Un riverain de Rue89 va porter plainte contre le Samu et l'hôpital pour « non-assistance à personne en danger ». Voici pourquoi.
Un de nos riverains, un cuisinier qui vit dans le quartier de Belleville, à Paris, nous a fait parvenir ce récit, samedi. Il s'apprête à porter plainte pour « non assistance à personne en danger » contre les services sociaux, le Samu et l'hôpital qui avaient la charge de Moussa, son voisin malien depuis un peu plus d'un an. Il l'a retrouvé mort, seul, dans sa salle de bains, mardi dernier, au retour d'un séjour à l'hôpital « parce que tout le monde a lâché prise, s'est déresponsabilisé ».
Mardi dernier, Moussa est mort de froid. Dans un appartement, à Paris, dans mon immeuble. Moussa est infirme des jambes, il se balade dans un fauteuil. Non : il se baladait dans un fauteuil.
Depuis quelques jours, il tombait de son lit, de son fauteuil, deux à trois fois par jour. Il appelait mon voisin et mon voisin le relevait. Il lui demandait : « Ça va ? » et il lui répondait qu'il allait prendre une douche.
Son handicap était survenu après un accident de travail : il était laveur de vitres et il est tombé d'un échafaudage. Il avait vécu dans un centre et tous (médecins, psy et assistance sociale) avaient convenu que Moussa était assez autonome pour vivre seul.
Un cri primal de survie
Un jour, j'étais chez moi et j'ai entendu vers 22 heures Moussa appeler mon voisin en hurlant. C'était un cri primal de survie, nous y sommes allés et j'ai vu cet homme ramper et hurler, couvert de sang. Je lui ai parlé : « Moussa, nous allons appeler
les pompiers, tu ne peux pas continuer comme cela. » Il m'a dit : « Non, relevez moi, je veux prendre ma douche. »
J'ai répondu que non, qu'il fallait qu'il soit pris en charge par des services spécialisés. J'ai appelé les pompiers et j'ai regardé son appartement : pas de table, il mangeait sur son évier. Le lit, soi disant un lit médical, était bon quand on se casse une jambe mais pas pour son handicap : pas de barrières, trop petit pour sa corpulence. Il y avait un drap déchiré, ni couette ni couverture. Sa chaise était à moitié bloquée, pas de lumières dans la pièce, le chauffage éteint.
Les pompiers arrivent et le remettent sur son fauteuil après les questions d'usage (comme une litanie : « Ça va ? », « oui, je veux prendre une douche »). Ils lui nettoient les pieds et ils repartent. Je commence à parler à Moussa et je lui demande si tout est ok. Là, il me dit : « Enlève-moi les ampoules parce que cela coûte cher l'électricité. » Je lui réponds que non, qu'il lui faut de la lumière.
Il n'ira pas a l'hôpital car il n'est pas blessé
Nous rentrons chez nous et à 2 heures, nous entendons encore ce cri et nous accourrons. Moussa par terre… on recommence. Je rappelle les pompiers et ils reviennent. Je leur demande de l'emmener à l'hôpital mais ils refusent car, me répondent-ils, il n'est pas blessé.
On s'aperçoit que le chauffage est éteint, nous le rallumons et j'engueule Moussa. Nous repartons, intrigués et craignant le pire, mais nous repartons. Vers 10 heures du matin, j'appelle son assistante sociale. Elle n'est pas là, mais j'ai une autre personne qui me demande plus ou moins de quoi je me mêle et m'assure que Moussa va très bien et que je m'inquiète un peu trop.
Vers 11 heures, encore ce cri. J'y vais et je sais à quoi je dois m'attendre. Le sempiternel « Relève moi, je veux prendre une douche. » Le chauffage est éteint, je le
rallume. J'appelle le Samu, j'explique (un peu excédé, c'est vrai) la situation. Cette brave dame me répond qu'il faut que j'appelle les pompiers et que, franchement, elle perd son temps avec moi et que des choses plus graves se passent. Bienvenue dans le monde réel.
Je n'ai qu'à m'en occuper. Ah bon ?
Je rappelle son assistante sociale et rebelote : ils ne peuvent rien faire. Madame
X n'est pas là. Je n'ai qu'à m'en occuper. Ah bon ? Les pompiers reviennent, à peu près les mêmes, et là ils prennent conscience du problème. Ils seront les seuls, d'ailleurs.
Nous en parlons et ils commencent à lui poser des questions : quel jour sommes-nous ? Quel mois ? Quelle année ? Que des réponses fausses : pour lui, nous étions dimanche au mois de mars 2006. Son nom, il le connaissait à peine et encore moins son adresse.
Le Samu arrive et moi j'étais fier de moi : ils allaient voir qu'il n'allait pas bien, il serait pris en charge à l'hôpital. Nous étions jeudi et, chaque jour passant, nous nous disions : « C'est bon, Moussa est pris en charge, soigné et tout va bien. »
Le dimanche matin, je descends et je vois que Moussa est de retour. Je vais voir mon voisin et il me dit qu'il lui a parlé et a mis le chauffage. Lundi passe. Mardi matin, mon voisin est inquiet, le rideau est toujours fermé. Il frappe, rien, le silence. Il appelle les pompiers.
Mort de froid, par terre, dans la salle de bains
Les pompiers arrivent et forcent la porte. Moussa était par terre et mort. Mort de
froid, il avait éteint le chauffage et il était dans la salle de bain.
Moussa va être enterré dans la terre de ses ancêtres, le Mali. Et une enfant de 6 ans va voir son père, qu'elle n'avait jamais vu, arriver dans un cercueil.
Dès que l'enquête sera terminée, j'ai décidé de porter plainte avec l'aide d'une association de Maliens, contre l'hôpital, son assistante sociale, le Samu. Pour non assistance à personne en danger.





















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De ginkoland
Ginkologue | 19H53 | 22/12/2008 |
Les services sociaux, confrontés sans cesse au désespoir, à la misère sociale, à la violence, finissent par perdre une part de leur humanité. Et ce n'est que le début malheureusement. Mais aussi bien sur, la plainte est légitime. Joyeux noèl Moussa……..
De Cosette
( délinquante amoureuse) | 20H13 | 22/12/2008 |
Pas de chance Moussa, tu vivais ou tu « essayais » de vivre dans une société qui n'aime pas les malades,les pauvres,et en plus tu es noir ….
Comment on peut laisser « vivre » un être humain dans ces conditions là ? !
Il avait peur de laisser son chauffage allumé,car il n'avait pas les moyens de payer…
Et les assistantes sociales,elles font quoi ?
C'était un cas prioritaire !
C'est scandaleux,et maintenant tout le monde va se rejeter la pierre comme dab.
Merci Thierry de l'avoir aidé et de l'avoir réconforté.
Cette histoire (une de plus) est à gerber !
à Cosette
De lyones
grand-mère en colère | 20H36 | 22/12/2008 |
Les assistantes sociales il n'y en a presque plus, c'est trop cher , pas de place dans les hopitaux, les médecins sont fliqués par la secu des qu'ils gardent quelqu'un plus de deux jours Le personnel médical est débordé mal payé,mal considéré ! Et on va voir pire avec le paiement à l'acte, les Moussa qui coutent cher et ne rapportent rien (pas d'intervention chirurgicale chére) on ne les laissera même plus rentrer à l'hôpital ! Je dis mon admiration aux soignants du service public qui continuent malgré tout à faire leur boulot le moins mal possible avec les moyens qu'ils ont au lieu d'aller s'engraisser dans le privé qui lui se fait de l'or !
à lyones
De seth delab hue
. | 19H01 | 23/12/2008 |
merci pour ta remarque , tu a vu juste …( je suis sp volontaire je vois les urgences assez souvent..)
à Cosette
De Sims936
09H34 | 23/12/2008 |
Bravo à toi ! Tu mériterais une des médailles de bravoure de la France malheureusement il préfaire les donner à d'autres qui font beaucoup moin …
Et oui celà pourrait se comparer à une non assistance à personne en danger !
Ils n'ont fait que une partie de leur travail ceux qui devait prendre en charge , je ne dirais pas les pompiers car eux l'on emmené à l'hopital, mais surement dut au fait des hopitaux remplie oui.
En espérant que le gouvernement , la justice mette les point sur les i à tous ceux qui sont en charge de s'occuper de tout ça et que le gouvernement bouge un peu ses fesses au lieu de dormir a point fermé depuis bien des années et maintenant celà devient presque normal depuis notre nouveau président !
Et sur le propos de honte de mon pays de la france et bien oui !
Né en france d'origine française je préfaire admirer toutes les personnes de couleurs tous les matins qui parte au boulo , qui sont toujours souriants agréables et sympatiques bien plus que les certains d'entre nous qui font la gueule dès le matin si dès le matin ils sont comme ça normal que leur journée se passe mal !
Encore bravo à toi et en espérant que ce cas sera montré de bien plus haut par les médias en plus de rue89.
Simon
De PIT LE CHIEN
20H20 | 22/12/2008 |
Merci pour ce témoignage, Thierry. Il vous faudra beaucoup de résistance pour mener à bien une telle plainte. Si vous avez l'aide d'Associations (et de l'autre voisin) , ce sera peut-être plus efficace.
Bon courage et merci !
De comptesuprimé30
hestia | 20H25 | 22/12/2008 |
Merci Thierry pour ce témoignage sur notre société.
Porter plainte ?
Je ne sais pas ce que donnera ta plainte.
Les personnes qui auraient du s'occuper de Moussa ont des obligations de moyens et non de fins.
Ne me saute pas dessus en lisant cela.
Ont elles mis en place tous les moyens pour permettre à Moussa de ne pas mourir ?
Voilà ce que le juge (si le proc ne classe pas) devra trancher.
Si tu savais comme le personnel social, médical redoute de voir mourir un enfant qui vit dans une chambre d'hôtel insalubre et au chauffage déficient : mais ils n'ont pas d'autres logements à offrir à cette famille.
Un gosse , une famille qui meurt dans des hotels insalubres, un handicapé, un malade psy , une personne agée qu'on laisse rentrer chez lui dans des conditions inhumaines c'est la France d'aujourd'hui.
Je ne veux pas défendre les personnels médicaux, sociaux : mais quelles propositions pouvaient ils faire pour sauver Moussa ?
Pas de place dans les hopitaux , les CHRS….
Ils font avec les moyens qu'on leurs donne.
C'est à dire : aucun !
Je n'excuse pas, Thierry mais j'essaie de te faire comprendre que les vrais coupables ne sont pas les acteurs mais les décisionnaires.
Merci de ce que tu as fait pour Moussa.
à comptesuprimé30
De compte supprimé 23
... | 21H11 | 22/12/2008 |
Bonsoir Cronos
Je t'avoue que j'ai beaucoup de mal avec ce que tu viens d'écrire …
Pas toi Cronos/hestia en personne , non ! Mais les institutions que tu défends … crois-tu vraiment que tout soit fait pour le bien être , la dignité des personnes concernées ?
Pourquoi les services sociaux , quand Moussa a été hospitalisé suite à son accident n'ont-ils pas mis immediatement en place un service « d'aide à la personne » d'urgence ?
Ou contacter le conseil général pour qu'une infirmière passe voir cet homme chez lui pour s'assurer qu'il vivait dans des conditions descentes ?
Une autre question : crois-tu que l'hopital ( en général le « service psychiatrique » en cas d'invalidité ) soit une « solution » ?
est-ce un endroit digne pour des personnes déjà meurtries par leurs « histoires » que de se retrouver internées ? …
… si moussa a dit non devant la proposition de ses voisins d'appeler les pompiers ( d'où transfert à l'hosto ) peut-etre est-ce parce que lui savait … ( ? ) …
à compte supprimé 23
De comptesuprimé30
hestia | 22H16 | 22/12/2008 |
Bonsoir
je ne défends pas les institutions : j'essaie d'expliquer comment cela a pu fonctionner.
Lorsqu'on a demandé à L'assistante sociale de préparer sa sortie on peut penser qu'elle a fait un diagnostic : logement, aide etc.On peut penser qu'elle a travaillé avec la maison départemental des hancdicapés pour mettre en place tout ce qu'il faut.
Quand MOUSSA est sorti de l'hopital on peut penser que son état médial était « stabilisé ».
Ce qui est dérangeant est que ces institutions n'aient pas travaillé ensemble pour vérifier si MOUSSA était vraiment apte à vivre sans risque pour sa vie dans son logement.
L'enquête nous dira là où le dysfonctionnement a eu lieu.
Mai non l'hopital (et en caucun la psychiatrie n'est une solution pour l'invalidité : oh que non.)
L'invalidité n'est pas (dans ce cas là ) un trouble psy qui ne permet pas de vivre autonome.Le but pour tout invalide est de rester autonome et de vivre en société.
Les Services Médico/socio doivent tendre vers cela et ils le font.
Ce cas demande de savoir
ce qui a été fait pour le retour au domicile de Moussa et qu'est ce qui a manqué pour qu'il en meurt.
Il avait sans doute de bonne raisons pour ne pas vouloir retourner en Hôpital : il emporte ce secret avec lui et notre honte, notre culpabilité restent entière.
Nos services Médicaux et sociaux ont des remises en questions à faire mais ont elles les moyens ?
Que c'est il passé pour que MOUSSA et d'autres meurent fautes de soins appropriés ?
C'est plus qu'une interrogation c'est un cri de colère.
à comptesuprimé30
De compte supprimé 23.01.09
03H04 | 23/12/2008 |
« On peut penser qu'elle a travaillé avec la maison départemental des hancdicapés pour mettre en place tout ce qu'il faut. »
Le temps que se mette en place une solution , c'est six mois qu'il faut compter avec la maison des handicapés … Alors que là, il y avait clairement une situation d'urgence …
Maintenant, il y a un manque de personnel énorme dans les services hospitaliers (ma copine fait son internat au CHU de Nantes ) et donc des gens restent sur le carreau . Et si tu veux trouver tout de suite un lit dans un service , il vaut mieux avoir des relations médicales . Et ça , cette pénurie de personnel , c'est un un choix politique …
De Phil2922
Retraite invalidité | 20H26 | 22/12/2008 |
Condoléances Moussa. Merci Philippe pour le témoignage. S'il n'y a pas eu de prises en charges correctes de la part de l'Assistante sociale, du SAMU, de l'hôpital c'est peut-être qu'ils ont à faire face à des situations plus dramatiques. Je ne veux pas les excuser en disant cela, mais je ne suis pas sûr que la plainte aboutisse à quelquechose de positif. Merci à Rue89 de nous tenir au courant de la suite…
De le_bienheureux
20H41 | 22/12/2008 |
Votre indignation est légitime, mais je ne pense pas que votre plainte serve a quelque chose. De la même façon qu'on ne peut pas mettre un SDF d'office dans un centre s'il ne le veut pas je ne pense pas que l » hopital aurait pu le garder contre son gré…
Quelqu'un pourra peut etre en savoir plus ?
à le_bienheureux
De comptesuprimé30
hestia | 20H55 | 22/12/2008 |
Il manque de places en hôpital et dans les centres CHRS , etc : dés lors on vide les lits , n'importe comment.
Je ne sais pas sur quoi va déboucher la plainte mais je crains que les services se retranchent derrière le fait que des soins hospitaliers n'étaient plus nécessaires.
à suivre.
à comptesuprimé30
De jabier
31087
consultant dans les Landes | 22H36 | 22/12/2008 |
Il faudra un avocat très motivé. Ils ne sont pas tous pourris !
De vol19
awash | 20H41 | 22/12/2008 |
Merci pour avoir apporté ce cas, qui peut-être sensibilisera les lecteurs sur le problème de l'isolement, la maladie, les migrants, les grandes métropoles et… le débordement absolu des dispositifs sociaux et médicaux.
Chaque année des personnes décédées chez elles sont retrouvées parfois six mois, un ans après en raison d'une procédure de recouvrement, un huissier qui vient récupérer des loyers impayés et retrouvent un corps momifié, et les voisins ne s'en sont rendus compte, hormis une étrange odeur… (un cas relaté à Nantes, un autre à Saint-Etienne)… Et c'est bien le problème de toute personne isolée et malade.
Dans ce cas, beaucoup de questions se posent : statut, ses ressources ? Son degré d'invalidité a t-il été bien apprécié ? Dans quel dispositif médical et social dans lequel il était intégré (suivi médecin, assistante sociale) ? Avait-il de la famille ou des relations locales à Paris ? Devait-il toujours envoyer une partie de ses ressources au Mali ? A t-il pu communiquer sur son état chez ses proches ? Comment faisait-il ses courses au quotidien ? S'en sortir demande une grande organisation et des stratégies de mobilisations d'aides etc… qui sont loins d'être évidentes.
A ce que je découvre dans une ville moyenne pour des voisins agés et invalides à qui j'essaye de rendre service, les dispositifs divers d'aides se mobilisent rapidement (sf pour le logement qui est plus long), çà ne résoud pas tout, mais c'est déjà bien que çà existe. La région Parisienne sur ce plan est une catastrophe….
De compte supprimé 23
... | 20H43 | 22/12/2008 |
Merci Thierry pour la mémoire de Moussa …
De Thomas GREDAT
| 20H51 | 22/12/2008 |
Merci pour ce témoignage, Thierry. Je ne sais pas s'il faut accabler les services sociaux, malgré les apparences. Mais peut-être qu'un plainte peut secouer les consciences. Il faut bien l'avouer : on est remué à chaque nouveau drame social, et puis on préfère penser à autre chose.
Vous avez fait ce que vous avez pu, et vous avez peut-être raison d'entreprendre ce que vous allez faire. Mais la mort de Moussa n'est-elles pas d'abord l'histoire d'un lent suicide ?
Je sais par expérience que, pour demander de l'aide, il faut que s'effondrent les dernières défenses internes, les derniers sursauts de fierté mal placé. Il y en a qui préfèrent « se débouiller tout seuls », plutôt que de recevoir une aide qui serait perçue comme humiliante. Ce que je viens de dire ne disculpe pas ceux dont le boulot est d'aider les autres.
à Thomas GREDAT
De violeta
psy | 00H16 | 23/12/2008 |
Pas un suicide je ne suis pas d'accord, plutôt une lente descente dépressive vers un non sens d'existence, pas parce qu'il l'a voulu mais parce que nous n'étions pas là pour l'aider lui et tous les autres. La société a fait, depuis des décennies, le choix de sacrifier toutes les structures solidaires qui existaient dans notre pays. Ce qui subsiste est réduit à une peau de chagrin, ne vous étonnez pas de voir « les restos du coeur“augmenter son activité d'année en année. La solitude dans laquelle se retrouvent beaucoup de personnes en difficulté aujourd'hui est le fruit d'un choix politique
La désespérance s'accueille, il se peut qu'elle ne puisse trouver de réconfort ni d'issue favorable , mais en l'absence de réponse solide elle est vouée au pire des sorts et en France ça explose !
à violeta
De Thomas GREDAT
| 10H45 | 23/12/2008 |
Malheureusement, cette personne a joué un role dans sa propre fin, en refusant systématiquement toute aide parce qu'elle voulait se débrouiller seule. C'est pour cela que je parle de suicide. De démarche suicidaire, si vous préférez.
Certes, si j'ose dire, il ne s'est pas suicidé tout seul. D'autres l'y ont aidé.
Une fierté bien compréhensible, mais qui a compliqué les choses. Vous me direz qu'il n'avait plus toutes ses facultés de jugement, et vous avez raison. Mais il y a aussi, malheureusement, des gens qui, volontairement, préfèrent en finir plutôt que d'appeler au secours.
à Thomas GREDAT
De violeta
psy | 12H50 | 23/12/2008 |
C'est paradoxalement une ultime LIBERTE, il n'y a aucune obligation de vivre si le cœur ne vous en dit plus de le faire, en toute lucidité, mais là je crois qu'on a affaire à un vrai tableau clinique de dépression : le sujet n'est plus responsable de ce qui l'envahit, il subit et il descend inexorablement vers la mort.
Les soins pour une telle dérive, à condition qu'elle soit diagnostiquée, sont très pointus. Là, il s'est retrouvé SEUL, je crois que c'est aujourd'hui très fréquent de rencontrer des gens qui sont en dépression grave et pour lesquels rien de sérieux n'a été envisagé, cette maladie est le point noir de nos sociétés..
Je pense pour ma part qu'il y a une très forte tendance à la dé-responsabilisation générale et surtout une perte considérable des compétences, des savoirs faire et des capacités diagnostiques de beaucoup de spécialistes. Les causes : un défaut de transmission des savoirs, des choix politiques qui ne favorisent pas la qualité des formations, le manque de conscience de citoyens tournés vers le ludique, l'égoïsme prôné comme valeur…..
D'où la cuisante question : Qui est responsable, qui est coupable de la mort de Moussa ? On ne peut pas tout à fait se dégager sur lui…
je vous souhaite de ne jamais croiser la DEPRESSION, ni la misère : se chauffer ça coûte CHER ! .
cordialement
***********************************
à Thomas GREDAT
De violeta
psy | 12H52 | 23/12/2008 |
C'est paradoxalement une ultime LIBERTE, il n'y a aucune obligation de vivre si le cœur ne vous en dit plus de le faire, en toute lucidité, mais là je crois qu'on a affaire à un vrai tableau clinique de dépression : le sujet n'est plus responsable de ce qui l'envahit, il subit et il descend inexorablement vers la mort.
Les soins pour une telle dérive, à condition qu'elle soit diagnostiquée, sont très pointus. Là, il s'est retrouvé SEUL, je crois que c'est aujourd'hui très fréquent de rencontrer des gens qui sont en dépression grave et pour lesquels rien de sérieux n'a été envisagé, cette maladie est le point noir de nos sociétés..
Je pense pour ma part qu'il y a une très forte tendance à la dé-responsabilisation générale et surtout une perte considérable des compétences, des savoirs faire et des capacités diagnostiques de beaucoup de spécialistes. Les causes : un défaut de transmission des savoirs, des choix politiques qui ne favorisent pas la qualité des formations, le manque de conscience de citoyens tournés vers le ludique, l'égoïsme prôné comme valeur…..
D'où la cuisante question : Qui est responsable, qui est coupable de la mort de Moussa ? On ne peut pas tout à fait se dégager sur lui…
je vous souhaite de ne jamais croiser la DEPRESSION, ni la misère : se chauffer ça coûte CHER ! .
cordialement
***********************************
à Thomas GREDAT
De violeta
psy | 12H54 | 23/12/2008 |
C'est paradoxalement une ultime LIBERTE, il n'y a aucune obligation de vivre si le cœur ne vous en dit plus de le faire, en toute lucidité, mais là je crois qu'on a affaire à un vrai tableau clinique de dépression : le sujet n'est plus responsable de ce qui l'envahit, il subit et il descend inexorablement vers la mort.
Les soins pour une telle dérive, à condition qu'elle soit diagnostiquée, sont très pointus. Là, il s'est retrouvé SEUL, je crois que c'est aujourd'hui très fréquent de rencontrer des gens qui sont en dépression grave et pour lesquels rien de sérieux n'a été envisagé, cette maladie est le point noir de nos sociétés..
Je pense pour ma part qu'il y a une très forte tendance à la dé-responsabilisation générale et surtout une perte considérable des compétences, des savoirs faire et des capacités diagnostiques de beaucoup de spécialistes. Les causes : un défaut de transmission des savoirs, des choix politiques qui ne favorisent pas la qualité des formations, le manque de conscience de citoyens tournés vers le ludique, l'égoïsme prôné comme valeur…..
D'où la cuisante question : Qui est responsable, qui est coupable de la mort de Moussa ? On ne peut pas tout à fait se dégager sur lui…
je vous souhaite de ne jamais croiser la DEPRESSION, ni la misère : se chauffer ça coûte CHER ! .
cordialement
à violeta
De violeta
psy | 13H01 | 23/12/2008 |
merci à la rédaction d'enlever deux de ces 3 messages : c'est le même, parfois le message ne part pas, je clique deux fois ou 3 et voilà le résultat…petite invasion
à violeta
De Thomas GREDAT
| 19H28 | 23/12/2008 |
Il y a vraisemblablement un malentendu : il ne me semble pas avoir dit que Moussa était SEUL RESPONSABLE de sa mort. Simplement qu'il en avait sa part de responsabilité. Amoindrie par une perte de jugement liée certainement à un état dépressif, comme vous l'avez judicieusement remarqué.
Votre souhait arrive à moitié trop tard : pour la misère, on verra, la dépression, je l'ai très bien connue.
De le_promeneur
Promeneur du monde... et chef d'ent... | 20H53 | 22/12/2008 |
Merci pour lui…
A l'heure des flonflon(s) de la fete un peu d'humanité semble bien difficile à percevoir…
De rayhan
boomrang | 21H35 | 22/12/2008 |
Hier Gille
Aujourd'hui c'est Moussa
Demain ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
les deux sont mort de froid ……………….avec ou sans logement
ou quand l'indifférence fabrique la mort devant nos yeux
De JUSTICE
22H05 | 22/12/2008 |
on est soi disant dans le pays des droits de l'homme !
De Jean-Jacques Louis
22H17 | 22/12/2008 |
Bravo et merci, Thierry. Tu n'as pas sauvé Moussa mais au moins as-tu essayé et, en tout cas, tu n'as aucun reproche à te faire. Je crois aussi qu'on n'a aucun reproche à adresser aux services sociaux : dans une ville, c'est difficile. Trop de demandes, trop peu de ressources.
Dans mon village (Heist-op-den-Berg en Belgique), le service social OCMW fait bien son boulot et personne n'est jamais mort de froid ni de faim ni d'aucune misère. Et pourtant nous avons des pauvres et des réfugiés de toutes les guerres de ce monde maudit. Mais c'est là leur chance : Heist-op-den-Berg est un village. Ni pauvre ni riche mais à dimensions humaines. C'est ce qui manquera toujours aux villes.
De 511keV
non politiquement correct | 22H20 | 22/12/2008 |
c'est vrai que le procés est jouable : tu es en France et il est Malien
si c'était l'inverse pas sur que ton procés soit envisageable….
ps ; vérifie quand même qu'il est bien Malien et noir et pas Touareg Malien et arabe car là plus aucune association ne te suivra et le retour au pays sera refusé ….
De voila-voila
en France | 22H40 | 22/12/2008 |
J'en arrive à me demander si la misère ne sert pas à mettre la pression sur la frange qui est juste « au dessus » :
-les petits salaires, les précaires, rmistes, handicapés….pour les culpabiliser et de leur faire peur.
Le risque actuel c'est que nous seront plus nombreux à glisser.
L'indifférence est une violence sociale et la pitié une acceptation résignée de l'injustice.
Une société digne de ce nom mérite sans doute mieux, Messieurs Noboparleurs !
François