Colère chez Renault et ses sous-traitants en Normandie
Le ton monte d’un cran chez les salariés des usines Renault de Normandie et leurs sous-traitants touchés par le chômage partiel. Lundi matin, quelque 250 personnes ont envahi l’hémicycle du conseil régional de Haute-Normandie, en plein vote du budget.
« Vous vous trompez de cible », leur a lancé Alain Le Vern, président socialiste du conseil régional, leur conseillant d’aller voir les députés de droite. C’est toute la région de Rouen qui est touchée de plein fouet par la crise de l’automobile : 13 000 personnes seraient concernées par le chômage technique en Haute-Normandie, selon le chiffrage de Force Ouvrière.
« On vous a élus, écoutez-nous », a exigé Philippe Lebret, délégué FO de l’usine Cléon, après avoir dû forcer le passage pour pénétrer dans l’hémicycle :
« Aujourd’hui, l’Etat reste l’actionnaire principal du Groupe Renault, c’est pourquoi, sa contribution au manque à gagner des salariés est un juste retour vis-à-vis des bénéfices qu’il retire du travail des salariés de Renault. »
Chiffres contradictoires sur les pertes de salaire
Cléon (moteurs), Grand-Couronne (plate-forme logistique), Sandouville (Laguna, VelSatis, Espace), Fonderie de Normandie... tous ces sites subissent le chômage partiel, et les pertes de salaires qui s’ensuivent. Philippe Lebret s’inquiète :
« On nous annonce qu’on va produire un utilitaire en 2012 à Sandouville, mais d’ici là ? »
Pour la CGT, à l’origine de cette action « coup de poing », « on est la variable d’ajustement, la crise sert d’alibi aux économies » :
« A Sandouville, les salariés perdent en moyenne 350 euros par mois et pendant ce temps là, les actionnaires vont encore recevoir plus d’un milliard d’euros de dividendes. »
Le chiffre des pertes de salaires est « largement exagéré » selon la direction de Renault, qui estime les pertes de revenus à « 70 euros en moyenne » pour les opérateurs de Sandouville « dont le salaire moyen est de 2230 euros bruts ».
Une grève « peut démarrer » selon la CGT
« Les salariés sont un petit peu énervés », résume avec euphémisme Gilles Cazin, secrétaire CGT de Cléon :
« On a les subventions en travers de la gorge : le conseil régional accorde des aides aux entreprises car elles menacent de délocaliser, même Sarkozy a dénoncé cela dans son discours sur la relance. »
Selon le chiffrage de la CGT, il faudrait mobiliser 84 millions d’euros pour compenser les pertes de salaires des ouvriers de la production touchés par le chômage partiel, or « plus d’un milliard d’euros de dividendes ont été versés aux actionnaires en 2008 et encore plus le seront en 2009 ». La direction de Renault confirme que 4,5 euros par action ont été promis aux actionnaires pour 2008, contre 3,8 euros l’année précédente, mais précise « que c’est le conseil d’administration, selon les résultats de l’entreprise, qui proposera, le 6 mai, à l’assemblée générale des actionnaires le montant du dividende ». Des résultats qui devraient être plus mauvais que prévu.
Paradoxalement, l’amertume des ouvriers ne débouche pas sur une mobilisation large. Gilles Cazin le regrette : « Les gens sont résignés, à cause de la crise, je sens que ce n’est pas mûr. » Le syndicaliste admet ne pas arriver à mobiliser, mais il veut y croire :
« Quand les gens sont au chômage partiel, ils sont chez eux, ils ne sont pas touchables... On essaie de les joindre par mail et téléphone, mais ça peut démarrer. »
► Voir la carte de la crise d’Eco89
► Corrigé le 9/12/2008 à 19h30 suite à une précision de la direction de Renault concernant les dividendes à venir.
Photo : 250 salariés Renault ont envahi l’hémicycle du conseil régional de Haute-Normandie le 8 décembre 2008 (DR).
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Ces salariés ont raison, c’est sûr.
Quant à moi je m’interroge sur la capacité des dirigeants de l’industrie automobile à ... diriger des entreprises.
Tout allait bien, à part les cours du pétrole, et on apprend qu’un simple retournement de conjecture (pour longtemps ok) menace de FAILLITE les géants américains GM et Chrysler : soyons clairs, ils avaient donc boursicoté à mort leurs dirigeants, c’est pourquoi ils se retrouvent sans perspective de rebond possible - en plus de ne pas avoir envisagé la fin de la civilisation de l’automobile, mais ça c’est encore autre chose. D’ailleurs même les économistes centristes enfoncent le clou Lien
J’enfonce une porte ouverte certes mais je ne l’entends pas si souvent dans les médias. Quand on apprend que le PDG de Renault pourrait passer à GM on se demande aussi quelle légitimité il peut avoir pour aider un tant soit peu ses personnels en France (et ailleurs).
Bref, nationaliser et reconvertir, vers une industrie des transports collectifs et écolo (autopartage, etc.) ça paraît la meilleure solution à moyen et long terme.




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