Leur Déclaration aura soixante ans le 10 décembre. Mais que reste-t-il des valeurs qui ont fondé ces droits ?

Accrochez-vous, la déferlante des droits de l'homme va vous tomber dessus. Dans un pays qui continue de se proclamer leur « patrie », le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, le 10 décembre, ne pouvait pas être manqué. Mais, au-delà des bons sentiments, ces droits sont-ils encore universels ?
Nous avons la chance d'avoir encore un grand témoin de l'élaboration et de l'adoption de la Déclaration universelle de 1948 en la personne de Stéphane Hessel, 92 ans, personnage aux dimensions mythiques, fils de père allemand et de mère française, dont la famille a inspiré l'histoire de « Jules et Jim » portée à l'écran par Truffaut ; résistant torturé par la Gestapo ; diplomate engagé dans la construction du monde multilatéral d'aprè-guerre ; aujourd'hui encore militant, notamment de la défense des sans-papiers (on se souvient qu'il fut le médiateur lors de l'occupation de l'église Saint-Bernard, en 1997).
Tout jeune diplomate, Stéphane Hessel a fait partie des pionniers de l'ONU et a été témoin de la négociation de la Déclaration, sous l'égide de fortes personnalités comme le Français René Cassin (1887-1976) ou Eleanor Roosevelt (1884-1962), la veuve du président américain.
Dans un livre récent d'entretiens avec le journaliste Jean-Michel Helvig (« Citoyen sans frontières », Fayard, 2008), Stéphane Hessel souligne que cette déclaration était d'abord celle des vainqueurs de la guerre, et qu'il y avait eu débat sur le mot « universel » :
« Ne valait-il pas mieux parler de Déclaration “internationale” plutôt qu'“universelle”, ce qui paraîtrait prétentieux ou en tout cas inexact ? Mais [les Français] Henri Laugier et Cassin pensaient que les “vaincus” reprendraient un jour leur place dans les Nations unies, et que la Déclaration leur serait donc applicable. »
Il fut souvent opposé à cette Déclaration qu'elle serait celle du monde occidental et blanc, à l'image des 56 Etats de la toute nouvelle ONU qui l'étaient en grande partie, même si les empires coloniaux étaient encore intacts. Hessel rappelle le débat avec les pays communistes conduits par l'URSS, qui mettaient l'accent sur les droits économiques et sociaux plutôt que sur les droits civils et politiques :
« On redoutait un vote négatif des pays communistes, mais aussi des arabes -notamment l'Arabie saoudite, représentée par un Jordanien très énergique- qui avaient du mal à accepter l'égalité des droits entre l'homme et la femme figurant dans la Déclaration. »
Résultat : le texte a été adopté par 48 Etats sur 56, l'Afrique du Sud (sous domination blanche à l'époque), l'Arabie saoudite, la Pologne, la Tchécoslovaquie, l'URSS et la Yougoslavie s'abstenant, tandis que le Honduras et le Yemen ne prenaient pas part au vote. Universalité relative, donc, mais pas non plus un club totalement fermé.
La Déclaration universelle s'est rapidement heurtée à deux obstacles majeurs : la guerre froide naissant peu de temps après l'adoption de ce texte et grippant la machine multilatérale onusiennne ; et l'hypocrisie générale des Etats signataires, même si la sincérité de leurs auteurs n'est pas en doute.
La guerre froide, avec la division de l'Europe en deux blocs antagoniques, et la guerre de Corée qui éclata en 1950, limita la portée de la démarche engagée à l'ONU. Outre la Déclaration, il devait y avoir des pactes pour en préciser la mise en œuvre, et une Cour internationale pour les droits de l'homme afin que les Etats rendent des comptes sur leurs actions.
Il faudra attendre vingt ans pour obtenir la signature des deux pactes -celui sur les droits économiques et sociaux, et celui sur les droits civils et politiques- dont la portée reste aujourd'hui limitée ; et la Cour pour les droits de l'homme s'est transformée en simple Commission sans grand pouvoir. L'élan de l'immédiat après-guerre, porté par le « plus jamais ça » de ceux qui avaient vécu l'horreur et la barbarie, avait cédé la place aux enjeux de puissances.
Quant à l'hypocrisie, est-il vraiment besoin de la démontrer ? La France elle-même, vertueuse et volontiers donneuse de leçons, signait la Déclaration universelle, mais se refusait à décoloniser. Pour citer encore Stéphane Hessel :
« On a voulu ralentir [la décolonisation, ndlr] en affirmant que les droits de l'homme seraient mieux respectés par le canal de notre administration que par une décolonisation trop rapide. »
L'écrivain malgache Jean-Luc Raharimanana rappelait vendredi sur Rue89 le souvenir du massacre commis par l'armée française à Madagascar en 1947 : des dizaines de milliers de morts au moment même où les négociateurs français défendaient un bel idéalisme à New York. Et il ne s'agit évidemment pas d'un cas unique.
Il est heureux que ce soixantième anniversaire coïncide avec la fin de l'ère Bush, qui a été marquée par le viol répété non seulement des principes de la Déclaration universelle, mais des lois américaines elles-mêmes, avec les centres de détention extraterritoriux, la torture, les emprisonnements sans procès… Et, par dessus tout, la ruine de toute idée d'« ingérence humanitaire » avec l'envoi d'un corps expéditionnaire en Irak au nom de la démocratie, pour plonger ce pays dans un bain de sang sans précédent.
Et que dire des Etats qui n'étaient pas encore nés lors de la signature de la Déclaration « universelle », et qui se sont empressés d'en fouler aux pieds les principes dès lors qu'ils se sont libérés du joug colonial. Les dictatures du tiers-monde n'ont pas été plus vertueuses que leurs maîtres coloniaux, quelle qu'ait été leur couleur politique ou leur latitude.
Le bilan des soixante ans écoulés depuis la signature de la Déclaration universelle des droits de l'homme est assurément pénible : d'un côté, de formidables avancées avec l'émancipation du monde colonial, la construction d'un code international de règles et de normes, l'émergence d'une société civile sans précédent ; mais de l'autre, des violations massives, individuelles ou collectives, de ces mêmes droits, et même le retour du génocide malgré le « plus jamais ça » de 1945.
On l'a vu, la principale contestation initiale de la Déclaration universelle des droits de l'homme est venue du monde communiste, au nom des droits économiques et sociaux. Ce clivage est aujourd'hui révolu (même si, par un retour de l'histoire, quand le Nouvel Observateur demande aux Français quels droits sont mal respectés en France, c'est le « droit au travail » qui arrive en tête), mais a été remplacé par une approche culturaliste.
Il y a eu les « valeurs asiatiques » chères à l'homme fort de Singapour, Lee Kwan Yew, qui cachait derrière un paternalisme confucéen un autoritarisme très classique. Là encore, l'argument a largement vécu. Même la Chine, un temps tentée par l'approche à la Lee Kwan Yew, accepte aujourd'hui le principe des droits de l'homme : elle a juste quelques difficultés à les mettre en œuvre…
Mais il y a aujourd'hui une lame de fond de contestation au sein du monde musulman, rejetant des valeurs discréditées, il est vrai, par la volonté américaine de les imposer par la force. Sans parler des positions extrêmes à la Ben Laden, il y a, y compris au sein du « mainstream » islamique, une contestation de l'universalisme occidental.
Au début de cette année, on ainsi vu l'entrée en vigueur d'une « Charte arabe des droits de l'homme », qui a fait polémique car elle est apparue comme tentative régionale de redéfinir ce qui avait été qualifié d'« universel.
Cette Charte, qui avait été soutenue avec quelques réserves par Louise Arbour, alors haut commissaire des Nations unies aux Droits de l'homme, semble une tentative de compromis entre les principes islamiques, ceux de la Charia, et ceux de la Déclaration universelle. Incorrigible optimiste, Stéphane Hessel trouve lui aussi que cette Charte arabe constitue “une avancée” :
“Certes, elle comporte des omissions sur les femmes, ou des déviations comme sur le sionisme. L'influence des idées existe, et l'idée d'universalité des droits de l'homme est fondamentale, mais les idées ne surmontent pas encore un certain nombre d'obstacles.
Cette Charte constitue cependant un progrès, parce qu'auparavant, les Arabes n'avaient pas réfléchi entre eux à ce que pourraient être les droits de l'homme. Le fait qu'il n'y ait pas aujourd'hui une seule organisation régionale -OUA, OEA, ASEAN- qui ne se soit posé la question des droits de l'homme est un progrès majeur.”
Le problème du monde actuel semble moins tenir à la nature même de ce texte, largement acceptable sous toutes les latitudes et qui, loin de dicter le système politique ou les institutions, est un catalogue de bon sens pour des individus qu'aucun relativisme culturel ou politique ne devrait permettre de soumettre à l'arbitraire du pouvoir de l'heure. Non, l'obstacle numéro un tient aux nouveaux équilibres mondiaux.
Ce ne sont pas tant les principes universels qui sont contestés, que l'organisation du monde tel qu'il a fonctionné jusqu'ici. La quasi mort clinique des Nations unies, le “suicide” de l'hyperpuissance américaine sous l'administration Bush, et l'émergence de nouvelles puissances aux égoïsmes exacerbés, comme la Russie et la Chine, affaiblissent tout le système multilatéral né après la guerre, et surtout les instruments relatifs aux droits de l'homme. L'idée généreuse d'“ingérence humanitaire”, par exemple, est morte par excès d'affection des néoconservateurs américains et leurs amis.
L'arrivée de Barack Obama marque symboliquement une nouvelle étape, et il appartiendra au nouveau président américain de redéfinir, avec les autres puissances de l'heure, les règles du jeu du nouveau monde. Mais il serait dangereux et régressif de ne pas s'appuyer, dans cette démarche, sur l'un des rares textes qui constituent une réelle avancée de l'humanité, cette Déclaration universelle des droits de l'homme, décriée, bafouée, mais toujours indispensable de par son article premier :
“Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits”.
On n'a pas trouvé mieux depuis.
Photo : Lors d'une manifestation de personnes déplacées pour faire place à des projets économiques à Bombay le 23 juillet 2007 (Arko Datta/Reuters).


























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De skalpa
actif et militant ? | 12H01 | 08/12/2008 |
Cela dépend aussi de l'endroit où l'on se trouve…

De toutes façons, nous sommes égaux…. en droit !
http://kprodukt.blogspot.com
De Cousin_machin
Etre à peu près humain | 12H25 | 08/12/2008 |
» « Ne valait-il pas mieux parler de Déclaration “internationale” plutôt qu'“universelle”, ce qui paraîtrait prétentieux ou en tout cas inexact ? “
Universel au sens des pays occidentaux et en étant encore plus réducteur au sens des vainquers de la seconde guerre mondiale comme vous le soulignez. L'universalisme est l'apanage des pays ‘civilisés’ sur ceux qui le sont moins. C'est une forme de colonialisme soft et intellectuel que de dire ‘mes valeurs sont universelles, adoptez-les’. La Chine prétend à l'universalime, le monde arabe et l'Afrique de même. Qui a raison ?
la Charte arabe des droits de l'homme est une vaste farce parceque sous couvert d'universalisme elle ne concerne en réalité que la nation arabe. On peut aussi la lire pour voir comment est ‘apprécié’ le sionisme.
‘Le problème du monde actuel semble moins tenir à la nature même de ce texte, largement acceptable sous toutes les latitudes et qui, loin de dicter le système politique ou les institutions, est un catalogue de bon sens pour des individus qu'aucun relativisme culturel ou politique ne devrait permettre de soumettre à l'arbitraire du pouvoir de l'heure.’
La question n'est pas si évidente, en fait il suffirait de demander à des citoyens de différents pays du monde de dresser un top5 des droits auxquels ils tiennent. Pour certains de droit à l'alimentation ou à la vie est plus important que la liberté d'expression.
En réalité nous nous soucions de ‘droits de riches’, de personnes qui ne sont pas réellement dans le besoin et les autres pays n'ont absolument pas les mêmes préoccupations que nous en matière de droits de l'Homme.
Je suis persuadé qu'il existe cependant un socle commun de droits de l'homme, non pas ceux que l'ont qualifie de droits de première génération mais un socle plus restreint et pouvant être accepté par tous les pays.
Je crois aussi que malgré toutes les critiques que l'on peut adresser à l'onu ou à la déclaration, elles restent indispensables pour calmer les tensions qui peuvent naître entre les pays. Et quand on voit la lenteur à laquelle évolue la politique à l'échelle de notre pays, on ne peut raisonnablement s'étonner de l'extrême lenteur des avancées internationales en matière de droits de l'Homme.
De Kamikanaze
Bombe virtuelle | 12H34 | 08/12/2008 |
Avant de parler de Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, pourquoi ne pas parler de l'action au niveau de la Cour Européenne des Droits de l'Homme dont le siège est situé à Strasbourg.
C'est l'institution que vous pouvez saisir très simplement (déjà une performance en matière de justice), quand vous avez réussi à sauter toutes les barricades constituées par les juridictions de 1er degré, 2e degré (appel)… Cour de Cassation et conseil d'Etat…
Et dès que vous avez en main le papier disant que ces derniers recours rejettent votre pourvoi, vite un coup de fil à Strasbourg : on vous envoie un dossier formulaire une copie de ladite Constitution, et vous pouvez remplir votre dossier.
Le problème métaphysique difficile est de répondre lors du contact à la question : « quel pays vous attaquez ? »… Là, c'est rude : attaquer son propre pays, c'est très dur, psychologiquement parlant… mais dès que le dossier est rempli, renvoyé et enregistré, la Cour avertit les autorités du pays.
Donc, n'hésitez surtout pas : pas besoin d'avocats, ni de quoi que ce soit qui vont encore vous priver de quelques sous : allez-y , expliquez pourquoi il y a violation des droits fondamnentaux des êtres humains en vous appuyant sur les articles de la Convention… Facile, très facile, le plus facile même dans une procédure juridique… Et bizarrement, suite à votre saisine, les autorités françaises jusqu'ici récalcitrantes se mettent à regarder votre dossier d'un autre oeil, et les portes de la caverne d'Ali Baba s'ouvrent subitement.
Au niveau « universel », Monsieur Haski, là, on entre dans une autre dimension, celle du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, de l'ingérence de certains états dans les affaires des autres, mais il paraît que la France n'a pas été claire même avec l'atroce génocide du Rwanda… Elle se traîne des casseroles…
A rappeler au hit parade des pays qui se distinguent par le nombre de dossiers déposés pour violation des droits de l'homme :
1. l'Italie (peut être l'effet d'une certaine mafia),
en 2. la France… notre ex-pays des Droits de l'Homme, alors qu'il y est fait référence dans notre Constitution…
Tant qu'il y aura des guerres « tribales » comme sur rue89 ces derniers jours, on pourra toujours s'interroger sur la racine profonde qui peut entraîner les hommes dans de telles horreurs : est-ce génétique pour certains ? toujours le besoin d'appartenance à un groupe, et de ce besoin, découle la violence pour rester à l'intérieur de ce groupe…
De Hellzapoppin
14H05 | 08/12/2008 |
Qu'ils soient universels ou non, ça ne change de toutes façons pas grand chose pour la moitié de l'humanité puisque « les droits de l'homme » ne sont de toutes façons pas ceux de la femme, et ce qui se joue actuellement à l'ONU n'est certainement pas une « avancée » pour elles.
« Ce sont les femmes et leur libération qui sont l'enjeu principal de ce combat. »
http://www.ripostelaique.com/Les-Nations-Desunies-Comment-l-ONU,1622.htm…
De Tita
oiseau | 15H00 | 08/12/2008 |
Ce texte reste finalement très formel puisqu'on y parle de droits, de pays signataires, etc…
Les droits humains ne sont pas qu'un concept de droit. Les peuples eux-mêmes se sont emparés des ces droits (je préfère le vocable de « droits humains » à celui de « droits de l'Homme » pour éviter le doute sur l'inclusion ou non des femmes). Les peuples s'en sont emparés, non pas de manière juridique, mais plutôt de manière psychologique en intégrant les valeurs et l'idéologie de ces droits. La plupart des gens savent ce que sont ces droits, y adhère et s'y réfère.
Cependant, même là, l'universalisme est très relatif car tout dépend de la part d'humanité que l'on attribue à autrui(s). Ainsi, si nous considérons quelqu'un comme moins humain que nous, nous auront tendance à lui accorder moins de droits humains. Cette idée vous révulse ? Et pourtant les faits semblent l'accréditer :
En temps de guerre, l'ennemie est toujours présenté comme un démon (ce qui n'est pas humain) ou une bête féroce (pas plus humain). Les vocables utilisés sont assez explicites. Cela aide le soldat à tuer l'ennemie sans trop d'état d'âme (tuer un animal est moins grave que tuer un humain) et cela légitime la guerre aux yeux des peuples. Qui s'intéresse quelque peu aux guerres depuis un siècle aura en tête quelques affiches fort imagées.
En temps de paix, ce n'est pas toujours mieux. Des chercheurs ont démontré qu'on a tous tendance à penser que notre propre nationalité, civilisation, groupe… est plus humain que les autres. En d'autres mots, les autres sont moins humains. Ainsi, le professeur Perez de l'université de Valencia (Espagne) va parler d'une « animalisation » des groupes victimes de racisme. Le professeur Leyens de l'université de Louvain la Neuve (Belgique) va parler « d'infra-humanisation ». Et si vous pensez que ces phénomènes concernent seulement des groupes lointains sur d'autres continents, vous auriez tort. On retrouve de l'infra-humanisation pour la plupart des groupes dont on ne fait pas partie. J'ai pu ainsi constater de l'infra-humanisation contre les homosexuels de la part des hétérosexuels…
La perception de ce qui est humain est très relative.
De adaunis
Nul part....si adelyne me plaque...... | 15H11 | 08/12/2008 |
Vaste et beau sujet que vos avez choisi là !
Merci quand même de mettre en perspective et en exergue les divers éléments et aléas de ce monumental travail auquel ont contribué comme vous le signalez Stéphane Hessel, René Cassin, ou Eleanor Roosevelt…
Il est bon de rappeler que ce texte fut adopté par 48 États sur 56.
Je retiens particulièrement, ces réflexions :
« Le bilan des soixante ans écoulés depuis la signature de la Déclaration universelle des droits de l'homme est assurément pénible :
Même la Chine, un temps tentée par l'approche à la Lee Kwan Yew, accepte aujourd'hui le principe des droits de l'homme : elle a juste quelques difficultés à les mettre en œuvre… »
Pour faire le plus court possible, je vais énumérer quelques articles.
Article premier
« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »
« Ben mon colon », ça se saurait s'il en était ainsi, et pour la raison puis la conscience, penser que les citoyens agissent dans un esprit de fraternité, il faut se « foutre » la tête sous l'oreiller, et faire « l'autruche », pour croire en cela !
N'est ce pas Nicolas S, n'est ce pas Martine A et Ségolène R, n'est ce pas les commentateurs de La Rue, moi inclue !
Article 2
1 ».Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
2.De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté. »
Je vais en parler dès demain à la porte de « l'Anpe », des Assedics, des usines et sociétés sur la « paille » depuis quelques temps !
Je vais dire ça à tous les « copains » que j'ai en Chine, Afrique, et bien sûr, aux victimes de toutes les « oligarchies » en place sur la planète !
Article 3
« Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. »
Bof, ne serait ce qu'avec l'exemple que nous livrons dans le grand pays Républicain à allure démocratique que nous avons en France, je crois que je vais m'abstenir d'un commentaire !
Quoique qui ne dit rien consent !
Mais aussi, dans le genre « j'ai rien à dire, mais je l'dis quand même », nous sommes servis sur Internet !
Article 4
« Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes. »
Bon, ça me « gave » ; et l'exemple que nos sociétés, États, et des plus soit disant démocratiques, respectueux, (merci Guantanamo), nous livre, me fait penser que se taire, à ce niveau, vaut mieux qu'une longue explication.
Place au « combat » !
Pour la forme, j'aborde celui là :
Article 5
« Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. “
Je crois qu'il se suffit à lui même !
Merci aux rédacteurs, poètes, humanistes, femmes et hommes de conscience, d'avoir rêvé un monde, des êtres meilleurs, des dirigeants ou hommes d'état respectueux de l'homme et de l'humanité !
Merci, mais la ‘coupe’ est pleine, et il va falloir prendre notre, et nos destins en main, d'une manière ou d'une autre !
je m'abstiens de décrypter les autres articles jusqu'au trentième, car si c'est beau grand et fort, magistral, somptueux, et quelques autres ‘dithyrambes’, nous en somme à ‘l'âge de pierre’ !
Quand à votre conclusion d'un optimisme qui me laisse ‘coi’, en disant que l'on a rien inventé de mieux depuis :
‘Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits’.
Puissiez vous être prophète Pierre !
Enfin, faites nous signe !
De Marie-Sophie Keller
Rue89 Eco89 | 22H59 | 08/12/2008 |
Bonsoir agnès93,
j'ai choisi d'illustrer cet article par cette photo pour plusieurs raisons :
1. Si les droits de l'homme sont universels, ce n'est pas encore le cas de ceux des femmes, et c'est sur ceux-ci que butte l'adoption des pays arabes la Déclaration inspirée par les pays occidentaux, comme l'explique l'article :
« On redoutait un vote négatif des pays arabes -notamment l'Arabie saoudite, représentée par un Jordanien très énergique- qui avaient du mal à accepter l'égalité des droits entre l'homme et la femme figurant dans la Déclaration. »
2. Cette image représente deux femmes pauvres expulsées de chez elles pour faire place à des projets économiques pour la Bombay moderne : c'est sur l'absence de droits économiques et sociaux que buttait l'adoption de la Déclaration par certains pays communistes dans les années 50, ainsi que l'explique l'article :
Hessel rappelle le débat avec les pays communistes conduits par l'URSS, qui mettaient l'accent sur les droits économiques et sociaux plutôt que sur les droits civils et politiques.
3. L'hindoue comme la musulmane qui sont symbolisées illustrent justement le caractère non encore universel de ces droits, considérées comme universels essentiellement par les occidentaux. Elles forment un contrepoint au titre.
4. Je voulais incarner les droits de l'homme, pas simplement les illustrer avec, par exemple, la reproduction du préambule de la Charte, qui m'aurait paru pauvre iconographiquement.
Pour moi, cette image fait sens.
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 00H06 | 09/12/2008 |
La Déclaration des droits de l'homme ne consiste ni à prôner l'homogénéisation de la planète sous l'égide d'un « modèle occidental » (lequel n'a rien d'homogène), ni à prôner le relativisme culturel et moral intégral.
Elle consiste tout simplement à affirmer un certain nombre de droits, en fonction d'un certain nombre de valeurs, dont nous pouvons tous nous mettre d'accord, en dépit de nos différentes conceptions politiques, philosophiques, religieuses, morales.
La démocratie, c'est apprendre à vivre avec des gens avec qui l'on n'est pas d'accord, sans pour autant tout tolérer. Les droits de l'homme, c'est exactement pareil.
Confondre l'universalité de ces droits avec l'homogénéisation occidentale est aussi bête qu'affirmer que le scepticisme moral mène au relativisme moral.
Mais bon, c'est déjà une objection que l'on faisait à Montaigne, célèbre pour avoir indiquer qu'on ne partageait pas la même conception de la justice de-ci de-là des Pyrénées, et tout autant célèbre pour avoir critiqué l'esclavage.