
Paranos de tout pays, ne lisez pas cet article ! Comme vous l'avez lu dans un premier épisode, en matière d'écoutes téléphoniques, tout paraît possible, à condition d'en avoir les moyens. Que l'on soit un cocu en instance de divorce ou un maître-espion de la CIA, les limites ne sont pas les mêmes, ni les usages : il y en a pour tout le monde.
Pour les services, les écoutes établissent l'environnement de leur cible
« Pas question de nous citer. » Partout, le sujet suscite gêne et prudence. A commencer par les experts des services de renseignements qui rechignent à dévoiler leurs petits secrets techniques :
« C'est devenu un instrument majeur du renseignement, où les techniciens disent “tout est possible”. Dans la pratique, il y a toujours une bonne raison de ne pas pouvoir faire. Un problème d'antenne, de réseaux… ce n'est pas automatique et rapide comme dans les films. »
En revanche, les espions sont plus diserts sur l'intérêt des écoutes. Contrairement aux idées reçues, ce n'est pas le contenu de la conversation qui intéresse les services :
« Ce qui nous intéresse, c'est l'environnement de l'utilisateur : qui il contacte, quel numéro, à quel endroit. Toutes les informations qui permettent de faire des liens entre les individus. D'ailleurs, aujourd'hui les gens concernés sont prévenus, ils parlent peu au téléphone. »
S'il s'agit de capter les conversations, il faut aussi s'assurer de pouvoir traduire les propos des étrangers écoutés. Un traducteur instantané d'Ourdou, d'un patois du Zheijiang ou de Kinyarwanda ne se trouvent pas au premier coin de rue.
Bien sûr, les services de renseignements restent discrets sur les moyens utilisés qui, par définition, sont clandestins, dans la mesure où ces écoutes sauvages ne sont autorisées par aucune autorité. La pratique est « tolérée ». Par exemple, il se dit dans la communauté du renseignement que le dernier étage de l'ambassade des Etats-Unis à Paris, à deux pas de l'Elysée, recèle un centre d'écoutes dernier cri.
Les écoutes dans un cadre judiciaire, bien plus intrusives que l'on pense
On doit cette innovation aux lois Perben 2 de 2004, qui ont considérablement renforcé le travail des policiers dans les enquêtes préliminaires. A ce stade, le procureur de la République contrôle les opérations avec le juge des libertés et de la détention. Concrètement, il est possible de faire des écoutes, de surveiller et/ou de sonoriser un lieu public ou privé. Durant quinze jours, pas plus.
Cette pratique se limite aux crimes et délits les plus graves : terrorisme, trafic de drogues, torture, enlèvement, blanchiment mais aussi tout l'arsenal de la délinquance « en bande organisée ». En réalité, les policiers sollicitent toujours plus les écoutes comme mode d'investigation.
Plusieurs affaires ont montré la pertinence de l'outil. L'enquête sur l'assassinat du préfet Erignac ne serait sans doute jamais sortie sans l'analyse scrupuleuse des « fadettes », les relevés des communications de portable des accusés.
Tout cela est contrôlé, in fine, par la chaîne pénale : magistrat instructeur, chambre de l'Instruction, avocats… A l'inverse, l'affaire du sabotage des caténaires de la SNCF a montré qu'aux yeux des policiers chargés de l'anti-terrorisme, l'absence de portable suffit à faire de n'importe qui un suspect en puissance.
Dernière catégorie : les écoutes administratives, à la demande des services de renseignements, de la douane ou de l'anti-terrorisme. Elles sont théoriquement contingentées et dans tous les cas autorisées par le cabinet du Premier ministre. Leur contrôle est assuré par la commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité.
Dans la pratique, il est regrettable que le Parlement n'ait pas le moindre pouvoir en la matière, l'affaire des écoutes de l'Elysée ayant montré les limites d'un « auto-contrôle ».
Pour les couples en instance de divorce, un moyen de pression
Aucun chiffre n'est fiable à 100%, mais on estime qu'il y aurait en France dix fois plus d'écoutes sauvages que celles autorisées dans un cadre légal (judiciaire ou administratif). Soit au moins 200 000 chaque année.
Jusqu'à une période récente, seuls des « plombiers » professionnels pouvaient maîtriser ce genre de prestation. Agence de détectives privés, gendarmes ou policiers améliorant leur fins de mois… bref, tout ceux qui, équipés d'un matériel adéquat, pouvaient enregistrer les conversations d'une ligne fixe.
La multiplication des portables a largement ouvert le marché. Par exemple, pour un couple en instance de divorce dont l'un des membres souhaiterait prouver l'adultère de l'autre. Ainsi, en googlisant « gsm espion », ils pourront :
- offrir à leur futur ex conjoint un téléphone Nokia trafiqué ;
- Acheter un kit espion pour transformer le mobile de la dulcinée en mouchard ;
- à moins qu'ils ne préférent sonoriser une pièce et sa ligne téléphonique pour le prix d'un bon repas à deux au restaurant ;
- enfin, s'ils soupçonnent une intrusion dans leur vie privée, ils auront sans doute besoin d'un brouilleur et d'un détecteur d'écoutes (ça existe).
Reprécisons, pour les amateurs, que toute interception sauvage est un délit. Seule la détection d'écoutes et/ou de micro-espions est autorisée. Des officines d'intelligence économique s'en sont d'ailleurs fait une spécialité fort lucrative à destination des grandes entreprises. Les écoutes, c'est aussi un business.
Articles suivis :
► Même fermé, votre téléphone portable peut être écouté…
► A propos de la polémique sur les écoutes via mobiles fermés
► Ecoutes : ce qui est possible avec votre téléphone portable
Photo : Vladmimir Poutine dans un hélicoptère en août 2007 (Ria Novosti/Reuters).





















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De compte supprimé 24
| 13H36 | 15/12/2008 |
Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur les techniques d'écoute téléphoniques et leur évolution, je recommande la série « The Wire » (Sur Écoute) de la chaîne américaine HBO. Pas que pour cette raison, d'ailleurs : elle est tout bonnement excellente.
De JJ Reboux outrageur de poulets
13H43 | 15/12/2008 |
Contre les écoutes, une solution efficace (quoi que techniquement difficile à mettre en œuvre) : le pigeon voyageur !
à JJ Reboux outrageur de poulets
De pablico
19H02 | 15/12/2008 |
cela me rappelle des souvenirs de campagne.
Car il y a des pigeons voleurs…
un pigeon voleur, est un pigeon voyageur solitaire. et il va attirer dans le pigeonnier un ou une compagne solitaire du pigeonnier du voisin.
et pouf le pigeon séduit fini dans la marmite.
Et le pigeon solitaire doit recommencer à séduire…
la malhonnêteté est partout…
De pablico
13H43 | 15/12/2008 |
Les écoutes téléphoniques, à quoi ça sert ?
comme regarder dans les trous de serrures, décoller les enveloppes à la vapeur…c'est la même approche. Ce sont les mamelles de l'espion.
soit curiosité mal saine,
soit prévoir le coup d'avance que prépare l'autre…pour lui couper l'herbe sous le pied..
De MathieuMa
Responsable systèmes et réseaux | 13H53 | 15/12/2008 |
Il y a une série d'articles sur les écoutes téléphoniques actuellement (3 articles en 2 semaines) - ne serait-ce pas pour faire de la pub / du référencement vers des liens vendant des solutions d'écoute ?
Pour mémoire, certains (beaucoup) de ces dispositifs ne sont pas en vente libre en France …
à MathieuMa
De Les Grands Champs
Retraité, le doigt là où ça fait m... | 13H57 | 15/12/2008 |
Vous avez gagnez ! !
Rejouez !
Pas croyable de lire de tel texte.
à MathieuMa
De Ryuu
Informaticien parisien | 14H03 | 15/12/2008 |
Faut bien donner des idées de cadeaux aux riverains…
De Les Grands Champs
Retraité, le doigt là où ça fait m... | 13H54 | 15/12/2008 |
Sur la photo de l'article, on dirait Poutine.
Cela lui va bien vu le personnage & d'où il vient. (KGB)
à Les Grands Champs
De Pascal Riché
Rue89 | 15H35 | 15/12/2008 |
C'est bien lui, en 2007.
Nous mettons la légende des photos en bas de chaque article.
à Pascal Riché
De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 15H43 | 15/12/2008 |
Vous avez vu le casque ? ? ?
AKG ! ! Il a effacé le B ? ? ?
à Tigerbill
De marsman
esprit critique | 00H02 | 16/12/2008 |
héhé, très bon casque d'ailleurs. Je dirais K-271 ptetre meme mk2 : -)
à Pascal Riché
De Les Grands Champs
Retraité, le doigt là où ça fait m... | 19H35 | 15/12/2008 |
Je n'ai pas lu la légende, c'est une erreur de ma part.
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 14H10 | 15/12/2008 |
à patrick du 14
De kawaayi
2012??? | 00H07 | 16/12/2008 |
chic ! ! ! …du kleenex pour le telephone monsieur…
sinon sort nous « Gaston ya le telefon qui son, et ki ya jamais person ki y repond ! ! ! » (le clip si tu le trouve)
De félicité-mafoi
14H14 | 15/12/2008 |
relire : « Le dossier 51 » de Gilles Perrault et frémir
à félicité-mafoi
De Emma T
TBBT addict. | 09H36 | 16/12/2008 |
Et revoir « La vie des autres » … pour frémir aussi. Hiiiiiiiiiiiii Brrrrrr
De kawaayi
2012??? | 14H15 | 15/12/2008 |
Il a de la gueule le Vladimir sur cette photo…c'est AKG qui s'en prend plein les poches avec une reclame pareil ! ! !
De skalpa
actif et militant ? | 14H18 | 15/12/2008 |
Allez une dédicace à Colargol et à Boisset

![]()
« Radio corbeau… j'écoute »
(souriez, vous êtes égou.. oups… écouté ! )
http://kprodukt.blogspot.com
De Albedo
14H33 | 15/12/2008 |
2 remarques :
- Merci de ne pas être tombé dans le discours facile d'un rejet total des écoutes. Dans le cadre d'enquêtes judiciaires ça se justifie pleinement. Le danger réside dans la tentation d'écouter « préemptivement » les citoyens, dans une forme de police politique donc.
- Espionnite entre époux : faites comme la Belgique qui a récemment supprimé le divorce pour fautes. Désormais il n'est plus question de se déchirer au tribunal pour « gagner » son divorce, la procédure est simplifiée et le juge rend un verdict (en matière de pension alimentaire par exemple) basé uniquement sur des données économiques objectives, et quand il n'y a pas d'accord à l'amiable.
à Albedo
De Lou6
00H15 | 16/12/2008 |
Dans le cas d'un divorce pour faute le juge ne tiendrait de toute façon pas compte de l'espionnage des conversations téléphoniques d'un des époux par l'autre car même si ces conversations prouvaient l'adultère, la preuve est obtenue de manière frauduleuse et est donc irrecevable.
De ALLAIN JULES C@MMUNICATION
14H51 | 15/12/2008 |
A simplement empêcher ceux qui en savent trop, de s'exprimer, pour les envoyer loin ou les mettre hors d'état de nuire. C'est pas pour rien que les hommes politiques veulent stopper Internet dont ils n'ont pas le contrôle.
http://www.agoravox.fr/article.php3 ? id_article=48760
à ALLAIN JULES C@MMUNICATION
De jexiste
si, si | 15H31 | 15/12/2008 |
OUI.
Les isoler aussi. Les écoutes servent d'abord à repérer toutes leurs fréquentations de façon à pouvoir y mettre un terme.
Et faire échouer de même toutes leurs démarches par le contrôle de leurs contacts.
De pierrot123
15H25 | 15/12/2008 |
»…Un traducteur instantanée d'Ourdou, d'un patois du Zheijiang ou de Kinyarwanda ne se trouvent pas au premier coin de rue. »
Instantané…ne se trouve…
Etourderies, certes,(Il y a, j'en conviens, sur le Net, bien pire, hélas…) mais… relisez-vous un peu, au moins.
à pierrot123
De David Servenay
(auteur)
Rue89 | 15H31 | 15/12/2008 |
On relit, on relit, Pierrot. Mais vous avez plus d'yeux que nous ; )
C'est corrigé, merci.
à David Servenay
De Ming_xuan
Traducteur spécialisé | 20H40 | 15/12/2008 |
Au chapitre des corrections, c'est la province du Zhejiang sans i après le e, d'après le fleuve du même nom.
De jexiste
si, si | 15H34 | 15/12/2008 |
Vous oubliez tout un pan du marché, celui des écoutes sauvages pratiquées par les employeurs à l'encontre de leurs salariés ou anciens salariés avec qui ils sont en conflit (par exemple).
Est-ce volontaire ?
à jexiste
De Waldeck
Naufragé en Sarkoland | 16H11 | 15/12/2008 |
Est-ce qu'on nous « brouille l'écoute ? “
à Waldeck
De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 16H15 | 15/12/2008 |
seulement quand les téléphones sans fil
à Waldeck
De jexiste
si, si | 16H34 | 15/12/2008 |
Je ne comprends pas votre question.
Que voulez-vous dire exactement ?
à jexiste
De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 17H17 | 15/12/2008 |
Achetez le Canard Enchaîné mercredi prochain, et allez voir l'album de la comtesse, vous comprendrez mieux ensuite.