A debattre

DOM-TOM en crise : où en sont les « confettis de l'empire »

Les territoires et départements d'outre-mer souffrent, entre autres, de la hausse du prix des carburants. Et du silence de Paris.

Un département français bloqué depuis huit jours par un mouvement de protestation contre le prix de l'essence, dans l'indifférence générale ? Cette information serait impensable s'il ne s'agissait d'un département… d'outre-mer, en l'occurrence la Guyane. Imagine-t-on la Gironde ou l'Alsace bloquées huit jours par des barrages sans faire les gros titres et mobiliser partis et syndicats ?

Ce sont des Guyanais qui nous ont alertés, et les témoignages d'internautes ont permis de briser le mur du silence ou plutôt de l'indifférence en « métropole » [je mets des guillemets, je déteste ce mot mais quel autre employer ? ].

Où en sont les DOM-TOM ? Comment font-ils face à la crise, de Cayenne à Nouméa en passant par Mayotte, dans ces « confettis d'empire », selon la formule de Jean-Claude Guillebaud, dont la grande majorité des Français ignorent presque tout ?

Comme dans le cas de la Guyane, ce sont vos témoignages qui peuvent permettre de donner une image complète, non filtrée, de la réalité de cette France des antipodes. Adressez-nous vos témoignages, vos commentaires, et une synthèse en sera faite dans quelques jours, permettant de faire émerger des informations marginalisées ou carrément mises sous le tapis. Vous pouvez laisser votre contribution en commentaire sous cet article, ou l'adresser directement à notre boîte « contact » : contact@rue89.com

Le prix du carburant figure aujourd'hui au cœur des inquiétudes

En attendant, petit tour d'horizon de ces territoires sur lesquels flotte le drapeau tricolore dans l'Atlantique (avec la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, Saint-Pierre-et-Miquelon), l'Océan Indien (avec la Réunion et Mayotte) et l'Océan Pacifique (avec la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie et Wallis-et-Futuna), soit quelque 2,5 millions de personnes, loin d'une France « métropolitaine » elle-même en crise et partagée entre indifférence et volonté stratégique de présence.

De Cayenne à Papeete, on se rend compte que le prix du carburant figure aujourd'hui au cœur des inquiétudes et de la colère, dans des territoires dont l'économie est largement sous perfusion « métropolitaine ».

Avec moins de bruit que la Guyane, les Réunionnais avaient protesté fin octobre et début novembre contre des prix à la pompe qu'ils estiment loin de la réalité du marché pétrolier. La question reste explosive et pourrait reprendre le chemin de la rue en cas de déception après la réunion, prévue ce lundi à Saint-Denis, entre le préfet et les distributeurs pétroliers.

Sur les sites réunionnais, on peut lire quelques appels à « tout péter » si les prix ne baissent pas. Combien sont-ils à partager le point de vue « Mooneti », qui écrit sur le site clicanoo.com :

« Nous payons la rançon de la départementalisation. Nous ne serons jamais français à part entière ; loin de la France, nous n'aurons jamais le même fonctionnement qu'un département métropolitain. Je pense que les pouvoirs publics n'ont pas conscience de la gravité de la situation et qu'il est en train de s'installer dans notre île, de façon pérenne, un esprit révolutionnaire. Les manipulations en tout genre ont assez duré.

Quant aux pétroliers, nous savons tous qu'ils ont spéculé et qu'ils ne sont pas à plaindre : leur caisse est pleine à ras bord. Pourquoi les gérants de station, en France métropolitaine, n'ont aucun problème ? Nous attendons une baisse des carburants, sans plus ! »

En Guyane, la crise se poursuivait ce weekend, avec quelque vingt-cinq barrages routiers et la fermeture de l'aéroport international de Cayenne, malgré le « geste » d'Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, de baisser de trente centimes le prix du carburant dans le département. Le mouvement de protestation réclame toujours cinquante centimes de baisse et a reçu le soutien des partis politiques de Guyane, y compris l'UMP locale qui demande au gouvernement de satisfaire la revendication.

Il a fallu que les Guyanais en fassent beaucoup pour se faire remarquer de Paris, y compris provoquer le report d'un lancement de fusée Ariane sur le site de Kourou… Je ne résiste pas à l'envie de vous proposer de nouveau ce clip de Negus aka Mero, « 1,77 euros », tourné au début du mouvement et qui a aidé à faire connaître la revendication des Guyanais. (Voir la vidéo)


Avec près de 200 000 habitants, la Guyane est un département à part entière, mais ce territoire amazonien, voisin du Brésil, est aussi une vaste zone de non-droit dès lors qu'on touche à l'orpaillage clandestin, comme l'ont montré un film récent, « La Fièvre de l'or », et l'attitude des autorités militaires du département face aux journalistes trop curieux.

Inquiet de la contagion, Jégo a demandé aux préfets de Martinique et de Guadeloupe « d'examiner sans délai les moyens d'obtenir une baisse significative des prix des carburants dans ces deux départements qui pourrait s'appliquer elle aussi, dès le début du mois de décembre ».

Par souci d'économie, les DOM-TOM privés de leurs avantages

Le prix du carburant n'est pas le seul problème sur la table. Le gouvernement, dans sa quête d'économies tous azimuts, vient de supprimer des avantages réservés aux fonctionnaires retraités installés outre-mer, et a fait adopter le plafonnement des avantages fiscaux liés aux investissements dans les DOM-TOM, qui étaient devenue une source majeure de financement, notamment aux Antilles.

Nicolas Sarkozy a reconnu la semaine dernière que cette dernière réforme, prévue dans le budget 2009, « a été vécue douloureusement outre-mer ». Mais il a ajouté qu'il n'était pas juste que de riches contribuables s'en servent pour ne pas payer d'impôts. En s'adressant aux maires d'outre-mer, le président est revenu sur ces réformes impopulaires, et a eu ce cri du cœur quelque peu paternaliste :

« Les choix, c'est justement parce que je vous aime et que je crois en l'avenir de l'outre-mer que je les fais. Le plus gros des réformes difficiles est derrière nous (…) Des réformes positives viendront début 2009. »

Entre une « métropole » qui n'a plus les moyens de ses ambitions et continue de tenir l'outre-mer sous perfusion, et des territoires tiraillés entre des aspirations contradictoires, le gouvernement évolue dans une voie étroite, en cherchant avant tout à éviter les explosions.

Des réformes institutionnelles en chantier

Reste enfin, l'énorme chantier de l'évolution institutionnelle de plusieurs territoires.

Celui de Mayotte, d'abord, qui s'apprête à connaître un grand changement, avec la promesse de Paris de la départementalisation d'ici à 2011 de ce territoire de l'océan Indien qui est à l'heure actuelle une « collectivité territoriale ». Un référendum est prévu en mars 2009 dans l'île.

Sans donner plus de détails, Nicolas Sarkozy a appelé la semaine dernière à « concevoir un modèle de département qui soit respectueux de l'identité de Mayotte ».

Or Mayotte n'est pas un cas simple. Cette île comorienne de 200 000 habitants a voté pour rester dans l'ensemble français en 1975, lors du référendum d'autodétermination des Comores. Les trois autres îles sont devenues indépendantes, mais Valéry Giscard d'Estaing a choisi de séparer Mayotte de ses « sœurs », et d'en faire un territoire français. Début des problèmes…

Depuis, Mayotte vit au rythme de l'arrivée des « kwasa kwasa », ces pirogues en provenance de l'île voisine d'Anjouan, chargées de « clandestins », attirés par le niveau de vie bien supérieur du territoire français et surtout par ses installations médicales. Des centaines de « clandestins » ont perdu la vie dans cette traversée périlleuse et la situation sociale de Mayotte est explosive. C'est la bombe à retardement laissée par VGE en 1975…

En faisant franchir un pas de plus à l'intégration de Mayotte dans la République, le gouvernement n'a pas pour autant de réponse à la question de ses relations avec les Comores et leur misère, et continuera d'expulser à tour de bras les « clandestins » de Mayotte, qui constituent une part non négligeable des 25 000 reconductions à la frontière dont Brice Hortefeux est si fier.

Et il y a bien sûr l'avenir de la Nouvelle-Calédonie, vingt ans après les accords de Matignon qui ont mis fin à une période de trouble dans le territoire situé dans l'océan Pacifique, et dix ans après l'accord de Nouméa qui donnait une feuille de route institutionnelle.

Mais, comme le constatait lors de cet anniversaire Christian Le Goff sur Rue89, rien n'est réglé à Nouméa. Sa conclusion :

« Dans un an, les électeurs calédoniens renouvelleront leur Congrès qui aura la charge de dresser la liste des compétences à transférer et préparer -ou reporter une nouvelle fois ? - l'organisation du référendum d'autodétermination prévu après la fin de cette prochaine mandature. Mais pour l'instant, et ce malgré les accords de Matignon et de Nouméa, aucune solution n'est prévue pour concilier définitivement les deux légitimités du Territoire, celle du premier occupant et celle de la majorité. »

Ce petit tour d'horizon non-exhaustif -on n'y a pas parlé de la Polynésie française ou de Saint-Pierre-et-Miquelon, deux territoires situés aux deux extrémités de cet empire français light- montre néanmoins que la « question des DOM-TOM », si elle n'est pas au cœur de l'actualité des Français, continue de se poser. Il n'est pas inutile, au minimum, que l'opinion dispose d'informations complètes. Et ne se laisse pas gagner par une indifférence qui précède toujours les réveils douloureux.

Article modifié le 1er décembre : la photo a été retirée car elle était prise aux Comores, certes, mais sur l'île d'Anjouan, qui n'appartient pas aux confettis de l'empire… Nos excuses pour cette erreur.

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Portrait de Terra

De Terra

médecin | 22H36 | 30/11/2008 | Permalien

C'est faux de dire que les médias nationaux ne s'intéressent pas aux Dom-Tom. Sur internet, j'ai lu des kyrielles de dépêches AFP sur les évènements de Guyane cette semaine

Portrait de nemo3637

De nemo3637

Déchoukeur | 23H26 | 30/11/2008 | Permalien

Certains « Français » - « comme on les nomme » - ont la mémoire courte. Et il leur manque sans doute plus que de la mémoire dans leur tête. C'est en effet souvent l'apport des ultramarins qui a permis à la France métropolitaine de « s'en sortir ». Passons sur le sucre qui a fait du royaume de France l'une des plus grandes puissances coloniales au XVIIIe siècle. Les deux dernières guerres mondiales ont vu l'outre-mer français et ses habitants occuper une place de premier plan.
Comme d'habitude, concernant les évènements de Guyane, les grands médias ont attendu que les informations fassent le touR de l'internet pour finir par en parler.
L'« économie » des Antilles est organisée autour de groupes monopoles qui contrôlent toutes les activités. Malheur au nouvel investisseur, à l'artisan nouvellement débarqué qui déplait !
Les Français métropolitains, à propos de l'Outre-Mer et des colonies ignorent beaucoup de choses, et vivent souvent avec quelques clichés. Mais la faute à qui ? Cette ignorance n'est-elle pas voulue, destinée à nous faire percevoir par la même occasion toute personne trop bronzé comme un parasite ou un incapable ? C'est aussi une question d'éducation à l'école. La vision culturelle de la France est uniquement hexagonale. La Corse et l'Alsace représente déjà un périphérie sur laquelle on s'attarde peu - sauf bien sûr si l'on habite ces régions… La centralisation, qui vient sans doute de l'absolutisme monarchique, ne permet pas aux cultures de s'exprimer. Et cette oppression est d'autant plus affirmée quand on est dans une société coloniale. Jusqu'à 1983 la politique culturelle de l'état français aux Antilles s'est résumé à une volonté d'anéantissement ou de marginalisation de la culture antillaise et de la langue créole. Jusqu'à cette époque aucun fonctionnaire français ne franchissait l'enceinte de la mairie de Fort-de-France tenue par Aimé Césaire, soigneusement boycotté. Pour équiper la ville qui s'était agrandie, et qui après-guerre, manquait de tout, la municipalité n'a pu bénéficier d'aucune aide de l'état et a du compter uniquement sur les banques et faire des emprunts. Ainsi étaient punis les Foyalais qui avaientt osé voter pour le « communiste » Césaire.
Quand un jour, à l'Assemblée Nationale, un député l'interpela en voulant lui faire remarquer que « c'était bien la France qui lui avait appris à lire » Césaire répliqua que c'était l'effort du peuple martiniquais - et seulement lui - qui lui avait permis de s'éduquer et de se cultiver.
Lors des obsèques d'Aimé Césaire, Pierre Aliker - 102 ans - oubliant ses notes de lecture, déclara, devant le Président Sarkozy, que les mieux placés pour s'occuper de la Martinique étaient les Martiniquais eux-mêmes.
Ce qu'a apporté l'Outre-mer à la France ces dernières décennies ? Le meilleur de son intelligentsia, et le regard vers des horizons multiformes qui correspondaient bien à sa vision universaliste. Aimé Césaire, Frantz Fanon, Edouard Glissant, Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant… Quel département français peut s'enorgueillir d'avoir autant d'écrivains et penseurs - reconnus internationalement - qu'une seule petite île comme la Martinique ?

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De caro

délinquante avérée | 23H57 | 30/11/2008 | Permalien

nouvelles fraiches de Guyane

Les barrages continuent de plus belle. Les barragistes sont nourris par la population avoisinante qui apporte vivres et boissons. Il n'y a aucun signe de lassitude ni chez les barragistes, ni dans la population, car le mouvement est parti de citoyens, non de syndicats ou partis poitiques.

Un bruit court par SMS et mails que la police essayerait dans la nuit de déloger les barrages. Il y a donc des appels à venir les renforcer.

La solidarité n'est pas un vain mot, le co-voiturage s'est mis en place pour tout déplacement obligatoire.

Les écoles, collèges et lycées sont fermés.

Une station service a été réquisitionnée à Cayenne pour les médecins, pompiers, tout ce qui est urgence.

2 navires arrivés en début de semaine ont été déchargés (des centaines de containers, surtout de nourriture), le collectif à l'initiative des barrages étudie le transport de ces marchandises.

Dans les petites villes de l'intérieur, les groupes électrogènes peuvent fonctionner, les barragistes laissant passer les camions citernes d'approvisionnement.

Jego passe aux actualités RFO Guyane, on va voir s'il maintient les 30 cts de rabais ou s'il accepte d'aller plus loin. Il parait que toutes les collectivités locales ne veulent pas descendre en dessous de 50 cts

La Guadeloupe et la Martinique vont aussi se mette aux barrages pour les mêmes raisons, peut être dès demain.

La suite à bientôt …

Portrait de caro

De caro

délinquante avérée | 01H03 | 01/12/2008 | Permalien

la suite

discours de Jego, en plus de 30 cts obtenus des pétroliers, l'Etat débloquerait 10 M d'€ pour la Région pour qu'elle puisse baisser le prix de 20 cts de son côté, afin d'arriver aux 50 cts demandés (a parte : je croyais que le gouv n'avait plus d'argent ! ). Cet argent serait donc utilisé (3 mois) en attendant le rapport d'une mission qui doit examiner les prix en Guyane, notamment le prix de l'essence et préconiser des solutions.

Ca va discuter ferme …

Une compagnie de gendarmes vient de débarquer, ce ne serait pas contre les barrages, mais en apoint ou en remplacement de gendarmes sur place.

La suite à demain …

Portrait de Akaz

De Akaz

Malfini | 02H32 | 01/12/2008 | Permalien

Héhé, Rue 89 sent le filon !

Portrait de xicoïa

De xicoïa

04H03 | 01/12/2008 | Permalien

L'essence bien sûr mais le reste ?
Puisque nous sommes en période de comparaison je propose aux internautes « métro » de faire un comparatif de prix avec les DOM-TOM !
Le prix des communications téléphoniques ?
Le prix des FAI a prestation égales ?
Le prix du pain ?
Le prix des billets d'avions ?
Etc….
Etablissons une liste et voyons..
Je pense que nous serons surpris les uns et les autres.

Portrait de Gandijyn

à xicoïa Portrait de xicoïa De Gandijyn

11H25 | 01/12/2008 | Permalien

Il serait temps que les consommateurs deviennent des cosomm'acteurs.
Faut pas rêver ! quelques soient les nombres de grèves, de manfestations, de conflits, le Gouvernement et dépendance ne peuvent que continuer leur politique de gestion internationale. Pourquoi, parce que la France ne gouverne plus rien au niveau des finances, ou de tout autre sujet ! Elle subit, bon gré, malgré, les humeurs de l'ex G8 - tentative de nouveau G20 ! - et des manipulateurs internationaux (les spéculateurs, les géants financiers).
Vous apprendrez (si vous ne le savez pas encore) qu'ils ont ré-évalués des réserves de pétrole au Canada et USA…
sur « L'Autre Monde » (Choq.fm), nous vous présentons une entrevue exclusive avec Michel Chossudovsky, professeur en économie et directeur du Centre de recherche sur la mondialisation
Avec un accent Canadien, long à télécharger, écoutez si vous pouvez :
- http://archives.choq.fm/2008-11-27/128_129.mp3
et jetez un oeil sur :
- wwww.mondialisation.ca
ou encore
- wwww.consciencedupeuple.com

Portrait de Ibride

De Ibride

mal assis | 04H50 | 01/12/2008 | Permalien

Tout d'abord un lien sur l'hebdo de mayotte pour prendre quelques infos (dossier de la semaine) sur la situation entre les politiques responsables de cette région.
http://mayottehebdo.com/
Un éclairage (ou pas) sur ces relations contraintes, forcées (lorsqu'il s'agit de politique de territoire et d'économie) ou sinon tout simplement historiques, culturelles et humaines (mais paramètres souvent oubliées ! ! )

Portrait de padakor

De padakor

du tout | 06H57 | 01/12/2008 | Permalien

Gwadaboy

Vous avez raison : il y a des tas de choses qui se passent en Guadeloupe et dont on ne parle jamais . Heureusement pour votre tourisme ! Agressions, meurtres, vols sont le lot quotidien des gens et particulièrement des touristes. Mais ça il ne faut surtout pas le dire, n'est-ce pas ?
Les meurtres il y en a en moyenne un par jour, si bien qu'ils font 3 lignes dans les journaux.

Quant au racisme il est exacerbé à un point inimaginable. Certains politiques ont réclamé ouvertement que les blancs n'y aient plus le droit de vote et que les noirs y soient prioritaires pour tout emploi.J'ai vu, dans une administration, des noirs menacer de faire grève si un blanc était titularisé. etc… etc… je pourrais multiplier les exemples à faire dresser sur la tête les cheveux du MRAP si ça se passait dans l'autre sens

J'y ai vécu assez longtemps pour constater la dégradation à tous les niveaux. C'est au point que les bateaux de croisière avaient décidé de n'y plus faire escale à une certaine époque…
Et je précise bien que je parle de la Guadeloupe. La Martinique est plus agréable à vivre.

Quant à l'esclavage, dont certains ici portent encore les chaînes de la culpabilité, il est à replacer dans le contexte d'un temps où le capitaine d'un navire avait droit de vie et de mort sur son équipage, où l'un de vos ancètres a peut-être été condamné aux travaux forcés à perpétuité pour le vol d'un cochon…
Faut arrêter d'en faire un prétexte perpétuel.

Ceci dit, la Guadeloupe pourrait, de par son climat et ses paysages merveilleux, être un véritable paradis.
Dommage que les Guadeloupéens tuent la poule aux oeufs d'or…

Portrait de Noir

à padakor Portrait de padakor De Noir

Indécis | 07H39 | 01/12/2008 | Permalien

Bonjour padakor,

je dois vous dire en toute sincérité que votre couplet m'agace, tant il est le reflet des poncifs que les « métros » entretiennent à l'égard des Antilles, et de la Guadeloupe en l'occurrence.

S'il y a du vrai dans ce que vous dites, je ne crois pas que vous aidiez qui que ce soit en avançant ces arguments naguère clinquants mais dépolis par le temps.
J'ai toujours eu l'impression, moi qui suis né à la conscience pieds nus dans le goyavier avec mes copains de Petit Bourg, que les métropolitains se marginalisent souvent eux mêmes aux Antilles par manque d'empathie c'est à dire d'intelligence de l'autre - celle qui est nécessaire partout où l'on déménage, y compris dans le Lavandou où dans le Nord, où les individus sont très différents.

Quand cesserez-vous de venir chercher aux Antilles un mode de vie floridien, un paradis factice de stations balnéaires et de chemins de randonnées faits pour satisfaire les besoins du chaland en manque de divertissement ?

Je ne vous blâme pas pour cela, c'est une attitude tellement lambda. Cependant, quand vous stigmatisez, de façon encore très lambda, la culture du souvenir et la violence grimpante qu'on trouve là bas, ne faites je vous en supplie pas comme si c'était une terre invivable, c'est faux. Et si les problèmes existent, à n'en pas douter, ne faites pas l'offusqué moralisateur.
Les guadeloupéens sont plus conscients de tout cela que vous ne l'êtes, pire ils en souffrent bien plus que vous dites avoir eu à en souffrir.

Tenez, puisque vous « connaissez bien la guadeloupe », je vous laisse avec ces parole d'Admiral T en créole, que vous n'aurez aucun mal à comprendre. Ca s'appelle Rev en mwen.

On ti rèyon a soley asi figi an mwen
Ka fè mwen sav kè sé lè a révèy
Syèl la byen blé
On ti van ka chichoté an zorey an mwen
An nou allé pwofité dé la vi
Sé on tou piti péyi
Mé sé on paradi

(refrain)
Ti gwada la mwen enmé-y, okay
Papiyon jah désiné-y, okay
Pa pli ta ki yè swa mwen rèvé-y
Gwada sé on ti merveille

Fout rève la sa té bel
Adan gason gwada bèl kon ak an syèl
Politisyen an nou pa magouyé yo sé reyel
Pa ni rich ni pov ni pon débyèl
Anco mwens manman ki ka lévé timoun a yo tou sèl
Pon moun pa ka fè socyé tout moun enmé létwnèl
Kon avan tout moun té ka pasé aka tout moun pou nowèl
Timoun an nou té ka konnèt kilti a yo
Lékol aprann yo istwa a yo

(refrain)

Vyolans délinkans maltrétans nou pa té konèt sa gason
Adan rèv an mwen pa ni lambylans dè tout lè fason
Jou a travay ou té ké di sé vakans menm pou on mason
Bon ambians tout patou sé son, gason
Pon nom pa ka fawdé lèv
Pas bondyé kréyé adan é èv
Tout bitin kay pa ti ni pon grèv
Pon san pa ka koulé, ni sèv
jèn an nou fè la trèv
Dé tou sa ki zàm, dé tou sa ki glèv
Mè bondyé poukoi mwen fè on tèl rèv

(refrain)

Blan nèg zendyen ou bien milat, on melting pot
Sa bèl dè vwè timoun a yo joué ansanm, yo tout sé pot
Boté pa té ka konté menm si ou bèl kon kléopat
Yo ka prann-w depi ou sav travay, pé enpot
Pa té ni pon pwoblèm, gwada té ka pwodui non-stop
Tou lè lizin a kann, gason, pa janmè stop
Biguin zouk gwo ka reggea ragga rap é hip hop
Tout moun té ka pwan pyé a yo non stop

Portrait de xicoïa

à Noir Portrait de Noir De xicoïa

09H34 | 01/12/2008 | Permalien

Belle poésie !
Ce n'est que de la poésie.
L'intelligence de l'autre ne se mesure-telle que par le point de vue de l'hôte ?
Je dirais plutôt , manque de sympathie de mon point de vue.
C'est comme ça il me semble que ces « poncifs » ont la vie dure.

Portrait de nemo3637

à Noir Portrait de Noir De nemo3637

Déchoukeur | 14H17 | 01/12/2008 | Permalien

Noir | Indécis

Vous cernez bien l'attitude des métropolitains dans « leurs » colonies. Ils se distinguent souvent par leur arrogance, leur refus des autres cultures (« puisqu'on est en France… »), leur suffisance. Cette attitude arrogante des Français est bien connue de par le monde. Ce qui vaut quelques déboires à beaucoup d'entre eux quand ils voyagent ou séjournent au Québec, par exemple. Ou pire encore, en Côte d'Ivoire, où ils finissent par se faire écharper.

Portrait de Noir

De Noir

Indécis | 06H59 | 01/12/2008 | Permalien

Bonjour,

cet article rappelle combien les DOM-TOM sont invisibles dans l'opinion publique française, alors même que les évènements qui s'y déroulent sont souvent d'une rare intensité. Ce scandale permanent, que je vis depuis tout petit, moi qui suis le fiston d'un « métrofonctionnaire », je me l'explique par l'éloignement, bien sûr. Mais enfin, il me semble que l'actualité de ces Français méritent plus que d'être cantonnés sur les ondes d'un service public bienveillant, RFO, là où chaque jour voit survenir son lot de faits divers, évènements culturels, politiques et sociaux qui occuperaient la une des journaux s'ils se déroulaient sur le continent.

Car la richesse de ces territoires est immense, je vous l'assure. Bien plus que les nécessaires papiers de mise en perspective que l'on pourrait imprimer, et qui trainent de temps en temps dans un journal national - entre autres nombreux exemples, l'harmonie multiculturelle réunionnaise analysée il y a peu par le Monde comme unique sur Terre ; la vitalité littéraire des Antilles ; la situation de l'immigration guyanaise ; l'économie du Nickel en Nouvelle Calédonie et ses implications ; les aventures du copain de Chirac, l'inénarrable Gaston Flosse, à Papeete etc…- il y a au jour le jour des faits, de la vie en somme, qui sont liés aux préoccupations générales de la France en mouvement dans un monde globalisé. On le découvre par intermittence, comme ces derniers temps en Guyane, où on se rend compte que ce peuple de la jungle a besoin d'essence itou, et se préoccupe de pouvoir d'achat en cette période de crise. Dingue..

Plus qu'une esthétique de l'antiracisme qu'un terne Finkielkraut pourrait vouer aux gémonies dans l'une de ses éructations haineuses et vomitives, le compte-rendu régulier de l'actualité des DOM-TOM serait un bon moyen de saisir ce qu'est en réalité l'âme de la France. La France, ce sont aussi ces 2,5 millions d'individus vivant sous d'autres latitudes, ces individus nés français qui, en outre, ont de la famille sur le continent, et en grand nombre. C'est quand même pas nouveau tout cela, ça fait plus d'un demi-siècle que la Martinique et la Creuse partagent le même fonctionnement institutionnel (conseil général, préfet etc..).

Ceux qui objectent consciemment ou non que ces « confettis d'empire » (sic) méritent une attention moindre dans la mesure où leur économie vit sous « ponction métroplitaine » (re-sic) devrait s'interroger sur ce qu'est l'insularité. Après tout, le jeu de l'efficience économique est largement faussé en Corse, sur l'île de Ré, d'Oléron, que sais-je…
Rue 89, vous qui êtes si novateur (éco89, quelle merveille, par exemple), si vous pouviez perpétuer la révolution en intégrant équitablement et sans condescendance l'actualité des DOM-TOM dans votre contenu éditorial, vous me raviriez.
Parce que y en a vraiment marre d'attendre qu'un cyclone survienne pour entendre parler de l'outre-mer.

Bien à vous.

Portrait de fde

De fde

technicien | 13H34 | 01/12/2008 | Permalien

 » Ceux qui objectent consciemment ou non que ces « confettis d'empire » méritent une attention moindre […] devrait s'interroger « 

Tout à fait d'accord avec vous, et pour d'autres raisons encore :
- plusieurs millions d'ultra-marin vivent dans l'hexagone, s'implique dans la vie économique, sociale et culturelle de l'hexagone ; les ultra-marins ont depuis longtemps prouvé la profondeur de leurs sentiments citoyens. Ainsi l'attache de la plupart des territoires ultra-marins à la France est forte. L'expression beauffisante de “ confettis d'empire ” est insultante,
- le domaine maritime de la France est indubitablement boosté par ces petites îles,
- le fait d'avoir une tête de pont dans à peu près toutes les régions du monde est un incroyable avantage stratégique, voire économique, si ce potentiel était véritablement utilisé.

Que la France soit incapable actuellement d'utiliser cet avantage stratégique est regrettable, et est peut-être le symptôme d'un replie sur soi ; mais ne justifie aucunement ce genre de cliché.

Portrait de Hans Lukas

De Hans Lukas

cinéfils | 10H56 | 01/12/2008 | Permalien

C'est effectivement très réducteur de n'évoquer les DOM-TOM que lors d'évènements spectaculaires - souvent dans des termes teintés d'exotisme bon marché - ou dans des dépliants touristiques. En oubliant souvent les gens qui y vivent, et qui subissent aussi, et plus fortement, car ils sont plus exposés, les conséquences sociales de la compétition économique. En outre, ils doivent aussi subir les méfaits des spéculateurs en tous genres qui voient souvent dans ces régions, des colonnies à exploiter.
Mais il faudrait aussi évoquer les formidables richesses humaines dont sont peuplés ces bouts de terre, porteuses de cultures et de valeurs sur lesquelles nous ferions bien de nous reposer un moment.
Merci à Rue 89 pour leur porter un peu d'attention.

Portrait de fde

à Hans Lukas Portrait de Hans Lukas De fde

technicien | 11H24 | 01/12/2008 | Permalien

« car ils sont plus exposés, les conséquences sociales de la compétition économique »

Oui et non… Si les Dom-Tom étaient réellement exposés à la concurrence régionale, la situation serait très différente. Difficile d'un point de vue social, mais productive d'un point de vue économique.

Actuellement, je vois les choses comme ça :
Les Dom-Tom sont plutôt tourné économiquement vers l'hexagone, alors que ces territoires devraient plutôt être des portes de la France vers les régions alentours.

En tout cas, c'est ce qui semblerait le plus logique. Et pourtant…

Portrait de Simonette

De Simonette

Enseignant dans l'Hérault | 13H41 | 01/12/2008 | Permalien

Merci Rue 89, cela fait des mois que j'alerte sur la situation en Guyane. En particulier concernant l'éducation, la disparition des RASED va contribuer à l'extinction d'une « race » d'enseignants en voie de disparition : les militants.

Portrait de cicrane

De cicrane

révolté | 13H44 | 01/12/2008 | Permalien

Deux remarques :

Concernant le cas de Mayotte et son rattachement par VGE à la France, il faut aussi préciser qu'en droit international, Mayotte n'est pas française et que l'ONU condamne régulièrement la France pour « l'occupation » de Mayotte. Et par voie de conséquence, cette « frontière » que franchissent les clandestins venant des autres îles de l'archipel des Comores n'existe pas !

Par ailleurs, cet article sur « ces confettis d'empire, dont la grande majorité des Français ignorent presque tout » est illustré d'une photo prise à Anjouan, une île qui n'est pas française…

Portrait de kerlegan

De kerlegan

retraité de l'édition et de la pres... | 14H42 | 01/12/2008 | Permalien

Les DOM-TOM sont un vrai problème que nos « gouvernants » sont incapables de maîtriser ; ils se contentent de subir, comme en Corse. En conséquence, j'ai créé à Lorient une Association baptisée NEUF/ORIENT (parution au J.O. d'un jour à l'autre)qui a pour objectif, entre autres, de créer une Marché Commun Francophone et des Nouveaux Etats -Unis francophones (NEUF). La Corse et les DOM-TOM en seront les initiateurs.Des observateurs d'autres pays (Wallonie, Québec etc.) participeront à la réflexion collective. La crise mondiale doit être utilisée pour innover, créer, sortir des entiers archi-battus, et surtout pour redonner un avenir à ces DOM-TOM qui ont le triste sentiment d'être abandonnés à eux-mêmes. L'heure est venue de promouvoir un « citoyen du monde » francophone qui prendra sa place, toute sa place, parmi les autres… Vivent les NEUF ! A bas les DOM-TOM !
Gabriel Enkiri, président de NEUF/ORIENT (à Lorient)

Portrait de Annie Sétoualé

De Annie Sétoualé

lesblogueries.net | 18H48 | 01/12/2008 | Permalien

Ce soir à La Réunion, a été annoncé une baisse de 5 cts du prix du carburant à la pompe, à rajouter au 10 cts obenus il y a deux semaines, soit 15.
Les pétroliers lâchent 5 cts par 5 cts. Allez Monsieur le Préfet encore une réunion et on arrive aux 20 cts demandés !
Bon faut pas rêver …
Sinon pour répondre à Pierre Haski je ne sais pas si ici ça va péter. J'ai de gros doutes. Je pense que cette baisse de 5cts va décevoir, mais à quel point … aucune idée !

Portrait de Annie Sétoualé

à Annie Sétoualé Portrait de Annie Sétoualé De Annie Sétoualé

lesblogueries.net | 17H27 | 02/12/2008 | Permalien

Ce soir on apprend que sur les 5 cts accordés, 2cts ont été concédés par les gérants de station service. L'effort est demandé pour deux mois. Ils y croient. On verra s'ils ont raison de faire confiance au Préfet.
Jusqu'à aujourd'hui, 10 cts d'euros par litre de carburant revenaient à ces gérants.
A La Réunion, on est encore servi à la pompe et cette marge de 10 cts ne suffisait pas à payer ce personnel d'après le responsable syndical des pompistes, et c'est le chiffre d'affaire des boutiques qui comblerait le manque.

Les arguments qu'on nous donne pour une baisse aussi ridicule par rapport à la chute du Brent, c'est qu'il y a un retard de trois mois du au stockage pratiqué sur l'île (en gros ce qu'on vend maintenant à été acheté il y a trois mois).

Or, lors d'une émission de RFO sur le prix du carburant, on nous a montré un joli schéma avec plein de courbes superposées :
- évolution du prix du Brent
- évolution du prix du sans plomb en Métropole
- évolution du prix du sans-plomb à La Réunion
- évolution du prix du gazole en Métropole
- évolution du prix du gazole à La Réunion
Difficile à analyser par rapport au court instant d'affichage à l'antenne, mais je dois dire que le décalage que j'aurai du observer entre l'augmentation du prix du Brent et l'augementation des prix à la Réunion ne m'a pas sauté aux yeux. Toutes ces courbes semblaient se suivre. Quid du fameux décalage de trois mois ? Seulement quand ça baisse ?

J'ai écris à RFO pour avoir ce schéma, je suis une grande naïve. Je ne l'ai pas obtenu …

Pour couronner le tout le carburant vient de Singapour - endroit le plus proche où l'on obtient un raffinage à la hauteur des normes européennes à ce qu'on nous dit. Donc ça expliquerait que chez nous, le carburant soit si cher.

Cependant, si rue89 réussissait à obtenir la composition du prix de l'essence, notamment à combien il est acheté à Singapour, il rendrait un fier service aux Réunionnais. C'est une infos figurez vous que l'Etat prétend ne pas avoir, mais promet de donner dès qu'il l'aura. Les pétroliers resteraient obscurs sur la chose. Sans blague !

Bon ben suite au prochain épisode

Portrait de nanouel

De nanouel

pré retraité 59 ans, sympathisant e... | 18H57 | 01/12/2008 | Permalien

Un certain ANDRIANTSOLI , aventurier malgache, après avoir conquis l'île de Mayotte par la force, décida en 1841 de vendre cette île à la France !
ANDRIANTSOLI n'étant pas mahorais, il n'avait bien sur aucune légitimité pour cet acte, et cela suscita les protestations du sultan SAID HAMZA Said ABDALLAH, proclamé SULTAN des COMORES, protestations qui l'on s'en doute restèrent lettres mortes, d'autant plus que dans les décennies qui suivirent quelques aventuriers venus de France, du gendarme LAMBERT à Victor LOUMEAU, et à Léon HUMBLOT finirent par obtenir des protectorats français jusqu'à l'annexion définitive en 1912.

Les Comores tiennent leur nom de l'arabe Kamar, nom donné par les navigateurs arabes, qui avaient dès le 10° siècle, constaté l'unité de l'ARCHPEL qui bien que féodal, comme le fut d'ailleurs la France longtemps, rassemblait des populations ethniquement semblables, pratiquant les mêmes coutumes, et utilisant la même langue, bien qu'affectée de variations locales, semblables à celles qui ont affecté pendant longtemps les provinces françaises.

Longtemps traités comme des dépendances malgaches, la France décida en 1946 de reconnaître l'unité des COMORES ce qui aboutit à la création du TERRITOIRE des COMORES jusqu'à l'obtention d'un statut de TOM doté de l'autonomie interne et composé de 4 îles :
NGAZIDJA ou GRANDE COMORE
NDZUANI ou ANJOUAN
MWALI ou MOHELI
MAORE ou MAYOTTE !

Des mouvements nationalistes, MOLINACO et PASOCO, obtiennent en 1973, l'accession à l'indépendance programmée pour l'ARCHIPEL !
Un referendum organisé en 1974 sanctionne la volonté de 95 % des comoriens d'accéder à l'indépendance, seule l'île de MAYOTTE votant à plus de 65% pour le maintien colonial !

Curieusement, en 1958 le referendum de décolonisation du Général de GAULLE avait donné des résultats inverses, c'est-à-dire que seule MAYOTTE avait voté pour l'indépendance.
Sagement, DE GAULLE, observa le résultat global et respecta le choix majoritaire des COMORIENS, partis d'un ensemble UNIQUE !

Curieusement, en 1974, le lobbying de quelques élites, souvent exogènes, malgré les déclarations des autorités de l'époque, aboutit à ce que le pouvoir décide d'examiner les résultats île par île, comme si un référendum avait été organisé indépendamment dans chaque île, c'est dire que les règles du jeu ont été changées après le vote ! Un amendement du Sénat français ayant prévu l'organisation d'un référendum GLOBAL en vue de la Consultation DES populations comorienne au lieu de LA population ; Cas unique ! Imaginons que lors d'une élection en France, on ait soustrait une région ou un département à la loi commune sous prétexte que le vote local allait à l'encontre du résultat final ! C'est pourtant exactement ce qui s'est passé pour MAYOTTE !

La chambre des députés comorienne , constituée d'élus des 4 îles proclame unilatéralement l'indépendance de l'Archipel le 6 JUILLET 1975 !

Ainsi, donc s'affrontent désormais 2 conceptions :
- le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes
- -le respect du DROIT INTERNATIONAL

Car, l'Organisation des NATIONS UNIES a admis Les COMORES, pays indépendant composé de ses 4 îles et fermement condamné la France dans sa résolution du 21 OCTOBRE 1976 N° 31/'4 tout en condamnant l'organisation des referendums du 8 février et 11 avril 1976 , considérés comme NULS et NON AVENUS
RéSOLUTIONS RECONDUITES en 1977/1979/1980/1981/1982/1983/1984/1985/1986/1987/1988/1989/1990/1991/1992/
Jusqu'à ce que la France impose aux divers gouvernements comoriens le traitement de la question dans le cadre de négociations bilatérales, négociations n'ayant jamais été engagées à ce jour.

Depuis la France fait évoluer le statut de MAYOTTE à l'intérieur de la République Française pour aller de celui de « collectivité territoriale » à celui de « collectivité départementale » pour aboutir à un projet de départementalisation accordé par la CONSTITUTION FRANCAISE, laquelle loi fondamentale interne ne peut suppléer le DROIT INTERNATIONAL ! en droit international, la CONSTITUTION française n'a pas davantage force de loi que la CONSTITUTION comorienne qui réaffirme l'appartenance de MAYOTTE à sa nation, et prévoit de surcroit l'autonomie de l'île au même titre que les autres dans l'ensemble comorien !

Cependant, la France se targue de respecter ce droit en faisant valoir « le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes » tout en contrevenant à la Déclaration des NATIONS UNIES sur les peuples autochtones adoptée le 13 septembre 2007 !

Encore faudrait-il qu'il existe un peuple mahorais distinct du peuple comorien : liens familiaux séculaires, uniformité des ethnies et des cultures, de la langue et de la religion. Toutes les recherches historiques, ethnologiques prouvent l'unicité du peuple comorien, les quelques minorités et différences constatées sont le résultat direct de l'antériorité de la colonisation ! Il y a infiniment plus de différence entre la population mahoraise et la population métropolitaine française qu'entre la population des différentes îles comoriennes.

Curieusement La France se fait le chantre de l'UNIVERSALISME républicain, raison pour laquelle elle a émis des réserves à l'article 27 du Pacte International relatif au droits civils et politiques et à l » article 30 de la Convention internationale du droit de l'enfant.

Comment dès lors, justifier sa position de 1974 , selon laquelle, dans un territoire alors administré par la France, il convenait de relever les droits politiques d'une minorité , alors qu'elle refuse le principe de leurs reconnaissances dans sa propre République !

Alors que malgré l'indépendance, la circulation entre les îles était libre, en 1993, Mr BALLADUR, alors premier ministre décide d'imposer un visa d'entrée aux autres COMORIENS dans l'île de MAYOTTE ; pourtant,se développe une immigration vers sa 4° île de la population comorienne, qui fait qu'aujourd'hui les mahorais sont minoritaires à MAYOTTE ;
Dans le même temps, à l'instar de ce qui se passe sur les côtes du Sud de l'EUROPE ou du NORD de l'AFRIQUE, un nombre catastrophique de décès s'est produit dans les passes mahoraises où des milliers de personnes ont péri en tentant de rejoindre l'île , pendant que les habitants de MAYOTTE émigrent en masse vers la Réunion ou la France ; il est vain de croire que la France comme le reste de l'Europe puisse s'opposer à ce flux migratoire sans finir par employer une pléthore de moyens militaires ou policiers extrêmement couteux, et provoquer d'innombrables drames humains qui seront une honte pour la conscience humaine

Le projet de départementalisation de Mayotte , par l'assimilation sociale et culturelle qu'il prétend imposer est en infraction avec la déclaration sur les peuples autochtones de 2007 dans ses articles :
ARTICLE 8

1. Les autochtones, peuples et individus, ont le droit de ne pas subir d'assimilation forcée ou de destruction de leur culture.
2. Les États mettent en place des mécanismes de prévention et de réparation efficaces visant :
a) Tout acte ayant pour but ou pour effet de priver les autochtones de leur intégrité en tant que peuples distincts, ou de leurs valeurs culturelles ou leur identité ethnique ;
b) Tout acte ayant pour but ou pour effet de les déposséder de leurs terres, territoires ou ressources ;
c) Toute forme de transfert forcé de population ayant pour but ou pour effet de violer ou d'éroder l'un quelconque de leurs droits ;
d) Toute forme d'assimilation ou d'intégration forcée ;
e) Toute forme de propagande dirigée contre eux dans le but d'encourager la discrimination raciale ou ethnique ou d'y inciter.
Article 9
Les autochtones, peuples et individus, ont le droit d'appartenir à une communauté ou à une nation autochtone, conformément aux traditions et coutumes de la communauté ou de la nation considérée. Aucune discrimination quelle qu'elle soit ne saurait résulter de l'exercice de ce droit.
Article 10
Les peuples autochtones ne peuvent être enlevés de force à leurs terres ou territoires. Aucune réinstallation ne peut avoir lieu sans le consentement préalable
– donné librement et en connaissance de cause – des peuples autochtones concernés et un accord sur une indemnisation juste et équitable et, lorsque cela est possible, la faculté de retour.
Article 11
1. Les peuples autochtones ont le droit d'observer et de revivifier leurs traditions culturelles et leurs coutumes. Ils ont notamment le droit de conserver, de protéger et de développer les manifestations passées, présentes et futures de leur culture, telles que les sites archéologiques et historiques, l'artisanat, les dessins et modèles, les rites, les techniques, les arts visuels et du spectacle et la littérature.
2. Les États doivent accorder réparation par le biais de mécanismes efficaces – qui peuvent comprendre la restitution – mis au point en concertation avec les peuples autochtones, en ce qui concerne les biens culturels, intellectuels, religieux et spirituels qui leur ont été pris sans leur consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause, ou en violation de leurs lois, traditions et coutumes.
Article 12
1. Les peuples autochtones ont le droit de manifester, de pratiquer, de promouvoir et d'enseigner leurs traditions, coutumes et rites religieux et spirituels ; le droit d'entretenir et de protéger leurs sites religieux et culturels et d'y avoir accès en privé ; le droit d'utiliser leurs objets rituels et d'en disposer ; et le droit au rapatriement de leurs restes humains
2. Les États veillent à permettre l'accès aux objets de culte et aux restes humains en leur possession et/ou leur rapatriement, par le biais de mécanismes justes, transparents et efficaces mis au point en concertation avec les peuples autochtones concernés.
Article 13
1. Les peuples autochtones ont le droit de revivifier, d'utiliser, de développer et de transmettre aux générations futures leur histoire, leur langue, leurs traditions orales, leur philosophie, leur système d'écriture et leur littérature, ainsi que de choisir et de conserver leurs propres noms pour les communautés, les lieux et les personnes.
2. Les États prennent des mesures efficaces pour protéger ce droit et faire en sorte que les peuples autochtones puissent comprendre et être compris dans les procédures politiques, juridiques et administratives, en fournissant, si nécessaire, des services d'interprétation ou d'autres moyens appropriés.
Article 14
1. Les peuples autochtones ont le droit d'établir et de contrôler leurs propres systèmes et établissements scolaires où l'enseignement est dispensé dans leur propre langue, d'une manière adaptée à leurs méthodes culturelles d'enseignement et d'apprentissage.
2. Les autochtones, en particulier les enfants, ont le droit d'accéder à tous les niveaux et à toutes les formes d'enseignement public, sans discrimination aucune.
3. Les États, en concertation avec les peuples autochtones, prennent des mesures efficaces pour que les autochtones, en particulier les enfants, vivant à l'extérieur de leur communauté, puissent accéder, lorsque cela est possible, à un enseignement dispensé selon leur propre culture et dans leur propre langue.
Article 15
1. Les peuples autochtones ont droit à ce que l'enseignement et les moyens d'information reflètent fidèlement la dignité et la diversité de leurs cultures, de leurs traditions, de leur histoire et de leurs aspirations.
2. Les États prennent des mesures efficaces, en consultation et en coopération avec les peuples autochtones concernés, pour combattre les préjugés et éliminer la discrimination et pour promouvoir la tolérance, la compréhension et de bonnes relations entre les peuples autochtones et toutes les autres composantes de la société.
Article 16
1. Les peuples autochtones ont le droit d'établir leurs propres médias dans leur propre langue et d'accéder à toutes les formes de médias non autochtones sans discrimination aucune.
2. Les États prennent des mesures efficaces pour faire en sorte que les médias publics reflètent dûment la diversité culturelle autochtone. Les États, sans préjudice de l'obligation d'assurer pleinement la liberté d'expression, encouragent les médias privés à refléter de manière adéquate la diversité culturelle autochtone.
……
Question : LA POPULATION DE MAYOTTE CONSTITUE-t-elle un peuple autochtone ? ? ?
Assurément oui, puisqu'elle est établie sur l'ile depuis des siècles avant la colonisation, assurément oui, puisqu'elle se distingue de la population de métropole, ethniquement, religieusement, linguistiquement.

D'un point de vue moral et social, il est certain que les affirmations de la déclaration reproduite ci-dessous sont en contradiction avec le projet de départementalisation qui vise en premier lieu à forcer la disparition des spécificités juridiques, sociales de MAYOTTE, pour lui appliquer la norme unique républicaine et même plus tard européenne !
Soulignons l'incongruité qui consiste dans le droit français à exiger des populations étrangères candidates à l'émigration des critères que moins de la moitié de la population mahoraise remplit :
- maitrise de la langue française
- autonomie économique des foyers
- adhésion aux valeurs

Et, cependant, on prétend intégrer à la République Française des milliers de personne qui si elles étaient candidates à la nationalité française en seraient refoulées.
Alors qu'il est déjà acquis que juridiquement, la mise aux normes de la société comorienne ne peut se faire que par étapes et au prix de nombreux efforts, comment peut-on espérer que sociologiquement cela n'imposera pas de contraintes plus difficiles

Juridiquement, la France évoque sa CONSTITUTION SOUVERAINE et ses dispositions qui détermineraient le sort de MAYOTTE ;
N'oublions pas que ces dispositions y ont été introduites, et que comme les traités européens ont imposé les modifications successives, il est possible de susciter un débat national français et d'y introduire le respect des résolutions internationales, comme cela est affirmé dans son préambule
« La République française, fidèle à ses traditions, se conforme aux règles du droit public international. Elle n'entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n'emploiera jamais ses forces contre la liberté d'aucun peuple.
Sous réserve de réciprocité, la France consent aux limitations de souveraineté nécessaires à l'organisation et à la défense de la paix.

La France peut modifier sa constitution en congrès, comme elle le fait régulièrement ou en en appelant au peuple français après avoir loyalement exposé tous les tenants et aboutissants des vestiges de sa politique coloniale !

La question mahoraise, comme beaucoup d'autres aspects des politiques françaises est ghettoïsé, soustraite au peuple français dans son ensemble, et livrée aux lobbyistes locaux. Les peuples français et comoriens méritent mieux ! ! ! ! ! Ils méritent l'appréhension honnête et loyale des conséquences de toutes les décisions prises. Ils méritent un choix éclairé entre les enjeux qui se posent !
L'indépendance de MAYOTTE ne signifie pas la fin de l'amitié franco-mahoraise. La France peut et doit continuer à apporter son amitié, son assistance à MAYOTTE, tout en respectant le droit international, le droit de la NATION COMORIENNE !
Elle ferait honneur à son histoire en faisant preuve de cohérence ! Il ne peut y avoir un discours sur les populations géorgiennes qu'elle ne s'appliquerait pas à elle-même s'agissant des COMORES , lesquelles jusqu'à ce jour se sont révélées être des alliées loyales, intégrant dans leur société, l'héritage francophone jamais démenti ;
Les élus français, les responsables politiques à tous les niveaux ont le devoir s'interroger, de prendre leurs responsabilités et de témoigner enfin au peuple comorien l'amitié qu'ils ne cessent d'affirmer !

Portrait de fde

à nanouel Portrait de nanouel De fde

technicien | 09H33 | 02/12/2008 | Permalien

Le choc culturel, qui s'est accéléré depuis 20 ans pour les mahorais, est rude. Il l'a été pour tous les DOM, comme il l'a été pour les provinces françaises en un temps pas si lointain.

Mais soyons réaliste. Ce qui compte en définitive, ce sont les opportunités et les perspectives pour un individu, que permettent l'appartenance à un espace français comparativement plus vaste ; voire mieux, l'appartenance à l'espace européen.

La plupart des domiens, je pense, sont conscients des choix et des compromis culturels que cela entraîne. Nos cultures persistent, mais s'atténuent malgré tout, car elles doivent alors se métisser dans un cadre plus vaste. Mais le refus de des opportunités qui en sont la contre-partie n'a de sens que pour ceux qui ont la possibilité de choisir ! Aussi, je comprends très bien la volonté mahoraise de rester dans le cadre français, tout comme je comprends l'immigration comorienne à Mayotte.

« - le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes “
‘- le respect du DROIT INTERNATIONAL

Sincèrement, face aux choix des peuples, le sens des résolutions onusiennes me paraît plutôt abstrait. Elles sont d'autant plus abstraites que l'onu ne sait pas les appliquer elle-même. Typiquement, je suis sidéré du manque d'efficacité criminel de la MONUC en RDC.

Portrait de Guyanalive

De Guyanalive

Travailleur indépendant | 20H34 | 01/12/2008 | Permalien

J'ai lu sur plusieurs forums que les élus de Guyane proposaient d'abandonner une partie de leur salaire du mois de décembre en solidarité avec les personnes sur les barrages. A quoi peut servir ce geste, ils ne veulent vraiment pas lâcher les 20 centimes de taxe, même si ils doivent y laisser une partie de leurs revenus ? ? ? ?

Portrait de Gandijyn

à Guyanalive Portrait de Guyanalive De Gandijyn

23H35 | 01/12/2008 | Permalien

Vous rigolez ? … ils sont déjà en train de préparer Vaval ! : )))

Portrait de Vinjo

De Vinjo

Citoyen | 22H04 | 01/12/2008 | Permalien

Je me dois de réagir concernant le prix du carburant. Il est évident que cela pèse lourd dans le budget des ménages, ultramarins qui plus est. Mais un thème qui est poujadiste en métropole l'est aussi outre-mer : il y a la bas un culte de la bagnole et tous ses dérivés (tuning…) qui est affolant.
Le vrai débat c'est plutôt d'y encourager le développement des transports publics. Le projet du tram-train de l'île de la Réunion est en train d'être négocié et pourrait capoter à cause de la crise. Ca serait une catastrophe pour les Réunionnais car cela leur permettrait de sortir de la dépendance au pétrole.
Il est temps que l'outre-mer rejoigne les standards métropolitains en terme de transports en commun !

Portrait de Gandijyn

à Vinjo Portrait de Vinjo De Gandijyn

23H40 | 01/12/2008 | Permalien

Posez-vous la question autrement :
Pourquoi dans un DOM aussi ensoleillé, qu'il n » ait pas eu d'initiative indépendante, telle l'énergie solaire ?
Je ne sais pas si les « vélos-solaire » existent ? ou pourquoi pas innover, « roller & sac-à-dos-solaire » ? voire « planche-à-voile-solaire » ? : )))

Portrait de Vinjo

à Gandijyn Portrait de Gandijyn De Vinjo

Citoyen | 10H17 | 03/12/2008 | Permalien

Allez voir à la Réunion ! La bas au moins 90% des logements ont un chauffe-eau solaire, et le photovoltaïque se développe.
Ils ont aussi des programmes pour développer l'énergie issue de la houle me semble-t-il.
Après c'est véritablement du côté de la dépendance automobile que ça pèche.

Portrait de Chris du Fier

De Chris du Fier

Chroniqueur | 22H10 | 01/12/2008 | Permalien

Les TOM-DOM, c'est où Chef…
Ta gueule et paye.

Portrait de Akaz

De Akaz

Malfini | 22H25 | 01/12/2008 | Permalien

Merci, Noir, merci Noir !

Ce qui est bizarre, c'est qu'en dehors des réactions d'exaspérations, coutumières dès que notre situation est mise sous la lumière en France, qu'il y ait de vrais analyses qui sortent comme ça. Je traine souvent sur les sites antillo-guyanais, et souvent ce n'est pas pareil, culte de l'omerta ou de celui qui sait et qui ne parle qu'en sous-entendus.

Merci encore.

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