(D'Antananarivo) 47 vous-dit-elle quelque chose ? 29 mars 1947. Une date. Une simple date. De printemps. De massacre. L'histoire de France n'a-t-elle pas basculé ce jour-là sous les assauts de quelques indigènes armés de sagaie, de lance et de flamme ? Peut-on le dire ? Que l'histoire de France, la grande histoire de France, s'est infléchie sous les coups de quelques sauvages croyant fort à la puissance de leurs amulettes et talismans ?
La France eut-elle à partir de ce jour-là les mêmes rapports, les mêmes liens avec ses colonies ? N'a-t-elle pas choisi désormais la répression et l'abandon de ses idéaux nés de la Révolution de 1789 ? Tous les hommes naissent libres et égaux en droits… L'Indochine suivra très vite, l'Algérie, le Cameroun…
Faisant suite aux promesses d'après-guerre d'accorder liberté aux colonies, faisant suite aux espoirs nés de la victoire contre le fascisme et le nazisme, Madagascar ou toute autre colonie ne pouvait-elle pas espérer vivre enfin hors domination, hors indigénat et humiliation perpétuelle ? Ce pays pouvait-il dépasser son statut de dominé, sortir de cette situation étrange d'infériorité accolée à sa « race » ? Pouvait-il mener sa propre histoire ? Les colonies ne pouvaient-ils plus faire confiance à la parole de la France ? Celle des Lumières, superbe promesse d'humanisme ?
Las, la France d'alors, 1946, choisit de maquiller les promesses et refusa toute idée d'indépendance. Rejetant l'idée d'autonomie dans l'union française proposée par l'Etat français, les Malgaches se soulevèrent, choisirent d'être rebelles. La politique a perdu, les armes ont parlé.
1947 ou cette arrogance, ce désir de ne pas lâcher sa proie -main d'œuvre, marchés et ressources des colonies… 1947 ou ce refus de reconnaître l'humanité pleine de l'Autre, cette soif d'exploitation prenant le pas sur toute autre considération… Le 29 mars 1947, à Moramanga, les rebelles malgaches se lancèrent dans un assaut sans espoir.
Si la première nuit fut de victoire, les suivantes furent de cauchemar. Des massacres et des exactions en nombre, des fusillades sans fin et des exécutions sommaires. Des « enquêtes ». Des « questions ». Des dizaines de milliers de morts civils, de faim, de maladie. Des milliers de réfugiés en fuite devant la guerre, guerre coloniale. L'expérimentation de tout ce qui allait suivre en Algérie. En tout : l'impossibilité de chiffrer les morts, tant on a tué… 89000 morts selon l'armée française en 1949. 11000 morts, chiffre officiel et risible un an plus tard.
Les années suivantes furent de négation. Les années suivantes furent de silence. On brûla des archives. On classa des archives. On ferma des archives. On ne jugeât point. Sauf les Malgaches, coupables pour avoir refusé l'injustice du colonialisme.
A l'indépendance, promesse toujours d'une vie commune, dans une humanité partagée, dans un élan démocratique respectueux de chacun, dans des rêves de progrès universel. On appela cela coopération. Mutisme et complicité. Dictature. Corruption. Silence toujours. L'oubli a succédé. Les générations furent autant de couches de linceuls naturelles. C'est ce qu'on a cru.
La parole insoumise
Silence pèse sur la mémoire. Les langues se délient. Des hommes et des femmes voudront comprendre. Dans ce désir, réel cette fois-ci, de vivre ensemble. Des hommes et des femmes, au-delà des frontières de l'histoire et des rapports de force, voudront savoir. Pourquoi en 47, deux ans après le carnage, deux ans après le « plus jamais ça », pourquoi à Madagascar s'est perpétré l'un des plus grands massacres coloniaux ? Un massacre commis par les vainqueurs du nazisme ? Par ceux qui ont vu de près les horreurs de la guerre ?
C'est ce silence qu'explore le spectacle « 47 », créé en septembre 2008 au Centre culturel français d'Antananarivo, de concert avec Thierry Bedard, metteur en scène, de concert avec Sylvian Tilahimena et Romain Lagarde, comédiens malgache et français. Une histoire commune. Violente. Sensible. Un théâtre qui nous ramène dans ce désir de vivre ensemble, de comprendre ce qui a déchiré, les corps malmenés et torturés, les paroles étouffés et les non-dits qui corrompent les âmes. Pour un langage du présent, un langage partagé. Enfin. ( voir un extrait en cliquant sur la vidéo.)
Mais ainsi en a décidé le « bureau politique » de la DGCID1 [direction générale de la coopération internationale et du développement du ministère français des Affaires étrangères, ndlr]. Coopération et développement ? Silence sur « 47 ». Censure sur le spectacle. Interdiction d'emmener cette parole dans les centres culturels africains et alliances françaises. Etouffer les mémoires pour perpétuer quelle tradition ? Quelle domination ? La France grande et rayonnante ? Mère du progrès et de la civilisation ?
Ainsi, le spectacle ne peut tourner dans ces centres culturels vitrines de la France et de sa capacité de dialoguer avec le monde, vitrines de sa culture, vitrines des cultures. Une vitrine, selon la DGCID, ne saurait comporter la moindre trace de salissure -ces pages sombres de l'histoire coloniale…
Un puits de vérité sans fonds
Il est vrai qu'accorder vitrine à l'histoire coloniale française, c'est plonger dans un puits de vérité vertigineux, c'est plonger dans une saleté sans mesure et inavouable. La mission des centres culturels serait-elle politique, idéologique, partisane ? La culture a-t-elle réellement sa place quand s'exprime une certaine tendance politique du ministère des Affaires Étrangères qui a droit de veto sur la programmation des centres en question ? « Bureau politique » de la DGCID ? Quel est ce bureau qui n'apparait dans aucun organigramme officiel ?
Et dans cette affaire, le devoir de réserve imposé à ces responsables culturels ne vire-t-il pas à l'obligation de collaborer à une politique discriminatoire, un déni de l'histoire des colonies, un déni de l'histoire de France ?
Alors que la politique africaine de la France est déjà un désastre, obligerait-on les hommes et femmes de cultures français à trahir leurs éthiques et convictions ? Faut-ils qu'ils s'alignent sur le même plan que ceux qui ont terni pour longtemps l'image de la France : ces aventuriers politiques qui n'ont jamais considérés les Africains, ces barbouzes et autres prédateurs économiques du continent ?
Mais la mémoire se moque bien de la censure même si c'est une censure d'Etat. Le désir est profond de comprendre d'autant plus que nous avons maintenant le recul nécessaire pour tout entendre, pour enfin échanger.
Auteur, ancré dans les deux cultures -malgache, française, j'ai la conviction que ces actes et discours stigmatisant la légitime revendication des mémoires ne sont que les sursauts d'une certaine France imbue encore de culture coloniale.
Le monde d'aujourd'hui a aboli les frontières, le monde d'aujourd'hui est un monde où la parole peut être infiniment plus libre si on se donne la peine d'utiliser tous les moyens à notre disposition, le monde d'aujourd'hui est un monde où la parole se multiplie, se diversifie, un monde excitant où l'Autre se trouve au bout d'un clic, au bout d'un fil, au bout d'une lettre.
Oui, j'ai cette conviction… A moins qu'une période totalitaire ne se prépare et que je ne m'illusionne, à moins que cette période ne fasse table rase de toutes ces paroles incontrôlables, insoumises, à moins que ces régimes politiques, économiques, qui ont déjà le sort du monde en main, ne deviennent réellement fous et ne viennent à effacer toute velléité de culture, de mémoire, de résistance, à moins que…
Mais le 29 mars 1947, les rebelles ne sont pas tombés pour ça…
► A lire : Un prolongement de cet article peut-être trouvé sur Global Voices Online, en français, avec une revue des commentaires qu'il a suscités.
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De Lugi
10H11 | 05/12/2008 |
« La France eut-elle à partir de ce jour-là les mêmes rapports, les mêmes liens avec ses colonies ? N'a-t-elle pas choisi désormais la répression et l'abandon de ses idéaux nés de la Révolution de 1789 ? – Tous les hommes naissent libres et égaux en droits… L'Indochine suivra très vite, l'Algérie, le Cameroun… »
Elle n'avait pas attendu 1947…
http://fr.wikipedia.org/wiki/Massacres_de_S%C3%A9tif_et_Guelma
à Lugi
De mamane
Ingénieur | 16H15 | 05/12/2008 |
Le processus même de colonisation s'est fait sur une pile de cadavre.
Les actes barbares de l'armée française, pour se qui est des colonies, ont commencé le premier jours où la France à commencé à coloniser.
Et la barbarie n'a pas cessé depuis.
Et elle continue toujours. Saviez-vous que l'armée française, qui occupe illégalement Mayotte (c'est l'ONU qui le dit), aime à coller les navires plein de comoriens qui souhaite rejoindre Mayotte. Tout le jours des bateaux coules.
Mais il faut les comprendre les comoriens, ils cherchent à fuir un régime corrompu installé par la France. Dès qu'un président comorien ne veut pas laisser la France dicter la politique de son pays, il se fait très vite assassiner et remplacer par des personnes bien docile.
Mais à quoi bon parler de ça, quand on peut jacter sur l'iPhone ?
à mamane
De mechante langue
17H29 | 05/12/2008 |
« Et elle continue toujours. Saviez-vous que l'armée française, qui occupe illégalement Mayotte (c'est l'ONU qui le dit), aime à coller les navires plein de comoriens qui souhaite rejoindre Mayotte. Tout le jours des bateaux coules. »
Toutes vos contradictions et vos incohérences sont réunis ici .
De Juan Pablo de Tagéna - bloqué
10H14 | 05/12/2008 |
AUjourd'hui les Malgaches ne demanderaient pas leur indépendance : ils seraient à 99% pour le maintien dans la Communauté Française. L'indépendance a été un jeu de dupes. Il n'y a qu'à voir l'ALgérie où la maffia FLN a confisqué toutes les richesses du pays, plongeant le peuple dans la misère et le malheur… De grâce, ne parlez pas de dictature à propos de la France : c'est une grossièreté, une indécence ! ! ! Un peu de retenue ! ! !
à Juan Pablo de Tagéna - bloqué
De steed1
prosateur à mi-temps | 11H09 | 05/12/2008 |
N'importe quoi ! Complètement à coté de la plaque, et sur Madagascar et sur l'Algérie.
Les Malgaches savent très bien se prendre en main sans la France.
Quid du droit des peuples à être libre ?
Le jeu de dupe c'est la colonisation et le vol des richesses de ces pays par nos grandes entreprise.
Le jeu de dupe c'était de les considérer comme des citoyens de seconde zone.
à steed1
De Juan Pablo de Tagéna - bloqué
11H16 | 05/12/2008 |
Oui mais ils seraient devenus des citoyens à part entière et ils toucheraient le RMI, les allocs, de bons salaires, des retraites confortables et auraient droit à la SS !
à Juan Pablo de Tagéna - bloqué
De Boulevard59
Parking payant après 19h (sauf le d... | 11H44 | 05/12/2008 |
encore un £%§µ¨d'universalisme à la francaise…..
ethnocentrisme total…
Sort de chez toi ! Parle à des gens !
La france est un modèle qui dans l'histoire s'exporte très mal, même avec toute la bonne volonté du monde.
c'est justement ce dont nous sommes en train de parler !
à steed1
De mechante langue
13H25 | 05/12/2008 |
« Les Malgaches savent très bien se prendre en main sans la France.
Quid du droit des peuples à être libre ?
Le jeu de dupe c'est la colonisation et le vol des richesses de ces pays par nos grandes entreprise.
Le jeu de dupe c'était de les considérer comme des citoyens de seconde zone. »
On est tous d'accord pour condamner la colonisation. Mais cela ne doit pas masquer l'énorme échec de la décolonisation , la ruine de ces pays par ceux qui prétendaient les émanciper
Et je comprend que ces pouvoirs qui ruinent et qui épuisent leurs peuples preférent détourner l'attention en évoquant ce qui s'est passé en 47 plutôt que de parler de la situation d'aujourd hui .
Et il n'y a aucun courage à faire des piéces sur les crimes de la colonisation d'il y a cinqante ans , il y en aurait à en faire sur ceux d'aujourd'hui , mais bien peu ont ce courage..
à Juan Pablo de Tagéna - bloqué
De Boulevard59
Parking payant après 19h (sauf le d... | 11H14 | 05/12/2008 |
avez vous deja ete a madagascare pour avoir un avis si « tricolore » sur le pays et ses habitants ?
à Juan Pablo de Tagéna - bloqué
De Spiripotain
dilettante | 16H33 | 08/12/2008 |
Ben tiens !
A ce compte, on peut se demander si à ce jour les africains ne redemanderaient pas le rétablissement de l'esclavage. Après-tout, c'était pas si mal : une croisière transatlantique, de jolis bijoux d'acier à se mettre au cou et aux bras, la compagnie de gentils chiens de garde, un petit viol de temps à autre, deux ou trois coups de fouet pour remonter le moral, que demander de plus ? C'était quand même bien plus agréable que le sida, la corruption et les guerres civiles !
De l´axe du bien
10H50 | 05/12/2008 |
massacres a grande échelle et destruction d´archives… de la a penser a un déni de génocide, il n´y a qu´un pas. que je franchis pour ma part, parce que 89.000 morts, je trouve que c´est beaucoup.
pour mémoire, kouchner peut inventer un génocide avec 2 morts, les doigts dans le nez, en Géorgie par exemple.
au fait, la France participe au génocide du peuple afghan, mais c´est pas grave.
et kouchner soutient l´oppression du peuple birman par son propre gouvernement qui est secondé par TOTAL, laquelle société a trouvé en kouchner un grand ami.
De Juan Pablo de Tagéna - bloqué
10H57 | 05/12/2008 |
Modérez-vous, un peu de tenue ! Pas de délire !
à Juan Pablo de Tagéna - bloqué
De Boulevard59
Parking payant après 19h (sauf le d... | 11H37 | 05/12/2008 |
ta modération fait peine à voir… je pense même que tu frise le révisionnisme.
Dans quel monde vit tu Juan ?
à Boulevard59
De Juan Pablo de Tagéna - bloqué
12H32 | 05/12/2008 |
Je vis dans le « réel », pas dans le fantasme, comme bcp de gensdegauche !
De Lugi
11H15 | 05/12/2008 |
Le véritable problème n'étant pas le déni de génocide mais plutôt l'immersion de l'histoire.
Les massacres, les génocides, tout cela, le temps en effacera les responsabilités. Il ne restera que l'histoire, s'il en reste encore une.
L'histoire reste. Devrait rester. Le crime ici c'est surtout cette volonté de fossoyer tout un pan de notre histoire.
De manière générale, l'école nous apprend peu les épisodes peu glorieux de notre histoire, ou alors en s'attardant pas trop.
Guerre d'Algérie, la commune, la guerre du Méxique, le siège de la Rochelle, la croisade des Albigeois…
De p.
12H49 | 05/12/2008 |
Petite mise au point : si Kouchner invente - comme vous dites - un génocide en Géorgie c'est qu'il n'y en a pas eu. Il n'y en a pas non plus en Afghanistan. Les civils afghans sont des victimes collatérales des ravages de la guerre, l'objectif n'est pas, comme lors d'un génocide, d'exterminer le peuple afghan. Ceci dit je ne me prononcerai pas sur les bienfaits de cette guerre sans fin.
Concernant Madagascar, je félicite l'auteur pour ce rappel important et pour la dénonciation de cette censure. Censure qui n'étonnera personne et qui était surement prévue par le personnel de l'AF.
Je pense que le drame des malgaches c'est de ne pas être de l'autre côté de la méditerranée mais dans l'océan indien. La distance facilite l'oubli.
Cependant il serait tout de même bienvenu de rétablir l'histoire et d'évoquer autant les massacres des malgaches que ceux commis à Sétif deux ans plus tôt. S'excuser officiellement serait un premier pas.
De ALLAIN JULES C@MMUNICATION
11H00 | 05/12/2008 |
Il me souvient avoir étudié cette question, sur les empires coloniaux. C'est assez étrange de savoirqu'un régime censure une pièce, monument historique, certe triste mais réel.
La pression vient-elle de Paris ? Honteux.
http://allainjulesblog.blogspot.com/
De asozial
aus Berlin | 11H01 | 05/12/2008 |
pourquoi reprocher à un office de propagande de faire sa propagande ?
les institutions culturelles françaises à l'étranger n'ont pour mission que de briller, rien d'autre, quand on les connait, comment pourait-on en attendre plus ?
De brise marine
portier de nuit | 12H25 | 05/12/2008 |
La France est percluse d'Histoire.
Sous couvert d'illustres penseurs et de déclamations émancipatrices,elle s'est livrèe (se livre ? ) à toutes sortes d'éxactions.
Ses institutions se veulent phare du Monde.
Dommage que ce soit de manière stroboscopique par une mise en exergue des phases « glorieuses »…si tant est qu'ils y en aient.
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 15H59 | 05/12/2008 |
En lisant la plupart de ces commentaires Jean-Luc Raharimanana doit se demander où il vient de mettre ses pieds.
Qu'il se rassure,
les trolls se précipitent sur ce genre d'article et tentent de dissuader les lecteurs qui, dans Rue 89, cherchent un peu d'intelligence et d'ouverture d'esprit.
« Madagascar 1947 » fait l'objet d'une censure d'état initiée, selon Jean-Luc Raharimanana, par le ministère des affaires étrangères. Quoi de plus normal ? La France se doit d'être irréprochable et comme il est inconvenant de mettre sur la place publique ses erreurs notre gouvernement fait tout pour les glisser sous le tapis. Et ils se défendent en disant que c'est un sujet réservé aux historiens comme ils l'ont déjà fait avec leur « rôle positif de la colonisation ».
Merci de nous avoir informé de ce cas de censure et merci à Rue 89 d'avoir ouvert ses pages à cet « empécheur de danser en rond » en espérant que cet article soit repris sur d'autres sites et même, pourquoi pas, dans la presse écrite. Mais là, je rève.
PS Je me colle un « top », l'orage des naseurs approche.
De mechante langue
17H45 | 05/12/2008 |
« En lisant la plupart de ces commentaires Jean-Luc Raharimanana doit se demander où il vient de mettre ses pieds. »
C'est vrai , avec un nom comme ça , le pauvre il doit etre surement trés béte …
Mine de rien votre réflexion EST colonialiste puisque pour vous il semble impossible que quelqu'un d'origine malgache puisse entendre la contradiction . J'imagine que selon vous on devrait lui parler avec des pincettes et la condescendance que l'on doit a des etres inférieurs.
Souffrez que pour ma part je considére qu'on puisse etre malgache et intelligent .
Pour le reste il est aussi courageux et intéressant de soutenir une piéce sur les massacres de 47 que de faire une piéce sur la bataille d'Azincourt en France.
La France ferait mieux de soutenir les voix discordantes dans les pays africains ..qui dénoncent les regimes actuels et les vices de la société africaine contemporaine .
La dénonciation du colonialisme est l'un des moyens pour les regimes autoritaires et corrompus d'Afrique de détourner des sujets actuels qui gênent ..de détourner les citoyens des vrais responsabilités .
Une énième pièce sur la méchante colonisation n'a rien de courageux en Afrique : pire elle conforte le statut de victime et donc l'impuissance et la passivité des africains et elle sert les régimes en place.
« PS Je me colle un “ top ”, l'orage des naseurs approche. »
Ne jouez pas les faux martyrs
Sinon serieusement vous croyez vraiment que la chose la plus importante à denoncer a Madagascar aujourd hui , ce sont les massacres de 47 ..sérieusement ?
à mechante langue
De Monsieur Lambda
N'importe qui, n'importe quoi, n'im... | 15H35 | 06/12/2008 |
Chère madame ou cher monsieur,
Cela fait longtemps que je fréquente ce site sans y être inscrit, et cela fait longtemps que je subis vos diatribes approximatives. Si je dois vous remercier d'une chose, c'est bien de m'avoir incité à m'inscrire dans le but de vous répondre.
Il ne me semble pas qu'à aucun moment Monsieur Servais-Jean ait, de quelque manière que ce soit, prétendu qu'un Malgache ne pouvait entendre une contradiction intelligente, au contraire de ce que vous lui reprochez.
Le point le plus sensible concerne néanmoins le parallèle particulièrement hasardeux, voire méprisant, que vous établissez entre les massacres de 1947 et la bataille d'Azincourt. D'une part, il est inutile de souligner outre mesure que les massacres de 1947 ont une proximité, ne serait-elle que chronologique, plus grande (plus particulièrement pour les Malgaches) que la bataille d'Azincourt pour les Français. D'autre part, il vous échappe manifestement que ces massacres sont, dans une large mesure, fondateurs de la conscience nationale des Malgaches et qu'ils occupent, du point de vue de la mythologie nationale, une place comparable à celle de la prise de la Bastille pour les Français.
Or on peut aisément comprendre à la lecture de l'article de Monsieur Raharimanana que, très précisément, l'indépendance n'est toujours pas accomplie, ce que signifie d'une manière éclatante l'interdiction faite à cette pièce de théâtre par suite des pressions d'un ministère français, c'est-à-dire peu ou prou par l'ancienne métropole. Ce qui, me semble-t-il, suffit à invalider votre raisonnement dans sa totalité.
Marcel Lambda
à Monsieur Lambda
De mechante langue
17H05 | 06/12/2008 |
« Le point le plus sensible concerne néanmoins le parallèle particulièrement hasardeux, voire méprisant, que vous établissez entre les massacres de 1947 et la bataille d'Azincourt. D'une part, il est inutile de souligner outre mesure que les massacres de 1947 ont une proximité, ne serait-elle que chronologique, plus grande (plus particulièrement pour les Malgaches) que la bataille d'Azincourt pour les Français. »
Et alors ?
Comme tout evénement du passé ils sont destinés a entrer dans l'histoire .
« D'autre part, il vous échappe manifestement que ces massacres sont, dans une large mesure, fondateurs de la conscience nationale des Malgaches et qu'ils occupent, du point de vue de la mythologie nationale, une place comparable à celle de la prise de la Bastille pour les Français. »
Quand on voit l'ampleur des problémes qui rongent Madagascar , il est certain que le plus important c'est de dénoncer les massacres de 47 !
Avantage : ce n'est pas plus risqué ni derangeant que de faire en France une piéce dénonçant la bataille d'Azincourt . Si vous aviez bien lu ma contribution vous auriez compris l'objet de la comparaison .
« Or on peut aisément comprendre à la lecture de l'article de Monsieur Raharimanana que, très précisément, l'indépendance n'est toujours pas accomplie, ce que signifie d'une manière éclatante l'interdiction faite à cette pièce de théâtre par suite des pressions d'un ministère français, c'est-à-dire peu ou prou par l'ancienne métropole. Ce qui, me semble-t-il, suffit à invalider votre raisonnement dans sa totalité. »
De quel censure parlez vous ?
La piéce a été censurée a madagascar ?
Les massacres de 47 sont l'objet de censure a Madagascar .
Je crois bien pourtant que c'est le contraire
Et je le répète si la France veut vraiment participer au développement et a l'émencipation culturelle en Afrique qu'elle subventionne des auteurs africains qui parlent de l'Afrique d'aujourd hui
à mechante langue
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 00H38 | 07/12/2008 |
@ Monsieur Lambda
Merci pour votre coup de main mais je dois vous avouer que certaines réponses à mes commentaires ont l'avantage de me faire rire tellement elles sont bêtes et il est rare que je prenne la peine d'y répondre ou même de les lire, souvent je m'arrète au pseudo ce qui ne m'empèche pas d'y mettre un naze.
à Servais-Jean
De mechante langue
13H38 | 07/12/2008 |
« que certaines réponses à mes commentaires ont l'avantage de me faire rire tellement elles sont bêtes »
Lesquelles ?
Celles sur les supposées nazages dont vous seriez victime ? : -))
Comment les qualifiez vous , l'« armée de nazeurs »
En psy comment appelle t on le fait de se déclarer victime d'actes imaginaires ?
Pour le reste , ne prenez pas la peine de répondre a une contribution que vous déclarez vous meme ne pas avoir fait l'effort de lire : vous parliez de bétise ? Laquelle ? La votre ?
à mechante langue
De Sitan Founé
pas simple | 14H10 | 07/12/2008 |
Servais-Jean, part pitié, n'embrayez pas surtout pas sur les conneries de ce misérable troll ! ! ! l…
à Sitan Founé
De FantaFouné
pareille | 14H20 | 07/12/2008 |
Même Picasso l'a dit :
ouh la la … il est revenu, ce con de ml…
à Sitan Founé
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 15H36 | 07/12/2008 |
@ Sitan Founé
Je m'étais arrété à bêtise concernant ce misérable troll mais je veux bien vous suivre en parlant de conneries pour ce qui le concerne.
De TonyMo 22269
Athée in Heaven | 16H52 | 05/12/2008 |
La France avait pris des soldats d'origines Africains pour commettre ses crimes en Madagascar.
Auriez vous un livre à conseiller à lire sur l'histoire de Madagascar, sur ses Royaumes et ses tribus ?
à TonyMo
De projectionniste83370
opérateur-projectionniste à Cannes | 18H45 | 05/12/2008 |
« Lettres du Sud de Madagascar » du maréchal Lyautey, (alors simple colonel), instructif sur la « pacification » de Madagascar par la France et sur les gouffres qui séparent les mentalités des colonisateurs de celles des peuples malgaches.
Impératif stratégique en cette fin XIXe - début XXe pour « contrôler » avec de maigres effectifs un territoire grand comme la France et le Bénélux : estimer précisément le cheptel de zébus détenu par chaque tribu et, à défaut de pouvoir empêcher tout vol de bétail, en imposer la restitution à son propriétaire.
La capture d'un zébu d'une tribu voisine étant le rite de passage à l'âge adulte des jeunes hommes de certaines tribus(mortellement risqué à cause de l'habileté à la sagaie des gardiens adverses…), le vol, s'il s'exerçait trop souvent au détriment des mêmes tribus, pouvait dégénérer en « vendetta » locale.
Mais devant les flots sanguins et tumultueux de la Betsiboka, les colonisateurs Vaza (blancs) ne pouvaient imaginer que la Nature malgache dont ils se rêvaient devenir maîtres et possesseurs,leur annonçait d'autres fleuves de sang qui, quelques années + tard, allaient couler à gros bouillons entre le Rhin et la Marne… La « civilisation » occidentale allait bientôt montrer quelle grande idée elle avait de l'humanité, et quelle légitimité elle peut avoir aujourd'hui pour prétendre l'enseigner ou l'imposer à d'autres…