Engagés contre la réforme des lycées, ils ont fait reculer leur ministre. Portraits d'élèves qui ne baissent pas les bras.

CPE. Ce sigle d'un contrat qui n'a jamais vu le jour a durablement marqué une génération dont le militantisme a été une découverte en 2006. Cette année-là, Adrien, Pierre et Tristan ont autour de 15 ans et voient leurs aînés défiler dans les rues contre un contrat synonyme de promesse de précarité. Ils s'informent, veulent comprendre, défilent pour la première fois, sont épatés lorsque le gouvernement est contraint de reculer. Quelques mois plus tard, ils s'engagent dans les instances lycéennes.
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Aujourd'hui, les trois adolescents sont délégués de classe, investis au Conseil de la vie lycéenne et adhèrent au syndicat Union nationale lycéenne. Adrien, élu UNL de l'Essonne, explique que le militantisme « ouvre sur le monde ».
Les trois lycéens d'Arpajon (Essonne) sont bons élèves même s'ils se font un peu remonter les bretelles lorsqu'ils s'absentent pour organiser leurs réunions ou tenter de mobiliser leurs camarades.
Discussion autour d'un café près du lycée Edmond Michelet.
La loi Darcos
Opposés à la loi Darcos, ils tentent de mobiliser dans leurs classes et lycées respectifs, avec plus ou moins de succès. Pierre, en filière scientifique, reconnait avoir plus de mal à intéresser ses camarades à la réforme que Tristan et Adrien, en première et terminale ES :
« Il y a beaucoup moins de personnes politisées mais on est un groupe assez motivé dans la classe et même avec des gens de droite, on arrive à débattre. Ce qui me fait peur dans cette réforme, c'est l'absence totale de propositions dans le domaines des nouvelles technologies. »
Pour Adrien, la réforme risque de conduire à un « endoctrinement » les jeunes. Il reconnaît que le mot est fort mais parfois il faut taper fort pour se faire entendre :
« L'école est là pour nous donner des clés, pour pouvoir choisir soi-même ses valeurs après. Or, c'est aboli avec cette réforme. »

Rien ne les agace plus que d'entendre dire que les lycéens suivent leurs copains sans comprendre pour quoi ils se battent.
Tristan : « C'est faux, on réfléchit avant de descendre dans la rue. »
Adrien : « On dit qu'on s'est radicalisé… ce n'est pas vrai. Si on manifeste tout le temps, c'est parce qu'il y a des raisons de le faire. On ne fait pas ça pour s'amuser. A la radio, j'entendais un recteur dire qu'on n'avait aucune proposition. C'est faux ! On a déposé une motion, votée par 21 élus sur 23, avec des propositions concrètes. »
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Tristan : “Ce report de la réforme, c'est hypocrite. Ils la repoussent et n'écoutent pas ce qu'on dit. On veut faire entendre notre voix et celle des profs. On n'est pas contre une réforme.”
Adrien : “Il y des points positifs dans cette réforme mais on casse les moyens de l'Education nationale.”
La Grèce
Pour Adrien, ce qui se passe en Grèce est révélateur de ce qui se passe partout : “La jeunesse en a marre du silence des gouvernements.”
Les deux pays ne font pas face aux mêmes problèmes, nuance Tristan même si les violences à Athènes lui rappellent celles des banlieues :
“Dans les deux cas, c'est un moyen d'expression quand la situation sociale est catastrophique. Si on peut éviter que ça déborde en France, c'est tant mieux.”
Les trois lycéens parlent d'oppression. Par quoi se sentent-ils opprimés ? “Par les gens qui ne s'intéressent pas à la politique, ou ceux qui sont endormis. Quand on nous ment ou qu'on veut nous manipuler. Quand on ne nous laisse pas nous exprimer ou qu'on dit que les lycéens manifestent par suivisme.”
La politique et la crise
Adrien craint de ne pas pouvoir se fondre, plus tard, dans le monde de l'entreprise :
“Je ne dis pas que tous les patrons sont des salauds, mais je ne sais pas si je peux supporter l'autorité d'un patron. Je ne veux pas non plus généraliser sur l'exploitation des salariés, pas plus que je n'idéalise Cuba ou l'Urss mais le capitalisme, ça craint…”

Tristan dresse le constat d'un monde qui va dans le mur et des politiques qui ne font pas grand chose, à part faire semblant :
Adrien : “C'est comme la discrimination positive… ils se donnent juste bonne conscience.”
Tristan : “Et cette crise ? Je n'y connais rien en finances.”
Pierre : “On n'y comprend rien.”
Tristan : “A part que des types ont fait des conneries entre eux et que toute la société paye pour ça. C'est l'argent de qui ? Pourquoi on paye pour eux ? ”
L'avenir
Quand je serai grand, je serai… Adrien a plein d'idées :
“Militer dans un syndicat, être prof pour transmettre, proviseur pour débloquer et transformer les choses, économiste, homme politique, philosophe, journaliste… Je veux surtout être libre de conscience et pouvoir m'exprimer.”
Pour Pierre, l'essentiel, c'est de continuer à militer mais surtout pas en politique :
“L'écologie m'intéresse. Je veux un boulot, c'est sûr mais je ne sais pas encore très bien ce que je veux faire. Dans l'informatique peut-être.”
Tristan, le plus jeune, n'a pas non plus d'idées précises mais il sait très bien ce qu'il ne veut pas faire :
“Métro-boulot-dodo, non merci. Je veux un boulot où je peux m'exprimer et m'épanouir, c'est le plus important. Pourquoi pas journaliste ? Je veux être libre. C'est pas l'argent qui m'intéresse.”
Pierre doit partir. La réunion du CVL va commencer. A l'ordre du jour étaient inscrites des discussions sur des fêtes à organiser au lycée. L'essentiel de la réunion sera sans doute consacré à la grève de jeudi.
Hors de la politique
Ils ne militent pas que pour l'école et revendiquent d'autres combats. Adrien évoque Resf ou Jeudi Noir. Tristan suit les actions des anti OGM ou de l'association de la rappeuse, Keny Arkana.
Quand on leur demande s'ils ont de l'admiration pour certaines personnes, le mot “admirer” les fait tiquer. Ils préfèrent “aimer” ou “inspirer”. Ils citent pêle-mêle Keny Arkana, Manu Chao, Martin Luther King, Marx, Ghandi ou Benoît Hamon pour finalement conclure qu'il n'y a pas de personnalité précise :
Adrien : “Il y a des gens qui font avancer les choses.”
Tristan : “Qui luttent au quotidien. Je pense à la Croix-Rouge, à ceux qui se battent pour les sans-papiers ou les mal-logés.”
Ils ne font pas que militer, non. Ils sortent, organisent des fêtes, font de la musique ou du sport, lisent les journaux. Adrien a le Canard Enchaîné à la main. Tous les trois le lisent, y trouvent parfois des phrases incroyables de Xavier Darcos, apprécient l'absence de pub et retiennent que l'hebdomadaire satirique révèle des choses.
Ils s'informent surtout sur Internet, sur les sites d'infos et les blogs, tiennent eux-même des blogs “pas mis à jour”. Evidemment, ils passent du temps sur Facebook. Adrien adore : “C'est génial pour mettre les gens au courant des manifs et des mobilisations à venir ! ”
Photos : Tristan, Pierre et Adrien, lycéen à Arpajon (Audrey Cerdan/Rue89).
Article modifié le 18/12/2008 suite à une erreur sur la date des mobilisations contre le CPE, qui ont eu lieu en 2006 et non en 2003. Mille excuses aux valeureux combattants et à nos lecteurs.





















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à 98euro
De non-mais
attentiste | 18H05 | 20/12/2008 |
Comment exprimer des idées sans laisser notre égocentrisme nous dominer ?
grace à l'anonymat donc à internet. Jusqu'à présent l'anonymat était négatif car synonyme de délation. Les gens en conserve une opinion négative. Ca changera quand ils la détacherons de la délation qui elle est bien négative. L'anonymat est plein de vertus. Il permet de se concentrer sur les idées.
De muy
18H49 | 18/12/2008 |
Ami juan pablo, ta vie n'intéresse personne ! T'es de droite, assumes ! On a compris et on s'en fout !
Mais surtout, changes de rhétorique et surprends-nous par des commentaires constructifs et intelligents…sinon je lance un 2ème boycott de tes messages !
El muy
à muy
De Juan Pablo de Tagéna - bloqué
20H33 | 18/12/2008 |
Je m'en fous, je n'ai pas peur des fachos !
à Juan Pablo de Tagéna - bloqué
De kiki21120
sans emploi | 05H14 | 19/12/2008 |
Nul ne peut avoir peur de ses amis.
De Monk
Musicien | 18H52 | 18/12/2008 |
Durant un stage (et en tant que lycéen moi-même, je suis bien placé pour en parler), j'ai eu l'occasion d'interviewer des lycéens qui manifestaient. Ne vous leurrez pas, dans ces manifs, peu se sentent vraiment concernés. Je n'irai pas jusqu'à dire que le lycéen engagé est une légende. Mais dans l'ensemble, l'immense majorité des lycéens qui font des manifestations le font pour rater des cours. Et n'allez pas déformer mes propos. Je ne parle là que de ceux qui font des blocus pendant les cours, des manifs, des grèves… pour rater des cours.
Il n'est pas question de minimiser l'engagement politique des lycéens (Canteloup dit à ce sujet « c'est pas grave, à cet âge là ils votent pas »), Et je ne peux qu'admirer ceux qui manifestent le samedi après midi, qui eux, font preuve d'un réel engagement politique.
Mais bon, étant concerné par cet article, je donne mon avis. Et c'est vrai, je le vois tous les jours, ma génération me semble nettement plus engagée, passionnée. L'internet, est aussi, il est vrai, un outil d'une puissance démesurée. Ne sous estimons pas la puissance d'un blog, de Facebook… Ou d'un journal du lycée.
Mais honnêtement, la politique, je n'en ai rien à foutre. Un peu d'anarchie dans ce monde de dinosaures ne fera de mal à personne.
Dans une société archipolitisée, socialisée, capitalisée qui est la nôtre, je trouve difficile de résister à l'envie de secouer un peu le cocotier.
Après tout, puisqu'on est jeunes et cons, profitons en un peu.
à Monk
De Gigiss
Etudiant | 20H22 | 18/12/2008 |
je suis d'accord, la plupart des lycéens sont peu concerné.
à Gigiss
De Unstern
04H54 | 19/12/2008 |
Wishful thinking…… c'est tout ce que tu sais faire…
Moi j'ai bien l'impression qu'on les a zéro, à l'Élysée…
P.-S. : Salut, petit troll… : -)
à Monk
De éternellerebelle
enragée ! | 23H07 | 18/12/2008 |
souvenir ! souvenir !
soutenons ces jeunes lycéens ,
il y a eu des jeunes blessés et incarcérés à LYON
ce sont nos enfants ,il y a urgence à descendre dans la rue avec eux,
ils osent dire non ,ils sont debouts
,et nous adultes qu'est ce qu'on attend pour les imiter ?
De boissonzyskind
18H55 | 18/12/2008 |
CPE c'était en 2006…..
De aristippe2cyrene
contradicteur | 18H57 | 18/12/2008 |
Le commandant Darcos vient de vous dire qu'il veut reprendre les choses depuis le début enfin les jeunes ! ! !
« Allons allons, ils n'ont rien compris ces jeunes ! ! ! Je n'ai jamais rien dit de tout ce qu'on dit que j'ai dit… » (france info, il y a dix minutes)
Allez allez les jeunes, faut pas écouter ce que vous disent vos enseignants, ils ne comprennent pas ce que leur dis le commandant Darcos…
à aristippe2cyrene
De Pictulo
23785
19H04 | 18/12/2008 |
Appelle le plutôt le sous-commandant Darcos, comme dans le Canard !
à aristippe2cyrene
De Thomas GREDAT
| 21H02 | 18/12/2008 |
« Voilà toute la méthode Darcos : jouer sur des malentendus et s'excuser esuite, comme sur les maternelles, quand le tangage est trop fort ; laisser faire la rumeur et lancer des pistes maximalistes, comme celle d'un lycée totalement modulaire, pour mieux faire passer ses aménagements » (« Darcos, le nouveau Claude Allègre », par Natacha Polony, in Marianne, 13 décembre 2008).
De yang70
celibataire | 19H00 | 18/12/2008 |
Le CPE n'est pas passé ! ! ! et le CNE c'est quoi sinon un CPE amoindri.
De plus les d'jeuns y me font bien marrer ils sont les premiers a parler liberté mais paradoxalement ce sont les premiers conditionné par cette société (pub, film, musique, fringue, politique … ) .
Cet article reflète bien le malaise des jeunes qui ne savent plus contre quoi se battre au début on parle de la réforme darcos et ont fini par le capitalisme, les financiers, la misère … et oui notre monde a été maltraité mais ceux qui l'ont construit sont bien protéger (chaque humains a 2 tonnes de tnt au dessus de sa tête ).
Je suis comme les jeunes cependant j'aspire à un monde meilleur mais je ne crois plus qu'une manif soit une action dans le sens ou elle n'affecte plus le pouvoir en place (qui est mondialisé de surcroit). Je verrai bien des actions comme « arrêtons de consommer », ou « si vous nous faites chier tout les français retirent leur capitaux des banques » et si ça marche pas ben … on peut toujours détruire les places financières et tout symbole. Dans tout les cas il faut être solidaires et ça c'est une autres histoire car les cons ont la liberté d'y rester.
De Au sud de nul part
Situation | 19H15 | 18/12/2008 |
Bonsoir. mmh, je cite :
« Adrien : “C'est comme la discrimination positive… ils se donnent juste bonne conscience.”
Tristan : “Et cette crise ? Je n'y connais rien en finances.”
Pierre : “On n'y comprend rien.”
Tristan : “A part que des types ont fait des conneries entre eux et que toute la société paye pour ça. C'est l'argent de qui ? Pourquoi on paye pour eux ? ” »
Ouais. Le niveau est pas brillant, brillant, quand même…
A l'heure d'internet, comme on dit, ne pas comprendre ce qui s'est produit lors de cette « crise », c'est un tour de force prodigieux.
Et critiquer le capitalisme tout en ne pigeant -apparemment- que pouic à l'économie, ça me laise songeur….
Quant aux personnalités reconnues : pas un écrivain, pas un philosophe, pas un scientifique….consternant.
ASDNP
à Au sud de nul part
De tox
www.dessins-tox.com | 19H43 | 18/12/2008 |
Je préfère quelqu'un qui dit qu'il n'a pas compris et qui en tire une synthèse des plus justes et chargée de sens, qu'un expert en économie qui prétend comprendre la soupe bien machée qu'on lui a servie.
à tox
De éternellerebelle
enragée ! | 23H15 | 18/12/2008 |
@ tox
Alors là je suis d'accord avec vous Tox ! tant de mépris de certains pour ces jeunes, c'est affligeant
à éternellerebelle
De Au sud de nul part
Situation | 02H54 | 19/12/2008 |
N'importe quoi.
à Au sud de nul part
De Unstern
05H02 | 19/12/2008 |
Tristan : « A part que des types ont fait des conneries entre eux et que toute la société paye pour ça. C'est l'argent de qui ? Pourquoi on paye pour eux ? »
Il me semble, au contraire, que le jeune Tristan a mis le doigt sur la question essentielle…
Cher Au-sud-de-nulle-part, vous êtes comme qui dirait complètement à l'ouest !
à Unstern
De Au sud de nul part
Situation | 12H05 | 19/12/2008 |
Oh oui, quelle formidable analyse.
A.S.D.N.P
à Au sud de nul part
De Juan Pablo de Tagéna - bloqué
10H21 | 19/12/2008 |
Comme je vous approuve ! Et je vous trouve courageux de le reconnaître !
à Au sud de nul part
De Cousin_machin
Etre à peu près humain | 11H12 | 19/12/2008 |
Les beaux spécimens. Ils passent leur vie sur le net, sur facebook et myspace, ils dialoguent sur msn, ils regardent la télé mais ne sont pas foutus de se renseigner un tant soit peu sur les raisons de la crise. Et on ne demande même pas s'ils ont lu le projet de réforme…
Mais comme la critique faite par le troupeau vaut toujours mieux que la critique éclairée d'un seul allons manifester ! ! !
De Ouinouin
aime bien donner son avis | 19H14 | 18/12/2008 |
« Pourquoi pas journaliste ? Je veux être libre. »
Question militantisme, y a du boulot là aussi…
De Pictulo 23785
19H21 | 18/12/2008 |
Ces portraits prouvent que les ados d'aujourd'hui ne sont pas plus « radicaux » que leurs aînés. Leurs discours est plutôt structuré et les lois Darcos, ils les connaissent parfaitement bien, contrairement à ce que l'on entend trop souvent.
Il est un peu facile de dire aux mômes « vous n'y connaissez rien, vous n'êtes pas à la hauteur, vous êtes des feignants d'élèves », alors qu'en même temps le monde qui les a vu naître part à la débâcle. Ils sont bien mieux informés que ne l'étaient leurs parents, et leur analyse de notre société est pleine de bon sens.
Pour ne pas vouloir rentrer dans un moule (lequel se fissure de toutes parts), ils méritent les encouragements de toute la population.
à Pictulo
De BobLaMouche
subversion + construction = substru... | 14H23 | 19/12/2008 |
Ces portraits ne prouvent rien du tout, on ne peut pas tirer de généralités en étudiant un nombre aussi faible de cas, qui restent alors des cas particuliers. Pourquoi seraient-ils représentatifs d'un ensemble ? Y a-t-il un ensemble cohérent, d'ailleurs ?
à BobLaMouche
De Au sud de nul part
Situation | 20H32 | 19/12/2008 |
Bravo. C'est exactement le problème de ce pseudo-article.
Enfin, ce tract.
A.S.D.N.P
De chinook
enseignant | 19H29 | 18/12/2008 |
Je suis enseignant et heureusement qu'on a eu les lycéens encore une fois car s'il fallait compter sur les collègues !
Attention, je ne mets pas tous les enseignants dans le même panier mais mes collègues me foutent le cafard. Je bosse dans une petite ville à 60km au nord de Paris dans un lycée sans problème avec des élèves sympas et les profs qui sont là sont en fin ou en milieu de carrière, avec leur maison en briquettes rouges du pays à rembourser car il leur fallait se donner des airs de notables. Bref un groupe de petits bourgeois conformistes ayant un mépris souverain pour les élèves qu'ils considèrent comme des abrutis qui ne s'intéressent à rien et quand ils manifestent, c'est qu'ils sont manipulés par de vilains profs comme moi ou certains de mes collègues agitateurs. Ils résument cette grève comme une volonté des élèves de s'accorder une semaine supplémentaire de vacances. Aucun d'eux ne s'est vraiment penché sur cette réforme, sur les inégalités de parcours scolaires qu'elle allait introduire, sur la complexité qu'elle allait imposer à des familles dans le choix du « bon » module. Pire, ces imbéciles n'ont pas compris que les chefs d'établissement d'une même région vont devoir se concerter pour se « spécialiser » dans certains parcours, renvoyant ainsi certains élèves à suivre leurs études dans des établissements beaucoup plus loin de chez eux s'ils persistent dans leurs choix véritables.
Quand nous organisons une heure syndicale, il faut entendre les réactions. En gros, c'est « il est urgent d'attendre ». Pour organiser le réveillon revendicatif du 15, nous aurions été 7 profs en tout pour bloquer le lycée. Et comme notre proviseur avait demandé à la gendarmerie d'intervenir et d'arrêter quelques élèves majeurs et de porter plainte pour qu'ils aient un casier judiciaire, les empêchant de se présenter à des concours administratifs, nous avons préféré jeter l'éponge. Heureusement les élèves sont là, qui bloquent le lycée depuis mardi. Au grand dam du proviseur et de certains collègues qui ne me disent plus bonjour ! !
Ce qui me rassure c'est que tous les collègues ne sont pas comme ça ! ! Et que je sais que courageusement beaucoup se mobilisent partout en France.
à chinook
De jean.pierre
20H32 | 18/12/2008 |
vous leur avez pas dit que le monde est sans pitié et qu'ils allaient devoir l'affronter
croyez vous leur rendre service ? c'est un véritable tsunami politique ,économique et planétaire qui arrive
à jean.pierre
De Unstern
02H16 | 19/12/2008 |
« Vous [ne] leur avez pas dit que le monde est sans pitié et qu'ils allaient devoir l'affronter… »
…avec la Bible dans une main et un Colt dans l'autre, c'est bien ça ? : -))
Là où vous avez involontairement raison, c'est quand vous dites que le monde actuel, dévoré par l'ultra-capitalisme, est dur et sans pitié.
Vous avez également raison (décidément ! ) à propos du tsunami planétaire qui va déferler.
Après le désastre (c'est pas demain la veille), les choses seront-elles pires, meilleures ? Du moins, elles seront différentes.
Cinq siècles de capitalisme occidental qui, tel le mur de Berlin, s'effondrent, ça fait des dégâts mais ça fait de la place pour reconstruire autre chose…
Et c'est bien en combattant l'arbitraire dès maintenant que les lycéens se prépareront à l'adversité qui menace !
à Unstern
De Cousin_machin
Etre à peu près humain | 11H15 | 19/12/2008 |
C'est dans vos rêves que le capitalisme s'effondre. Que faites vous à part cracher votre mépris du capitalisme sur un site internet ? Le capitalisme se rie de vos balivernes, il vous survivra et vous ploierez comme tous les autres, car vous n'aurez pas agi en temps voulu. les révolutionnaires de 1789 se retournent dans leur tombe face à tant de révoltes molles.
à Cousin_machin
De Unstern
12H25 | 19/12/2008 |
Tss tss… Toujours ce vieux mantra du capitalisme immortel… Qu'est-ce que vous êtes ringard, quand même…
Inutile de se révolter. Même pas la peine.
Dans sa version néo-libérale, le capitalisme se charge lui-même de sa propre élimination.
Avant-hier, la crise des subprimes.
Hier, le bailout des banques.
Aujourd'hui, le scandale Madoff.
Demain, la General Motors en faillite.
Après-demain, l'État américain en cessation de paiement.
Et alors là, hein, je vous raconte pas…