Parlons net 20/12/2008 à 15h25

L'antipub Renou face au fils de pub Séguéla : vif débat

Augustin Scalbert | Journaliste Rue89

Le publicitaire Jacques Séguéla face à Xavier Renou, porte-parole des désobéissants et militant antipub : le débat promettait d'être mouvementé. Il le fut, au micro de « Parlons Net », le club de la presse Internet de France-Info.com, dont Rue89 est partenaire.

Les intervieweurs de France-Info.com, Lexpress.fr et Rue89 étaient presque de trop, vendredi, dans l'émission de David Abiker, tant les deux hommes ont défendu avec verve leurs positions respectives. Pour Xavier Renou, « le néolibéralisme veut qu'on rende rentables tous les espaces possibles et qu'on soumette ceux qui sont potentiellement contestataires ».

Jacques Séguéla, qui déclare avoir « toujours été pour les antipubs », dit au jeune militant : « Je vous aime bien, les anti... Si je pouvais vous conseiller un peu. Ne soyez pas négatifs sur tout. Vous finissez par emmerder le monde. »

Une heure quinze de débat riche en échanges musclés. (Voir la vidéo)



  • 24224 visites
  • 63 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • eMeRiKa
    • Posté à 17h49 le 20/12/2008

    Jacques Séguéla, 75 ans mais loin d'être dépassé ! Son avis sur le net est très pertinent.

    Xavier Renou, même si je partage son avis sur certains points comme le dit très bien Jacques Séguéla à tout critiquer « emmerde tout le monde » et à ne pas laisser la parole aussi !

    Moins de pub, plus efficace cela résume bien le débat. Que ce soit panneau ou sur internet la pub se détruit elle même en remplissant nos routes ou écrans.

    Mais il est clair que la pub nous rend service, sur Internet sans pub c'est dire adieu à 95% des sites que nous utilisons tous les jours, tout du moins sous leur forme actuelle. Qui a envie de repasser au temps du minitel et des communications payantes.

    De toute façon les modifications qu'entrainent Internet sur l'évolution de la communication d'entreprise sont clair. Fini le bourrage de crâne, les marques vont devoir converser avec leurs clients (ex des sites 2.0, des blogs...). Le consommateur se transforme de plus en plus consommacteur ce qui entraîne des modifications dans la communication des marques.

    Mais si aujourd'hui, la publicité « bourrage de crâne » marche si bien, ce n'est pas elle qu'il faut critiquer mais plutôt ceux qui y sont réceptifs. Un placement de produit au près d'un people et les ventes s'envolent, ce système répond donc bien à un besoin...

  • Laurent Terrisse
    Laurent Terrisse
    Publicitaire
    • Posté à 18h21 le 20/12/2008
    • Internaute
      Publicitaire

    Bravo pour ce débat et en même temps, un regret : ce n'est peut-être pas vraiment très équilibré de confier la défense de la pub à Jacques Séguéla. Beaucoup admirent ce que celui-ci a fait il y a trente ou quarante ans pour faire connaître et changer ce métier. A cette époque où la consommation était encore raisonnable, la publicité était un accélérateur de la modernisation de la société. Cela fait bien longtemps que n'est plus sorti une campagne de Jacques Séguéla. Il occupe des fonctions honorifiques et de porte parole dans le Groupe de Vincent Bolloré.
    C'est un peu comme si on demandait à Robert Hue de représenter l'opposition dans un débat face à Sarkozy !
    Depuis, il y eu les révolutions du marketing relationnel, du corporate, du mécénat, d'internet et du développement durable, sur lesquels de nombreux professionnels représentent les pratiques actuelles des métiers de la communication
    Et il y eu le mouvement antipub (dont beaucoup d'instigateurs sont issus de la pub) et dont Xavier Renou est un talentueux leader.
    Ce mouvement, qui a subitement effacé le prestige de la pub que les livres et la médiatisation de Jacques Séguéla avaient autrefois contribué à suscité, a déclenché trois types de réactions :
    1) Un lobbying intense de la part des instances professionnelles, qui ont créé un sondage annuel et des argumentaires pour démontrer qu'en fait les Français aiment la pub, que celle-ci est un moteur de l'économie, etc : stratégie « old school » plutôt contre productive jusqu'à présent
    2) Des stratégies de récupération et d'écoblanchiment (ou « greenwashing ») de la part de nombreux annonceurs et agences, auxquelles l'Alliance pour la Planète, les associations de défense des consommateurs, puis l'Ademe et le Medad ont vivement réagi et que les professionnels conscients des dangers que ces pratiques représentent essayent d'endiguer par un nouveau système d'autorégulation (ARPP, Jury de Déontologie de la Publicité, ...) dont sont absentes les associations participantes du Grenelle de l'Environnement les plus connues et qui essaye d'endiguer le flot des labels bidons, pseudo-offres développement durable et autres tromperies dont leurs propres adhérents sont encore souvent les premiers producteurs
    3) L'engagement de toute une partie de la profession dans la recherche de nouvelles pratiques de « communication éco-socio-reponsable » qui prennent en compte les enjeux de changements des pratiques de consommations et permettent à la publicité d'assumer pleinement son rôle social. Ces « insiders », que les antipubs ne considèrent pas tous comme des naïfs, on peut en trouver une poignée d'intrépides qui essayent de faire avancer les choses au sein de l'AACC (Association des agences conseil en communication) et de l'UDA (Union des annonceurs), chez Ad-wiser ou parmi les 75 membres du collectif des Publicitaires éco-socio-innovants () dont je fais partie.
    Mais on peut aussi en rencontrer beaucoup, dans les générations montantes au sein des services de communication et des agences, qui sont impatients de voir le métier qu'ils aiment si mal mis en valeur.

  • Kereven
    Kereven répond à eMeRiKa
    • Posté à 18h26 le 20/12/2008

    La publicité de demain sera encore plus intrusive. On la trouve déjà sur le net, ou en fonction des traces informatiques que vous laissez on vous propose les produits que vous recherchez. Avec le développement du GPS, des téléphones portables, les supports publicitaires s'adapteront pour ne plus vous lacher.
    Lorsqu'une marque s'invite sur Internet pour faire dialoguer les internautes, les seuls propos qu'elle autorise sont ceux qui lui sont favorables et qui inciteront à faire acheter ses produits.
    S'imaginer que les annonceurs se préoccupent du souhait de leurs clients est assez naif.

  • CoolRaoul
    • Posté à 18h54 le 20/12/2008
    • Internaute

    Quel culot ce Seguela quand il parle de choses « payées par publicité » (internet, la tv, les journaux en partie, etc...), alors que, bien entendu, le consommateur finit bien par payer cette dernière quoique de de manière indirecte : au bout de la chaine elle se retrouve dans le prix des produit.

    C'est un simple problème de vases communicants, aucun des exemples qu'il donne ne sont vraiment gratuits en réalité si on réfléchit un minimum.

    (mais, au passage, quel talent de manipulateur ! )

  • vol19
    • Posté à 21h22 le 20/12/2008
    • Internaute

    Ségala toujours là... décidement « il est déjà trop star »... On se souvient : « je ne vends pas du café, mais du plaisir »...« Avec François Mitterrand, contruisons ensemble une nouvelle société », « La France unie »... Jospin : « Présider autrement », s'autocongratula d'avoir initié la fille Chirac à la com, réussi pour le suivant quand même à dégoter et à marrier deux « produits » stars... la presse n'avait-elle pas relaté qu'il aurait été aussi à l'origine de la rencontre Mitterrand/Tapie... ? Que le contribuable vient finir de payer...

    Que reste t-il de tout celà ? un goût amer que la plupart ont oublié...Les Français ont la mémoire courte... Efficace sur le moment, certainement. Et c'est tout ce qu'« on » lui demande. Pour reprendre Stiegler, la « captation de la libido par le capitalisme », il a su faire... Et probablement celà marchera toujours...

  • voila-voila
    • Posté à 23h21 le 20/12/2008

    La démocratie existe grâce à la pub... pour qui il se prend papi ?
    Et pour qui il nous prend...
    Le nucléaire ou la préhistoire. Tu parles d'un choix.
    La pub ça finirait par rendre critique et sauver la planète ! ! !

    Épicure est d'actualité

  • Mokarider
    • Posté à 08h06 le 21/12/2008

    L'anti-pub c'est bien, mais ce n'est pas assez, elle se justifie par l'anti-consumérisme. Non seulement la pub mobilise des énergies, du temps et des moyens qui pourraient être investis dans des projets productifs, mais surtout elle crée un état de dépendance hystérique entre les individus et les objets de consommation, bien au-delà de ce dont ils ont vraiment besoin.
    Le problème, qui se posera bien assez tôt, est que nous n'avons sans doute pas les moyens de gâcher autant d'énergie et de susciter tous ces désirs que la société n'aura plus les moyens de satisfaire, le jour où le pétrole et autres ressources viendront à manquer, ou pour une cinquantaine d'autres causes prévisibles.
    Le fait que la publicité finance ceci ou cela, nous permette d'avoir des journaux gratuits, etc., ne justifie rien, tant la déperdition en termes de qualité de vie et de rapport aux choses en pâtit.
    La publicité est le miroir de notre rapport à l'information, qui tend à nous rendre totalement passifs et inertes face à un flot de signaux auquel notre petit cortex fatigué peine à donner un sens...
    Nous sommes parvenus à un degré d'auto-suggestion et d'aveuglement sans précédent, étant donné le niveau d'éducation atteint dans nos sociétés : conscients des problèmes, nous continuons tout de même à appuyer sur la pédale d'accélération en souscrivant au consumérisme.
    L'anti-pub, la première pierre de l'anti-consumérisme... Il faudra abattre plus d'un Séguéla pour arriver au bout !

  • M.O.A
    M.O.A
    Amoureux en phase critique
    • Posté à 04h13 le 22/12/2008
    • Internaute
      Amoureux en phase critique

    Deux phrases de Séguela à retenir :

    « Avant de sauver la planète sauvons ceux qui ont un boulot » ! ! !

    « Nous avons créé un système qui nous a dévoré,
    L'appât du gain est devenu supérieur à l'appât de la vie »