l'état des services de psychiatrie sur paname ? Parce que s'ils sont dans le même état que par chez moi, c'est clair qu'il n'était pas prioritaire, très loin de là.
Et je ne dis pas ça pour protéger ma « collègue », des travailleurs sociaux cons il y en a partout. Je dis ça parce que je trouve un peu facile d'attaquer les personnes quand c'est clairement le système qui pine.