A debattre

France Télévisions : et si la fin de la publicité n'est pas votée ?

Le texte pourrait ne pas être adopté par les parlementaires avant le 5 janvier, date prévue de la fin de la pub sur le service public.

Un visiteur au Mipcom à Cannes en octobre 2008 (Eric Gaillard/Reuters).

Mercredi soir, plus d'une semaine après le début des débats, les députés n'en étaient qu'à l'examen de l'article 6 du projet de loi sur le nouveau service public de la télévision… qui en compte 56. Autant dire, qu'à ce rythme, il paraît difficile que le texte soit adopté avant le 5 janvier, date prévue de la suppression de la publicité après 20 heures sur France Télévisions.

Multiplication des amendements, utilisation à plein des temps de parole… L'opposition joue le coup à fond pour torpiller le projet gouvernemental jugé « liberticide » par le député Verts Noël Mamère, notamment parce qu'il prévoit que l'Elysée intervienne dans la nomination du PDG de France Télévisions.

L'opposition ne se cache pas de vouloir y faire barrage par tous les moyens : « Le calendrier prévoyait deux semaines de débats. On va essayer d'accrocher une troisième semaine afin de retarder au maximum la transmission du texte au Sénat », a confié vendredi le député socialiste Patrick Bloche au Point.fr.

« On ne sera pas sans le sou »

A France Télévisions, on se refuse à tout commentaire sur le débat parlementaire et on assure être concentré sur la mise en œuvre des nouvelles grilles, qui ont été dévoilées mardi. Au programme, davantage d'émissions culturelles, des premières parties de soirées qui commencent à 20h35, des JT allongés… Et presque pas l'once d'une inquiétude si l'opposition parvient à retarder l'application de la loi :

« On ne sera pas sans le sou, on peut fonctionner les premiers mois. Par contre, on ne pourra pas engager de nouveaux projets de production si on n'a pas les budgets derrière. »

Car qui dit absence d'adoption du projet de loi, dit absence de compensation financière de la suppression de la publicité. Mais France Télévisions peut compter, quelque temps au moins, sur les 260 millions d'euros de revenus publicitaires en journée et parrainages prévus pour 2009, ainsi que sur 1,9 milliard d'euros de redevance télé.

« C'est un engagement qui a été pris »

Pas question, donc, de maintenir les grilles actuelles. De toute façon, les annonceurs ne sont plus programmés après 20 heures à partir du mois de janvier. Et France Télévisions sait que la majorité finira par l'emporter au Parlement.

La ministre de la Culture et de la Communication n'a pas dit autre chose ce mercredi midi sur France Info. Christine Albanel ne veut même pas évoquer l'hypothèse d'un retard dans l'entrée en vigueur de la loi :

« Nous avons bien l'intention que la suppression de la publicité entre en vigueur le 5 janvier. C'est un engagement qui a été pris et ça aura lieu, je peux vous le dire. Je peux vous l'assurer. »

« Le gouvernement a une capacité d'imagination »

Si elle assurait toutefois qu'un passage en force n'était « pas du tout à l'ordre du jour », un autre membre du gouvernement s'est montré plus ferme quelques heures plus tard. Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, affirme que le gouvernement prépare ses « armes » :

« Le gouvernement a un large choix, il va avoir une capacité d'imagination dans les 48 heures qui viennent, qui va faire l'émerveillement de l'opposition… A l'obstruction systématique de la gauche qui n'a rien à dire sur l'audiovisuel, nous répondrons par la patience gouvernementale, par l'initiative et par l'imagination. »

On n'en saura pas plus de cette « imagination » pour le moment. Mais deux procédures pourraient être utilisées pour couper l'herbe sous le pied de l'opposition. Le vote bloqué, qui permet au gouvernement de demander aux députés de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte. Ou, plus fort encore, le 49-3, qui permet au gouvernement de faire adopter un texte sans vote mais en engageant sa responsabilité.

Photo : un visiteur au Mipcom à Cannes en octobre 2008 (Eric Gaillard/Reuters).

5 commentaires sélectionnés

Portrait de Humain

De Humain

11H08 | 04/12/2008 | Permalien

A Vitamine :
Effectivement, vous avez raison.

Les français déclarent ne regarder que les chaines culturelles, certes…
Mais bizarement, les indices d'écoutes sont les plus forts pour les programme dits « grand public » ! !

En clair, les programmes qui marchent le mieux sont les programmes grand public, contrairement à ce qu'affirment les téléspectateurs ! !

Quand à FranceTv, on nomme « service public », un service qui n'est pas un service…
Mais cela est une autre histoire.

Portrait de warf

De warf

Handicapé | 12H06 | 04/12/2008 | Permalien

Et bien, tout ça pour ça ! ! !
Ce n'est pas la publicité qu'il faut supprimer pour France TV, c'est la redevance. D'ailleur, si tout celà était bien honnête, pourquoi une chaine de France TV gardera sa pub (outre mer, je crois).
Multiplier la pub aurait été plus serieux lorsque celà fut décidé, le gouvernement savait parfaitement qu'il se profilait une grave crise financière (exit'C à dire')Et en plus, à quoi ça sert de supprimer la pub ! ! ! Tout compte fait, ces pubs sont sans doute les meilleures émissions proposées par le service public. Myens mis en oeuvre et qualité sont au RDV, ce qui n'est pas le cas de la plupart des émissions proposées par ces chaines. Et quand on entends la ministre nous confirmer qu'il n'y aura pas d'émissions de TV réalité, on se gausse en zappant sur Delarue (si c'est pas de la real TV, c'est quoi ? )
Enfin, Mesdames et Messieurs, cessez de couper notre pub, par des emmissions tartes ou des séries débiles, car tout ça, C'EST POUR DE RIRE ! ! !

Portrait de YoshiL7

De YoshiL7

13H22 | 04/12/2008 | Permalien

L'opposition s'oppose, cela ne plait donc pas au gouvernement.

Alors, décret ? 49-3 (Sarkozy a promis de limiter son usage) ? Albanel a une autre solution avant de menacer avec un décret : exiger que France Television décide elle meme lors de son prochain conseil d'administration qui se tient le 16 décembre de supprimer la pub…

et quid du financement ? comme l'opposition s'oppose, le gouvernement annonce donc que ce ne serait plus le probleme du gouvernement mais celui de l'opposition finalement… Le but : faire en sorte que l'opposition passe pour les assassins de la télévision public… si cette meme opposition n'adopte pas la loi qui prévoit de taxer les autres pour financer la télévision public…

Et comme il est dit sur Numerama :
« C'est un peu comme si, pour vous convaincre de souscrire à une assurance, votre assureur vous menaçait de mettre le feu à votre voiture. Ca fait réfléchir. En droit pénal, c'est ce qu'on appelle du chantage, et c'est condamné. Au gouvernement, c'est de la politique. »

[source : http://www.numerama.com/magazine/11472-Le-gouvernement-veut-passer-en-force-sur-la-loi-audiovisuel.html]

Portrait de C. Creseveur

De C. Creseveur

D'actualité | 15H39 | 04/12/2008 | Permalien

Ce n'est pas le problème de mettre fin à la pub. C'est le problème du projet et de la méthode.
Dire que la gauche avait eu cette idée n'est pas un contre argument en-soi.
Et si faire la promo permanente du couple Sarkozy (de l'ensemble des JT à l'exception de celui d'Audrey Pulvar, jusqu'aux émissions de divertissement), faire des programmes qui lui complaisent, c'est faire de l'antisarkozisme, alors qu'est-ce que ça va être quand il aura fait passer sa réforme ?
Peut-être êtes vous nostalgique des programmes de la UFA et de la Continental ? Une période où les programmes était tenus, sans doute. A moins que vous ne soyez plus du style Pellerin, ministère de l'information, et tout ça ?

Portrait de setori

De setori

retraité | 16H11 | 04/12/2008 | Permalien

Dans une monarchie ,le Roi décide et la majorité parlementaire s'exécute .Au fait SARKO 1er aurait-il été élu s'il avait présenté ce programme là ? Aujourd'hui il dit que ce sera la réalisation la plus importante de son quinquennat alors qu'hier c'était la progression du pouvoir d'achat complètement aux oubliettes même dans son plan de relance .Or il n'y aura pas de redémarrage de l'économie sans distribution de picaillons (ce qu'a très bien compris le gouvernement Anglais).La misère progresse ,la très grande richesse aussi .La justice sociale est aux abonnés absents !

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