
(De New York) « Joyeux anniversaire, Jimi ». Une fois, deux fois, le poing droit vers le ciel et le public complice en écho. Leon Hendrix, le cadet de Jimi, porte chapeau de cow-boy et bandana rouge. Il s'emmêle un peu dans ses accords, l'émotion, l'aura du grand frère, « son amour » et « son esprit ». Puis il enchaîne une version de « Hey Joe » revisitée en « Hey Jimi », où la guitare mythique se substitue au « gun » homicide.
« Hey Jimi, où vas-tu avec cette guitare en bandoulière ? » Applaudissements de circonstance. Entre deux sets, des vidéos montrent Robert Wyatt ou Bill Wyman souhaiter « joyeux anniversaire » à Jimi. Ahmet Ertegun ou Wilson Pickett sont également convoqués, ombres souhaitant « Happy birthday » à une ombre.
Jimi, ce « grand explorateur du blues du Delta » du Mississippi
Jimi Hendrix est né le 27 novembre 1942 au King County Hospital de Seattle, à cinq heures d'avion de New York, sur l'autre rive du continent. Mais il était impossible de célébrer son soixante-sixième anniversaire le 27 novembre 2008, date du sacro-saint Thanksgiving et de sa dinde expiatoire. La commémoration a donc été décalée de vingt-quatre heures et l'antre de BB King, à deux pas de Times square, a été choisi pour l'accueillir. Le patriarche du blues n'est pas présent ce soir-là, il se produit à guichets fermés vers Boston, mais chacun se rappelle qu'il a adoubé Jimi comme « un grand explorateur du blues du Delta » du Mississippi.
Johnny Jones, débonnaire armoire à glace, prend d'instinct les commandes de la soirée d'anniversaire. Il offre le blues le plus attendu ou le plus réconfortant. Il était déjà le guitariste vedette de Nashville lorsque, en 1962, Jimi Hendrix, à peine démobilisé de la 101e division parachutiste, se mit à graviter dans son entourage. Jones présenta alors Jimi à BBKing, qui fut frappé par sa timidité. Et un soir de grand vent intérieur, Hendrix osa se mesurer à Jones à la guitare. Johnny déclina un solo ravageur. Jimi répondit par une ballade en demi-teintes, « à la BB King ». Les aveugles crurent à un aveu de défaite. C'était il y a près d'un demi-siècle.
Le public au BBKing Club est très largement blanc (on ne dit plus « caucasien » dans l'Amérique du troisième millénaire, mais on dit toujours « africain-américain »). C'est non loin de là, dans le Greenwich Village, qu'Hendrix a fait mentir la fatalité raciale en captivant dès 1966 des spectateurs blancs.
Mais Jimi avait auparavant fait ses classes à Harlem, remportant même le trophée décerné chaque semaine par l'implacable public du théâtre Apollo. Et c'est à Harlem qu'il a défié en 1969 les Panthères noires en leur décochant « Machine Gun, fusion désespérée du combattant et de sa cible. Les plus fidèles disciples de Jimi sont sans doute aujourd'hui les bluesmen touaregs de Tinariwen. Durant leur jeunesse révolutionnaire, ils se sont formés dans les camps de Libye. Ils ont heureusement troqué depuis la kalachnikov pour la guitare. Machine gun.
Personne n'ose l'hymne américain mais Obama est salué sans défaillir
Les témoignages enregistrés pour le soixante-sixième anniversaire évoquent la triste enfance d'Hendrix à Seattle, les violentes querelles de ses parents, leurs absences et leur alcool, la brutalité et la misère. Et puis ce manche à balai sur lequel le petit Jimi égrenait des notes imaginaires en rêvant d'avoir un jour une guitare à lui, une vraie de vraie. Les musiciens qui se succèdent sur scène enchaînent les “joyeux anniversaire” et s'efforcent avec plus ou moins de bonheur de payer leur tribut au gaucher magnifique ». Personne n'ose l'hymne américain, mais le Président Obama est salué sans défaillir.
Les hommages sont nombreux à Buddy Miles et Mitch Mitchell, les deux batteurs historiques de Jimi Hendrix, qui l'ont récemment rejoint. Miles, décédé le 26 février 2008, donnait la pulsation soul au Band of Gypsys, qui entra dans la légende à New York, lors du Nouvel An 1970. Mitchell, disparu le 12 novembre, était le compagnon de Monterey, de Woodstock et de Wight, et il venait de conclure une tournée d'invocation d'Hendrix. Noel Redding, le bassiste de l'Experience, est mort en 2003. De ce carré d'as, seul demeure Billy Cox, le complice de l'armée et le compagnon des premières expéditions musicales dans le Sud profond. Souhaitons longue vie à Billy Cox, qui garde sagement la flamme à Nashville.
Dans le train de nuit qui me ramène à Washington, j'écoute encore et encore « Electric Ladyland », le chef-d'œuvre de Jimi Hendrix, sorti il y a tout juste quarante ans. J'alterne avec « Maggot Brain », diaphane élégie, fragile à fendre l'âme, composée par George Clinton pour son Funkadelic. L'aube se lève sur la capitale de l'Empire, où les derniers T-shirts à la mode arborent Barack Obama en costume de Superman. Jimi à jamais.
Photo : Jacquette du CD posthume « Jimi Hendrix live au Fillmore East (Ho Old/Reuters).


























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De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 11H36 | 30/11/2008 |
All along the watchtower, princes kept the view
While all the women came and went, barefoot servants, too.
Outside in the distance a wildcat did growl,
Two riders were approaching, the wind began to howl.
Tout au long de la tour de guet, les princes continuaient à regarder
Tandis que toutes les femmes allaient et venaient, les serviteurs aux pieds nus, aussi.
Dehors au loin un chat sauvage gronda,
Deux cavaliers approchaient, le vent commença à hurler.
à Numerosix
De ericj
12H53 | 30/11/2008 |
Tant qu'à citer du Hendrix autant le faire avec une chanson de Jimi Hendrix…
Celle-ci est de Bob Dylan, même si l'interprétation qu'en donne Jimi Hendrix fait croire à une oeuvre personnelle.
Toutes cs commémorations officielles et commerciales sont fatigantes… Hendrix lui-même aurait fui tout ça…
à ericj
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 15H51 | 30/11/2008 |
Je suis entièrement d'accord . C'est pas la peine de vous énerver comme ça !
à Numerosix
De ericj
19H58 | 30/11/2008 |
Je ne m'énerve pas : je corrige juste votre erreur.
Il y a bien longtemps, je vous « reprochais » déjà de ne jamais citer les auteurs des textes qu'il vous plait d'étaler ici…
Votre vaste culture ne vous autorise pas à penser que tout un chacun en est également pourvu.
Pourtant l'ami Jimi avait pensé à vous :
If 6 Was 9 (1967 sur Axis : Bold As Love)
Now if 6 turned out to be 9
I don't mind, I don't mind.
Alright, if all the hippies cut off all their hair,
I don't care, I don't care.
Dig, « cos I got my own world to live through
and I ain't gonna copy you.
à ericj
De Zorro est arrivé
Lecteur | 20H03 | 30/11/2008 |
Moi, j'suis pas comme ce snob de Numérosix.
Je cite mes sources :
Souchon, Goya, etc.
Que du bon dans le Souchon !
à Zorro est arrivé
De compte supprimé 20
20H10 | 30/11/2008 |
tu insistes ? je te signale !
à Zorro est arrivé
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 21H41 | 30/11/2008 |
Je cite souvent mais pas toujours , ce n'est pas par snobisme ou par étalage de culture (qui n'a d » ailleurs rien d'extraordinaire) c'est pour favoriser la complicité avec certains et l » ire des autres ! C'est juste un jeu bien innocent comme dans une cour de récré !
Et concernant la chanson de Dylan « all along the watchtower »
Jimi Hendrix tomba amoureux de cette chanson à la première écoute, et sa version fit beaucoup pour sa popularité. Dylan a reconnu s'en être inspiré lorsqu'il la joua en public en 1974 avec The Band, et il l'a jouée plus de mille fois depuis, en variant sans cesse les arrangements et le tempo. Un autre grand admirateur de Dylan, Neil Young, l'a mise à son répertoire en 1992 pour les trente ans de carrière de Bob Dylan, et continue à en faire une version tout aussi incendiaire que celle de Hendrix ( ÇA , ÇA M'ETONNERAIT ! )
http://www.bobdylan-fr.com/trad/allalongthewatchtower.html
à Numerosix
De déluge
menuisier | 23H30 | 30/11/2008 |
T'emmerde pas avec ce genre de commentateur
N°6, vraiment.
Regarde les mouches défunctées à leurs pieds !
à déluge
De ericj
02H16 | 01/12/2008 |
déluge, t'es pas obligé de m'insulter ni de sortir le mépris pour montrer ton désaccord, hein, il suffit de le dire.
On est là pour débattre, point.
Ta référence à Woodstock, du coup, parait pour le moins inopportune…
à ericj
De déluge
menuisier | 08H35 | 01/12/2008 |
Il n'y a pas d'insulte : Relis attentivement.
Et pour ce qui est du désaccord, il semble que tu l'aies perçu, il y donc « échange », et débat :
Vois, je te réponds.
à déluge
De ericj
15H38 | 01/12/2008 |
« T'emmerde pas avec ce genre de commentateur »
« ce genre » est sûrement une espèce de sorte de compliment, garanti 100% non péjoratif, alors…
… vais me racheter un dico… et du papier tue-mouches…
à Numerosix
De Zorro est arrivé
Lecteur | 07H31 | 01/12/2008 |
C'était une plaisanterie, Numérosix.
J'essayais de réchauffer l'atmosphère.
Continue tes citations…
à Zorro est arrivé
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 14H48 | 01/12/2008 |
Peace and love , les gars ..
à Numerosix
De compte supprimé 20
19H34 | 30/11/2008 |
c'était pas toi n°6 qui citait du Souchon (argh) l'autre jour ? , sérieusement éclectique comme n°
à compte supprimé 20
De Zorro est arrivé
Lecteur | 19H53 | 30/11/2008 |
Non, c'était moi. Numéro six n'y est pour rien, c'est juré.
C'était en l'honneur de Boutin, mais je peux échanger avec une chanson de Chantal Goya, si vous voulez…
à Zorro est arrivé
De compte supprimé 20
20H03 | 30/11/2008 |
sorry, j'ai confondu n°6 et Z, souchon/goya je voit déjà mieux le rapport
à compte supprimé 20
De Zorro est arrivé
Lecteur | 20H06 | 30/11/2008 |
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit.
Elle est toujours mariée avec Debout.
Depuis 66 ans ?
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 11H38 | 30/11/2008 |
à patrick du 14
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 12H11 | 30/11/2008 |
Le meilleur guitariste de l » histoire du rock était un gaucher noir .
C'est peut être vexant pour tous les rockers blancs droitiers de droite , mais c'est comme ça ..
Merci Pat et Gros Lapin Blanc , deux petites vidéos valent mieux qu » un court article ( excellent au demeurant)
à Numerosix
De GGGG
(r) | 16H30 | 30/11/2008 |
D'ailleurs j'imagine mal Jimmy Hendrix chanter OOOOOOptic deux-milleuuuuuuuuu.
à Numerosix
De Porcinet
19H23 | 30/11/2008 |
Meilleur guitariste du monde, c'est vite dis…
Que dire des Stevie Ray Vaughan et compagnie ?
Guitariste exceptionnel, certes, le reste me semble subjectif.
à Porcinet
De Thomas GREDAT
| 20H44 | 30/11/2008 |
Regardez la video du Festival de Monterey, et vous comprendrez.
à Thomas GREDAT
De Porcinet
23H24 | 30/11/2008 |
Je connais la vidéo de Monterey, mais,
Regardez le « Live at the El Mocambo » et vous verrez qu'il existe, ou tout du moins qu'il a existé, des guitaristes au moins aussi bon que Hendrix.
Cela dit, je ne cherche pas a discréditer Jimi, il est indéniable qu'il fut un « Dieu de la six corde », et son oeuvre reste a juste titre un monument dans l'histoire du Rock.
Je tenais juste a expliquer que les déclarations visant à déterminer « le meilleur guitariste de tous les temps » sont purement subjectives.
à Porcinet
De dijou
Esclave d'une SSII | 11H38 | 02/12/2008 |
Ah je me permets une remarque quand on parle de comparaison en matière de virtuosité guitaristique. Hendrix n'était peut être pas le meilleur comparé à ses successeurs , satriani, Vai, Vaughan et leur technique époustouflante.. mais à coup sûr et de très loin le plus inspiré , le plus sensible et le plus imaginatif dans ses riffs et mélodies et ce quelque chose de quasi inimitable qui fait vibrer et frissonner avec délice. Sans parler de sa qualité de compositeur. Une perle comme Little Wings par exemple, je ne connais pas d'équivalent aujourd'hui encore. La simplicité apparente du morceau me parait le parfait exemple de la complexité du phrasé d'Hendrix et de son originalité et qu'on retrouve dans toutes ses interprétations. Le style n'est pas figé et on pourrait connaitre le nom du concert rien qu'au style du morceau joué.
Désolé pour le troll, un admirateur plutôt inconditionnel : )
à Numerosix
De Lemmy_Nothor
Quand je pense à Fernandeuuuhhhhhh,... | 10H45 | 01/12/2008 |
Robert Johnson était gaucher ?
Je blague Six ( If Six Was One…. ! ! ! ! )
Mais je me souviens très très bien de la vie avant Hendrix et celle après, bien sur. Quand il a débarqué sur la scène Britannique, il a tout cassé……tout est tombé. Tout les types qui jouaient de la gratte ce sont remis en question ce jour la…..
Mais on ne peut pas dissocier Hendrix du LSD……ils forment un couple inséparable, comme Miles, Parker, et l'héro…..Hendrix a réussit a traduire , et très bien en plus, toute l'experience hallucinogène en notes de musique. Peu on réussit. Si, John McLaughlin sur Bitches Brew…….des solos completement hallucinés aussi.
En passant, quand il joua a Woodstock, il fut le musicien payé le plus cher. Pour les trois musiciens et les roadies, ils touchèrent 2150.$…….1500 euros ! ! !
De Gros_Lapin_Blanc
12H05 | 30/11/2008 |
De thoughtthrow
12H15 | 30/11/2008 |
J'ai lu dans l'autobiographie de Miles Davis qu'il était prévu que le trompettiste enregistre avec Jimi… Et ceci juste avant le « Bitches Brew » si mon souvenir est exacte… Imaginé ! !
Petite remarque quand au Maggot Brain, le solo de guitare de ce morceau (c'est bien lui qui est la colonne vertébrale de cette sublime instrumentale) est de Eddy Hazel. Autre grand guitariste halluciné.
à thoughtthrow
De El_Leito
Ingénieur | 14H36 | 30/11/2008 |
Hélas, on ne peut que l'imaginer.
Gil Evans avait déjà préparé la session, le studio était reservé mais Tony Williams, le batteur mythique de Miles Davis, a fait capoter l'enregistrement en réclamant un cachet colossal…
Mais l'influence de Jimi Hendrix sur l'oeuvre de Miles Davis est bien réelle. Le Miles électrique n'aurait pas vu le jour (ou alors très différemment) sans Jimi Hendrix.
Quel musicien aura eu autant d'impact sur la musique (au moins « populaire ») en aussi peu de temps (4 ans de carrière pour Hendrix, de 67 à 70, rappelons-le…) ?
RIP Jimi
à thoughtthrow
De Gringo
| 09H15 | 01/12/2008 |
Il me semble que Miles Davis, caractériel comme on sait, était à la fois fasciné et très jaloux de Hendrix… Ce qui lui a donné l'idée du morceau « Miles runs the voodoo down » ('Miles enterre le vaudou », en réponse au Voodoo Child) lors des fameuses « Bitches brew sessions'. John McLaughlin se fend d'ailleurs d'un solo magnifique dans la prise qui a été gardée…
Je crois savoir que Miles Davis était vexé de n'être pas invité à Woodstock alors que Jimi Hendrix en tenait la tête d'affiche. D'où son “Call It Anything” revanchard l'année suivante à l'île de Wight.
Je n'avais jamais entendu parler d'un éventuel enregistrement en commun ; je pensais leurs égos respectifs trop fiers pour ce genre de jam session. Dommage en tout cas.
De Zorro est arrivé
Lecteur | 12H25 | 30/11/2008 |
Et l'année prochaine, il aurait eu 67 ans.
Et en 2010, 68 ans.
Et en 2011, 69 ans.
Etc.
Article super anglé, promo assurée.