Médias et politiques parlent d'une radicalisation récente. Un discours constant depuis, au moins, 1968. La preuve par l'image.
Du contre-sommet de Vichy aux occupations de lycées contre la réforme Darcos en passant par le soutien aux jeunes Grecs insurgés, les médias ont largement relaté, ces dernières semaines, la mobilisation des jeunes en France.
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La jeunesse serait ainsi « de plus en plus violente » ou « en pleine radicalisation ». La preuve : les arrestations de jeunes qualifiés d'« autonomes » par le ministère de l'Intérieur n'ont jamais été aussi nombreuses, comme les interpellations de très jeunes militants pour les sans-papiers ou pour le droit au logement (certains cumulant les deux casquettes).
Autre illustration de cette radicalisation supposée : certaines villes où l'extrême-gauche est réputée avoir prise, comme par exemple dans l'Ouest, sont parties au quart de tour, ces dernières semaines, pour faire front contre Xavier Darcos.
Certes, le recul du ministre sur sa réforme du lycée, lundi, n'a pas calmé les ardeurs contestataires : si l'on en croit mots d'ordre et préavis de grève, la mobilisation du jeudi 18 décembre reste maintenue. Pour autant, si l'on fouille dans les soutes de l'INA, on constate que le discours n'a pas vraiment changé : depuis au moins quarante ans, médias et classe politique n'ont eu de cesse de relayer cette fameuse « nouvelle radicalité » de la jeunesse.
Dès mai 1968, les dégâts causés par les manifestations font la Une
Plus radicaux, donc, les lycéens ? Pas si sûr. Ainsi, de 1968, on peut retenir ce passage, vu par Marguerite Duras. (Voir la vidéo)
Ou bien celui-là, qui n'a pas grand chose à envier à la présentation actuelle des manifestations. (Voir la vidéo)
Bien avant le CPE… Malek Oussékine
Alors pourquoi police et médias continuent-ils de dire que la contestation se radicalise chez les jeunes ? Côté RG, on affirme que c'est à compter de 2006 et de la bataille contre le CPE (Contrat première embauche) que le mouvement se radicalise. A leurs yeux, deux critères principaux :
- Voir débouler dans Paris des jeunes des cités réputés avoir inspiré, du haut des émeutes de l'autonome précédent, pas mal de jeunes autonomes
- Constater que les organisations qui appellent à défiler se font déborder
En images, voilà ce que ça donne, par exemple, au journal télévisé du 23 mars 2006, date à laquelle on a répertorié plus de 450 interpellations en marge des manifs. (Voir la vidéo mais attention, c'est l'intégralité du JT, il faut aller directement à la fin du premier tiers.)
Mais ces heurts, bien réels, au moment du CPE ne sont, loin s'en faut, pas sans précédents, contrairement à ce que l'on a pu en dire. Vingt ans plus tôt, la fronde contre la loi Devaquet avait déjà produit violences et débordements. Déjà aux abords des Invalides. Cette année-là, la chasse aux « casseurs » s'était soldée par la mort d'un étudiant : Malek Oussékine. (Voir la vidéo)
On entend aujourd'hui dire que les manifestations de Brest et d'ailleurs contre la réforme Darcos dégénèrent comme jamais du fait de l'infiltration de la « mouvance anarcho-autonome ».
Chez les RG, on estime ainsi que ces militants non affiliés tentés par une violence extrême sont de plus en plus jeunes et en voie de régénération. Pourtant, en 1976 déjà, un certain Julien Dray, chevelu, était déjà outré d'avoir été débordé par ce que l'on appelait alors les « éléments incontrôlés ». (Voir la vidéo)





















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à thierry reboud
De I.P
Flat4 | 22H14 | 16/12/2008 |
C'est à se demander si les pouvoirs publics ne sont pas les premiers à nourrir le fantasme d'une situation pré-insurrectionnelle.
Ah bon, vous vous demandez encore ?
Je vous préconise une dose « d'ultra-gauche » trois fois par jour.
à I.P
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 23H20 | 16/12/2008 |
Nous parlons bien de fantasme, nous sommes d'accord ?
à thierry reboud
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 23H51 | 16/12/2008 |
Laisse tomber le provocateur …
à thierry reboud
De Seydou Yéké
(nom propre) | 10H18 | 17/12/2008 |
@ M. Thierry Reboud
« C'est à se demander si les pouvoirs publics ne sont pas les premiers à nourrir le fantasme d'une situation pré-insurrectionnelle. »
Bravo, vous êtes à deux doigts d'inventer l'eau chaude. Mais vous confondez « fantasme » et réel de la politique.
Peut-être boirons-nous bientôt le champagne pour fêter notre entrée dans l'état d'urgence (histoire de « conjurer » la « fièvre » grecque).
Bien à vous.
http://dimpsy.online.fr/dimensionsdelapsychanalyse/dimensions-psychanaly…
De Zorro est arrivé
Lecteur | 19H48 | 16/12/2008 |
Violence symbolique des « politiques » et des médias, avec leurs représentations à l'emporte-pièce…
Il y a des jets de chaussure qui se perdent !
à Zorro est arrivé
De Arnaud Aubron
Rue89 | 19H51 | 16/12/2008 |
Notez que c'est un journaliste qui a lancé sa chaussure ; -)
à Arnaud Aubron
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 20H03 | 16/12/2008 |
Ah, mais c'est ça aussi la liberté de la presse !
à thierry reboud
De Zorro est arrivé
Lecteur | 21H43 | 16/12/2008 |
J'attends de voir ça en France…
Je risque d'attendre longtemps, j'en ai bien peur…
De Sacha25
19H52 | 16/12/2008 |
Il est évident que l'aventure de Juillard, passé grâce à Delanoë (qui a déjà montré qu'il préférait les enseignants au « peuple » sur le service minimum) directement du statut de subventionné syndical au statut de subventionné politique peut donner des idées à d'autres.
En son temps, le PCF nous avait déjà fait le coup
à Sacha25
De Sylap
Citoyen | 07H37 | 17/12/2008 |
c'est quoi le rapport ?
De William Tel
à Lille | 19H55 | 16/12/2008 |
Merci pour cet honnête travail de mise en perspective historique. Ah ! si le futur journal télévisé du service public sans pub pouvait ressembler à cela !
De samsinse
Etudiant | 20H06 | 16/12/2008 |
C'est marrant comme des commentaires restent concentrés sur une seule chose : l'image des lycéens et des étudiants. La même que les médias « conventionnels » souhaitent diffuser. Pensons peut être à tout ce qui se passe en amont. L'éducation est face à un problème : de plus en plus d'exclus et d'échecs, un baccalauréat remis en cause, etc. Les partis d'opposition, du moins le normalement plus important n'est pas présent. Il ne suffit pas d'être dans les rangs, il faut s'opposer clairement et d'une manière intelligente en proposant. Pourquoi les jeunes seraient revendicateurs ? Tout simplement parce que personne ne s'y intéresse clairement. Les syndicats eux-mêmes n'arrivent plus à réunir. Pourtant, c'est l'avenir des jeunes, des adolescents, des enfants, des nourrissons et des futurs êtres humains, qui est en jeu chaque jour dans le débat démocratique français. S'il en reste un ! Quand on me dit que ce n'est pas le peuple qui gouverne et certainement pas le peuple dans la rue, moi, jeune, je me sens doublé. Voter, pourquoi faire ? Quelle légitimité politique reste-t-il à nos représentants (députés et non pas sénateurs) dans ce cas ?
à samsinse
De kk
star malgré elle | 20H35 | 16/12/2008 |
Je ne comprends pas pourquoi vous excluez les sénateurs ; quand on voit localement les tractations, accords, donnant-donnant qui précèdent l'élection d'un sénateur, on peut vraiment s'interroger sur leur légitimité.
à kk
De samsinse
Etudiant | 22H03 | 16/12/2008 |
Les sénateurs ne sont pas inclus parce que pour moi, ils ne sont pas légitimes justement !
De Vingtras
Membre des 47% | 20H08 | 16/12/2008 |
De Burke durant la Révolution Française à Darcôsse, la droite réac puante n'a eu de cesse d'assimiler le peuple en lutte à une horde violente et animale. La vérité est que les mouvements sociaux gagnent en violence lorsqu'ils ne sont plus encadrés.
Les abrutis réactionnaires qui fustigent les syndicats ne comprennent pas que c'est grâce à eux si leurs hôtels particuliers n'ont pas encore brûlé. Mais attention : il n'y a plus en France d'opposition politique : PS et syndicats sont lessivés.
Dès lors, c'est la porte ouverte à toutes les violences, et si Sarko fait bousiller un gamin, il est carbonisé. Voilà en moins de deux ans dans quel abime la droite décomplexée a jeté la France.
De zorbek
20H11 | 16/12/2008 |
Désolé, mais comparer la France de 68 à celle d'aujourd'hui, je trouve ça un peu facile, notamment parce que les conditions économiques ont radicalement changé la donne : du plein emploi et son corolaire le refus du consumérisme, d'un désir d'ouverture porté par une jeunesse qui s'ouvre sur le monde et qui désire s'émanciper contre un ordre patriarcal et archaïque, on est passé via la pression du chômage et de la compétition économique à une peur insidieuse du monde extérieur et de la mondialisation, avec comme solution deux pôles : un replis sur le terroir et une myopie paralysante face à l'évolution du monde non conforme aux prédictions longtemps professées par le mainstream intellectuel (largement franchouillard, encore faut-il s'en apercevoir) d'une part, et le fantasme du retour à des solutions mythiques complètement à rebours de l'évolution du monde, avec comme leitmotiv sous-jacent le désir inavouable et rarement déclaré de consommer autant si pas plus que ses ainés. A la limite, le conservatisme a changé de camp, c'est d'ailleurs une réforme qui suscite l'ire des étudiants aujourd'hui, alors qu'en 68 c'était plutôt son absence.
Pour ce qui est des casseurs, on peut effectivement y voir une continuité, mais c'est bien la seule.
à zorbek
De Béatrice1
| 14H07 | 18/12/2008 |
Entièrement d'accord.
On peut soutenir aussi que contrairement à ce que croient la plupart des riverains, la « société » est incomparablement plus soft aujourd'hui qu'elle ne l'était il y a cinquante ans :
- Je ne connaissais à l'époque personne qui partait en vacances, personne qui bénéficiait de ce luxe inouï qu'était le chauffage central, et même l'eau chaude au robinet (chez moi, même l'eau froide, c'était à la pompe dans la cour, partagée avec les voisins). TRES peu de gens avaient une voiture dans mon village, personne n'avait la télé.
- La majorité des enfants quittait l'école à 14 ans pour aller en usine, ou pour être placés comme « bonnes » (les filles). Ceux qui étaient placés comme apprentis étaient généralement battus et maltraités.
- La contraception était interdite, la sexualité des jeunes était fliquée d'une manière inimaginable aujourd'hui, une fille enceinte hors mariage était une réprouvée et une fille qui se faisait avorter (dans une arrlère-cuisine, avec une aiguille à tricoter) risquait DIX ANS de prison (le garçon, à condition qu'on le trouve et donc qu'on le cherche : 3 mois)…
- Mes grand-mères étaient des bêtes de somme qui faisaient par exemple la lessive à la main, soit au baquet dans la cour soit à la rivière par tous les temps (oui, dans les années 50 encore), et les draps mouillés pesaient des tonnes. J'ai vu arriver les premières machines à laver et je vous affirme que OUI : Moulinex a « libéré » la femme !
- Ma mère a eu besoin de l'autorisation de mon père pour travailler et ouvrir un compte-chèque…
- On ne chauffait qu'une seule pièce dans la maison - la cuisine, avec une « cuisinière » - on partait se coucher avec une brique chauffée enveloppée dans du papier journal, et on se glissait dans des draps tellements froids qu'on les aurait crus mouillés.
- Tous les enfants (et les adultes) avaient des « engelures » en hiver - si vous ne savez pas ce que c'est, ça fait très mal.
- Les enfants se faisaient taper dessus à la maison, à l'école (ET même au catéchisme, autre haut lieu d'éducation). Quand un enfant refusait de finir son assiette, il partait à l'école avec, et là, l'instit lui infligeait l'humiliation de devoir l'avaler en public sous les quolibets de ses camarades. Un enfant qui faisait une « bêtise » dans la rue (c'était notre seule aire de jeux) pouvait se prendre une claque retentissante par n'importe quel adulte, et les parents applaudissaient. Certains regrettent ce qu'ils appellent « solidarité », moi j'appelle ça du flicage.
- L'alcoolisme faisait des ravages, on croisait dans les rues des hommes en « bleu » qui titubaient.
- Les garçons faisaient 2 ans de service militaire - pendant mon enfance, c'est en Algérie qu'ils partaient le faire.
- Quand dnas les années 60 on a commencé à parler de la fin de la « société de consommation », mes parents et tous leurs amis se sont écriés qu'ils n'avaient pas eu le temps de commencer à consommer, qu'ils auraient bien voulu essayer avant que ça se termine !
Tout ça pour dire que celui qui ose affirmer devant moi qu'« autrefois c'était mieux » se prend une belle engueulade, et que pour rien au monde je ne voudrais y retourner.
à Béatrice1
De shillom
15H56 | 18/12/2008 |
Tout ça m'évoque ce que mes parents ont pu me raconter, mais rien n'est comparable, à chaque époque ses problèmes.
Pour l'anecdote, ma mère a retrouvé il y a quelques années une femme de son âge, qui était sa voisine de cour (c'était en banlieue parisienne). Elle vivait probablement dans la famille la plus aisée de l'immeuble, car ils avaient la télé alors que mes grands parents n'avaient pas la radio.
Cette femme lui a alors dit une chose : j'aurais voulu vivre avec vous, car vous étiez heureux. Moralité : l'argent ne fait pas le bonheur.
J'espère que cette génération révoltée qu'on évoque le sait encore.
à shillom
De Béatrice1
| 16H26 | 18/12/2008 |
Et encore, j'ai omis de rappeler que le pays était encore un champ de ruines !
De marie 75 3563
20H15 | 16/12/2008 |
la société serait-elle plus violente ?
Le chomage plus fort ?
Le pouvoir d'achat plus bas ?
L'avenir plus noir ?
L'UMP moins démocratique ?
Bcp de questions pour répondre au malaise des lycéens.
De Phil2922
Retraite invalidité | 20H29 | 16/12/2008 |
Et pas un mot sur l'infiltration de flics dans les manifs pour casser et pousser les jeunes à s'affronter avec la police… ! !
http://phil195829.overblog.com
à Phil2922
De overflow
20H38 | 16/12/2008 |
Euh, t'as 999 étudiants plus ou moins reconnaissable, et t'as Gérard 35 ans, agent de la paix infiltré dans la foule …
Faut peut-être pas abuser ?
à overflow
De caro
délinquante avérée | 21H11 | 16/12/2008 |
pourquoi 35 ans ? il n'y a pas de flics plus jeunes ? mais les flics ne vont pas se mouiller, ils vont payer des jeunes pour casser
à caro
De Arnaud Aubron
Rue89 | 21H36 | 16/12/2008 |
Euh… C'est jeune 35 ans, non ? Déconnez pas merde…
à Arnaud Aubron
De caro
délinquante avérée | 22H06 | 16/12/2008 |
c'est vrai, excusez-moi si je vous ai vexé : -)
La jeunesse, c'est dans la tête. Foin de l'état civil !
à Arnaud Aubron
De comptesuprimé30
hestia | 10H58 | 17/12/2008 |
prouvez le ! !
De mass0
athée et citoyen du monde | 20H42 | 16/12/2008 |
Ma génération celle que l'on appelait X (trentenaire), n'a jamais vraiment été radical à mon avis ,et c'est pour cela que maintenant ceux sont les même qui votent Sarkozy en allant avec leur Iphone au Grand Rex pour écouter les chansons des dessins animés de l'époque ( Goldorak and Co ) et aux stades de France pour écouter la musique de la décennie où on a fait le plus de merde musical.
Je suis content de voir que la radicalité a sauté une génération. Lycéens , Etudiants soyaient le plus radicale possible car la génération de vos grand parents, et parents ne veulent rien lâcher et vous mettre dans la merde.
De 511keV
non politiquement correct | 20H44 | 16/12/2008 |
leur reve : devenir fonctionnaire
leur langage : le SMS
leur émission politique fétiche : la star ac
le Sida mental disait il …..
à 511keV
De Kereven
21H18 | 16/12/2008 |
Il y a quoi d'autre de disponible gratuitement à part ca ? Parce que pour payer il faut avoir un boulot et il n'y en a plus beaucoup, il faut des diplomes et les ministres asphyxient chaque fois plus le contenu des programmes, les rendant inutiles.
La plupart des jeunes ne peuvent faire que des stages, à peine payés. Comme disait Chirac, « il faut savoir ouvrir les portes de l'avenir qui nous sont grandes ouvertes ». Merci Jacques !
De blabla
20H51 | 16/12/2008 |
La mode est aux chiffons rouges dans l'hexagone dirait-on.
La lecture de ce rapport réalisé en 2002 par l'OMS s'impose.
http://www.afbah.org/index.php ? option=com_remository&Itemid=21&func=star…
Je recommande la lecture des pages 267 et suivantes sur les grands enseignements tirés de l'étude de la violence et sur les moyens d'intervenir en amont, de façon préventive pour éviter les éclats de violence (souvent juvénile et masculine comme le montre par ailleurs ce livre de Muchmebled http://www.nonfiction.fr/article-1603-p2-lhistoire_de_la_violence_ou_com… )
Mais il n'est pas question ici d'exploitation politique de la violence. Juste de la combattre. Ce qui est sans doute différent…