A debattre

Qui préférez-vous voir entrer au gouvernement ?

Ceux qui arrivent, ceux qui partent, ceux qui changent de poste : Rue89 joue aux pronostics pour le remaniement de janvier.

Sarkozy s'adresse au gouvernement lors d'une remise de médailles à François Fillon (Eric Feferberg/Reuters).

Il ne souhaitait faire qu'un mini remaniement à la fin janvier, mais Nicolas Sarkozy pourrait être contraint à un jeu de chaises musicales plus important que prévu. Un renouvellement qui n'empêcherait pas un bouleversement gouvernemental plus important en juin, après les élections européennes qui s'annoncent très délicates pour l'UMP. Sans compter l'agitation sociale qui tend à s'amplifier.

Ce premier jeu de chaises musicales a déjà commencé avec les arrivées de Patrick Devedjian au ministère de la Relance et de Bruno Le Maire en remplacement de Jean-Pierre Jouyet au secrétariat d'Etat aux Affaires européennes.

Qui pour remplacer Bertrand et Hortefeux ?

Ces changements devraient se poursuivre avec le départ de Xavier Bertrand du ministère du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité. Le conseil national de l'UMP devrait confirmer le 24 janvier sa nomination définitive au poste de secrétaire général du parti. Fonction qu'il lui a été interdite de cumuler avec un maroquin.

Qui pour le remplacer ? Un nom circule dans tous les couloirs ministériels : Brice Hortefeux, actuel ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire. L'ami de trente ans de Nicolas Sarkozy préfèrerait l'Intérieur, mais le poste de Michèle Alliot-Marie ne devrait pas être vacant avant le mois de juin.

Si Brice Hortefeux refusait toutefois le maroquin, des outsiders pourraient se saisir du poste. Le secrétaire d'Etat Laurent Wauquiez pourrait monter en grade et cumuler Travail et Emploi. Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, serait également intéressé (sa secrétaire d'Etat Nathalie Kosciusko-Morizet ou, plus certainement, le socialiste Claude Allègre pourraient alors le remplacer).

Mais comme il semble peu probable que Brice Hortefeux ne s'asseye pas dans le fauteuil de Xavier Bertrand, il lui faudra un remplaçant à l'Immigration. Le secrétaire d'Etat socialiste Eric Besson serait en pôle position. Mais il ne faut pas éliminer trop vite deux figures de l'UMP : la déjà secrétaire d'Etat Nadine Morano et le porte-parole du parti Frédéric Lefebvre.

Qui pour remplacer Barnier et Létard ?

Les élections européennes provoqueraient également le départ de deux autres membres du gouvernement. Pas en raison d'éventuels mauvais scores, mais parce qu'à l'inverse, ils postulent pour le Parlement de Strasbourg.

Ministre de l'Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier est le premier d'entre eux. Il pourrait également se voir offrir le poste de commissaire européen à Bruxelles que le Français Jacques Barrot laissera vacant à la fin 2009.

Pour le remplacer au gouvernement, Laurent Wauquiez fait figure de grand favori, à moins que Nicolas Sarkozy ne lui préfère une autre jeune pousse de l'UMP (le député Benoist Apparu) ou un représentant de l'ouverture (le sénateur centriste Michel Mercier).

Si Michel Barnier devrait conduire aux élections européennes la liste du Sud-Est, Valérie Létard, secrétaire d'Etat à la Solidarité, espère elle être tête de liste dans le Nord-Ouest. Une femme pourrait continuer à occuper le poste, en la personne de Valérie Rosso-Debord, étoile montante de l'UMP et spécialiste des questions sociales.

La députée serait en concurrence avec Jérôme Chartier, qui donnerait une couleur plus économique au poste, ou encore Rama Yade, qui obtiendrait ainsi un lot de consolation si son poste venait à disparaître.

Dati et Yade, stop ou encore ?

Auparavant dans les petits papiers de l'Elysée, Rachida Dati est aujourd'hui dans le viseur du Palais. En témoignent les deux dernières contradictions publiques de Nicolas Sarkozy : sur la remise en liberté à cause d'une erreur matérielle d'un homme accusé de viol, et sur l'arrestation musclée du journaliste de Libération Vittorio de Filippis. A son passif également, la grogne des magistrats de plus en plus forte.

Toutes les raisons sont avancées pour expliquer un départ prochain : l'achèvement de la réforme de la carte judiciaire, les élections européennes, le terme de sa grossesse… Des raisons qui s'accompagnent de noms : ceux de ses successeurs potentiels. Des noms de poids lourds : encore Jean-Louis Borloo, mais aussi Xavier Darcos, qui rêve d'un ministère régalien.

Des hypothèses qui entraîneraient cependant des changements trop importants pour le moment. Rachida Dati pourrait dès lors rester en place. On voit difficilement comment elle pourrait être plus critiquée qu'actuellement, et puis une naissance adoucit les moeurs…

Ce n'est pas la meilleure amie de Rachida Dati au sein du gouvernement, mais cela n'empêche pas Rama Yade d'être tout autant sur la sellette. Surtout depuis qu'elle a repoussé l'injonction présidentielle de conduire la liste UMP aux élections européennes. Son ministre de tutelle Bernard Kouchner a même estimé que la création de son poste de secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l'homme constituait une « erreur ».

Du coup, peu de personnes se bousculent pour la remplacer. Ce qui pourrait faire les affaires de Rama Yade, qui conserverait alors son maroquin. Ce dernier est d'ailleurs difficile à faire disparaître l'année du soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Mais elle disposerait d'une liberté d'action réduite à néant.

Quels changements plus tard ?

D'autres postes pourraient être concernés plus tard (dont celui de Premier ministre). Après les européennes donc, ou peut-être même au moment des régionales de 2010. Histoire d'user les ministres jusqu'à la corde et d'insuffler ensuite un vent nouveau qui puisse pousser la droite jusqu'en 2012.

Les membres du gouvernement dont l'avenir s'inscrit en pointillés sont déjà connus, soit parce qu'ils sont contestés (Michèle Alliot-Marie, Christine Boutin, Hervé Morin, Christine Lagarde, Christine Albanel), soit parce qu'ils visent justement les élections régionales (Valérie Pécresse, Roger Karoutchi), soit parce qu'ils sont transparents (Christian Blanc, Hervé Novelli, Anne-Marie Idrac).

Tout peut toutefois rapidement changer. En politique, le temps reste un critère déterminant du choix. Et Nicolas Sarkozy doit rectifier le tir pour ne pas oublier le triple cap qu'il s'était fixé lors de son élection : parité (13 femmes seulement sur les 39 membres du gouvernement aujourd'hui), diversité et ouverture. Des ajustements de dernière minute, notamment dans les secrétariats d'Etat, ne sont pas à exclure.

Julien Martin et David Servenay

Photos : Sarkozy s'adresse au gouvernement lors d'une remise de médailles à François Fillon (Eric Feferberg/Reuters).

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5 commentaires sélectionnés

Portrait de 101.7

De 101.7

Promeneur | 12H35 | 17/12/2008 | Permalien

Les chaises musicales pourquoi pas, mais c'est surtout la musique qu'il faut changer.
Je suis très pessimiste quant à ce voeu car pour en changer il faudrait au moins la connaître et l'apprécier.
Je crains qu'on se trimbale encore longtemps la variétoche et la musique d'ascenseur mal jouée et pas en mesure avec la gravité de la situation.

P.S. Vous remarquerez que je ne suis pas cruel, j'évite de parler de « chanteurs » ou « chanteuses ».

Portrait de fée clochette

De fée clochette

babyboomer | 12H42 | 17/12/2008 | Permalien

Il serait temps d'une vraie représentation de la France :
des femmes et des gens de toutes les couleurs, jaunes compris, même s » ils semblent transparents aux yeux des élus

Portrait de padiran

De padiran

Chasseur de pools | 12H53 | 17/12/2008 | Permalien

Le remplacement des ministres par d'autres personnalités n'a aucune importance. La politique de la France est conduite depuis l'Elysée et validée par le G7 de Sarko. Le bocal à cornichons qui sert de gouvernement n'est là que par (encore) respect de la constitution. Les winners et les has been des divers remaniements à venir ne sont là que pour les photos de Match, Gala et Voici

Portrait de Courageux anonyme

De Fuel_Injected

13H04 | 17/12/2008 | Permalien

Ah l'ouverture, un vrai sac à poubelles qui me donne envie de vomir dedans :

Malek Boutih, membre du bureau national du PS, dément formellement ce matin l'article du Figaro le disant prêt à entrer au gouvernement à la demande du président Nicolas Sarkozy.

« C'est hors de propos, c'est complètement faux », a déclaré Malek Boutih, qui participait hier soir au premier bureau national du PS depuis l'élection à la tête du parti de Martine Aubry.

Le Figaro a affirmé ce matin que « Malek Boutih n'a pas opposé de fin de non-recevoir aux offres de Nicolas Sarkozy ». « Sauf revirement de dernière minute », le socialiste serait chargé, en tant que « délégué interministériel chargé d'une mission » de la « diversité », écrit le quotidien, alors que le Président tient un discours aujourd'hui sur le sujet.

Le Figaro rappelle qu'en juin 2007, Nicolas Sarkozy lui avait déjà proposé le poste de secrétaire d'État chargé de la Politique de la ville dans le gouvernement Fillon II. « Très tenté, Malek Boutih avait été finalement dissuadé de franchir le pas par Julien Dray », ajoute le journal.

Si l'hypothèse du débauchage de Malek Boutih au nom de « l'ouverture » peut surprendre, on sait que le socialiste et Nicolas Sarkozy s'accordent sur un point : les quotas d'immigration. En 2005, Boutih avait rédigé un rapport pour le PS où il défendait une politique de quota. Le rapport avait été enterré.

Portrait de Clarence

De Clarence 2860

14H09 | 17/12/2008 | Permalien

Il est temps de nommer un gouvernement restreint aux missions claires, que voici :

- Premier Ministre, peu importe.
- Ministre d'Etat, chargé de la Propagande, de la Culture, de la seconde coupure publicitaire et de l'Education Nationale, Martin Bouygues.
- Ministre de la Lutte contre l'ultra-gauche autonome, l'ultra-gauche, la gauche, le centre-gauche, le centre-droit et les homosexuels, Christian Vanneste.
- Ministre de la Justice (Garde des Sceaux), Ministre de la Relance, de l'achèvement des entreprises en difficulté, des banques, de l'Economie et du Budget, de la Jeunesse saine et des Sports propres, Bernard Tapie.
- Ministre des Coups de tonfa dans la gueule et des Expulsions, Marine Le Pen.
- Ministre des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner.
- Ministre du Chômage, de la Précarité et des petites coupures usagées, Denis Gautier-Sauvagnac.
- Ministre de la Guerre, l'adjudant Chanal (à titre posthume).
- Ministre du rayonnement de la France dans le monde, J-Marie Bigard.
- Ministre des Dom-Tom et des piscines, Christian Clavier,
- Ministre du Bris de tabous, Eric Zemmour.
- Ministre d'ouverture à la Gauche libérale, chargé de la Vaticination, Hugues Serraf.

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