Faites que ça s'arrête, cette fixation sur la sexualité d'Hitler, sur sa perversité. C'était un homosexuel « prédateur », « il se livrait à des relations perverses avec sa nièce mineure ». Et le pompon, un mythe que je pensais avoir réfuté une bonne fois pour toutes mais qui ressurgit à nouveau : Hitler n'avait qu'un testicule.
Derrière tout ça, le besoin de prouver qu'Hitler n'était pas « normal », c'est-à-dire pas comme nous, la nature humaine se trouvant ainsi disculpée d'avoir produit un Hitler. C'est rassurant : il n'y pas le potentiel d'un Hitler dans le potentiel humain.
J'ai essayé d'attirer l'attention sur l'absence d'arguments historiques sur lesquels s'appuient nos efforts pour associer Hitler (et les nazis en général) à la sexualité hors-norme. Il y a quelques années dans une chronique de Slate, j'ai abordé la rumeur « Hitler-était-homosexuel », idée qui associe implicitement le comportement homosexuel à la pathologie criminelle d'Hitler.
Des légendes urbaines
Et j'ai consacré un chapitre de mon livre « Explaining Hitler » à essayer de discréditer les rumeurs de perversion, l'histoire de Geli Raubal, cet effort de transfuges nazis et de freudiens pour prouver que si Hitler était vraiment diabolique, c'était à cause de sa relation sexuelle perverse avec sa demi-nièce, Geli, qui s'est suicidée avant qu'il devienne Führer (comme si sans cela, il aurait été un type bien).
Mes efforts pour discréditer ces légendes n'ont pas empêché des soi-disant grands romanciers littéraires comme Norman Mailer ou Ron Hansen de les prendre au sérieux.
Et voilà maintenant le retour du testicule manquant. Une des légendes urbaines les plus répandues sur Hitler voudrait qu'il ait été monorchide et que ce testicule manquant n'ait pas simplement été une petite déformation, mais la clé de la psychologie d'Hitler.
Il y a même une école de « psycho-historiens » freudiens qui considèrent que le scrotum soi-disant à demi vide d'Hitler est à la racine de son tempérament meurtrier, de sa sexualité et de son antisémitisme.
« Génitalement normal »
C'est une théorie à laquelle je croyais avoir mis un terme. En 1995, j'ai publié un extrait de mon livre dans le New Yorker dans lequel j'ai fait référence à la persistance de la légende de l'unique testicule, incluant une information douteuse sortie dans les journaux -je n'invente rien- selon laquelle Hitler avait perdu un des testicules en essayant, enfant, d'uriner dans la bouche d'une chèvre.
Peu de temps après la publication de cet article, j'ai reçu une lettre de Gertrude Kurth, une psychanalyste qui pendant la guerre avait participé à une opération soutenue par l »OSS pour essayer d'évaluer « l'esprit d'Adolf Hitler ».
Avec l'auteur de l'étude Walter C. Langer, elle avait retrouvé le médecin de famille d'Hitler, le docteur Eduard Bloch, alors un réfugié juif qui vivait dans le Bronx à New York et qui lui avait affirmé sans équivoque qu'il avait examiné Hitler pendant son enfance et l'avait trouvé « génitalement normal ».
La theorie monocouille ressort le 19 novembre dernier
Fin de l'histoire ? Malheureusement non. Voilà que le 19 novembre dernier, Alex Peake, journaliste au tabloïd anglais The Sun prétend qu'un nouveau document a refait surface, le soi-disant testament d'un prêtre qui a recueilli la confession d'un Johan Jambor.
Jambor, nous dit-il, était un médecin allemand qui a participé à la bataille de la Somme en 1916 aux côtés d'Hitler. D'après Peake, Jambor « est mort en 1985 à l'âge de 94 ans, mais avait raconté son secret au prêtre Franciszek Pawlar, qui avait gardé des notes de leur conversation. » Voilà ce qu'écrit Peake :
« Blassius Hanczuch, l'ami de Johan a confirmé le récit du prêtre sur la façon dont le médecin avait sauvé la vie d'Hitler. Il a dit : “En 1916, ils ont vécu leur plus dur combat pendant la bataille de la Somme. Pendant plusieurs heures, Johan et ses amis ont ramassé des soldats blessés. Il se souvient d'Hitler. (…) Son abdomen et ses jambes étaient en sang. Hitler était blessé au ventre et avait perdu un testicule. (…) Blassius a dit que quand les Nazis prirent le pouvoir, Johan commença à faire des cauchemars et à se reprocher d'avoir sauvé Hitler.”
Etonnament -alors que Peake n'a jamais montré le document du prêtre ou donné des preuves de l'existence du soi-disant témoin Hanczuch- des médias sérieux ont repris l'information des deux côtés de l'Atlantique (Rue89 l'avait signalé en vigie, ndlr).
Des affirmations invérifiables
Il est vrai qu'Hitler a été blessé pendant la bataille de la Somme. Son plus fiable biographe récent, Ian Kershaw dit qu'il a été blessé “à la cuisse gauche”, pas à l'abdomen comme le prétend le médecin peut-être mythique du Sun.
Mais c'est la seule noisette -façon de parler- du récit de Peake qui puisse être documentée. Je lui ai écrit deux fois pour lui demander où l'on pouvait trouver le document du prêtre et pourquoi il ne pouvait pas être photocopié. Je lui ai aussi demandé si l'ami Hanczuch qui corroborait l'histoire pouvait être contacté et interviewé. Pas de réponse.
Tout ce qui sort sur Hitler est bourré de bidonnages et de légendes urbaines. J'ai donc appelé M. Peake et The Sun pour leur prouver qu'ils en avaient là un de plus.
Pourquoi a-t-on envie de le croire ?
Mais je me demande encore ce qui est à l'origine de cette avidité. Pourquoi autant de gens sont-ils prêts à croire, comme le titre du Sun le disait qu'“Hitler n'avait qu'une couille” ?
Et même si c'était vrai, qu'est-ce que ça prouverait ? Les théories freudiennes sur le monorchisme s'appuient généralement sur l'idée que c'était quelque chose qu'il avait depuis la naissance ou s'était développé pendant la puberté, comme c'est le cas pour beaucoup d'hommes, en général avec très peu de conséquences. Inutile de préciser qu'on viverait dans un monde extrêmement dangereux si tous les jeunes monorchides devenaient des Hitler.
Même si le document du Sun n'est pas bidon, cela complique ces théories, parce que cela montre qu'Hitler a perdu un testicule à l'âge adulte et avait donc développé l'essentiel de sa personnalité à une époque où il était doublement burné.
Bien sûr, la blessure au combat semble suffisamment douloureuse, traumatisante même, mais vraiment de quoi faire un Hitler d'Hitler ? De quoi être un facteur de sa personnalité ou de la formation de son idéologie. En fait, dans sa biographie, Ian Kershaw est très clair sur le fait qu'Hitler “a commencé à détester les juifs pendant qu'il était à Vienne”, donc des années avant la guerre.
Une théorie déculpabilisante
L'envie de croire l'histoire du Sun, on s'en fait une idée aux soi-disant mots du médecin qui se met à faire des cauchemars et à s'en vouloir d'avoir sauvé Hitler.
Voilà à quoi tient l'attrait de cette histoire ou de cette fable comme vous voulez l'appeler : ce ne sont pas les démocraties occidentales qui n'ont pas réussi à sauver le monde d'Hitler avec leur politique d'apaisement ; c'est Johan Jambor qui aurait pu le faire. Hitler, ce n'est pas la faute du peuple allemand, c'est la faute de cet allemand Johan Jambor et d'une couille qui manque.
C'est aussi le problème que me posent des films comme La Chute. Le film prétend offrir “l'histoire vécue de l'intérieur” des derniers jours d'Hitler dans son bunker allemand et défend implicitement l'idée que l'Holocauste ne s'est pas produit à cause du peuple allemand –non, ils sont aussi victimes ! - mais d'un homme, Hitler, et du petit groupe de fous diaboliques qui l'entouraient. Rien sur la façon dont l'Allemagne a accueilli l'antisémitisme exterminationiste.
Tout ce que cette obsession nous apprend, c'est la façon dont notre culture refuse de faire face à la profondeur et à la complexité du mal -et à quelques exceptions honorables près- préfère échapper aux questions sur qui porte la responsabilité d'Hitler et de l'Holocauste en en faisant porter la faute à des mythologies sexuelles de pacotille et à la notion freudienne que tous les comportements ont une explication sexuelle.
D'une certaine manière, l'attention portée à la supposée anormalité sexuelle d'Hitler devient le testicule qui manque à l'Allemagne : la déculpabilisation monorchide à des meurtres de masse. Ne l'encourageons pas.
Ron Rosenbaum est l'auteur de “The Shakespeare Wars and Explaining Hitler”.
Ce texte a été raccourci. Vous en trouverez l'original en anglais ici.
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à compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 16H31 | 30/11/2008 |
Il veut dire que vous exprimez vos idées au logis.
Enfin, je crois …
à Tigerbill
De compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
bye bye.... | 16H52 | 30/11/2008 |
Bien qu'il m'arrive d'agir ainsi au logis et ailleurs, je crois que ta (je peux ? De ma part, le tutoiement sur un forum est respectueux, j'en use assez rarement) définition ne correspond pas au sens qu'il prête à son idiologisme.
à compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 17H17 | 30/11/2008 |
Oui, tu peux me tutoyer, et je vous tutoierai aussi la prochaine fois.
; -)
A part ça, j'adore ses interventions : de purs joyaux !
Il est vraiment comique. Involontairement, certes, mais comique quand même.
à Tigerbill
De compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
bye bye.... | 20H07 | 30/11/2008 |
; -) aussi !
à Tigerbill
De Marc de café_bloque
cabot mais pas chien | 10H01 | 01/12/2008 |
Autocensuré . ça évite au journaleux de service de le faire.
De eagle
médecin | 14H08 | 30/11/2008 |
tout à fait d'accord sur l'ensemble des arguments : Hitler n'est pas le produit d'une forme de castration survenue dans le réel,ce n'est pas non plus un malade mental au sens de la folie,n'empêche qu'il a du certainement être de structure psychopathique^, mais un psychopathe en col blanc comme il en existe plus que l'on ne pense y compris dans le milieu politique,militaire,syndicaliste,policier.Ceci peut être compatible avec un fonctionnement adapté, voire hyperadapté dans plusieurs domaines.Ils donnent le change ,peuvent être des meneurs d'hommes,agir profondemment sur leurs contemporains et produire des changements pour le meilleur et pour le pire.On est loin du sérial killer,mais fondamentalement au sens de la structure de personnalité et du point de vue psychanalytique la structure est la même : ce sont des sujets travaillés par la pulsion de mort projetée sur le monde,l'instabilité,l'impulsivité,le passage à l'acte plus ou moins compensées lorsqu'ils fonctionnent en col blanc.Leur grain de folie plus ou moins sublimé leur permet d'aller là ou notre névrose et nos inhibitions nous interdisent d'y aller.
à eagle
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 14H36 | 30/11/2008 |
effectivement cette histoire d'anormalité sexuelle n'a pas grand intérêt
par contre, je croyais qu'il était désormais admis qu'Hitler était atteint d'une psychose paranoïaque gravissime ?
les paranoïaques tiennent un discours très « cohérent » mais basé sur des présupposés absolument faux et souvent teintés de haine (par exemple qu'ils sont la cible d'un complot ourdi par telle ou telle communauté)… ils sont néanmoins très convaincants parce qu'ils parlent « à ce qu'il y a de pire en nous » avec beaucoup d'efficacité
c'est très dur de vivre avec eux dans une famille, parce qu'ils empoisonnent tout - et parfois sur plusieurs générations - et on ne peut pas les traiter (la thérapie supposerait une acceptation de leur part, or ce sont bien les derniers à admettre qu'ils ont un problème)
il semblerait qu'il y en ait beaucoup, atteints à divers degrés, de nos « petits chefs » à nos dirigeants, car ils impressionnent, ils font peur, on leur abandonne facilement le pouvoir… d'où une grosse partie de nos problèmes il me semble car ce sont d'excellents « artisans de conflits indémélables » là où les choses pourraient être réglées par la négociation
de plus, il adorent -et sont très doués pour- prendre pouvoir par emprise sur leur entourage
(et je me demandais récemment s'il serait judicieux que nos dirigeants, pour pouvoir exercer, ne devraient pas subir d'abord une expertise psychiatrique par un large collège de médecins légaux absolument indépendants, ou de bords très divers ? - mais c'est typiquement le genre de lois qu'ils n'accepteront jamais de faire passer)
à Lohiel
De eagle
médecin | 14H56 | 30/11/2008 |
sa prise sur la réalité et sa capacité à réagir sur elle l'exclu du monde beaucoup plus délirant du paranoiaque.S'il l'était ,il n'aurait pas duré longtemps car ses agissements auraient été beaucoup plus incohérants(entendons nous bien : dans le contexte)
Il s'agirait probablement d'un trouble grave de la personnalité de type borderline ou psychopathique, ce qui le rend évidemment pleinement responsable de ses actes.Dire que hitler c'est monsieur tout le monde est heureusement faux comme de dire qu'il est fou
à eagle
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 15H59 | 30/11/2008 |
excusez-moi mais vous trouvez que les agissement d'Hitler ont été cohérents ?
j'ai connu une paranoïaque sacrément atteinte qui a mené toute sa famille à la baguette pendant des années (en détruisant ses enfants, au passage) et elle avait une telle emprise sur eux qu'ils ne réalisaient même pas qu'elle avait un trouble grave…
les grands paranos peuvent présenter une fausse cohérence effroyablement dangereuse…
à Lohiel
De eagle
médecin | 16H08 | 30/11/2008 |
pas cohérent(pardon pour les coquilles)pour le mal qu'il a fait,évidemment.je faisais allusion à l'aspect opératoire de ses agissements.De tels paranoiaques de compétition que vous citez existent surtout si le délire interprétatif n'est pas trop envahissant.Mais dans une famille on n'a pas les mêmes distances : il y a la tolérance,des folies à deux,à trois etc et la folie peut mieux prospérer dans ce contexte.L'entourage d'hitler même sous emprise avait beaucoup plus de marge de manoeuvre,d'intérêt pour ne pas suivre un système paranoiaque avéré
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 16H15 | 30/11/2008 |
C'était pourtant mené de manière terriblement cohérente, l'extermination de tous les « indésirables », des juifs aux tziganes en passant par les homosexuels et les trisomiques !
Il suffit de savoir mettre les priorités où il faut, gagner la guerre ou exterminer l'infâme…
On persiste à croire qu'Hitler, ou les Allemands, avaient un problème psychologique, social et culturel grave.
On oublie que la même idéologie raciste imprégnait les milieux en charge de l'immigration en France, dont les médecins et hygiénistes, et beaucoup d'autres pays (Huey Long en Louisiane, des partis national-socialistes au Chili, etc.)
à eagle
De compte supprimé 24
| 16H00 | 30/11/2008 |
Je dirais que c'est effectivement, à la base, un petit monsieur très ordinaire, avec les pulsions et les frustrations de tout un chacun, et puis après avoir rongé son frein pendant longtemps, le voilà propulsé sur les estrades, où il excelle… et là, ses instincts se révèlent et focalisent ceux des autres, et c'est la spirale infernale : il devient tout ce que tu dis, en majuscule.
Hitler est le reflet de ce qu'il y a de pire en nous. Il est le miroir du peuple allemand de cette époque.
Il a pété un câble, dans un sens mécanique : en roue libre dans la descente.
à eagle
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 16H12 | 30/11/2008 |
Vous me rassurez, on peut avoir un « trouble grave de la personnalité de type borderline [ouah ! quel symptôme clinique impressionnant ! ] ou psychopathique », sans être « fou » pour autant !
Alleluia je suis sauvé !
à Network 23
De eagle
médecin | 16H41 | 30/11/2008 |
on l'est un peu à différents degrés ,mais c'est une folie privée qui n'est pas institutionnalisée(ouf),ce n'est pasla psychose avérée,la folie clinique,autrement dit on n'est pas fou tout le temps,c'est pour ainsi dire une folie compatible avec « la normalité » et c'est heureux pour certains et ce n'est pas insultant
à Lohiel
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 16H10 | 30/11/2008 |
A quand une expertise psychiatrique pour avoir le droit d'intervenir sur Rue 89 ?
Bah oui, s'il en faut pour être éligible, il en faudrait aussi pour avoir le droit de vote, et la liberté de s'exprimer, non ?
Poursuivons la logique jusqu'à son terme…
à Network 23
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 16H48 | 30/11/2008 |
exactement…
c'est pour ça que je me suis posé la question sans y trouver de réponse satisfaisante ^^ et de toutes façons, ce genre de lois n'a aucune chance de passer, donc bon, c'est un coup d'épée dans l'eau…
mais on peut aussi se poser des questions sur la démocratie, quand on voit ce que les peuples élisent le plus souvent (des types dangereux)
mais quoi mettre à la place, qui garantisse les libertés ?
perso, je n'ai pas de réponse.
à Lohiel
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 17H00 | 30/11/2008 |
Tu me diras, l'expertise psychiatrique n'est peut-être pas une solution moins mauvaise que le contrôle de constitutionnalité, qui sait ; -) ?
à eagle
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 16H09 | 30/11/2008 |
L'autorité de la médecine, rien de tel pour déchiffrer l'histoire.
Allez, une pique pour les médecins, et sans rancune ; -)
Pourquoi les médecins français accordaient-ils tant d'importance aux propos de l'hygiéniste René Martial, qui donnait des cours sur l'immigration à la Fac de médecine de Paris, et qui proposait de distinguer la « santé superficielle » et la « santé profonde » (celle qui affecterait l'hérédité de la « race française ») des immigrants, en vue de sélectionner selon leurs « capacité d'assimilation » les travailleurs importés comme de la viande de l'étranger ?
Les médecins français des années 1930 auraient-ils tous été des serial killers ?
à Network 23
De eagle
médecin | 16H23 | 30/11/2008 |
non bien sur,on ne peut pas tout comparer et rapprocher ; aussi détestable que soit l'approche hygiéniste.C'est comme si tous les électeurs du fn étaient des nazis et les musulmans de dangereux terroristes.
Mais il faut reconnaitre que les médecins et les psychiatres n'ont jamais été en tant que corporation à la pointe du progrés social surtout dans ces années là N'est pas psychopathe ou sérial killer qui veut
à eagle
De compte supprimé 24
| 16H39 | 30/11/2008 |
Mais alors Eagle, que dire de ce peuple qui l'a suivi massivement ? Est-ce qu'il n'a pas été lui aussi psychopathe et serial-killer ?
C'est la question que je me pose, parce que s'il y a effectivement eu une opposition à Hitler, force est de reconnaître qu'elle a été tout à fait marginale.
Et puis il suffit d'aller interroger des Allemands - et même des Alsaciens comme je l'ai fait – de cette génération pour se rendre à l'évidence : nombre d'entre eux sont toujours fascinés par Hitler et ne se cachent pas pour en souhaiter un tout neuf, pour foutre dehors tous ces sales immigrés. Je déconne pas : c'est vrai ; entendu par mes petites oreilles, directement.
La populace de tous les temps (pas le brave petit peuple, j'insiste) est à mes yeux elle aussi « borderline », légèrement psychopathe et potentiellement serial-killeuse.
Mais c'est un autre débat…
Psychopathologie de la normalité. Un gros bouquin qui reste à écrire. Qui s'y colle ?
à compte supprimé 24
De eagle
médecin | 16H51 | 30/11/2008 |
je ne voudrais pas faire le docte,mais lisez ou relisez « psychologie collective et analyse du moi“de Freud dans le‘moi et le ça’ tout y est dit. De la foule qui fonctionnerait de façon plus archaique et infantile avec desmécanismes trés regressifs branchés sur la pulsion de mort même si les individus qui la compose sont loin de tout cela pour leur grande majorité ; Il y a hitlet ET la masse mais une foule regresse en fonction du meneur posé comme idéal d'un moi collectif .je ne fais pas de comparaisons hasardeuses mais cela est valable dans tout meeting politique,tout dépend de la capacité de regression de l'homme politiue donc sa capacité à toucher l'autre DaNS LA FOULE dans ses fonctionnements et ses pulsions les plus primitifs
à eagle
De compte supprimé 24
| 17H08 | 30/11/2008 |
Je l'ai lu, Eagle, et ce livre est un de ceux qui m'ont ouvert les yeux.
Je n'ai malheureusement pas la capacité de l'écrire, mais je rêve d'un ouvrage décortiquant méticuleusement la normalité actuelle en tant que folie collective, sans même mettre l'emphase sur ses aspects les plus crasseux ; juste une démonstration que la normalité admise n'est qu'une collection de petites névroses. Ayant été accompagnateur de voyages au long cours, j'ai constaté comme la plupart de mes collègues, que les gens dits « normaux », sont en fait très limités dans leurs capacité d'agir hors de la troupe. Et très, très mal dans leurs baskets. Quelle souffrance !
à compte supprimé 24
De eagle
médecin | 17H18 | 30/11/2008 |
il n'y a pas de normalité mais des accommodements avec le réel qu'il faut gérer et qui se résume au delà de tous les travestissements : la sexualité,le désir d'un côté,la mort,la destructivité et la finitude de l'autre.
Evidemment on est inégaux devant la manière de gérer tout cela,en fonction des structures de la personnalité
à eagle
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 17H09 | 30/11/2008 |
Hitler et Freud avaient un point commun, à part être autrichien : ils avaient tous les deux lu de près Gustave Le Bon.
Entre nous, la « psychose criminelle des masses », c'est douteux comme théorie… A peu de choses près la même que celle de Platon critiquant la démocratie, et réfutée par Aristote dans Les Politiques , III, 11.
à Network 23
De eagle
médecin | 17H22 | 30/11/2008 |
non pas de psychose criminelle de masse mais simplement amener les gens à s'aveugler et accepter l'inacceptable,créer une empathie Aprés on peut déléguer l'acte meurtrier aux autres,aux techniciens
à Network 23
De compte supprimé 24
| 17H22 | 30/11/2008 |
Ah, il avait aussi cet excellent bouquin de Reich (avant qu'il ne vire totalement bredin) : Psychologie de masse du fascisme.
à compte supprimé 24
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 17H28 | 30/11/2008 |
Qui serait, à en croire quelques malins schizoanalystes, l'un des plus importants bouquins de philosophie politique, avec le Discours sur la servitude volontaire .
à compte supprimé 24
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 17H02 | 30/11/2008 |
Mais alors Eagle, que dire de ce peuple qui l'a suivi massivement ? Est-ce qu'il n'a pas été lui aussi psychopathe et serial-killer ?
c'est le problème de l'emprise
tous ces gens étaient destabilisés par une situation économique et politique complètement dégradée, une image d'eux-même désastreuse
ils cherchaient un homme providentiel… et se sont laisser « envoûter »… il a exploité le pire d'eux-mêmes au moment où c'était possible
ce genre de phénomène est prépondérant en politique mais pas assez étudié car peu mesurable
la Resistance allemande à Hitler a existé, mais elle a été fort discrète, car le sort réservés à ceux qui se sont fait prendre fut atroce, crocs de bouchers et autres décapitations publiques à la hache… encore aujourd'hui on sait peu de choses sur eux (mais on peut quand même en trouver, si on cherche bien, il y a même une « somme » qui est parue à ce sujet il y a quelques années - me souviens plus du nom) tant ils étaient obligés de se protéger
et on oublie aussi comment Hitler était admiré par la « masse » dans toute l'Europe, avant la guerre… tous ces gens qui se piquaient de distinguer les brachycéphales et les dolichocépales ..et tous ces trucs déments dont il empoisonnait l'atmosphère, surfant sur la vague d'applaudissements devant son redressement de l'économie allemande et cette merveilleuse invention de son cru : les autoroutes… -_-
à compte supprimé 24
De ganima
chomeur de longue durée furtur trav... | 09H53 | 01/12/2008 |
bonjour,
salut cyp,
Ca me déglingue de voir toujours tout ramener à la psychiatrie, pour essayer d'expliquer une chose du passé qui a dégénéré, un comportement, une attitude, des faits déplaisant pour la société et ça y est on sort les grande théorie vaseusse et trés complexe.
D'abord la psychatrie, fait la preuve tout les jours quelle ne sert à rien puisqu'elle est impuissante à guerrir l'individu soit disant malade !
La psychiatrie sert à emprisonner des gens et à les cobayer en but de controle de l'étre humain.
De plus aujourd'hui elle ne fabrique que des drogués dépendant de leur médicament, justifiant de la nécéssité d'un secteur médical qui n'ont qu'un rôle de vulgaire dileur assermenté, et officialisé.
ça cela faisait longtemps que je voulais le dire !
Hitler etait Monsieur tout le monde,
Les puissants on vu en lui un moyen de sortir d'une crise économique politique financière, il avait le dont de catalyser l'energie du peuple, et il a trés vite écarté tout ceux qui n'était pas d'accort avec sa vision du monde.
La méritocrasie était une de ces politiques de recrutement !
Et l'echec de ses collaborateurs et lieutenent était sévèrement puni.
Il ne supportait pas les dit faibles : ceux qui réfléchissaient, qui avait des états d'ames, qui n'aimaient pas la discrimination, et ceux qui avaient compris qu'il etait trop manichéen pour exercer le pouvoir « supréme ».
Il aurait fait un trés bon comptable.
De eagle
médecin | 15H03 | 30/11/2008 |
trop catégorique et excessif,méfiez vous
l'homme n'est ni bon ni mauvais,les deux en même tempsou les deux à la fois dans des proportions différentes selon les circonstances ; Tout ce que je sais c'est que la haine lorsqu'elle est démesurée tue ,d'abord soi même et parfois les autres