Leur Déclaration aura soixante ans le 10 décembre. Mais que reste-t-il des valeurs qui ont fondé ces droits ?

Accrochez-vous, la déferlante des droits de l'homme va vous tomber dessus. Dans un pays qui continue de se proclamer leur « patrie », le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, le 10 décembre, ne pouvait pas être manqué. Mais, au-delà des bons sentiments, ces droits sont-ils encore universels ?
Nous avons la chance d'avoir encore un grand témoin de l'élaboration et de l'adoption de la Déclaration universelle de 1948 en la personne de Stéphane Hessel, 92 ans, personnage aux dimensions mythiques, fils de père allemand et de mère française, dont la famille a inspiré l'histoire de « Jules et Jim » portée à l'écran par Truffaut ; résistant torturé par la Gestapo ; diplomate engagé dans la construction du monde multilatéral d'aprè-guerre ; aujourd'hui encore militant, notamment de la défense des sans-papiers (on se souvient qu'il fut le médiateur lors de l'occupation de l'église Saint-Bernard, en 1997).
Tout jeune diplomate, Stéphane Hessel a fait partie des pionniers de l'ONU et a été témoin de la négociation de la Déclaration, sous l'égide de fortes personnalités comme le Français René Cassin (1887-1976) ou Eleanor Roosevelt (1884-1962), la veuve du président américain.
Dans un livre récent d'entretiens avec le journaliste Jean-Michel Helvig (« Citoyen sans frontières », Fayard, 2008), Stéphane Hessel souligne que cette déclaration était d'abord celle des vainqueurs de la guerre, et qu'il y avait eu débat sur le mot « universel » :
« Ne valait-il pas mieux parler de Déclaration “internationale” plutôt qu'“universelle”, ce qui paraîtrait prétentieux ou en tout cas inexact ? Mais [les Français] Henri Laugier et Cassin pensaient que les “vaincus” reprendraient un jour leur place dans les Nations unies, et que la Déclaration leur serait donc applicable. »
Il fut souvent opposé à cette Déclaration qu'elle serait celle du monde occidental et blanc, à l'image des 56 Etats de la toute nouvelle ONU qui l'étaient en grande partie, même si les empires coloniaux étaient encore intacts. Hessel rappelle le débat avec les pays communistes conduits par l'URSS, qui mettaient l'accent sur les droits économiques et sociaux plutôt que sur les droits civils et politiques :
« On redoutait un vote négatif des pays communistes, mais aussi des arabes -notamment l'Arabie saoudite, représentée par un Jordanien très énergique- qui avaient du mal à accepter l'égalité des droits entre l'homme et la femme figurant dans la Déclaration. »
Résultat : le texte a été adopté par 48 Etats sur 56, l'Afrique du Sud (sous domination blanche à l'époque), l'Arabie saoudite, la Pologne, la Tchécoslovaquie, l'URSS et la Yougoslavie s'abstenant, tandis que le Honduras et le Yemen ne prenaient pas part au vote. Universalité relative, donc, mais pas non plus un club totalement fermé.
La Déclaration universelle s'est rapidement heurtée à deux obstacles majeurs : la guerre froide naissant peu de temps après l'adoption de ce texte et grippant la machine multilatérale onusiennne ; et l'hypocrisie générale des Etats signataires, même si la sincérité de leurs auteurs n'est pas en doute.
La guerre froide, avec la division de l'Europe en deux blocs antagoniques, et la guerre de Corée qui éclata en 1950, limita la portée de la démarche engagée à l'ONU. Outre la Déclaration, il devait y avoir des pactes pour en préciser la mise en œuvre, et une Cour internationale pour les droits de l'homme afin que les Etats rendent des comptes sur leurs actions.
Il faudra attendre vingt ans pour obtenir la signature des deux pactes -celui sur les droits économiques et sociaux, et celui sur les droits civils et politiques- dont la portée reste aujourd'hui limitée ; et la Cour pour les droits de l'homme s'est transformée en simple Commission sans grand pouvoir. L'élan de l'immédiat après-guerre, porté par le « plus jamais ça » de ceux qui avaient vécu l'horreur et la barbarie, avait cédé la place aux enjeux de puissances.
Quant à l'hypocrisie, est-il vraiment besoin de la démontrer ? La France elle-même, vertueuse et volontiers donneuse de leçons, signait la Déclaration universelle, mais se refusait à décoloniser. Pour citer encore Stéphane Hessel :
« On a voulu ralentir [la décolonisation, ndlr] en affirmant que les droits de l'homme seraient mieux respectés par le canal de notre administration que par une décolonisation trop rapide. »
L'écrivain malgache Jean-Luc Raharimanana rappelait vendredi sur Rue89 le souvenir du massacre commis par l'armée française à Madagascar en 1947 : des dizaines de milliers de morts au moment même où les négociateurs français défendaient un bel idéalisme à New York. Et il ne s'agit évidemment pas d'un cas unique.
Il est heureux que ce soixantième anniversaire coïncide avec la fin de l'ère Bush, qui a été marquée par le viol répété non seulement des principes de la Déclaration universelle, mais des lois américaines elles-mêmes, avec les centres de détention extraterritoriux, la torture, les emprisonnements sans procès… Et, par dessus tout, la ruine de toute idée d'« ingérence humanitaire » avec l'envoi d'un corps expéditionnaire en Irak au nom de la démocratie, pour plonger ce pays dans un bain de sang sans précédent.
Et que dire des Etats qui n'étaient pas encore nés lors de la signature de la Déclaration « universelle », et qui se sont empressés d'en fouler aux pieds les principes dès lors qu'ils se sont libérés du joug colonial. Les dictatures du tiers-monde n'ont pas été plus vertueuses que leurs maîtres coloniaux, quelle qu'ait été leur couleur politique ou leur latitude.
Le bilan des soixante ans écoulés depuis la signature de la Déclaration universelle des droits de l'homme est assurément pénible : d'un côté, de formidables avancées avec l'émancipation du monde colonial, la construction d'un code international de règles et de normes, l'émergence d'une société civile sans précédent ; mais de l'autre, des violations massives, individuelles ou collectives, de ces mêmes droits, et même le retour du génocide malgré le « plus jamais ça » de 1945.
On l'a vu, la principale contestation initiale de la Déclaration universelle des droits de l'homme est venue du monde communiste, au nom des droits économiques et sociaux. Ce clivage est aujourd'hui révolu (même si, par un retour de l'histoire, quand le Nouvel Observateur demande aux Français quels droits sont mal respectés en France, c'est le « droit au travail » qui arrive en tête), mais a été remplacé par une approche culturaliste.
Il y a eu les « valeurs asiatiques » chères à l'homme fort de Singapour, Lee Kwan Yew, qui cachait derrière un paternalisme confucéen un autoritarisme très classique. Là encore, l'argument a largement vécu. Même la Chine, un temps tentée par l'approche à la Lee Kwan Yew, accepte aujourd'hui le principe des droits de l'homme : elle a juste quelques difficultés à les mettre en œuvre…
Mais il y a aujourd'hui une lame de fond de contestation au sein du monde musulman, rejetant des valeurs discréditées, il est vrai, par la volonté américaine de les imposer par la force. Sans parler des positions extrêmes à la Ben Laden, il y a, y compris au sein du « mainstream » islamique, une contestation de l'universalisme occidental.
Au début de cette année, on ainsi vu l'entrée en vigueur d'une « Charte arabe des droits de l'homme », qui a fait polémique car elle est apparue comme tentative régionale de redéfinir ce qui avait été qualifié d'« universel.
Cette Charte, qui avait été soutenue avec quelques réserves par Louise Arbour, alors haut commissaire des Nations unies aux Droits de l'homme, semble une tentative de compromis entre les principes islamiques, ceux de la Charia, et ceux de la Déclaration universelle. Incorrigible optimiste, Stéphane Hessel trouve lui aussi que cette Charte arabe constitue “une avancée” :
“Certes, elle comporte des omissions sur les femmes, ou des déviations comme sur le sionisme. L'influence des idées existe, et l'idée d'universalité des droits de l'homme est fondamentale, mais les idées ne surmontent pas encore un certain nombre d'obstacles.
Cette Charte constitue cependant un progrès, parce qu'auparavant, les Arabes n'avaient pas réfléchi entre eux à ce que pourraient être les droits de l'homme. Le fait qu'il n'y ait pas aujourd'hui une seule organisation régionale -OUA, OEA, ASEAN- qui ne se soit posé la question des droits de l'homme est un progrès majeur.”
Le problème du monde actuel semble moins tenir à la nature même de ce texte, largement acceptable sous toutes les latitudes et qui, loin de dicter le système politique ou les institutions, est un catalogue de bon sens pour des individus qu'aucun relativisme culturel ou politique ne devrait permettre de soumettre à l'arbitraire du pouvoir de l'heure. Non, l'obstacle numéro un tient aux nouveaux équilibres mondiaux.
Ce ne sont pas tant les principes universels qui sont contestés, que l'organisation du monde tel qu'il a fonctionné jusqu'ici. La quasi mort clinique des Nations unies, le “suicide” de l'hyperpuissance américaine sous l'administration Bush, et l'émergence de nouvelles puissances aux égoïsmes exacerbés, comme la Russie et la Chine, affaiblissent tout le système multilatéral né après la guerre, et surtout les instruments relatifs aux droits de l'homme. L'idée généreuse d'“ingérence humanitaire”, par exemple, est morte par excès d'affection des néoconservateurs américains et leurs amis.
L'arrivée de Barack Obama marque symboliquement une nouvelle étape, et il appartiendra au nouveau président américain de redéfinir, avec les autres puissances de l'heure, les règles du jeu du nouveau monde. Mais il serait dangereux et régressif de ne pas s'appuyer, dans cette démarche, sur l'un des rares textes qui constituent une réelle avancée de l'humanité, cette Déclaration universelle des droits de l'homme, décriée, bafouée, mais toujours indispensable de par son article premier :
“Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits”.
On n'a pas trouvé mieux depuis.
Photo : Lors d'une manifestation de personnes déplacées pour faire place à des projets économiques à Bombay le 23 juillet 2007 (Arko Datta/Reuters).





















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De mamane
Ingénieur | 12H02 | 08/12/2008 |
Mais y a aussi la police française qui ne respectent pas les droits de l'homme. Les centres de rétentions. La constante remise en cause du regroupement familiale.etc…
Quand aux libertés individuelles… elles sont mises à rudes épreuve avec les fichages à tout va. Par exemple, le fichage génétique pour vol de croissant est autorisé par la loi (c'est une loi Sarkozy).
Il faut aussi rappeler qu'il faut mieux faire de la politique et/ou être nanti que pauvre et/ou basané quand on fait face à la Justice.
à mamane
De Ouko
Citoyen réinformateur ..... | 19H17 | 08/12/2008 |
@ mamane …
le centre de rétention sert à garder avant jugement des gens venus sur le territoire sans autorisation…..
Venez chez moi sans autorisation .. je vous expliquerez les droits de l'homme ….
quant au vol de croissant , en Arabie saoudite ils coupent la main ….
sur ce ..
mort de rire …
à Ouko
De Gandijyn
23H59 | 08/12/2008 |
La « Mort » … seul état où tous les humains sont égaux : )))
Pour le reste, un peu de fric, un peu de protectorat éducatif (social bourgeois, politico-machin-chose, industriel, …), personne ne peut prétendre être écarté d'un dispositif de plus en plus répressif avec des lois élastiques modifiées au gré du vent, selon l'ambiance du moment, la tête des porteurs de couronne, et des clowns-en-robe achetés…
Il est vrai que les « Droits-de-l'Homme » ne sont pas appliquées équitablement sur la planète… tant que la (soit-disant) justice nationale prévaudra ! …
Et puis : Déclaration des Droits de l'Homme ne veut pas dire Application… tout ça est l'art de la diplomatie internationale (conseillée par d'ecellents juristes internationaux) pour être excusée de ne pas mettre en application et de s'autoriser quelques bévues, écarts de conduite, …
La seule vraie démcratie (équité entre hommes-femmes à 100%) est appliquée dans une communauté chinoise (dont je ne me rappelle pas le nom)… partout autrement, il s'agit d'utopie à visée de conditionnement collectif.
à Ouko
De mamane
Ingénieur | 03H49 | 09/12/2008 |
Ha ha ha !
Alors comme ca en Arabie Saoudite, on coupe des mains ! ? Et vous bien sûr, vous trouvez ça déguelasse et injuste. Sur ce point je suis d'accord. Là où je ne le suis pas, c'est quand vous nous expliquez que « Puis qu'en Arabie Saoudite, ils font des trucs déguelasse. Eh Ben nous aussi alors ! »
Les personnes, comme vous, qui font la course vers le pire ont, et c'est mon opinion, des « idées à la con » [excusez la relative grossièreté mais d'après le dico c'est le terme approprié]
Quand aux personnes à qui l'état refuse des papiers qu'il demande, plus connu sous le nom de sans-papier. Sachez qu'un bon nombre d'entre eux arrivent en France avec des papiers, mais que l'état refuse le renouvellement des papiers.
D'autre part, enfermé des hommes femmes et enfants, sans jugement, avec un droit réduit à défense, dans des conditions qui font s'arracher les cheveux aux défenseurs des droits de l'Homme, capturés lors de rafles et autres chasses à l'homme.
Comment peut-on défendre cela et se regardez dans la glace chaque matin ? S'il y avait une once de Justice, vous devriez vivre ce que vous vous réjouissez que les sans-papiers vivent.
à mamane
De Ouko
Citoyen réinformateur ..... | 12H17 | 09/12/2008 |
@ mamane ..
hi mamane , on ne dort pas la nuit ? ? ? ! ! ! !
L'Etat français commande chez lui, et s'il refuse de redonner des papiers , libre à lui …
je ne vois pas en quoi cela est injuste…
la France n'est pasle monde , il y a de la place ailleurs ……
Vous savez la justice … c'est avant tout d'être maître chez soi …
Mon pays n'estpas le secours populaire …
D'ailleurs il est fauché ces temps ci …
les sans papiers n'ont qu'aller demander l'aumône dans les monarchies du golfe … ce sont de bons croyants et ils ont des sous eux …….
what « else ? ? ? ! ! ! ! !
mdr
De skalpa
actif et militant ? | 12H01 | 08/12/2008 |
Cela dépend aussi de l'endroit où l'on se trouve…

De toutes façons, nous sommes égaux…. en droit !
http://kprodukt.blogspot.com
à skalpa
De Kamikanaze
Bombe virtuelle | 12H20 | 08/12/2008 |
mais il y en a qui sont plus « zégaux » que d'autres, dit-on, Mr Skalpa !
à skalpa
De Les Grands Champs
Retraité, le doigt là où ça fait m... | 14H10 | 08/12/2008 |
Un peu de démagogie pour rire un peu.
C'est NAISSE, pas VIVE … grosse différence.
En plus, c'est de l'homme, et là cela limite.
Le jour ou nous vivrons tous H & F libre & égaux en droits, n'est pas prêt d'arriver, je ne le verrai pas & vous non plus.
Mais c'est si bon de rêver !
Et cela fait vivre, parait-il. (l'espoir)
à Les Grands Champs
De Kamikanaze
Bombe virtuelle | 15H10 | 08/12/2008 |
Tant qu'il y a une étincelle, il y a espérance de brasier… C'est ce qu'espèrent aussi les pyromanes -souvent pompiers de métier- !
à Les Grands Champs
De pablico
18H28 | 08/12/2008 |
les droits de l'homme sont des valeurs toutes relatives.
cela dépend de votre histoire et culture.
si vous avez toujours vécu dans le respect, une certaine liberté, une certaine philosophie, c'est une chose.
Mais si vous avez vécu dans un environnement ou il n'y a pas cela, c'est autre chose.
cela nous amène au mythe de la grotte, l'allégorie de la caverne de PLATON.
Elle met en scène des hommes enchaînés et immobilisés dans une demeure souterraine qui tournent le dos à l'entrée et ne voient que leurs ombres et celles projetées d'objets au loin derrière eux. Elle expose en termes imagés la pénible accession des hommes à la connaissance de la réalité, ainsi que la non moins difficile transmission de cette connaissance.
comment expliquer cela à quelqu'un qui ne l'imagine même pas, puisqu'il ne l'a pas vécu….Comment lui faire vivre ses valeurs , puisqu'il ne les imagine même pas…
c'est pour cela que beaucoup profitent de cet état de fait.. dommage…
à skalpa
De nada
16H57 | 08/12/2008 |
Dans qu'elle étagère ?
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 12H02 | 08/12/2008 |
De sinclair
12H05 | 08/12/2008 |
Universels certainement pas versatile oui éminemment. En France il en reste Rama Yade : )))
De tyglouk
conseillere immobilier | 12H05 | 08/12/2008 |
» tous les êtres humains naissent libres et égaux en droit » mais bon c'est juste à la naissance, après çà se gâte !
à tyglouk
De sûrderien
paresseux | 12H35 | 08/12/2008 |
Jules Renard ( je crois)
« Tous les hommes naissent libres et égaux “
Le lendemain , ils ne le sont déjà plus ! ‘
à sûrderien
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 13H27 | 08/12/2008 |
» Tous les hommes naissent libres et égaux. Après ça ils se mettent à boire. »
Cavanna
à Lemmy_Nothor
De Les Grands Champs
Retraité, le doigt là où ça fait m... | 14H13 | 08/12/2008 |
En plus certains fume … des produits illicites !
Allez une taffe ?
NON ? Un verre alors ? (vert … de terre // dit le merle)
à Lemmy_Nothor
De Kamikanaze
Bombe virtuelle | 15H13 | 08/12/2008 |
Excellent ! Nous allons tous finir dans un tonneau !
C'est à boire, à boire, à boire,
C'est à boire qu'il nous faut !
Eau, eau, eau, eau…
De l'eau oui,mais de l'eau de vie !
De TARPON
12H10 | 08/12/2008 |
Droits de l'homme ? On devrait Ferier un jour de printemps pour les Fêter,de preférence le premier Avril.
Car qui dit Droits de l'homme ,dit Justice.Vous connaissez un procureur qui n'accorde pas ses egards au riche et puissant ? Vous connaissez un juge qui fasse differemment ?
Les droits de l'homme sont accrochés dans mes toilettes ,petit format et je les utilise chaque jour à faire ce que tous ceux qui nous dirigent en font.
De Cousin_machin
Etre à peu près humain | 12H25 | 08/12/2008 |
» « Ne valait-il pas mieux parler de Déclaration “internationale” plutôt qu'“universelle”, ce qui paraîtrait prétentieux ou en tout cas inexact ? “
Universel au sens des pays occidentaux et en étant encore plus réducteur au sens des vainquers de la seconde guerre mondiale comme vous le soulignez. L'universalisme est l'apanage des pays ‘civilisés’ sur ceux qui le sont moins. C'est une forme de colonialisme soft et intellectuel que de dire ‘mes valeurs sont universelles, adoptez-les’. La Chine prétend à l'universalime, le monde arabe et l'Afrique de même. Qui a raison ?
la Charte arabe des droits de l'homme est une vaste farce parceque sous couvert d'universalisme elle ne concerne en réalité que la nation arabe. On peut aussi la lire pour voir comment est ‘apprécié’ le sionisme.
‘Le problème du monde actuel semble moins tenir à la nature même de ce texte, largement acceptable sous toutes les latitudes et qui, loin de dicter le système politique ou les institutions, est un catalogue de bon sens pour des individus qu'aucun relativisme culturel ou politique ne devrait permettre de soumettre à l'arbitraire du pouvoir de l'heure.’
La question n'est pas si évidente, en fait il suffirait de demander à des citoyens de différents pays du monde de dresser un top5 des droits auxquels ils tiennent. Pour certains de droit à l'alimentation ou à la vie est plus important que la liberté d'expression.
En réalité nous nous soucions de ‘droits de riches’, de personnes qui ne sont pas réellement dans le besoin et les autres pays n'ont absolument pas les mêmes préoccupations que nous en matière de droits de l'Homme.
Je suis persuadé qu'il existe cependant un socle commun de droits de l'homme, non pas ceux que l'ont qualifie de droits de première génération mais un socle plus restreint et pouvant être accepté par tous les pays.
Je crois aussi que malgré toutes les critiques que l'on peut adresser à l'onu ou à la déclaration, elles restent indispensables pour calmer les tensions qui peuvent naître entre les pays. Et quand on voit la lenteur à laquelle évolue la politique à l'échelle de notre pays, on ne peut raisonnablement s'étonner de l'extrême lenteur des avancées internationales en matière de droits de l'Homme.
à Cousin_machin
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 16H26 | 08/12/2008 |
Aujourd'hui quand on parle d » « universalité des droits de l'homme », on s'interroge sur ce que ceux-ci veulent dire en Chine ou dans des pays musulmans.
Bref, au lieu de s'interroger sur le contenu effectif que chacun donne à ces droits, selon ses conceptions éthiques, politiques et culturelles, on substitue une interrogation sur un prétendu « conflit des civilisations », et soit on réduit l'universalité à l'occidentalisme, soit on critique le culturalisme au nom de l'universalité.
Pourtant, il y a pas si longtemps, et Pierre Haski le rappelle, le conflit n'était pas entre des « blocs de civilisation » mais entre différentes conceptions des droits de l'homme, en particulier entre les dits droits libertés, soi-disant de 1e génération, et les droits économiques et sociaux.
Bref, le conflit opposait libéralisme et socialisme. Le débat est sans fin, mais on s'accorde généralement à dire aujourd'hui que ces droits ne sont pas contradictoires, mais complémentaires, et qu'il n'y a pas de véritable citoyenneté politique sans citoyenneté sociale.
Derrière ce consensus se cache pourtant de redoutables conflits, à l'intérieur même du « bloc occidental » lui-même, que dissimule la rhétorique des « conflits de civilisation ».
Quoi de commun, en effet, entre le droit à la vie, tel que conceptualisé et reconnu par le Vatican, longtemps opposé aux droits de l'homme, dans l'encyclique Centesimus annus , et le « droit à jouir de la vie et à la défendre » dans les Chartes américaines ?
Au nom du même « droit à la vie », que tous reconnaîtraient, certains justifient le droit à limiter la liberté de la femme, au nom du droit sacré de l'embryon, tandis que d'autres défendent le droit de résistance, au nom de la liberté de se défendre contre l'oppression.
L'illusion du consensus à l'intérieur du monde occidental, qui permet d'opposer les droits de l'homme apanage de l'homme blanc et riche à la négation des droits de l'homme en Chine ou ailleurs, s'effrite alors.
Et on découvre dans le même temps que, sous toutes les latitudes, et sous tous les régimes, des hommes et des femmes luttent pour le respect de la dignité humaine, pour la mise en oeuvre des libertés politiques les plus élémentaires, et pour la justice sociale.
Cette universalité du combat politique pour les droits de l'homme, qui ne s'arrête pas à la simple reconnaissance juridique de ceux-ci mais s'incarne dans des mouvements sociaux, traverse toutes les sociétés qui sont, peu ou prou, entrées dans le processus de modernisation. Et la reconnaissance des Droits des peuples autochtones montre qu'aujourd'hui, toutes les sociétés sont en contact avec cette modernisation.
Quant à la France, le simple nom de M. Hortefeux, qui a délibérément décidé d'associer son nom à celui de Vichy, suffit à montrer à quel point l'universalité des droits de l'homme ne relève pas d'un consensus mou ou formel, mais d'une lutte politique, sociale et juridique qui se mène à chaque instant.
à Cousin_machin
De vol19
awash | 19H45 | 08/12/2008 |
Ce qui est Universel ? Ce qui ne l'est pas ?
En Europe, c'est un des rares cadres qui nous reste, peut-être tout ce qui nous reste. C'est une illusion, mais une illusion indispensable, héritage de deux mille ans d'Histoire. Maintes fois au XXième siécle, ce cadre a été trangressé, à chaque fois le coût humain en fût terrible. Le combat n'est jamais gagné, alors que des relents de « Prédestination » ou de « loi de la jungle » reviennent implicitement au goût du jour.
Toutefois, contrairement aux sociétés de castes, ou hypercorporatistes ou féodales, il n'y a plus de déterminisme absolu entre naissance et condition sociale. Certes, le prix peut-être très élevé pour changer de condition, quelques espaces de liberté sont possibles, même s'ils sont insuffisants, voire actuellement décroissants. Dans le subcontinent Indien, les « intouchables » sont scolarisés (parfois des Bramanes quittent l'école en question, ne voulant être dans le même espace), obtiennent avec les quotas, des places dans les administrations. Certes, la situation est loin d'être parfaite, et c'est sans doute plus difficile, mais tout de même, le déterminisme absolu est brisé, des contrepouvoirs institués sont à l'oeuvre.
Certains associent les Droits de l'Homme avec une conception Individualiste voir Chrétienne de l'individu, qui serait incompatible avec une culture communautaire ou la famille élargie, la communauté prédomine sur l'individu, appelant dès lors à une nécessaire relativité d'un universalisme. Le sacrifice obligé d'individus au profit d'une communauté tend à produire des systèmes violents, totalitaires qui tendent à répéter les attitudes à l'identique. Vivant sur une même planète, dans une économie-monde en interrelation, à moins de disposer de moyens de manipulation et de consentement très puissants, et sur les seules dynamiques sociales, le modèle démocratique semble le moindre mal, en dépit de son extrême fragilité.
à Cousin_machin
De Chavezitto
Technicien de la vie | 11H46 | 09/12/2008 |
« Je crois aussi que malgré toutes les critiques que l'on peut adresser à l'onu ou à la déclaration, elles restent indispensables pour calmer les tensions qui peuvent naître entre les pays. »
l'ONU est morte depuis longtemps et les Américains s'en torchent ainsi que des « droits de l'homme » y compris chez eux aux USA ; la dernière agression contre l'Irak en dit long à ce sujet et sur la réelle influence des autres pays au sein même des Nations Unies pour le maintien de la paix .
La paix et le bonheur ne rapportent pas d'argent aux Bilderbergs … encore moins le partage des richesses .
En fait, au lieu de « droits de l'homme » il conviendrait de rajouter une clause en fin de texte, pour qu'ils soient ressemblants à la réalité ; ce serait :
» La déclaration ci-dessus est applicable tant qu'elle n'entre pas en conflit d'intérêts avec la politique néo-capitalo-colonialiste des conservateurs et des puissances économiques privées désirant dominer le monde «
Tout le monde pourrait aussi hypocritement la signer et retourner à ses “petites affaires” …
Demandez à Balladur de s'y coller, l'auteur de la “nouvelle constitution de l'état français” il est expert en bidonnage de textes fondateurs .
De Benoit 1664
En galère comme beaucoup | 12H26 | 08/12/2008 |
Les droits de l'homme existent bien entendu mais pas pour tous le monde ! Tous dépends si on né dans des roses ou dans des choux … ça se limite à ça … un nabab bénéficiera forcément de cette déclaration … un prolétaire il a juste le droit d'en rêver … car égalité ( plus important à mes yeux ) personnellement j'ai jamais connu et je sais méme plus ce que sa veut dire …
à Benoit 1664
De Les Grands Champs
Retraité, le doigt là où ça fait m... | 14H15 | 08/12/2008 |
« car égalité “
Vous devez parler du ‘Philippe’ du même nom ?
De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 12H32 | 08/12/2008 |
Les droits de l'homme ? ? ? ? ? ? ? ?
Je croyais que c'était un gros mot, sous Sarkozy ? ? ?
Vous savez, le ton méprisant à propos des « droits-de-l'hommistes »
à Tigerbill
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 13H14 | 08/12/2008 |
Dans Profession Politique, à la date de mercredi, il est toujours inscrit :
http://www.professionpolitique.info/agendas/agenda-politique
Mercredi 10 décembre 2008
Sarkozy reçoit les Prix Nobel de la paix
…sauf que le dalaï lama a déjà été vu à part ? à la base, la réunion, annoncée à la période des JO, n'était-elle pas pour ça ?
De Hassan_nasrallah
Situationistes | 12H33 | 08/12/2008 |
Très bon sujet, l'universalité …
Voici un article de qualité sur le Site du MONDE DIPLOMATIQUE
Universels, les droits de l'homme ?
http://www.monde-diplomatique.fr/2008/02/JULLIEN/15588
» Ce qui distingue l'universalisant de l'universalisable est précisément une telle différence de plan. «
Hassan,
De Kamikanaze
Bombe virtuelle | 12H34 | 08/12/2008 |
Avant de parler de Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, pourquoi ne pas parler de l'action au niveau de la Cour Européenne des Droits de l'Homme dont le siège est situé à Strasbourg.
C'est l'institution que vous pouvez saisir très simplement (déjà une performance en matière de justice), quand vous avez réussi à sauter toutes les barricades constituées par les juridictions de 1er degré, 2e degré (appel)… Cour de Cassation et conseil d'Etat…
Et dès que vous avez en main le papier disant que ces derniers recours rejettent votre pourvoi, vite un coup de fil à Strasbourg : on vous envoie un dossier formulaire une copie de ladite Constitution, et vous pouvez remplir votre dossier.
Le problème métaphysique difficile est de répondre lors du contact à la question : « quel pays vous attaquez ? »… Là, c'est rude : attaquer son propre pays, c'est très dur, psychologiquement parlant… mais dès que le dossier est rempli, renvoyé et enregistré, la Cour avertit les autorités du pays.
Donc, n'hésitez surtout pas : pas besoin d'avocats, ni de quoi que ce soit qui vont encore vous priver de quelques sous : allez-y , expliquez pourquoi il y a violation des droits fondamnentaux des êtres humains en vous appuyant sur les articles de la Convention… Facile, très facile, le plus facile même dans une procédure juridique… Et bizarrement, suite à votre saisine, les autorités françaises jusqu'ici récalcitrantes se mettent à regarder votre dossier d'un autre oeil, et les portes de la caverne d'Ali Baba s'ouvrent subitement.
Au niveau « universel », Monsieur Haski, là, on entre dans une autre dimension, celle du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, de l'ingérence de certains états dans les affaires des autres, mais il paraît que la France n'a pas été claire même avec l'atroce génocide du Rwanda… Elle se traîne des casseroles…
A rappeler au hit parade des pays qui se distinguent par le nombre de dossiers déposés pour violation des droits de l'homme :
1. l'Italie (peut être l'effet d'une certaine mafia),
en 2. la France… notre ex-pays des Droits de l'Homme, alors qu'il y est fait référence dans notre Constitution…
Tant qu'il y aura des guerres « tribales » comme sur rue89 ces derniers jours, on pourra toujours s'interroger sur la racine profonde qui peut entraîner les hommes dans de telles horreurs : est-ce génétique pour certains ? toujours le besoin d'appartenance à un groupe, et de ce besoin, découle la violence pour rester à l'intérieur de ce groupe…
De Hassan_nasrallah
Situationistes | 12H38 | 08/12/2008 |
En tout cas,
l'article premier
« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits »
Est une bonne blague, c'est sur on a pas trouvé mieux depuis …