Les économistes sceptiques sur les mesures annoncées à Douai
Olivier Ferrand, président de Terra Nova, Thomas Piketty, professeur à l'Ecole d'économie de Paris et Gilles Leblanc, professeur à l'Ecole des mines et blogueur sur Rue89, analysent les mesures annoncées par le président de la République à Douai : un plan « fallacieux », à l'impact « quasi-nul », qui ne redonnera pas confiance aux consommateurs.

Le président de Terra Nova Olivier Ferrand (DR).
Pour Olivier Ferrand, président de la fondation Terra Nova, cercle de réflexion proche du PS, ce plan ne vaut pas vraiment 26 milliards d'euros.
D'abord, parce que les 10 milliards que l'Etat remboursera ou versera de manière anticipée aux entreprises (remboursement du crédit impôt recherche, par exemple) ne profiteront qu'aux entreprises connaissant des difficultés de trésorerie. Et auront un impact « quasi-nul » sur la croissance.
Ensuite, les investissements annoncés (comme les nouvelles lignes de TGV) n'injecteront pas 10 milliards d'euros dans l'économie, comme promis. Tout simplement parce qu'ils ne dépendent pas directement de l'Etat, mais d'entreprises publiques (comme la SNCF) ou de collectivités locales. Résultat : au mieux, seuls 5 milliards d'euros seront réellement investis.
Surtout, estime le président de Terra Nova, les mesures en faveur des consommateurs, chiffrées à 6 milliards d'euros, sont largement insuffisantes. Alors qu'en Grande-Bretagne, Gordon Brown a au contraire privilégié la relance de la consommation, en baissant la TVA. Pour Olivier Ferrand, ce « choix politique » démontre que, malgré ses appels à réformer le capitalisme, Sarkozy est encore loin d'être un homme de gauche. (Ecouter le son)

L'économiste Thomas Piketty (DR).
Pour Thomas Piketty, professeur à l'Ecole d'économie de Paris juge le plan de relance tout à fait fallacieux : « On prétend injecter 26 milliards d'euros dans l'économie, alors qu'en vérité il ne s'agit que d'un ou deux milliards d'argent frais ». (Ecouter le son)
Pire : pour le conseiller économique de Ségolène Royal, l'Etat se comporte exactement comme les entreprises auxquelles il reproche leur manque de transparence et leur opacité : (Ecouter le son)

L'économiste Gilles Leblanc (DR).
Pour Gilles Leblanc, professeur à l'Ecole des mines et blogueur sur Rue89, si le débat dans l'économie ouverte d'aujourd'hui n'est pas de savoir si ce « plan de relance » est keynesien ou pas, il reste d'inspiration keynesienne. Bien que saluant le volet « investissement sur les infrastructures », l'économiste regrette que Nicolas Sarkozy n'ait rien annoncé de nature à provoquer un « choc de confiance » chez les consommateurs et les chefs d'entreprise : (Ecouter le son)
Parmi les bons points relevés par l'économiste, toutes les mesures qui devraient favoriser l'investissement dans « les entreprises innovantes », y compris par des avances de trésorerie : (Ecouter le son)
Autre critique : le sens des mesures. Exemple de la prime à la casse (1000 euros), où la « conditionnalité » (160 gr/CO2) n'est pas assez contraignante, estime l'économiste, pour inciter au comportement écologiste : (Ecouter le son)
- 4030 visites
- 5 réactions












28






nouvelle nuit du 4 aout
nouvelle nuit du 4 aout
Je n'ai jamais affirmé que la Banque de France et la BCE étaient privées mais qu'elles n'avaient plus le rôle de créateur de monnaie. Ce rôle appartient désormais aux banques privées qui créent de l'argent à partir de rien et le facturent aux états donc aux citoyens. En 1992, on nous a vendu Maastricht sans nous expliquer que désormais l'État renonçait à créer son propre argent(article 104).. On a oublié d'avertir les citoyens européens que désormais les états contracteraient des dettes auprès d'organismes privés qui factureraient au maximum leur argent créé de toute pièce. Le contribuable est condamné à payer une dette éternelle.
L'augmentation de la dette entre 1980 et 2006 est de 913 milliards d'euros alors que nous avons payé 1142 milliards d'euros d'intérêts depuis. Alors que la dette en 1980 était de 229 milliards d'euros, si l'état avait pu créer sa monnaie la dette serait nulle aujourd'hui. Mais aujourd'hui l'argent vient des emprunts d'État via les obligations ou bons du trésor toujours créés par le système bancaire donc des entreprises privées. La banque créée le capital de rien et l'État c'est-à-dire les citoyens( non protégé par le bouclier fiscal) doivent se débrouiller pour payer les intérêts qu'ils trouveront sur la masse monétaire existante.




Partager