revue de web 13/12/2008 à 19h53

L'affaire Zongo, un scandale africain enlisé depuis dix ans

Augustin Scalbert | Journaliste Rue89


Procession vers la tombe de Norbert Zongo en avril 2007 (Filep)


Norbert Zongo (DR)

Il enquêtait sur la mort mystérieuse du chauffeur de François Compaoré, frère du président du Burkina Faso, Blaise Compaoré. Le 13 décembre 1998, le journaliste burkinabé Norbert Zongo était assassiné avec trois autres personnes. L'enquête sur la mort du fondateur de l'hebdomadaire L'Indépendant s'est terminée par un non-lieu délivré en 2006, malgré le tollé qu'elle avait provoqué en Afrique et dans le reste du monde la mobilisation incessante depuis.

Partenaire de Rue89, L'Observateur Paalga revient sur les « dix si longues années » qui ont suivi la mort de Zongo et des « trois autres occupants d'infortune de la 4X4 qui les conduisait », « carbonisés [...] dans des conditions cannibalesques » :

« On cherche vainement un précédent dans les annales du crime dans notre pays [...] Rarement, de mémoire de journaliste, notre pays aura été plongé dans une crise que tous les superlatifs ne suffisent pas à qualifier.[...]

Quelques jours après ce quadruple assassinat de Sapouy, on se souvient encore qu'une Commission d'enquête indépendante (CEI) avait été instituée, et qui avait conclu que cette mise à mort brutale et atroce était motivée par les activités professionnelles de Norbert Zongo, et particulièrement par l'affaire David Ouédraogo, dont notre confrère avait fait sa manette rédactionnelle. »

Une commission d'enquête, « première sur le continent », non suivie d'effets

Ouédraogo, le chauffeur de François Compaoré, était mort torturé. Le frère du Président a été brièvement inculpé pour ce crime, avant que le tribunal n'abandonne les poursuites.


Après la mort de Zongo, des manifestations s'organisent au Burkina et dans des pays voisins. Blaise Compaoré est contraint de créer la CEI, « une première sur le continent », à laquelle participe notamment Robert Ménard, alors secrétaire général de Reporters sans frontières. Le 7 mai 1999, la commission rend ses conclusions au Premier ministre. Le blog « Norbert Zongo 10 ans » en en rappelle les suites, plutôt décevantes :

« Mise en place suite au mécontentement populaire, elle a conclu, après avoir auditionné plus de deux cents personnes, que “concernant les mobiles de ce quadruple meurtre (...), il faut les chercher du côté des enquêtes menées depuis des années par le journaliste, et notamment sur ses récentes investigations concernant la mort de David Ouédraogo, le chauffeur de François Compaoré, conseiller à la présidence” et frère du chef de l'Etat.

Le rapport donnait également les noms de six “sérieux suspects” dans cette affaire, tous membres du Régiment de la sécurité présidentielle. Seul l'un d'entre eux, Marcel Kafando, a été inculpé en 2001 “d'incendie volontaire” et “assassinat”. Egalement condamné en 2000 pour avoir “séquestré et torturé à mort” David Ouédraogo, le sergent Kafando a pourtant passé pendant toutes ces années, des jours tranquilles à son domicile de la capitale, percevant toujours sa solde de militaire. »

« Au bord de la chute » en 1998, le régime s'est « refait une santé »


Dans l'article qu'il consacre à « l'enterrement du dossier Norbert Zongo », l'hebdomadaire San Finna remarque que « si le régime ébranlé, au début, a été au bord de sa chute, il a pu depuis se refaire une santé, en raison certes de ses capacités de résistance propres mais aussi à cause des égoïsmes et du manque d'anticipation des acteurs politiques et de la société civile » :

« [C'est] la raison du plus fort. Il n'est que de citer les lenteurs excessives de procédure, la cascade des disparitions des suspects sérieux, les décisions de justice autoritaires de non-lieu. »

La rédaction de l'hebdomadaire salue les initiatives visant à faire pression sur le pouvoir burkinabé pour qu'il rouvre l'enquête, comme la pétition internationale, mais semble plutôt pessimiste :

« C'est bien qu'il y ait des actions multiformes mais ce n'est pas assez ; tant qu'il n'y aura pas de consensus, de dépassement de soi, on n'aura pas ce qu'on veut : la vérité et la justice. »

« La résolution du dossier implique la chute du régime »

Sur le blog Norbert Zongo 10 ans, un internaute, Zedy, regrette qu'on n'en connaisse pas plus sur la vie du journaliste :

« Il faut des dates pour montrer combien [son] parcours était labourieux, patient, persévérant et assez instructif pour les jeunes d'aujourd'hui ! Nous savons beaucoup plus de l'américain Obama que du burkinabé Norbert Zongo ! Ce n'est pas normal ! »

Pour un autre internaute, Tenkougri, qui commente l'article de L'Observateur Paalga, « ce dossier clair a été embrouillé a dessein car sa résolution implique la chute du régime et le départ de beaucoup de “puissants”. »

La France complice de l'enlisement du dossier ?

Le blog Basta, publié en France par « l'alliance zapatiste de libération sociale », relaie un appel signé par plusieurs organisations africaines et françaises. Pour elles, la France est complice de l'enlisement de l'affaire Zongo :

« Forts du soutien que vient de leur renouveler la France à l'occasion de leurs récents séjours en France, Blaise Compaoré et son Premier ministre sont repartis rassérénés et encore plus déterminés à poursuivre leur gestion liberticide du pouvoir au Burkina Faso. C'est pourquoi, nos organisations, déterminées à amplifier leurs actions de solidarité avec le peuple burkinabé, appellent leurs militants et l'opinion démocratique à manifester dans l'unité leur dénonciation du soutien multiforme qu'apportent Nicolas Sarkozy et le réseau françafricain au régime criminel de Blaise Compaoré [...] »

Ces organisations appelaient ce samedi à un rassemblement devant l'ambassade du Burkina Faso à Paris. Une vingtaine de personnes se sont déplacées.

Parmi les nombreux hommages rendus depuis dix ans à Norbert Zongo, on peut citer celui de la star ivoirienne du reggae Tiken Jah Fakoly, qui place Zongo parmi les « martyrs » du continent :


« Ils ont oublié Norbert Zongo », chante Fakoly en désignant les gouvernants africains. Au Burkina, ses confrères pensent encore à lui. Depuis janvier 1999, à Ouagadougou, une lampe à pétrole brûle sans cesse devant le centre national de presse Norbert-Zongo. « Jusqu'au jour où la lumière judiciaire sera faite » sur cette affaire, rappelle l'Observateur.

Tables rondes sur l'affaire Zongo et le Burkina Faso dimanche 14 décembre à 14 heures au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris XIe.

Photo : Procession vers la tombe de Norbert Zongo en avril 2007 (Filep), Norbert Zongo (DR)

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  • PIT LE CHIEN
    PIT LE CHIEN
    Oaooouh!
    • Posté à 21h44 le 13/12/2008
    • Internaute
      Oaooouh!

    Pour Norbert Zongo ! Pour le Burkina !

    ET A LA MEMOIRE DE THOMAS SANKARA ! ! !

    Libération de la femme, une exigence du futur (8 Mars 87)...
    Addis- Abeba 29 Juillet 87...

    Lisez ses discours, auxquels il a joint l'ACTION ...

    • Augustin Scalbert
      Augustin Scalbert répond à PIT LE CHIEN
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 15h55 le 14/12/2008
        rédacteur
      • Journaliste
        Journaliste

      Pouvez-vous mettre des liens vers ces discours ?

      • FabiendeMénilmontant
        FabiendeMénilmontant répond à Augustin Scalbert
        journaleux - blogueur
        • Posté à 17h25 le 14/12/2008
        • Internaute
          journaleux - blogueur

        Je ne sais pas faire les liens Augustin, mais je présume qu'il s'agit de ceci :
        Lien
        je n'avais pas repéré ce sujet. Il y a trop de choses planquées que l'on retrouve par hasard après coup ! si peu de commentaires en plus de 24 h ce n'est pas QUE un manque d'intérêt pour le continent africain…

      • PIT LE CHIEN
        PIT LE CHIEN répond à Augustin Scalbert
        Oaooouh!
        • Posté à 08h46 le 15/12/2008
        • Internaute
          Oaooouh!

        Désolé de ne pouvoir mettre les liens. J'ai ses discours dans un recueil. Ils sont certainement qq part sur le net avec des vidéos, notamment celui des Nations Unies.
        J'aurais du mal à les rechercher et les regarder car la tragédie de l » assassinat d'un homme aussi fulgurant (.. ! ) me bouleverse et me met toujours autant en rage.

  • Spiripotain
    Spiripotain
    promeneur écoutant
    • Posté à 21h50 le 13/12/2008
    • Internaute
      promeneur écoutant

    Et si on se rappelait un instant THOMAS SANKARA ? ? ? ? ? ? ?
    Assassiné. Avec la complicité de la France qui a préféré le régime actuel, dirigé par ses assassins, et persiste à le soutenir.
    Thomas, tu étais l'idéal et l'avenir de l'Afrique.

    • PIT LE CHIEN
      PIT LE CHIEN répond à Spiripotain
      Oaooouh!
      • Posté à 22h38 le 13/12/2008
      • Internaute
        Oaooouh!

      Oui ! Sankara EST exceptionnel ;
      C'est pourquoi, bien sûr, il a été assassiné par les Campaoré (s) appuyés par les barbouzes éternelles ...

      Quelle perte immense pour l'émancipation de l » Afrique !
      C'est pourquoi, bien sûr, il a été assassiné !

      Voyez le discours de Sankara du 4 Octobre 84 à la 39e session de l'Assemblée Générale des Nations Unies... !

      A quand un nouveau Sankara (en Afrique, et... en France ! ! ! ).. ? !

      • Yanick Toutain
        • Posté à 22h56 le 13/12/2008

        Vous avez raison.
        Une des principales actions pour la jeunesse dont les familles proches vivent encore en Afrique est de connaître ces héros, ces hommes debouts.
        Et les noms et les visages de leurs assassins, assassins que furent TOUS les ministres colonialistes qui occupèrent des postes gouvernementaux dans TOUS les gouvernements de la France depuis 1961 et la mort de Patrice Lumumba.
        Qu'ils connaissent ces noms et less jeunes émeutiers deviendront des révolutionnaires anticolonialistes conscients et constructifs.

  • Yanick Toutain
    • Posté à 22h52 le 13/12/2008

    Bravo
    J'avais pris connaissance de crime colonialiste par un article de libé puis par le livre Noir Silence de François Xavier Verschave
    J'ai écrit, en juillet 2006 une chanson sur Norbert Zongo : Terreur Compradore
    Je l'avais republiée sur mon blog
    Lien
    TERREUR COMPRADORE
    (Paroles et musique : Yanick Toutain 2006)
    A la mémoire de Norbert Zongo et pour ses proches

    HOMMAGE A NORBERT ZONGO
    Avec les extraits de Noir Silence de François Xavier Vershave (en cours de frappe)
    7
    Terreur compradore
    Malheur africain
    La loi des plus forts
    L'horreur des malins
    9
    Terreur compradore
    Les crimes des marionnettes
    Les fils venus du Nord
    Bougent les mains bougent les têtes
    11
    Destin des journalistes
    A la voix muselée
    Par les impérialistes
    Aux mains déguisées
    13
    Président au crâne vide
    Guignol pour la façade
    Il croit être lucide
    Pantin de mascarade
    15
    Terreur compradore
    Malheur africain
    La loi des plus forts
    L'horreur des malins
    17
    Terreur compradore
    Les crimes des marionnettes
    Les fils venus du Nord
    Bougent les mains bougent les têtes
    19
    A l'abri des fusils
    Et des avions français
    Ils détruisent des vies
    Ils effacent les faits
    21
    Ils tuent les témoignanges
    Modifient les mémoires
    Le Burkina en cage
    S'écroule sans espoir
    23
    solo
    27
    Terreur compradore
    Sous les Compaoré
    Ils jonglent avec les morts
    Endeuillent l'Humanité
    29
    Commerçant compradore
    Blaise Compaoré
    Vendu aux gens du Nord
    Où est la vérité
    31
    solo
    39
    Terreur compradore
    Sous les Compaoré
    Quand celui qui a tort
    Vit ses jours les derniers
    Le commerce compradore
    Au point de s'écrouler
    Les Bourses faiseuses de mort
    Seront bientôt fermées
    43 fin
    écrit terrasse 060721V1930
    sur l'affaire Zongo (après lecture Libé du jour)
    A la mémoire de Norbert Zongo et pour ses proches
    (arrangement écrit de 5h08 à 9h)

    )
    Libellés : Blaise Comparoré, Burkina Faso, Henri Segbo, Norbert Zongo, Thomas Sankara

    (Je viens de finir le montage de Hotel Ivoire et en ai une autre en préparation sur « Qui est l'ami ? »
    ... qui parle de Laurent Gbagbo qui vient de nous révéler qu'il était l'ami de ... Compaore ... l'assassin de Thomas Sankara/

    Encore merci de cette MISE EN LUMIERE ! !
    L'avenir se construit ainsi.

  • hycare
    • Posté à 00h24 le 14/12/2008

    Vraiment bien cet article !
    Et toujours là Tiken Jah Fakoli pour défendre la liberté d'opinion, et pas que cela !

    • Matebe
      Matebe répond à hycare
      l'Africain
      • Posté à 07h55 le 14/12/2008
      • Internaute
        l'Africain

      Norbert Zongo et Thomas Sankara représentaient trop de dangers pour tous les autres cliques au pouvoir en Afrique noire.
      Il fallait les tuer, pour avertir les autres potentiels Zongo et Sankara en herbe.
      Merci à rue89 de rappeler ce souvenir.
      Mais ce sera en pure perte ?

  • Alex Engwete
    • Posté à 18h07 le 14/12/2008

    Norbert Zongo est une victime de plus du serial killer qui est le de facto président à vie du Burkina Faso, le cannibale Blaise Compraoré, assassin de Thomas Sankara.

  • hamla19
    hamla19
    cadre
    • Posté à 20h04 le 14/12/2008
    • Internaute
      cadre

    et oui cela ne cessera pas pour le bonheur de nos belles démocraties donneuses de leçons et pour les dictatures car l'argent et le pouvoir n'ont pas d'odeur mais comment font-ils pour dormir ?

  • Bakima Baliele
    • Posté à 20h47 le 14/12/2008
    • Internaute

    L'affaire Norbert Zongo est devenue une honte de plus pour les chefs d'etats mal elus du continent africain. Des le debut tout etait fait pour ne pas que l'opinion publique du pays des hommes integres (Burkina Faso), dirige de main de fer depuis 20 ans par un homme pas du tout integre, Blaise Compaore, ne connaisse la verite sur la mort du journaliste Norbet Zongo. Qui d'autre pouvait se sentir inquieter par l'enquete de M. Zongo sur la mort du chauffeur de Francois Zongo, le frere du president burkinabe ? Les Compaore, en toute evidence. Malheureusement le Droit n'a pas ete dit en toute independance. Le non-lieu prononce par une justice au pas n'a fait qu'enfoncer le doute de l'opinion publique burkinabee et africaine. Je suis sur que lorsque les Compaore ne seront plus aux affaires, les langues se delieront. Triste pour un pays qui merite mieux. Et triste sort que celui d'un journaliste qui ne faisait que son metier. << Tu connaitras la verite et elle t'affranchira>>, dixit les saintes ecritures. Le peuple du Burkina s'affranchira lorsqu'il connaitra la verite sur l'affaire Norbert Zongo.
    BB, Washington, DC

  • jahman_72
    • Posté à 12h11 le 15/12/2008

    Comme me l'a un jour dit un ami burkinabé : « Thoams Sankara a planté dans le coeur de chaque burkinabé(e) la graine de l'espoir et de la fierté. L'espoir d'une société meilleure pour ses éléments les plus faibles et la fierté de l'homme simple qui ose lever les yeux et la voix devant son oppresseur... »
    Norbert Zongo a essayé d'arroser cette graine article après article, combat après combat afin qu'une plante vigouresue en naisse...La vérité sur son lâche assassinat n'est en fait qu'un secret de polichinelle, ce qui ne fait que grandir le sentiment de frustration par rapport à des dénis de justice comme le non-lieu prononcé dans l'affaire qui nous occupe ici. Blaise a été et est toujours un soldat serviable à ses maîtres et financiers. Il y aurait tellement à dire sur les turpitudes de cet ancien militaire, qui bien qu'apparaissant aujourd'hui dans des trois pièces impeccables, n'a jamais arrêté de réfléchir et d'agir en militaire de seconde zone.
    La plume étant plus forte que l'épée, viendra le jour où la vérité éclaboussera de toute sa triste saveur les meurtriers et oppresseurs, mais ce moment est encore loin, car comme l'a écrit un autre commentateur, Blasie et Roch viennent de recevoir absolution de leur feuille de route par le fait du prince Sarko et soyez-en sûr aucune mention n'y est faite de recherche de vérité dans cette triste affaire. Les chinois et les américains ont faim d'Afrique et de ses ressources et la où il n'y a pas de ressources naturelles à prendre il y a des bras armés « stabilisateurs de la région » que l'on doit contenter pour garder leur servitude intacte.

    Dans un pays ou la presse écrite bénéficie en comparaison à beaucoup d'autres pays africains d'une telle vitalité et d'une réelle diversité, le combat pour la vérité devra être mené là où il fait le plus de sens, là où Norbert Zongo a lui aussi planté une graine d'espoir et de savoir partagé, une graine que chacun de nous ferait bien d'arroser et de faire grandir pour qu'un jour les Blaise de cette terre ressentent la puissance de la plume et le double-tranchant de leur épées respectives.

    • yarga
      yarga répond à jahman_72
      Informaticien
      • Posté à 13h08 le 15/12/2008
      • Internaute
        Informaticien

      Merci Rue89 pour cet article.Je suis Franco-Burkinabè et j'ai vécu au Burkina jusqu'en 1998.J'ai donc vécu les assassinats de Sankara et de Zongo.Vous ne pouvez pas imaginer mon émotion et ma peine car ces 2 figures incarnaient tout simplement l'espoir pour l'Afrique.Mais comme le disait Norbert Zongo : « Le pire n'est pas la méchanceté des gens mauvais mais le silence des gens bien ».Gardons quand même espoir car « on tue un homme mais on ne tue pas ses idées ».

      • jahman_72
        jahman_72 répond à yarga
        • Posté à 14h36 le 15/12/2008

        Cher Yarga,
        cette phrase de Norbert Zongo que vous citez dans votre commentaire est effectivement très appropriée. On ne peut pas faire grand chose contre la méchanceté des gens mauvais, mais on peut certainement élever notre voix pour dénoncer leurs méfaits et contribuer ainsi à une culture de plus de transparence, une culture qui amènera de la lumière là où aujourd'hui la pénombre et le silence garantissent impunité et confort aux ennemis du peuple.
        Pour utiliser une métaphore je dirais que Thomas Sankara était le phare dont Norbert Zongo était le gardien. Blaise et sa clique ne l'ont que trop bien compris. Cependant il est aujourd'hui triste de voir comment les égoïsmes des uns et les ambitions des autres auront permis d'étouffer cette affaire ainsi que l'héritage de Sankara dans une plus large mesure. « Les gros continuent de bouffer et les maigres d'avoir faim ». Tellement il est vrai que la survie physique est une réalité bien plus pressante que la survie des idées pour beaucoup de gens au Burkina encore aujourd'hui (sans vouloir tomber dans des clichés trop prononcés). La vérité ne coupant pas la faim, ce sont les plus forts qui ont imposé aux plus faibles leur vérité toute crue, laissant sur le côté de la route deux porteurs de flambeau dont on aura pas pu tuer les idées...