décryptage

Les droits de l'homme sont-ils universels ? Oui, mais…

Leur Déclaration aura soixante ans le 10 décembre. Mais que reste-t-il des valeurs qui ont fondé ces droits ?

Manifestation de personnes déplacées pour faire place à des projets économiques à Bombay le 23 juillet 2007 (Arko Datta/Reuters).

Accrochez-vous, la déferlante des droits de l'homme va vous tomber dessus. Dans un pays qui continue de se proclamer leur « patrie », le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, le 10 décembre, ne pouvait pas être manqué. Mais, au-delà des bons sentiments, ces droits sont-ils encore universels ?

Un peu d'histoire

Nous avons la chance d'avoir encore un grand témoin de l'élaboration et de l'adoption de la Déclaration universelle de 1948 en la personne de Stéphane Hessel, 92 ans, personnage aux dimensions mythiques, fils de père allemand et de mère française, dont la famille a inspiré l'histoire de « Jules et Jim » portée à l'écran par Truffaut ; résistant torturé par la Gestapo ; diplomate engagé dans la construction du monde multilatéral d'aprè-guerre ; aujourd'hui encore militant, notamment de la défense des sans-papiers (on se souvient qu'il fut le médiateur lors de l'occupation de l'église Saint-Bernard, en 1997).

Tout jeune diplomate, Stéphane Hessel a fait partie des pionniers de l'ONU et a été témoin de la négociation de la Déclaration, sous l'égide de fortes personnalités comme le Français René Cassin (1887-1976) ou Eleanor Roosevelt (1884-1962), la veuve du président américain.

Dans un livre récent d'entretiens avec le journaliste Jean-Michel Helvig (« Citoyen sans frontières », Fayard, 2008), Stéphane Hessel souligne que cette déclaration était d'abord celle des vainqueurs de la guerre, et qu'il y avait eu débat sur le mot « universel » :

« Ne valait-il pas mieux parler de Déclaration “internationale” plutôt qu'“universelle”, ce qui paraîtrait prétentieux ou en tout cas inexact ? Mais [les Français] Henri Laugier et Cassin pensaient que les “vaincus” reprendraient un jour leur place dans les Nations unies, et que la Déclaration leur serait donc applicable. »

Il fut souvent opposé à cette Déclaration qu'elle serait celle du monde occidental et blanc, à l'image des 56 Etats de la toute nouvelle ONU qui l'étaient en grande partie, même si les empires coloniaux étaient encore intacts. Hessel rappelle le débat avec les pays communistes conduits par l'URSS, qui mettaient l'accent sur les droits économiques et sociaux plutôt que sur les droits civils et politiques :

« On redoutait un vote négatif des pays communistes, mais aussi des arabes -notamment l'Arabie saoudite, représentée par un Jordanien très énergique- qui avaient du mal à accepter l'égalité des droits entre l'homme et la femme figurant dans la Déclaration. »

Résultat : le texte a été adopté par 48 Etats sur 56, l'Afrique du Sud (sous domination blanche à l'époque), l'Arabie saoudite, la Pologne, la Tchécoslovaquie, l'URSS et la Yougoslavie s'abstenant, tandis que le Honduras et le Yemen ne prenaient pas part au vote. Universalité relative, donc, mais pas non plus un club totalement fermé.

Une mise en œuvre à géométrie variable

La Déclaration universelle s'est rapidement heurtée à deux obstacles majeurs : la guerre froide naissant peu de temps après l'adoption de ce texte et grippant la machine multilatérale onusiennne ; et l'hypocrisie générale des Etats signataires, même si la sincérité de leurs auteurs n'est pas en doute.

La guerre froide, avec la division de l'Europe en deux blocs antagoniques, et la guerre de Corée qui éclata en 1950, limita la portée de la démarche engagée à l'ONU. Outre la Déclaration, il devait y avoir des pactes pour en préciser la mise en œuvre, et une Cour internationale pour les droits de l'homme afin que les Etats rendent des comptes sur leurs actions.

Il faudra attendre vingt ans pour obtenir la signature des deux pactes -celui sur les droits économiques et sociaux, et celui sur les droits civils et politiques- dont la portée reste aujourd'hui limitée ; et la Cour pour les droits de l'homme s'est transformée en simple Commission sans grand pouvoir. L'élan de l'immédiat après-guerre, porté par le « plus jamais ça » de ceux qui avaient vécu l'horreur et la barbarie, avait cédé la place aux enjeux de puissances.

Quant à l'hypocrisie, est-il vraiment besoin de la démontrer ? La France elle-même, vertueuse et volontiers donneuse de leçons, signait la Déclaration universelle, mais se refusait à décoloniser. Pour citer encore Stéphane Hessel :

« On a voulu ralentir [la décolonisation, ndlr] en affirmant que les droits de l'homme seraient mieux respectés par le canal de notre administration que par une décolonisation trop rapide. »

L'écrivain malgache Jean-Luc Raharimanana rappelait vendredi sur Rue89 le souvenir du massacre commis par l'armée française à Madagascar en 1947 : des dizaines de milliers de morts au moment même où les négociateurs français défendaient un bel idéalisme à New York. Et il ne s'agit évidemment pas d'un cas unique.

Il est heureux que ce soixantième anniversaire coïncide avec la fin de l'ère Bush, qui a été marquée par le viol répété non seulement des principes de la Déclaration universelle, mais des lois américaines elles-mêmes, avec les centres de détention extraterritoriux, la torture, les emprisonnements sans procès… Et, par dessus tout, la ruine de toute idée d'« ingérence humanitaire » avec l'envoi d'un corps expéditionnaire en Irak au nom de la démocratie, pour plonger ce pays dans un bain de sang sans précédent.

Et que dire des Etats qui n'étaient pas encore nés lors de la signature de la Déclaration « universelle », et qui se sont empressés d'en fouler aux pieds les principes dès lors qu'ils se sont libérés du joug colonial. Les dictatures du tiers-monde n'ont pas été plus vertueuses que leurs maîtres coloniaux, quelle qu'ait été leur couleur politique ou leur latitude.

Le bilan des soixante ans écoulés depuis la signature de la Déclaration universelle des droits de l'homme est assurément pénible : d'un côté, de formidables avancées avec l'émancipation du monde colonial, la construction d'un code international de règles et de normes, l'émergence d'une société civile sans précédent ; mais de l'autre, des violations massives, individuelles ou collectives, de ces mêmes droits, et même le retour du génocide malgré le « plus jamais ça » de 1945.

Peut-on croire encore en l'universalisme ?

On l'a vu, la principale contestation initiale de la Déclaration universelle des droits de l'homme est venue du monde communiste, au nom des droits économiques et sociaux. Ce clivage est aujourd'hui révolu (même si, par un retour de l'histoire, quand le Nouvel Observateur demande aux Français quels droits sont mal respectés en France, c'est le « droit au travail » qui arrive en tête), mais a été remplacé par une approche culturaliste.

Il y a eu les « valeurs asiatiques » chères à l'homme fort de Singapour, Lee Kwan Yew, qui cachait derrière un paternalisme confucéen un autoritarisme très classique. Là encore, l'argument a largement vécu. Même la Chine, un temps tentée par l'approche à la Lee Kwan Yew, accepte aujourd'hui le principe des droits de l'homme : elle a juste quelques difficultés à les mettre en œuvre…

Mais il y a aujourd'hui une lame de fond de contestation au sein du monde musulman, rejetant des valeurs discréditées, il est vrai, par la volonté américaine de les imposer par la force. Sans parler des positions extrêmes à la Ben Laden, il y a, y compris au sein du « mainstream » islamique, une contestation de l'universalisme occidental.

Au début de cette année, on ainsi vu l'entrée en vigueur d'une « Charte arabe des droits de l'homme », qui a fait polémique car elle est apparue comme tentative régionale de redéfinir ce qui avait été qualifié d'« universel.

Cette Charte, qui avait été soutenue avec quelques réserves par Louise Arbour, alors haut commissaire des Nations unies aux Droits de l'homme, semble une tentative de compromis entre les principes islamiques, ceux de la Charia, et ceux de la Déclaration universelle. Incorrigible optimiste, Stéphane Hessel trouve lui aussi que cette Charte arabe constitue “une avancée” :

“Certes, elle comporte des omissions sur les femmes, ou des déviations comme sur le sionisme. L'influence des idées existe, et l'idée d'universalité des droits de l'homme est fondamentale, mais les idées ne surmontent pas encore un certain nombre d'obstacles.

Cette Charte constitue cependant un progrès, parce qu'auparavant, les Arabes n'avaient pas réfléchi entre eux à ce que pourraient être les droits de l'homme. Le fait qu'il n'y ait pas aujourd'hui une seule organisation régionale -OUA, OEA, ASEAN- qui ne se soit posé la question des droits de l'homme est un progrès majeur.”

Le problème du monde actuel semble moins tenir à la nature même de ce texte, largement acceptable sous toutes les latitudes et qui, loin de dicter le système politique ou les institutions, est un catalogue de bon sens pour des individus qu'aucun relativisme culturel ou politique ne devrait permettre de soumettre à l'arbitraire du pouvoir de l'heure. Non, l'obstacle numéro un tient aux nouveaux équilibres mondiaux.

Ce ne sont pas tant les principes universels qui sont contestés, que l'organisation du monde tel qu'il a fonctionné jusqu'ici. La quasi mort clinique des Nations unies, le “suicide” de l'hyperpuissance américaine sous l'administration Bush, et l'émergence de nouvelles puissances aux égoïsmes exacerbés, comme la Russie et la Chine, affaiblissent tout le système multilatéral né après la guerre, et surtout les instruments relatifs aux droits de l'homme. L'idée généreuse d'“ingérence humanitaire”, par exemple, est morte par excès d'affection des néoconservateurs américains et leurs amis.

L'arrivée de Barack Obama marque symboliquement une nouvelle étape, et il appartiendra au nouveau président américain de redéfinir, avec les autres puissances de l'heure, les règles du jeu du nouveau monde. Mais il serait dangereux et régressif de ne pas s'appuyer, dans cette démarche, sur l'un des rares textes qui constituent une réelle avancée de l'humanité, cette Déclaration universelle des droits de l'homme, décriée, bafouée, mais toujours indispensable de par son article premier :

“Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits”.

On n'a pas trouvé mieux depuis.

Photo : Lors d'une manifestation de personnes déplacées pour faire place à des projets économiques à Bombay le 23 juillet 2007 (Arko Datta/Reuters).

197 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de agnès93

à Tigerbill Portrait de Tigerbill De agnès93

citoyenne | 21H35 | 08/12/2008 | Permalien

@Tigerbill | retraité en CDI en charente-maritime
Bonsoir,
Ce soir, vous semblez très en forme, pour défendre finalement quoi au juste ?

Portrait de Tigerbill

à agnès93 Portrait de agnès93 De Tigerbill

retraité en CDI en charente-maritim... | 23H35 | 08/12/2008 | Permalien

Pour simplement essayer de faire comprendre que cet article n'est en aucun cas une prise de position de l'auteur en faveur de la thèse de la non-universalité de la Déclaration des Droits de l'Homme, mais bien au contraire une invitation à y réfléchir compte tenu des tentatives récentes de lui dénier ce caractère en raison de particularismes religieux ( et autres ).

Penser le contraire, je suis désolé, mais c'est, je le maintiens, n'avoir RIEN compris à l'article, dont la conclusion ne laisse pourtant aucun doute quand à la position de l'auteur.

Et celà me désole d'autant plus venant de personnes partageant les mêmes idéaux que les miens.

Portrait de agnès93

à Tigerbill Portrait de Tigerbill De agnès93

citoyenne | 00H26 | 09/12/2008 | Permalien

@ Tigerbill | retraité en CDI en charente-maritime
Ce post me fait plaisir, car je vous sens sincère.
Si je n'ai rien compris à l'article, c'est peut-être aussi à cause de la manière dont il a été rédigé. Le choix de la photo me laisse encore perplexe.

Portrait de Tigerbill

à agnès93 Portrait de agnès93 De Tigerbill

retraité en CDI en charente-maritim... | 00H52 | 09/12/2008 | Permalien

Ce n'est pas à vous que j'ai reproché de n'avoir rien compris, mais à Zadig, qui partage aussi les mêmes idéaux humanistes, mais qui a pris l » article complètement à contre-sens, et c'est bien dommage.

Quand à la photo, Marie-Sophie Keller, de Rue89, vous a répondu en page 2 des commentaires, et cette réponse me semble parfaitement pertinente.

Allez, bonne nuit, et sans rancune.

Portrait de Keldan

De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 18H48 | 08/12/2008 | Permalien

Les Droits de l'Homme sont universels, et quiconque bafoue ces droits mérite de prendre une gauche !

Portrait de Philippe17000

De Philippe17000

France | 20H29 | 08/12/2008 | Permalien

« Le Droit d'être un humain » a été publié par l'UNESCO et fait remonter les Droits de l'Homme à l'Egypte ancienne (la protection des incapables), puis la Chine et la civilisation Musulmane.. La première revendication écrite date de 1215 (la Magna Carta), puis, le 13/02/1689, les anglais votent « the bill of rights » qui organise les rapports entre le Roi et son peuple, pour, entre autre, le domaine fiscal et les garanties judiciaires. C'est au XVIIIème qu'on commence à entendre parler des Droits Naturels qui s'imposent à l'Etat.
D'autres étapes marquent une avancée certaine des Droits de l'homme, comme par exemple en 1754, quand Louis XV ordonne de traiter les blessés ennemis comme les français. En 1864, c'est Dunant qui cré la Croix Rouge apres la bataille de Solférino (la vraie, pas celle de Martine et Ségolène)
Ces differentes sources des Droits de l'Homme ont justifié que le charte des N.U. soit porteuse d'obligations tenant au respect de la paix, de la dignité humaine et des Droits fondamentaux.
Divers textes « régionaux » sont ensuite venus démontrer, par leur existence même, que le côté « universelle » de la Déclaration était illusoire. je pense làà la Convention de Costa Rica, en Novembre 69 ou à la Conférence africaine des Droits de l'Homme en 1961.

Pour moi, oui, le terme « universel » est abusif, comme il l'était en 1789. d'autres pays, d'autres nations, d'autres peuples peuvent vivre avec d'autres valeurs que les « judeo-chretiens occidentaux » Cet abus de langage a permis de couvrir bon nombre d'atrocité (esclavage, colonisation,…..)

Portrait de compte supprimé 19

à Philippe17000 Portrait de Philippe17000 De compte supprimé 19

23H00 | 08/12/2008 | Permalien

L'islam ou le christianisme aussi ont vocation universelle. Là par contre l'universalisme ne vous dérange pas, ou moins ?

Portrait de Philippe17000

à compte supprimé 19 Portrait de compte supprimé 19 De Philippe17000

France | 07H04 | 09/12/2008 | Permalien

Je n'ai rien dit de tel
Je ne vois pas la rapport avec mon post.
 ? ? ? ? ? : -(

Portrait de Zadig974

à Philippe17000 Portrait de Philippe17000 De Zadig974

internaute | 14H59 | 09/12/2008 | Permalien

Bonjour,
Il y aurait tant à dire sur l'esclavage… On n'ose pas mettre en lumière le rôle des musulmans, installé en Afrique noire depuis des lustres avant l'arrivée des blancs pour des raisons qui sont exactement celles-ci : l'esclavage des noirs.
Les savoirs-faire des Musulmans en Afrique rencontra fort à propos ( un peu trop) les intérêts des négociants européens. Parfois avec l'appui des rois nègres qui décidaient de qui était digne de franchir la Porte du Non-Retour…
Mais là aussi, la vérité n'est pas celle que l'on entend à longueur d'ondes hertziennes…
Et puis, c'est après la promulgation de la Charte des Droits de l'Homme que fut aboli une première fois l'esclavage, avant que Napoléon le rétablisse en 1804…
Sans la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, cette première abolition eût-elle été possible ?
Zadig.

Portrait de didja

De didja

out of nowhere | 20H45 | 08/12/2008 | Permalien

J'ai trouvé c'est article plutôt bon,il offre un retour en arrière intéressant et permet de recadrer un peu le soi-disant pays des droits de l'homme dans le contexte « occido-mondial »

Portrait de Tigerbill

à didja Portrait de didja De Tigerbill

retraité en CDI en charente-maritim... | 21H12 | 08/12/2008 | Permalien

Ah… vous ne pouvez imaginer combien ça soulage de voir qu'il existe encore des gens qui savent lire.
Merci.

Portrait de didja

à Tigerbill Portrait de Tigerbill De didja

out of nowhere | 22H14 | 08/12/2008 | Permalien

Désolé si je ne sais pas écrire… Je voulais dire « j'ai trouvé CET article… ». Shame on me !

Portrait de bifteack

De bifteack

pierreux | 21H17 | 08/12/2008 | Permalien

Cela fait plus de 2000 ans que la déclaration des droits de l'homme existe « » ne fait pas à autrui ce que tu ne veut pas que l'on te face « » ensuite chaque époque l'argumente comme elle veut, quand ce principe as t'il étais appliquer comme principe d'une société.

Portrait de simon kwete

De simon kwete

informaticien | 21H26 | 08/12/2008 | Permalien

Qu'on la nomme Déclaration « Universelle » ou « Internationale » des Droits de l'Homme celà ne veut rien dire. Tout ce que nous connaissons c'est du business, les inventeurs de cette déclaration ou les vainqueurs des guerres mondiales continuent à allumer le feu là où leurs intérêts sont en danger dans le monde. Après ils viennent jouer aux popiers en dirigeant les canaux d'eau là où il n'y a pas d'incendies. Voilà les Droits de l'Homme.

Portrait de agnès93

De agnès93

citoyenne | 22H31 | 08/12/2008 | Permalien

Quand on passe en revue, les différents commentaires, on comprend très vite que personne n'y croit à la fameuse DU. Personne n'est dupe du mensonge et de l'hypocrisie qui gèrent notre beau monde !

Portrait de didja

à agnès93 Portrait de agnès93 De didja

out of nowhere | 22H56 | 08/12/2008 | Permalien

Comment croire en l'universalité quand on en est à essayer de définir une carte des aires de civilisations (c'est un peu la tendance dominante dans notre monde occidental, non ? ).

Les cultures, à l'échelle de la planète, sont tellement différentes que, en quelques sortes, proposer des affirmations universelles c'est empiéter sur certaines moeurs.
Si on prend pour objectif de ne raisonner qu'objectivement et d'un point de vue aculturel (donc NON purement occidental), on est sensé ne pas tenter d'hiérarchiser les cultures. On prend alors le parti de ne poser d'entraves à aucune façon de penser, de vivre, de croire. Mais si on veut être jusquauboutiste dans ce raisonnement, on doit alors accepter des actes qui nous semblent, à nous occidentaux, de notre point de vue « purement occidental », contraire aux droits humains naturels (autrement dit les fameux droits de l'homme). Un exemple simple (mais un exemple n'est pas une démonstration…) : l'excision. Cet acte, parfois mortel, peut nous sembler tout à fait cruel et inhumain. Mais alors si on veut poser des droits de l'homme universel, on tourne en rond car si on veut raisonner objectivement et en mettant de côté notre culture, on finit par hiérarchiser, classer les autres cultures… On finit par ne plus être objectif du tout… (je ne défends pas la pratique de l'excision)

Je ne propose pas de solution vous me direz, mais je pense que cela montre combien il est difficile de s'accorder sur la portée universelle de toute déclaration… Si on prend le point de vue des rédacteurs de la Charte arabe des droits de l'homme, c'est leur culture qui sert de base et il semble, pour eux, tout à fait légitime de présenter cette déclaration comme universelle. En droit, comment « notre » déclaration universelle peut-elle nous apparaitre plus légitime ?

Il y a donc forcément un peu de culture et de « purement occidental » dans toute tentative d'universalisation des droits par nous, occidentaux (mais ne sommes-nous pas déjà le centre du monde ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? )…

(dernière parenthèse à prendre aux n-ième degré bien sûr)

Portrait de Network 23

De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 00H06 | 09/12/2008 | Permalien

La Déclaration des droits de l'homme ne consiste ni à prôner l'homogénéisation de la planète sous l'égide d'un « modèle occidental » (lequel n'a rien d'homogène), ni à prôner le relativisme culturel et moral intégral.

Elle consiste tout simplement à affirmer un certain nombre de droits, en fonction d'un certain nombre de valeurs, dont nous pouvons tous nous mettre d'accord, en dépit de nos différentes conceptions politiques, philosophiques, religieuses, morales.

La démocratie, c'est apprendre à vivre avec des gens avec qui l'on n'est pas d'accord, sans pour autant tout tolérer. Les droits de l'homme, c'est exactement pareil.

Confondre l'universalité de ces droits avec l'homogénéisation occidentale est aussi bête qu'affirmer que le scepticisme moral mène au relativisme moral.

Mais bon, c'est déjà une objection que l'on faisait à Montaigne, célèbre pour avoir indiquer qu'on ne partageait pas la même conception de la justice de-ci de-là des Pyrénées, et tout autant célèbre pour avoir critiqué l'esclavage.

Portrait de didja

à Network 23 Portrait de Network 23 De didja

out of nowhere | 07H23 | 09/12/2008 | Permalien

Je pense qu'on est d'accord en fait.
Je voulais juste dire qu'il est un peu arbitraire de poser comme « universelle » une déclaration qui pourtant n'est ni acceptée à l'unanimité, ni a été rédigée avec tous les peuples.
Bien sûr je ne prône pas le relativisme moral systématique, je voulais juste montrer et « assumer » en quelques sortes la dose de « purement occidental » dans la Déclaration. La dénigrer, c'est pour moi tourner en rond dans un raisonnement de type cercle vicieux, mais il faut donc reconnaitre qu'elle a été rédigée par nous donc « à notre image ». Finalement, comme à beaucoup d'autres, le terme « d'universel » me parait un peu orgueilleux…

Portrait de nessie

à Network 23 Portrait de Network 23 De nessie

15H24 | 09/12/2008 | Permalien

Entièrement d'accord. Le discours qui consiste à dire que les droits de l'homme sont en réalité des droits occidentaux, pour les riches, est bien utile pour éviter de les appliquer aux autres. IL y a là autant de manipulation et de calcul politique qu'il y en a eu lors de l'adoption de la DUDH. ET en plus, ça nous donne bonne conscience, à nous, les occidentaux : pourquoi se mobiliser pour que les droits de l'homme soient aplliqués partout, puisque les autres n'en veulent pas ? On peut continuer à se regarder le nombril et à consommer, consommer, consommer…

Il y a des valeurs essentielles sur lesquelles il n'est pas possible de transiger, sous prétexte de relativisme culturel : liberté individuelle, égalité hommes/ femmes, protection sociale. Le fait que les pays occidentaux aient utilisé ces droits universels à leur profit ou les aient bafoués à tour de bras n'enlèvent rien à leur valeur. Il ne s'agit pas de jeter le bébé avec l'eau du bain.

Et le plus triste, c'est que finalement, ce discours permet aux pays occidentaux eux-même de commencer à rogner, chez eux, sur ces principes, pour mettre en place des sociétés sécuritaires et inégalitaires. Après tout, puisqu'on vous dit que ces principes ne sont pas universels, et qu'ils sont donc relatifs…

Portrait de agnès93

à didja Portrait de didja De agnès93

citoyenne | 00H08 | 09/12/2008 | Permalien

@didja | out of nowhere
Bien sûr que je la prends aux n-ième degré(la dernière parenthèse). Je partage votre point de vue sur certaines cultures, mais il ne s'agit pas de cela. Oui, la DU est magnifique par la noblesse de ses valeurs, seulement voila : elle n'est là que comme une aura de prestige d'un monde qui a failli sur tout, et qui refuse de sortir de son aveuglement.

Portrait de Jean-Luc LUMEN

De Jean-Luc LUMEN

en invalidité | 02H13 | 09/12/2008 | Permalien

De suite après leurs naissances les Droits de l'Homme ont été placés sous surveillance dans un orphelinat pour enfants difficiles et instables, puis placés dans un asile ou ils vieillissent bien gardés à l'abri des regards et des opinions subversives du commun des mortels.
De temps à autre ils sont mis en lumière sur un balcon inaccessible au commun des mortels par les mécréants qui se servent d'eux, tout comme les politicards mécréants se servaient de la renommée de l'Abbé PIERRE.

En France les droits de l'homme et de la femme sont internés sous hospitalisation d'office pour troubles à l'ordre publique, en un lieu secret sous le coup d'un arrêté préfectoral basé sur l'article L3213-2 du code de la santé publique (ancienne loi du 30 juin 1838)
.L3213-2 : En cas de danger imminent pour la sûreté des personnes, attesté par un avis médical OU,à DÉFAUT,par la NOTORIÉTÉ PUBLIQUE, le maire et, à Paris, les commissaires de police arrêtent, à l'égard des personnes dont le comportement révèle des troubles mentaux manifestes.
En résumé, il suffit que le maire, ou le préfet décide que vous le gênez et hop en HO.

Cette loi que sarkozy veut absolument modifier, rien que pour donner aux seuls préfets le droits de décider selon leur bons plaisirs (et celui de leurs maître) de l'internement et de la libération de l'interné (e), tout comme Louis XIV le roi soleil, avec ses lettres de cachets
Car il ne s'agit pas d'internements, pour raisons médicales, mais bien pour des raisons de vengeances privées, politiques, d'argent ou tout bonnement d'éliminer un mari ou une femme gênante. Et tout cela sans le moindre jugement et pouvant aller jusqu'à la perpétuité. En ce moment il y a toujours encore le juges des libertés, mais plus pour longtemps selon sarko

Oui les droits de l'homme ont encore beaucoup d'années devant eux, choyés par le personnel de santé du lieu de leurs hospitalisations d'office.

Portrait de Exilée

De Exilée

02H53 | 09/12/2008 | Permalien

Heureusement que Strasbourg n'est pas vraiment en France mais en Alsace ! ! ! Le siege des Droits de l'Homme n'a pas besoin de delocaliser pour faute grave !

La France, en 2007, a perdu son titre de pays des Droits de l'Homme. Une ironie quand on songe que c'est le pays qui est a l'origine de ces Droits.
Nous revoila aux portes de 1936…. sauf que les evenements ne se passent pas en Allemagne.

Pourtant les Francais avaient dit : « Plus jamais ca »…
C'est vrai, ce sont les Francais qui ont dit ca…. Et qui bafouent la parole des Francais ? ? ? ? quelqu'un qui s'en moque puisque sans attaches avec ceux qui se sont battus pour la Liberte. Au contraire des Nord-Africains et de nombres d'Africains qui se sont battus pour cette Liberte et qui sont maintenant traites comme des dechets. J'ai honte….

Portrait de Ouko

à Exilée Portrait de Exilée De Ouko

Citoyen réinformateur ..... | 12H32 | 09/12/2008 | Permalien

@ exilée….

bizarre votre pseudo…

Stasbourg .. pasla France ..vous dîtes ? ? ? ! ! ! !

Vous fumez ? ? ! ! ! , à cette heure vous devriez être au lit ……

Nos arrières grand pères ont combattu les germains pour les bouter hors de France avec bravoure et on entend encore ce genre de propos d'une hystérique qui devrait être au lit depuis longtemps …

Vraiment c'est pénible de lire des choses pareilles, comme si on n'était pas assez agacé par les gauchistes, islamistes, escrologistes …. …..

sur ce…
Ouko citoyen recadreur ….

Portrait de compte supprimé 19

à Ouko Portrait de Ouko De compte supprimé 19

15H15 | 09/12/2008 | Permalien

qu'elle ait tort ou raison, ce n'est pas une manifestation d'hystérie, et vous n'avez pas à décider de l'heure à laquelle les internautes doivent aller se coucher.

Portrait de benchimoul

à compte supprimé 19 Portrait de compte supprimé 19 De benchimoul

king size | 18H56 | 09/12/2008 | Permalien

..tu te couches à quelle heure toi ma poupoule ? ..

Portrait de dinlay

à Ouko Portrait de Ouko De dinlay

(Mai 68 pas mort) | 11H07 | 11/12/2008 | Permalien

@ ouko célibataire

Il faut voyager et s'entendre dire par les alsaciens pur jus : « Vous les français…. »

Portrait de riverain désinscrit à sa demande 28.01

De riverain désinscrit à sa demande 28.01

abcdef | 10H28 | 09/12/2008 | Permalien

Rue89 m'a censuré un texte sur Santos Mirasierra.
Et en plus ils me prennent pour un imbécile.
Ils disent que c'est un problème technique et eux peuvent lire le texte. C'est n'importe quoi ! Halte à la censure. Ce sont des pratiques inadmissibles

Portrait de Corinne Antoine

à riverain désinscrit à sa demande 28.01 Portrait de riverain désinscrit à sa demande 28.01 De Corinne Antoine

Rue89 | 15H24 | 09/12/2008 | Permalien

Cher Schettino,
Votre texte n'a jamais été censuré.
Il s'agissait d'un vrai problème technique.
D'ailleurs vous pouvez de nouveau le lire non ?

Portrait de warf

De warf

Handicapé | 12H48 | 09/12/2008 | Permalien

J'aimerai revenir sue le bulletin que j'ai posté hier et qui semble avoir surpris certain lecteurs sur la recherche des gênes criminels chez les enfants de 3 ans. Le terme « dépistage » employé dans l'émission RIPOSTE de Dimanche dernier est bien le terme juste. Pronnoncé par J.F COPPE ( sans doute, futur présidentiable…au secours…) à la 61 ième minute de l'émission.
Maintenant, dites moi ce que vous évoque le terme « Dépistage » comme celà en l'entendant ?
…Actuellement il y à une grande campagne de dépistage du cancer du colon, on dépiste toutes sortes de maladie….et c'est dans nos gênes que l'on va chercher la criminalité, l'homosexualité, l'obésité morbide, etc…
Que le mot « dépistage » soit retiré et je vous fiche mon billet d'humeur à la poubelle…

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