tribune 17/12/2008 à 16h59

Scandale Madoff : « Crime et châtiment » à Wall Street

Paul Jorion | Anthropologue



Sur l’affiche du film de Georges Lampin ’Crime et châtiment


Le nom « Donald Crowhurst “ vous rappelle-t-il quelque chose ? Il participa à la Golden Globe Race en 1969, une régate autour du monde en solitaire. Alors qu’il se trouvait en position de vainqueur potentiel, il cessa soudain de donner de ses nouvelles. Lorsqu’on repéra son trimaran, il avait disparu.

On retrouva son journal de bord qui permit de comprendre qu’au lieu de chercher à faire le tour du globe, il était resté de longs mois embusqué dans l’Atlantique Sud, communiquant jour après jour des positions fictives, attendant que les autres navigateurs y refassent apparition à l’issue de leur circumnavigation.

Il se serait semble-t-il satisfait de finir en dernière position. Le hasard n’en voulut pas ainsi : la dureté de la course fit qu’il se retrouva finalement seul en position de l’emporter. Il se mit alors à errer au milieu de l’Atlantique, son journal révélant une raison de plus en plus chancelante, consignant en particulier une théorie relative à la condition humaine qui lui aurait épargné l’abominable dilemme qui était le sien : vainqueur par tricherie ou tricheur démasqué. Son système échoua cependant à le convaincre lui-même puisqu’il s’ôta la vie.

Ce qui me fait penser à Crowhurst, c’est bien entendu l’affaire Bernard Madoff. Je me le suis d’abord représenté en Machiavel : un homme convaincu que la ‘cavalerie’ est le meilleur business plan qui soit au monde et développant froidement une stratégie fondée sur ce principe. Or, les informations diffusées aujourd’hui quant aux justificatifs détaillés qu’il procurait à ses clients me font maintenant penser à tout autre chose : à une tragédie à la Crowhurst.

Parce que ces relevés, mentionnant parfois des dizaines d’opérations au cours d’un seul mois, présentent de manière précise la stratégie complexe qu’il affirmait mettre en œuvre pour le bénéfice de ses clients : l’utilisation de ‘collars’, montage particulier d’options, associée à un portefeuille dynamique d’actions, qui permet en effet d’engranger des gains réguliers dans une bourse portée par une hausse constante et paisible. Seulement voilà : pas à l’échelle qui était devenue la sienne, pas à l’échelle des milliards de dollars qu’il brassait en réalité.

Conscience et justice des hommes

La supercherie résulte du fait que si la stratégie qu’il prétendait utiliser a dû fonctionner selon ses vœux pour ses premiers clients, elle a dû atteindre rapidement sa limite en volume dans le cadre que le marché autorisait : plus, et le prix des actions se serait retrouvé balloté de manière incontrôlable en raison de ses transactions. Alors, plutôt que de refuser de nouveaux clients, il a dû se mettre à feindre, jusqu’à basculer dans une simple ‘cavalerie’ : prétendant continuer de la même manière qu’avant mais se contentant en réalité de payer les plus anciens participants avec les apports en fonds de ses plus récentes recrues.

Si mon hypothèse est exacte, son histoire est celle d’un homme qui s’imagine d’abord un géant parce que son plan complexe, digne d’un génie, semble réussir mais qui, quand il découvre que ce plan est limité par la taille, ne s’y résigne pas par orgueil, par hybris. Il s’autorise sans doute d’abord quelques libertés avec ses principes -tactiques ‘de complément’ que Michael Ocrant, qui le questionne avec perspicacité en 2001 [‘Madoff tops charts ; skeptics ask how, MAR/Hedge (RIP), No. 89 May 2001] semble avoir très bien devinées- pour maintenir la fiction, puis succombe : il se met alors à tricher et se retrouve non plus un géant à ses propres yeux mais un nain. Enfin, bien des années plus tard, pareil à Raskolnikov dans Crime et Châtiment’, il n’en peut plus : il révèle sa turpitude.

Car ne l’oublions pas, Madoff n’a pas été démasqué : il a avoué à ses fils, et ce sont eux qui l’ont livré à la police. Comme dans le cas de Crowhurst : ce n’est pas la justice des hommes qui l’a rattrapé mais sa propre conscience. Le drame humain n’est pas celui de ceux qui ont cru en Madoff : c’est celui de la manière outrancière dont il a cru en lui-même.

Cet article a été publié par Paul Jorion sur son blog. Ce texte est un ‘article presslib’’, c’est-à-dire qu’il est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit. Paul Jorion est un ‘journaliste presslib’’ qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Lire aussi : Affaire Madoff : pourquoi l’arnaque aurait pu être évitée et
Affaire Madoff : pour l’argent envolé, voyez chez Clearstream

Illustration : sur l’affiche du film de Georges Lampin ’Crime et châtiment” (1956) (DR).

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  • pablico
    pablico
    Co-NOBEL de la Paix
    • Posté à 18h50 le 17/12/2008
    • Internaute 14278
      Co-NOBEL de la Paix

    le mur de berlin est tombé, le mur de wall street vacille...(sans jeu de mot franco anglais)

    on a quoi contre les murs ? .

    les chinois devrait se méfier de leur grande muraille...(jamais deux sans 3)

    (ironie amusée d’’un homme mur inquiet..)

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 19h00 le 17/12/2008
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    L’escroquerie de Madoff ne pouvait fonctionner que si la cupidité et l’avidité servait de moteur principal. Quand un investisseur promet des intérêts supérieurs à 10%, l’arnaque n’est pas loin. Quand les pigeons s’appellent BNP Paribas ou Santander en Espagne, on frise la commédie de boulevard, les cocus sortent du placard. Mais ce n’est pas grave pour eux, un fond de 200 milliards d’Euro au niveau Européen va leur apporter quelques douceurs dans ce monde de brutes. Le cocu c’estfinalement le client de la banque et le citoyen Européen.

  • Lohiel
    Lohiel
    http://twitter.com/Lohiel
    • Posté à 19h04 le 17/12/2008
    • Internaute 38391
      http://twitter.com/Lohiel

    en fait, la crise économique, c’est quand les riches perdent des sous ?

    les 3/4 de l’humanité qui meurent de plus en plus de faim depuis des décennies (car le système a détruit leur économie du subsistance pour y substituer l’économie marchande), c’était pas une crise ?

    juste un dégât collatéral ?

    j’aime bien Jorion (souvent) et son système presslib, c’est joli ce qu’il écrit là... mais bon, basta les histoires de « pauvres riches, regardez leur drame » (carrément épique ce coup-ci, vu la référence littéraire !)

    et vive la récession qui va faire baisser les prix, toujours bien pour les petites gens ça... même si elle fait atrocement peur aux capitaleux, parce que pour une fois c’est eux qui vont banquer !

    • micke
      micke répond à Lohiel
      utopiste
      • Posté à 07h41 le 18/12/2008
      • Internaute 13094
        utopiste

      autant je suis d’accord pour dire que l’analyse de jorion est pour le moins naïve, autant je trouve que tu l’es encore plus dans ton dernier paragraphe.

      et le bail-out ?
      et qui va le payer ?

  • Humain
    • Posté à 22h19 le 17/12/2008
    • Internaute 21387

    Affaire Madoff :

    La Fourmi et la Cigale
    La Cigale ayant chanté tout l’été….
    Se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue ! !

    Mais la Fourmi avait placé toutes ses économies sur le CAC40, et sa banque avait « joué » des subprimes…. De plus l’assureur de la Fourmi avait placé ses avoirs chez Madoff qui l’avait floué ! ! !
    Le Fourmi qui ne savait ni travailler ni chanter n’ avait plus rien !

    Et maintenant c’est la Fourmi qui se trouve bien dépourvue !

    Alors la Fourmi alla voir la Cigale qui revenait du restos du cœur !

    Dame Cigale, qui n’est pas revancharde, partagea son repas avec la Fourmi, et lui donna quelques Euros de ses maigres économies ! !
    Et la Fourmi était bien contente de pouvoir manger un peu.

    Après avoir mangé, la Fourmi alla à la banque pour placer l’argent donné par la Cigale…
    Puis bien échaudée, la Foumi se ravisa, garda en poche les quelques Euros, et elle retourna voir la Cigale.

    Alors dame Fourmi et dame Cigale profitèrent des quelques Euros, puis elles se mirent à travailler dur, puis chanter et danser ensemble…
    Au début ce fut bien difficile car la Fourmi ne savait ni travailler ni danser.
    Mais, au bout d’un certain temps, à deux, elles finirent par y arriver ! !

    Moralité : Mieux vaut quelques Euros bien en poche et partagés plutôt que beaucoup d’Euros mal placés !

    Une crise c’est quand les nantis perdent de l’argent, sinon on nomme ceci une dépression.

    • Gzuite
      Gzuite répond à Humain
      Travaileur
      • Posté à 23h42 le 17/12/2008
      • Internaute 62854
        Travaileur

      Les riches actionnaires vont récupérer leur mise par....des licenciements.
      Les banques vont se refaire sur le petit client (frais bancaire).

      Et si on transformait les pays off-shore en....prison ? On arrive à envoyer l’armée en Afghanistan mais pas dans les pays pourris dirigés par les grands noms de la finance .

      Les politiques ont troqué la puissance publique contre la puissance financière.

      Je ne suis pas sûr qu’il y aura de la baisse des prix avec une baisse de la production. Il sera plus facile de se passer de certaines choses, plutôt que de les trouver sur le marché.

    • contal
      contal répond à Humain
      touché par la crise
      • Posté à 09h28 le 18/12/2008
      • Internaute 55340
        touché par la crise

      bravo, j’aime bien ce genre de fable.
      en ce qui concerne l’argent je ne suis pas sur que les comportements puissent changer !

  • micke
    micke
    utopiste
    • Posté à 07h29 le 18/12/2008
    • Internaute 13094
      utopiste

    madoff, exposé par reinhart :

    « 

    Yeah..

    Its a “family affair” alright

    Lien

    (A wise investor knows who gets the invoices for bank bailouts..

    war and and foreign energy-projects)

  • zorbeck
    • Posté à 07h44 le 18/12/2008
    • Internaute 9110

    Merci pour l’interprétation psychologique, mais le pêché d’orgueil, ce n’est pas vraiment nouveau, et à mes yeux se contenter de cet article sur ce sujet là c’est passer complètement à coté de l’essentiel.

    L’essentiel, c’est d’expliquer : 1) comment la SEC et autres autorités de contrôle n’ont pas su déceler une arnaque de cette ampleur et sur une période aussi longue 2) comment le public américain (ou européen) fait pour gober le tout sans broncher.

    C’est quand même une énormité sans borne que des états s’apprêtent à renflouer des banques qui spéculent avec des Madoff, par des miliards d’argent public, alors même que les systèmes de contrôle supposés empêcher ce genre de fraude s’avèrent aussi foireux, et personne ne descend dans la rue !

    Je rappelle quand même que le mois de Novembre a vu le chômage augmenter de plus de 500 000 unités aux US, et ce sont ces banques que l’on renfloue ! Je précise que je me considère plutôt libéral, mais là vraiment, je ne comprends plus. Ca dépasse l’entendement, on est dans l’irrationnel le plus total.

    • micke
      micke répond à zorbeck
      utopiste
      • Posté à 08h47 le 18/12/2008
      • Internaute 13094
        utopiste

      « je me considère plutôt libéral, mais là vraiment, je ne comprends plus. Ca dépasse l’entendement, on est dans l’irrationnel le plus total. »

      alors c’est le parfait moment pour s’intéresser au fonctionnement de la FED et à l’absurdité du système financier libéral.

      et oui les maitres absolus du « ponzi scheme », c’est pas mardoff,

      mais bien la FED et son modèle.

      ps :
      « et personne ne descend dans la rue ! “

      voir le redéploiement de compagnies entières de soldats ramenées d’irak sur le territoire US. le bailout et ce déploiement ne sont pas une coïncidence.

      • zorbeck
        zorbeck répond à micke
        • Posté à 09h00 le 18/12/2008
        • Internaute 9110

        Oui et non. Une économie libérale ne peut fonctionner durablement et valablement sans un état de droit, et c’est bien ce qui fait défaut ici, non pas à la FED mais au SEC pour rester factuel.

        Ramener le tout au « système financier libéral » est un peu court. Question dégats collatéraux, les absurdités économiques d’un plan quinquennal et autres économies planifiées n’ont d’ailleurs rien à envier à celles que je dénonce ci-dessus.

        Ce qui urge, c’est de mettre en place un véritable système de contrôle qui permette d’éviter ce genre d’arnaque sans asphyxier l’économie, cad qui ne supprime pas toute source de profit, car dans ce cas c’est la poule qu’on tue pour avoir ses oeufs...

         
        • micke
          micke répond à zorbeck
          utopiste
          • Posté à 14h31 le 18/12/2008
          • Internaute 13094
            utopiste

          un systeme de controle qui permette d’éviter ce genre d’arnaque ?

          en gros il n’y aurait donc que la fed qui aurait droit à ce genre d’arnaque ? c’est bien ça que tu proposes ?

          à moins qu’il y ait quelques détails qui t’échappent sur le système financier...

          (reinhart explique bien !)

          • zorbeck
            zorbeck répond à micke
            • Posté à 07h04 le 19/12/2008
            • Internaute 9110

            Mais pourquoi la FED ? Qu’est-ce qui vous fait dire que la banque centrale américaine a eu un rôle là-dedans ? Visiblement, il y a effectivement des détails qui m’échappent. Moi je veux bien vous croire, mais je ne ne vois pas (jusqu’à présent) ce qui vous permet de l’affirmer, je n’ai rien lu dans ce sens, car à ma connaissance l’autorité de contrôle des marchés c’est bien la SEC (Securities and Exchange Commision), même si je n’exclus pas que la banque centrale puisse être informée aussi.

            • micke
              micke répond à zorbeck
              utopiste
              • Posté à 07h58 le 19/12/2008
              • Internaute 13094
                utopiste

              quelle est la monnaie de référence dans le systeme de bretton woods ?

              c’est quoi le sens de « il suffit d’un taux de réserve de 10% pour créer du crédit » ? créer de la monnaie sans son équivalent réel en réserve ?

              qui se permet donc « d’imprimer » cette monnaie de référence en se foutant de ses réserves ? (et donc appauvrissant dans l’opération toute la population - merci la non convertibilité en métal, ces « lois » sur ce taux de réserve ahurissant et la création monétaire soumise à intérêt ->les gars créent de la monnaie à partir de rien et en plus ils facturent des intérêts !)

              qui décide la politique éco US (a qui obéït Paulson ? mais pas que, voir ou va fillon en rendez-vous AVANT de mettre en place/imposer un plan de route pour les réformes de l’état l’année dernière), et par extension, vu comment marche bretton woods donc des marchés financiers internationaux ?

              qui décide du bail out ?

              last but not least :

              A qui appartient la FED ?

              • micke
                micke répond à micke
                utopiste
                • Posté à 08h09 le 19/12/2008
                • Internaute 13094
                  utopiste

                « yeah right, it’s a family affair ! »

                « 53 More Shopping-Days Left To Go »

                Lien

                pour une autre perspective, moins poétique, tout-à-fait complémentaire, voir john perkins

                « Cet empire, contrairement à tout autre empire de l’histoire du monde, a été crée d’abord par la manipulation économique, par la fraude, par la corruption de personnes avec notre mode de vie »

                Lien

                • zorbeck
                  zorbeck répond à micke
                  • Posté à 15h02 le 19/12/2008
                  • Internaute 9110

                  Merci pour ces 2 liens très intéressants, je l’écris sans ironie, mais je tiens à préciser ceci : contrairement à la quasi totalité des internautes, je me refuse à confondre libéralisme et impérialisme. Le libéralisme a besoin d’un état de droit pour fonctionner, et le scandale Madoff c’est très clairement une faillite de l’état de droit. Quant à l’impérialisme US, les exemples que vous en donnez (par le 2eme lien) sont effectivement scandaleux (Mossadegh, Torrijos etc) et totalement inacceptables. Reste que question impérialisme, les US ne sont pas les seuls à le pratiquer même s’ils sont les plus puissants et souvent les plus nocifs : ce que fait la Chine au Tibet, c’est aussi de l’impérialisme, ce que fait la France en Francafrique, c’est aussi de l’impérialisme, ce que fait la Russie en Tchétchénie, c’est aussi une politique impériale. Se cantonner dans une position d’adversaire du libéralisme fait trop souvent obstacle à mes yeux à une analyse concrète des responsabilités. Quand une entreprise francaise fournit en armes les 2 protagonistes opposés d’une guerre civile en Afrique (Congo Brazzaville), je trouve ca un peu simpliste de parler de politique libérale, car c’est faire un peu comme si ce choix était imposé de l’extérieur par le libéralisme (anglo-saxon) alors qu’il s’agit bien en réalité de l’ignominie d’un gouvernement socialiste français élu par le peuple français. Même chose pour le Rwanda. Tout ceci mériterait de plus amples développements, mais là je n’en ai pas le temps.
                  PS merci pour la mesure de vos propos, qui permet le dialogue.

              • zorbeck
                zorbeck répond à micke
                • Posté à 11h34 le 19/12/2008
                • Internaute 9110

                « quelle est la monnaie de référence dans le systeme de bretton woods ? »
                C’est le $, avec une vague référence à l’or abandonnée par la suite.

                « c’est quoi le sens de “ il suffit d’un taux de réserve de 10% pour créer du crédit ” ? créer de la monnaie sans son équivalent réel en réserve ? »
                C’est se mettre une limite, assez arbitraire, à la possibilité de créer de la monnaie. En d’autres termes, c’est faire confiance au marché pour fixer la valeur du $. Tant que des investisseurs (au sens large : gouvernements, banques, sociétés...) achèteront du dollar (exemple : banques chinoises ou les européennes, et pas seulement centrales) parce qu’ils ont confiance dans son avenir, le $ restera une monnaie de référence. C’est cette confiance (ahurissante à mes yeux, je vous le concède) qui fait que dès que la crise a commencé aux US, beaucoup de pays sud-américains ont vu leur monnaie dégringoler parce que les investisseurs locaux, anticipant une crise domestique, ont investi massivement dans du $ (et ce faisant ont déclenché la crise chez eux). Et c’est aussi cette confiance démesurée qui fait que les US ne se retrouvent pas à quémander de l’aide au FMI ou à la Banque Mondiale, et n’ont pas à subir les vilénies d’un plan d’ajustement structurel comme ont du le subir l’Argentine ou les pays du Sud-Est asiatique il y quelques années, puisqu’il s’agit de leur propre monnaie.
                Bien évidemment, le jour où les Chinois placeront d’avantage en EUROs ou bien où les producteurs de pétrole (Russie, Venezuela, Arabie Saoudite...) vendront leur pétrole autrement qu’en $ les choses changeront. En attendant, on est obligé de faire avec. Ce consensus absurde n’est pas l’oeuvre des Américains seuls. A votre avis, combien de banques francaises ont largués leurs $ ? Si vous vouliez convaincre qqn de l’absurdité de la chose, ce n’est pas moi qu’il faut convaincre, mais la planète entière...

        6 autres commentaires
  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 16h50 le 18/12/2008
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    C’est la première fois que je vois une histoire vraie dont le film a été fait avant : Trader ! : D

  • yoruk
    yoruk
    au fil de l'eau
    • Posté à 17h32 le 18/12/2008
    • Internaute 57383
      au fil de l'eau

    Ces requins argentés américains manquent de « fair play »…
    Ils n’ont jamais digéré le score de notre Jerome Kerviel...
    Y a fallu qu’ils fassent plus fort…
    Pas cool...

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