Droit de suite 04/12/2008 à 20h52

Fillon : « Nous n'avons pas besoin d'un plan de relance »




Laurent Wauquiez, Christine Lagarde, François Fillon et Anne-Marie Idrac réunis à Paris le 18 août 2008 (Charles Platiau/Reuters).

Quelques heures après le discours de Nicolas Sarkozy, une phrase vient en résonance. Celle de son Premier ministre, prononcée le 18 août dernier : « Nous n'avons pas besoin d'un plan de relance, qui serait un plan de relance artificiel. »

La France venait d'apprendre qu'elle allait mal, très mal, en plein coeur de l'été : le PIB au deuxième trimestre est en baisse de 0,3%. François Fillon sort alors plusieurs membres du gouvernement de leurs vacances, convoque une réunion de crise et fait cette sortie en conférence de presse.

La suite de ladite conférence ne démontrera pas non plus de réels talents de prévisionniste économique :

« La conjoncture internationale nous la subissons, elle sera difficile quelques mois, c'est un cap à passer comme il y en a eu beaucoup. Nous pouvons raisonnablement espérer que les mesures prises pour l'emploi, pour le pouvoir d'achat, nous éviterons d'en ressentir trop lourdement les conséquences. »

La crise financière et les chiffres, hélas, le contrediront : le chômage est reparti à la hausse en août comme il ne l'avait plus fait depuis mars 1993 (+41300 chômeurs). Augmentation confirmée en septembre (+8000) et surtout en octobre (+46900).

Il n'avait donc certainement pas prédit non plus qu'il allait être totalement contredit quelques semaines plus tard par le chef de l'Etat, lorsqu'il déclarait : « Une relance par la dépense publique ne serait ni possible, ni souhaitable, j'allais dire même ni efficace, en France aujourd'hui. » (Voir la vidéo du Post.fr)



Or, c'est exactement le contraire que vient d'annoncer Nicolas Sarkozy dans son discours de Douai, qui prévoit l'établissement d'un plan de relance, justement par la dépense publique, de 26 milliards d'euros.

A « ceux qui m'disent ça coûte cher d'investir », Nicolas Sarkozy a répondu ce jeudi : « Nous n'avons pas le choix. Ne rien faire, comme ce fut souvent le cas, nous coûteraient beaucoup plus cher », en termes d'assurance chômage, etc. François Fillon a de quoi se sentir visé.


Article suivi : Plan de relance de Sarkozy : décryptage en direct et réactions

Photo : Laurent Wauquiez, Christine Lagarde, François Fillon et Anne-Marie Idrac réunis à Paris le 18 août 2008 (Charles Platiau/Reuters).

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  • compte supprimé 22 janvier
    • Posté à 21h22 le 04/12/2008

    et bien si maintenant on nous annonce encore que le paquet fiscal n'est plus d'actualité et que le salaire du président doit être revu à la baisse, alors là nous croirons effectivement le nouveau sarko-slogan : à situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle.

  • Di
    Di
    • Posté à 23h30 le 04/12/2008

    Hahaha ! S'il était médecin, ce Monsieur Fillon, il attendrait certainement que le patient soit mort avant de le déclarer malade !

  • désenchantée
    • Posté à 11h26 le 05/12/2008

    le plan de relance n'est en somme que de 3 milliards d'après ce qu'a été dit sur la 3 hier soir lors de l'émission « Ce soir ou jamais »...le reste était prévu dans le budget 2009 à venir....... mais ça viendrait
    rajouter au déficit qui serait de « environ 66/67% de déficit » ..... encore une fois ce que j'ai crû comprendre.....
    je me demande comment va t - on concilier la reprise du travail chez les Rmistes, en prolongeant la mise en retraite , l'allongement du temps de travail et la durée jusqu'à 70 ans ? et nos jeunes ils restent à la maison ou à la rue ? quelle politique de l'emploi pour eux ? j'ai entendu parler de formation ok mais bien mais tous ceux qui sortent des écoles avec bac +2 et bien plus, ils ne trouvent que des petits boulots précaires payés au Smic : comment vont-ils pouvoir construire leur vie d'Adulte : impossible ..
    je le sais car les miens sont dans cette situation.... et je ne suis pas la seule hélas......