Les territoires et départements d'outre-mer souffrent, entre autres, de la hausse du prix des carburants. Et du silence de Paris.
Un département français bloqué depuis huit jours par un mouvement de protestation contre le prix de l'essence, dans l'indifférence générale ? Cette information serait impensable s'il ne s'agissait d'un département… d'outre-mer, en l'occurrence la Guyane. Imagine-t-on la Gironde ou l'Alsace bloquées huit jours par des barrages sans faire les gros titres et mobiliser partis et syndicats ?
Ce sont des Guyanais qui nous ont alertés, et les témoignages d'internautes ont permis de briser le mur du silence ou plutôt de l'indifférence en « métropole » [je mets des guillemets, je déteste ce mot mais quel autre employer ? ].
Où en sont les DOM-TOM ? Comment font-ils face à la crise, de Cayenne à Nouméa en passant par Mayotte, dans ces « confettis d'empire », selon la formule de Jean-Claude Guillebaud, dont la grande majorité des Français ignorent presque tout ?
Comme dans le cas de la Guyane, ce sont vos témoignages qui peuvent permettre de donner une image complète, non filtrée, de la réalité de cette France des antipodes. Adressez-nous vos témoignages, vos commentaires, et une synthèse en sera faite dans quelques jours, permettant de faire émerger des informations marginalisées ou carrément mises sous le tapis. Vous pouvez laisser votre contribution en commentaire sous cet article, ou l'adresser directement à notre boîte « contact » : contact@rue89.com
Le prix du carburant figure aujourd'hui au cœur des inquiétudes
En attendant, petit tour d'horizon de ces territoires sur lesquels flotte le drapeau tricolore dans l'Atlantique (avec la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, Saint-Pierre-et-Miquelon), l'Océan Indien (avec la Réunion et Mayotte) et l'Océan Pacifique (avec la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie et Wallis-et-Futuna), soit quelque 2,5 millions de personnes, loin d'une France « métropolitaine » elle-même en crise et partagée entre indifférence et volonté stratégique de présence.
De Cayenne à Papeete, on se rend compte que le prix du carburant figure aujourd'hui au cœur des inquiétudes et de la colère, dans des territoires dont l'économie est largement sous perfusion « métropolitaine ».
Avec moins de bruit que la Guyane, les Réunionnais avaient protesté fin octobre et début novembre contre des prix à la pompe qu'ils estiment loin de la réalité du marché pétrolier. La question reste explosive et pourrait reprendre le chemin de la rue en cas de déception après la réunion, prévue ce lundi à Saint-Denis, entre le préfet et les distributeurs pétroliers.
Sur les sites réunionnais, on peut lire quelques appels à « tout péter » si les prix ne baissent pas. Combien sont-ils à partager le point de vue « Mooneti », qui écrit sur le site clicanoo.com :
« Nous payons la rançon de la départementalisation. Nous ne serons jamais français à part entière ; loin de la France, nous n'aurons jamais le même fonctionnement qu'un département métropolitain. Je pense que les pouvoirs publics n'ont pas conscience de la gravité de la situation et qu'il est en train de s'installer dans notre île, de façon pérenne, un esprit révolutionnaire. Les manipulations en tout genre ont assez duré.
Quant aux pétroliers, nous savons tous qu'ils ont spéculé et qu'ils ne sont pas à plaindre : leur caisse est pleine à ras bord. Pourquoi les gérants de station, en France métropolitaine, n'ont aucun problème ? Nous attendons une baisse des carburants, sans plus ! »
En Guyane, la crise se poursuivait ce weekend, avec quelque vingt-cinq barrages routiers et la fermeture de l'aéroport international de Cayenne, malgré le « geste » d'Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, de baisser de trente centimes le prix du carburant dans le département. Le mouvement de protestation réclame toujours cinquante centimes de baisse et a reçu le soutien des partis politiques de Guyane, y compris l'UMP locale qui demande au gouvernement de satisfaire la revendication.
Il a fallu que les Guyanais en fassent beaucoup pour se faire remarquer de Paris, y compris provoquer le report d'un lancement de fusée Ariane sur le site de Kourou… Je ne résiste pas à l'envie de vous proposer de nouveau ce clip de Negus aka Mero, « 1,77 euros », tourné au début du mouvement et qui a aidé à faire connaître la revendication des Guyanais. (Voir la vidéo)
Avec près de 200 000 habitants, la Guyane est un département à part entière, mais ce territoire amazonien, voisin du Brésil, est aussi une vaste zone de non-droit dès lors qu'on touche à l'orpaillage clandestin, comme l'ont montré un film récent, « La Fièvre de l'or », et l'attitude des autorités militaires du département face aux journalistes trop curieux.
Inquiet de la contagion, Jégo a demandé aux préfets de Martinique et de Guadeloupe « d'examiner sans délai les moyens d'obtenir une baisse significative des prix des carburants dans ces deux départements qui pourrait s'appliquer elle aussi, dès le début du mois de décembre ».
Par souci d'économie, les DOM-TOM privés de leurs avantages
Le prix du carburant n'est pas le seul problème sur la table. Le gouvernement, dans sa quête d'économies tous azimuts, vient de supprimer des avantages réservés aux fonctionnaires retraités installés outre-mer, et a fait adopter le plafonnement des avantages fiscaux liés aux investissements dans les DOM-TOM, qui étaient devenue une source majeure de financement, notamment aux Antilles.
Nicolas Sarkozy a reconnu la semaine dernière que cette dernière réforme, prévue dans le budget 2009, « a été vécue douloureusement outre-mer ». Mais il a ajouté qu'il n'était pas juste que de riches contribuables s'en servent pour ne pas payer d'impôts. En s'adressant aux maires d'outre-mer, le président est revenu sur ces réformes impopulaires, et a eu ce cri du cœur quelque peu paternaliste :
« Les choix, c'est justement parce que je vous aime et que je crois en l'avenir de l'outre-mer que je les fais. Le plus gros des réformes difficiles est derrière nous (…) Des réformes positives viendront début 2009. »
Entre une « métropole » qui n'a plus les moyens de ses ambitions et continue de tenir l'outre-mer sous perfusion, et des territoires tiraillés entre des aspirations contradictoires, le gouvernement évolue dans une voie étroite, en cherchant avant tout à éviter les explosions.
Des réformes institutionnelles en chantier
Reste enfin, l'énorme chantier de l'évolution institutionnelle de plusieurs territoires.
Celui de Mayotte, d'abord, qui s'apprête à connaître un grand changement, avec la promesse de Paris de la départementalisation d'ici à 2011 de ce territoire de l'océan Indien qui est à l'heure actuelle une « collectivité territoriale ». Un référendum est prévu en mars 2009 dans l'île.
Sans donner plus de détails, Nicolas Sarkozy a appelé la semaine dernière à « concevoir un modèle de département qui soit respectueux de l'identité de Mayotte ».
Or Mayotte n'est pas un cas simple. Cette île comorienne de 200 000 habitants a voté pour rester dans l'ensemble français en 1975, lors du référendum d'autodétermination des Comores. Les trois autres îles sont devenues indépendantes, mais Valéry Giscard d'Estaing a choisi de séparer Mayotte de ses « sœurs », et d'en faire un territoire français. Début des problèmes…
Depuis, Mayotte vit au rythme de l'arrivée des « kwasa kwasa », ces pirogues en provenance de l'île voisine d'Anjouan, chargées de « clandestins », attirés par le niveau de vie bien supérieur du territoire français et surtout par ses installations médicales. Des centaines de « clandestins » ont perdu la vie dans cette traversée périlleuse et la situation sociale de Mayotte est explosive. C'est la bombe à retardement laissée par VGE en 1975…
En faisant franchir un pas de plus à l'intégration de Mayotte dans la République, le gouvernement n'a pas pour autant de réponse à la question de ses relations avec les Comores et leur misère, et continuera d'expulser à tour de bras les « clandestins » de Mayotte, qui constituent une part non négligeable des 25 000 reconductions à la frontière dont Brice Hortefeux est si fier.
Et il y a bien sûr l'avenir de la Nouvelle-Calédonie, vingt ans après les accords de Matignon qui ont mis fin à une période de trouble dans le territoire situé dans l'océan Pacifique, et dix ans après l'accord de Nouméa qui donnait une feuille de route institutionnelle.
Mais, comme le constatait lors de cet anniversaire Christian Le Goff sur Rue89, rien n'est réglé à Nouméa. Sa conclusion :
« Dans un an, les électeurs calédoniens renouvelleront leur Congrès qui aura la charge de dresser la liste des compétences à transférer et préparer -ou reporter une nouvelle fois ? - l'organisation du référendum d'autodétermination prévu après la fin de cette prochaine mandature. Mais pour l'instant, et ce malgré les accords de Matignon et de Nouméa, aucune solution n'est prévue pour concilier définitivement les deux légitimités du Territoire, celle du premier occupant et celle de la majorité. »
Ce petit tour d'horizon non-exhaustif -on n'y a pas parlé de la Polynésie française ou de Saint-Pierre-et-Miquelon, deux territoires situés aux deux extrémités de cet empire français light- montre néanmoins que la « question des DOM-TOM », si elle n'est pas au cœur de l'actualité des Français, continue de se poser. Il n'est pas inutile, au minimum, que l'opinion dispose d'informations complètes. Et ne se laisse pas gagner par une indifférence qui précède toujours les réveils douloureux.
Article modifié le 1er décembre : la photo a été retirée car elle était prise aux Comores, certes, mais sur l'île d'Anjouan, qui n'appartient pas aux confettis de l'empire… Nos excuses pour cette erreur.





















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à anacaona
De kazhkoad
- | 13H05 | 01/12/2008 |
Je dit simplement que si des personnes sont fondées pour réclamer l'indépendance, ce sont les amérindiens (or, en Guyane ce ne sont pas eux qui réclament l'indépendance).
Si demain, dans le Limousin, une minorité d'allochtones (ne serait ce que de la région voisine) réclament l'indépendance alors que la majorité autochtones+allochtones ne la souhaite pas : serait ce une situation normale ? ? ?
Votre professeur d'histoire n'a pas dû oublier de vous dire que les premiers états américains qui ont obtenus l'indépendance ne correspondaient pas (de très loin) à l'ensemble des USA actuels mais à une superficie très inférieure et à l'époque, dans les états qui ont obtenu l'indépendance, la très grande majorité des indiens étaient en dehors de ces quelques états.
De toutes façons, pour eux colonisation anglaise ou américaine, ça devait être la peste ou le choléra….
à kazhkoad
De anacaona
19H38 | 01/12/2008 |
J'entends bien, mais vous n'avez toujours pas expliqué ce que vous entendez par « allochtones créoles provenant des Antilles ».
à anacaona
De kazhkoad
- | 20H25 | 01/12/2008 |
allochtones : différents d'autochtones (donc tous ceux qui ne sont pas amérindiens) !
provenant des Antilles : en majorité d'origine Guadeloupéenne et Martiniquaise
Je ne vois pas ce qui était à expliquer…
à kazhkoad
De Gandijyn
22H40 | 01/12/2008 |
Comment pourrait faire les Amérindiens pour manifester une quelconque demande d'indépendance ?
- ils ont été vaccinés à l'arrivée des colons
- convertis au Kto qu'ils en perdent leurs traditions (c.f. Tristes Tropiques - reportage récent d'Arte)
- une grande partie massacrée
- le reste est alcoolique ou intoxiquée au mercure, savent presque plus pêcher, ni chasser
- les autres reniflent des relents de propergols
- les derniers sont embauchés aux environs de Kourou, dont base spatiale … pour finir dans des clapiers, avec TV dernier cri ( ! )
Nous allons attendre la prochaine incarnation d'un « Claude Levi-Strauss » afin de les empailler pour le musée du quay Branly ? Dans de quelques années, ils feront joyeusement partie de la liste incantatoire des associations de défense (mémoire ? ) des « peuples premiers » (Arutam, Shane, ou Root des peuples), si le Conseil des Chamans y pense.
à Gandijyn
De kazhkoad
- | 18H26 | 02/12/2008 |
Bonjour
mon passage en Guyane date de 17 ans mais je n'avais pas une vision aussi désespérée de la situation (en tout cas vers Awala Yalimapo et St Laurent du Maroni, bien qu'il y ait de l'alcoolisme et de l'acculturation.
à kazhkoad
De Gandijyn
02H29 | 03/12/2008 |
Awala s'en sort mieux que les autres Amérindiens des 7 plateaux de(s) Guyane(s) !
L'ancien maire, Paul H., ex-représentant du peuple Amérindien, était (est ? ) aussi tech sur la Base du CSG. et comme tout bon citoyen, a investi dans un restaurant à Kourou.
Le village s'en est sorti grâce aux fonds reçu en subvention, les salaires cumulés et, sans doute quelques concessions avec les élus locaux (famille Cast.. et Cie), et aussi par les plages de ponte des tortues luth.
Simplifié, le reste la Guyane est « contrôlé » par pluieurs clans :
- Les « Guyanais » (familles créoles anciennes, incrustées dans le Conseil Général et quelques postes de maires, avec des actions limitées - on leur laisse croire qu'ils ont du Pouvoir)
- Les « Libanais » (pour le commerce et banques)
- les « Chinois » et « Mhongs » pour le commerce et maraîchage de Cacao depuis VGE ans les années 70 ( ? )
- Les « Antillais » pour les tertiaire Kourou (secrétariat, gestion, …)
- Les « Brésiliens » pour les Charpentes, maçonnerie
- Les « Saramaka » et haïtien ( ? ) pour la Sécurité et entretien des espaces verts (jardinage)
- les « Surinamiens » pour la survie
- les Européens, les gras manuel et intellectuels
Les systèmes mafieux y sont présents, plus visibles qu'en France, car l'accès par route est réduit, et ce dans toutes les communautés, le nombre d'habitants (officiel) limité à 200-250.000h, et plus ou moins accepté (officieusement), dès lors qu'il n'y a pas trop de casse, et tout le monde « se connaît ».
Derrière se cache les « mariage blancs » (toutes communautés - y'a de l'ingénieur à croquer, la carte de résident, la sécu, l'école, …), les adoptions facilitées avec le Brésil, la drogue (plaque tournante Brésil, Equateur, Pérou), la recherche de l'or, le transit des pierres semi-précieuses du Brésil, … deux hôpitaux, véritables « gouffres financiers », monopole en ligne aérienne. Bref…
Un vrai folklore où il fait bon vivre, tant qu'on se fait pas casser (soi-même ou couple) par jeux ou volontés idiotes (département où à lieu le plus grand taux de divorce)… des agents expat qui reviennent (seul ou accompagnés) à l'aise financièrement car économiseur, ou alcooliques (fêtard n'ayant rien voulu rater de soirées)…
Il y a eu une thèse en 2006 (à mon avis, intéresante)
Les métropolitains en Guyane : Une intégration sociale entre individu et groupe culturel
- http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00069065
à kazhkoad
De Ndjocka
irrégulier | 13H24 | 01/12/2008 |
kazhkoad, en 1975, la République Fédérale Islamique des Comores était UN pays composé de QUATRE îles. La majorité de la population, lors du référendum, a réclamé l'indépendance. Vous appliquez, dans votre raisonnement, la methode de l'Etat français qui à l'époque, à choisi arbitrairement, et unilatéralement, d'interpréter les résultats en sa faveur (afin de garder un pied-à-terre dans coin de planète ô combien géostratégique) et de morceler un Etat souverain. Qu'importait la Justice !
à Ndjocka
De kazhkoad
- | 20H53 | 01/12/2008 |
Mayotte a voté deux fois contre l'indépendance ! et n'a jamais fait partie de la la République Fédérale Islamique des Comores (qui fait suite à la déclaration unilatérale d'Ahmed Abdallah).
S'ils ne voulaient pas l'indépendance, suite à une consultation démocratique, on allait quand même pas les obliger ! ! !
Si je suis votre raisonnement, Mayotte aurait dû devenir indépendante contre son gré (sous couvert de justice) ? ? ?
LA France a respecté la voix des urnes (elle n'a pas « d'interprété les résultats en sa faveur (afin de garder un pied-à-terre dans coin de planète ô combien géostratégique) et de morceler un Etat souverain » : il n'y avait pas d'état souverain morcelé et pour garder un pied à terre dans un coin stratégique, il n'est pas nécessiare de le garder comme territoire français (cf Djibouti)
à kazhkoad
De nanouel
pré retraité 59 ans, sympathisant e... | 14H35 | 02/12/2008 |
ERREUR ! EN 1958, Mayotte FUT LA SEULE ÏLE COMORIENNE A VOTER pour l'indépendance ! On a bien forcé ses habtitants à rester coLonisés. ! ! ! !
Pourquoi la logique devrait-elle être à géométrie variable ? ? ? Logique de les contraindre en 1958, et illogique en 1974 ? ? ? ?
la FRANCE avait accepté et SIGNE en 1974 les accords de referendum et s'était engagé à les cnsidérer globalement !
Elle a trahi sa propre signature ! !
quelles sont donc les colonies qui ont voté l'indépendance à 100% !
De plus, revisez votre géographie, les COMORES sont morcelées géographiquement, mais en aucun cas politiquement, sociologiquement, ethniquement !
De verythé
(ektoplasme) | 17H38 | 30/11/2008 |
Pour le financement de la réalisation du film Le Code Noir de Dieudonné :
ENRICHISSEZ VOUS en
signant la pétition avant le 01/01/2009 !
A l'attention de : Comité National de la Cinématographie
« Suite au boycott par les médias, je lance, en parallèle d'un appel de fond pour le tournage du film LE CODE NOIR, une pétition citoyenne pour faire part au CNC, Centre National de la Cinématographie (NDLR : qui finance en partie un certain nombre de films réalisés en France) de la volonté populaire de voir ce film être financé comme n'importe quel autre. »D.
SOYONS COURAGEUX : rdv nombreux sur mes opinions.com
De agnès93
citoyenne | 17H53 | 30/11/2008 |
Tout en lisant l'article, je viens de me souvenir des DOM-TOM et de leurs citoyens qui sont aussi français.
La distance nous sépare totalement de leur quotidien, à en oublier leur existence. Et pourtant…
Merci pour cet article qui nous relie à la vie de nos concitoyens de la France de là-bas, singulièrement absents de nos écrans en leurs diversités, leurs problèmes et leurs espérances.
De anacaona
18H06 | 30/11/2008 |
« Métropole » : je comprends Pierre Haski que ce mot vous hérisse ; à moi-aussi… mais il n'en existe pas d'autre qui dise mieux les liens très particuliers qui l'unissent aux « confettis de l'empire » (soit dit en passant, gros gros confetti, la Guyane, avec sa superficie égale à celle du Portugal » ! ). Ce terme, issu de la période coloniale a persisté et ce n'est certainement pas par hasard.
En revanche, si l'on veut parler de la « métropole » comme d'un lieu géographique, et qu'on est enseignant on s'efforce de dire à nos élèves l'Hexagone ou la France hexagonale.
Et même si on est « Métro », au bout de quelques années en Guyane, on a tendance à dire « la France », sans pour être pour autant forcément indépendantiste. Car on aura beau faire, on aura beau dire (et ce qui se passe en ce moment en est la vivante illustration), la Guyane, ce n'est pas la France…
à anacaona
De fde
technicien | 10H01 | 01/12/2008 |
« Car on aura beau faire, on aura beau dire […] la Guyane, ce n'est pas la France… »
Je suis moi-même ultra-marin, et je vous répliquerai que l'outre-mer que je connais est française, de coeur et de culture. Je ne peux certes pas parler pour la Guyane…
Pourquoi n'est-ce pas la France ? Pour des questions de spécificité culturelle ?
Ouvrez les yeux. La France est multi-culturelle et métissée maintenant. Et la différences avec l'outre-mer s'estompe.
à fde
De anacaona
11H39 | 01/12/2008 |
Ce que je voulais dire, et le contenu de ma parenthèse (que vous n'avez pas repris) allait dans ce sens, concernait bien davantage la façon dont l'Outre-mer est souvent considéré et traité par l'Hexagone. Cela aussi bien par la classe politique, les journalistes ou le citoyen lambda.Trois exemples :
- le « je vous aime » de Papa Sarko qui fleure bon le paternalisme d'un autre temps (vous le voyez dire ça aux Franciliens ? )
- le traitement de la crise en Guyane par la majorité des médias nationaux
- les contributions de certains internautes sur les blogs des journaux en ligne
PS Si j'aime tant la Guyane, c'est plus pour la richesse de son immense métissage que pour sa « spécificité culturelle »
à anacaona
De fde
technicien | 12H01 | 01/12/2008 |
Pas de PB. On s'est compris. Cette réponse visait juste à lever une ambiguïté.
« vous le voyez dire ça aux Franciliens »
Population francilienne qui est elle-même métissée.
C'est vrai que cette persistance des clichés est sidérante. Et surtout contre productive : si on veut utiliser les avantages réels que constitue le fait d'avoir des morceaux de territoire sur l'ensemble du globe, il faut déjà commencer à les prendre au sérieux… avec des vrais projets et des visées régionales.
Bien entendu, si la France c'est :
- l'IDF qui travaille
- le sud, où il y a vacances perpétuelles
- le nord glacial (chti'land)
- les îles cocotier
- et rien au milieu ou en dehors,
on ne va pas bien loin…
De chemineau paul
citoyen du monde | 18H07 | 30/11/2008 |
La France en a fini avec cette époque où elle possédait un véritable empire colonial. Il arrive même qu'elle ait honte de ses agissements passés dans ces contrées africaines, asiatiques ou océaniques.
La colonisation de peuples « sous développés » par des peuples « supérieurs » que ce soit pour leur apporter la « civilisation » ou pour leur voler leurs richesses a toujours laissé des cicatrices profondes. Dans la plupart des cas, les peuples d'origine ont réussi à reprendre la main dans leur territoire au prix de grandes souffrance et de bains de sang.
Mais que doit faire l'occupant quand les liens du temps sont si importants.
Quelle est la différence entre la colonisation bânie et ce qui se passe à Mayotte ? Les mahorais, d'origines malgaches, comoriennes ou africaines sont une minorité à parler le Français. Le peuple est à 90 % musulman et tente de perpétuer des règles de vie locales que les Mzoungous (les français de métropole) tentent et réussissent petit à petit à « adapter » aux règles de la République.
Pour exemple, là où certaines familles occupaient le territoire depuis des générations, la nation les chasse au nom du plan cadastral et de l'économie touristique (les « propriétaires » locaux n'existant pas au sens de leurs habitudes ancestrales, les jeunes et leurs familles occupant les espaces vides de grè à grè ne possèdent en général pas de titre de propriété). Alors même que l'île regoge de richesses naturelles pouvant satisfaire une population locale adaptée à un rythme de vie naturel.
La civilisation amène l'école pour améliorer la transmission des connaissances, elle amène la médecine moderne et financièrement inabordable pour supplanter la médecine naturelle. Elle amène aussi la consomation d'alcool, et bien d'autres besoins de consomation jusques là ignorés.
Cette même « colonisation » coupe les liens entre les familles qui jusqu'aù référendum de 1975 étaient naturellement dispachées sur l'ensemble des îles des comores.
La France déploie des moyens financiers énormes pour soutenir une économie locale sans aucune ressource d'exportation si ce n'est la beauté naturelle des paysages rapidement pollués par tous les déchets issus de la « civilisation ».
Et pourtant, rendre le territoire à ses occupants naturels et la quitter avec toute notre « civilisation » bien et malfaitrice serait un crime tant les peuples locaux sont déjà « intégrés » et avides des paillettes que nous leur offrons.
à chemineau paul
De fde
technicien | 10H12 | 01/12/2008 |
« La France déploie des moyens financiers énormes pour soutenir une économie locale sans aucune ressource d'exportation si ce n'est la beauté naturelle des paysages rapidement pollués par tous les déchets issus de la “ civilisation ”. »
Pfff…
Il y aurait des tas d'opportunités pour développer la Guyane, selon moi.
Déjà la dimension européenne de l'aérospatial ; et n'oublions pas l'étendu du territoire, les ressources naturelles, et surtout son inclusion dans l'espace sud-américain… le géant brésilien…
Non, ce qui manque ce ne sont pas les opportunités, mais les vrais projets politiques.
La situation est bien plus difficile pour les îles…
Pourtant, même dans ce cas précis, je ne comprend pas pourquoi la France ne s'appuie pas un peu plus sur ses territoires ultra-marins pour sa politique extérieure dans ces régions…
De N.MARECHAL
18H09 | 30/11/2008 |
Je ne comprends plus très bien… Faute d'information il semblerait qu'au départ, les transporteurs (scolaires notamment) ont fait grève à cause du prix de l'essence.
Qu'ensuite sous la pression le prix de l'essence est redescendu, mais le mouvement de mécontentement ne concernerait plus seulement le prix de l'essence à présent et que le mouvement serait toujours aussi puissant.
Vrai ou pas ?
Le manque d'information sur ces départements est tout simplement incroyable.
En attendant tout va bien, dormez bien ! ! !
De kompaktniki
s'il le savait lui même | 18H17 | 30/11/2008 |
je crois que le manque d'information est surtout valable pour les « grands medias » nationaux. Pour qui veut se donner la peine, il y a tout à lire et à comprendre sur la Guyane, Mayotte, la Nouvelle Calédonie… Des sites internet existent, la presse plus ou moins indépendante également, et puis, il y a des rapports parlementaires, des rapports d'ONG… Bref, c'est toujours pareil : les medias nationaux sont très très peu curieux. Rien de spontané, il faut allez tout tirer soi-même. C'est triste.
Merci à rue89 pour ce type de reportage un peu décalé - cela avait déjà été le cas sur Mayotte a plusieurs reprises.
à kompaktniki
De N.MARECHAL
19H01 | 30/11/2008 |
C'est vrai vous avez raison, mais quand même.
En rentrant d'un grand voyage il y a 15 jours, j'ai voyagé à coté d'une jeune femme des Pays Bas. Entre mon mince journal « le monde » avec des articles assez merdiques et peu argumenté, j'ai pu comprendre que ma voisine, disposait elle d'un vrai journal avec de vrais informations…
Ca m'a coupé le moral tout net. Imaginez, elle est belle, elle est informée, elle est heureuse, et moi, j'ai un journal sans intérêt, je rentre en France et j'ai Sarko et sa bande. Allez, ça va je rigole … j'aime trop mon pays mais quand même.
à N.MARECHAL
De caro
délinquante avérée | 18H45 | 30/11/2008 |
bonjour N. MARECHAL : )
La proposition du gouvernement est passée de 10 cts à 30 cts de baisse, ce qui est insuffisant. La SARA (avec TOTAL à 50 %) a le monopole de la distribution. Il n'y a donc aucune possibiité de s'approvisionner ailleurs, comme au Vénézuela. Cela engendre aussi un trafic par pirogue entre le Surinam et St Laurent du Maroni.
J'attends incessamment des nouvelles de ma famille là-bas. Elle aussi est à fond pour la baise du prix de l'essence et malgré les difficultés soutient les barragistes.
Quasiment tous les produits sont importés et la baisse de l'essence et du prix du transport n'a pas profité aux Guyanais. Alors, comme ils disent, ils aimeraient qu'on cesse de les prendre pour des cons.
Pour suivre les évènements, entre autres :
http://www.blada.com/
avec un article qui exprime les craintes de division du mouvement … à cause de politiques …
http://www.blada.com/jodlas/3800-Guyane_ : _Jusqu_ici_tout_va_bien….htm
ou RFI
http://www.rfi.fr/actufr/articles/107/article_75437.asp
A+
à caro
De N.MARECHAL
19H14 | 30/11/2008 |
Bonjour Caro,
Merci pour cette info.
Donc sans manif, le prix de l'essence continuait sa vie de produit cher. mais du moins 30 c'est encore n'importe quoi. Merci Total et Consort.
L'affaire etait trop belle pour quelques uns.
Mais j'ai cru comprendre que le malaise se généralisait face a la politique générale. Et du coup je me demande si le black-out ne concerne pas cette seconde action plus que la première ?
Bref tout cela n'est pas clair de toute façon.
Bien cordialement à toi Caro.
NM
à caro
De Gandijyn
22H52 | 01/12/2008 |
Il n'existe pas des petits tours de passe-pase avec le Brésil ? … avec tous ce qu'ils piquent en gazant les résidents, et ramené en pirogue chez eux …
De Pierre973
désanusseur de porcs | 04H50 | 01/12/2008 |
Désolé pour ce long développement, mais le problème du carburant en Guyane est assez complexe et je voudrais tenter de vous en expliquer les rouages…
En Guyane, le mouvement est avant tout né du fait que depuis juillet, le prix à la pompe ne cesse d'augmenter (1,77 € pour le SP98 aujourd'hui contre environ 1,50 € en juillet …) alors que le prix du Brent a été divisé par 3 dans la même période. JAMAIS, durant cette période, les prix n'ont baissé à la pompe ! Les usagers dans leur ensemble se sont alors sentis pris pour des c…itoyens de seconde zone et un élan collectif (consommateurs et entrepreneurs + élus locaux) a fait émerger des revendications fortes pour comprendre la décomposition du prix du carburant à la pompe.
Cette décomposition est à peu près la suivante :
1)le prix de vente en sortie raffinerie de Martinique (la SARA, en l'occurrence, qui appartient aux 4 grands distributeurs de carburant sur les territoires domiens des Antilles/Guyane, dont TOTAL est actionnaire principal)est de 80 cts d'€/litre, quand ce même prix est de 23 cts sortie raffinerie en métropole.
2) Les taxes locales : 70 cts/litre environ au seul profit des Collectivités Territoriales (l'Etat « central » -Bercy- ne perçoit rien). Par comparaison, en métropole, les diverses taxes perçues par Bercy et les collectivités territoriales s'élèvent à environ 80 cts/litre.
3) les frais de transport Martinique -> Guyane, d'environ 5 cts/litre
4) les frais de distribution en stations services : 10 cts/litre
5) quelques menues taxes supplémentaires …
Le problème crucial est que la SARA n'a pas su encore justifier son prix de vente de 80 cts (x 4 par rapport à la métropole, quand même …)alors que des demandes pressantes leur ont été faites il y a plusieurs semaines par les élus locaux et les services de l'Etat (Préfecture de Guyane). Car il faut également savoir que le prix de l'essence à la pompe est un prix dit « administré », c'est à dire que ce prix est fixé sous contrôle de l'Etat. Rôle que l'Etat semble découvrir ici, à Cayenne…sous la pression des collectifs. Car jusqu'à aujourd'hui, soit aucune demande de justification n'a jamais été formulée par l'Etat envers la SARA ,soit cette demande n'aura en tout cas jamais abouti jusqu'à présent. En bref, l'Etat n » aura pas joué son rôle, tout du moins jusqu'au début de cette crise…
Car depuis, le Sieur Jego semble prendre conscience de la gravité des reproches que les administrés domiens (nos amis Martiniquais et Guadeloupéens, eux aussi placés sous le monopole de cette SARA, entrent progressivement dans la danse du mécontentement…)sont en mesure de renvoyer à ses services. Et la mobilisation quasi-générale des Guyanais sur les barrages aura fini de le persuader de la profondeur du grondement. Qui + est, les débats auxquels il aura participé ces derniers jours avec les élus guyanais, ont semble-t-il ébranlé ses convictions quant à la probité des offres de prix de la SARA. Quelques questionnements semblent le tarauder … jusqu'à l'« effarement », d'après ce qui nous a été communiqué non officiellement. Manifestement, il en aura appris de bonnes ! ! !
Illico, voilà donc le Secrétaire d'Etat Jego tenter une négociation avec les Pétroliers actionnaires de la SARA. Résultat des courses : - 30 cts proposés à la pompe dès lundi 1er décembre. Sauf que l'on ne sait toujours pas s'il s'agit d'un rabais effectivement « négocié » (donc avec l'accord des Pétroliers) ou d'un rabais « imposé » par le Secrétaire d'Etat. Compte tenu de l'approximation dans le discours, un sérieux doute plane sur l'aspect « négocié ». Il se peut donc que l'Etat en soit de sa poche. Oups ! ! !
Deuxième étape : reste - 20 cts/litre à trouver pour satisfaire les revendications des usagers guyanais, usagers qui restent fermement ancrés sur leurs positions. Dernière proposition de Jego émise ce soir sur l'antenne de RFO : - 20 cts sur les taxes des collectivités locales, en échange d'une dotation exceptionnelle de 10 millions d'€ de l'Etat pour compenser le manque à gagner des Collectivités sur une période approximative de 3 mois. Certainement le temps de faire toute la lumière sur la décomposition exacte du prix SARA et de prendre ensuite des mesures définitives.
Alors, OUI, de toutes façons, l'Etat et le contribuable français vont mettre la main à la poche dans cette affaire. OUI, de fortes suspicions existent sur la probité du prix de vente fixé par la SARA au profit des Domiens. OUI, l'Etat n'a pas su jouer son rôle de contrôle. OUI l'Etat a laissé se construire un monopole privé pour la distribution de carburant sur un de ses territoires. OUI l'Etat préfère se substituer (au moins temporairement) aux Pétroliers pour répondre aux revendications de ses administrés, plutôt que de contraindre ces faiseurs de fric à se justifier de leur appétit vorace et déplacé. Car les gains de la SARA(estimés par la CGPME à 40 millions d'€ annuels sur le seul marché guyanais)se font sur le dos d'une population dont le PIB est très largement inférieur à celui de la métropole, dont le taux de chômage est de 25 % et pour lesquels le carburant est un produit de toute première nécessité dans un département grand comme 1/5e de la métropole…
Le président de M. Jégo, lui-même, dans son discours élyséen à l'intention des domiens il y a 3 ou 4 jours a évoqué sa conception de l'Egalité : ce principe républicain ne dicte pas, selon lui, de donner la même chose à tous mais de donner + à ceux qui en ont le + besoin. Beau discours empreint d'un humanisme présidentiel qu'il conviendrait de lui opposer a chacune des décisions qu'il rend… Et de finir, emporté dans son élan, sur l'impérieux devoir pour l'Etat d'assurer la continuité territoriale… Si « les mots ont un sens », comme il aime à le rappeler si souvent, on est en droit d'attendre une cohérence avec les actes !
- Anne, ma soeur Anne …
Bref, tandis que la campagne électorale continue à Paris (…), ici en Guyane, les difficultés de développement perdurent(fractures sociale, numérique, téléphonique, desserte aérienne monopolistique, démographie galopante…)
- … Ne vois-tu rien venir ? ? ?
- Merde, un mur ! ! !
Le courage ne nous manque pas pour tenter de le contourner. Car, au stade ou nous en sommes, il serait vain et dangereux de continuer à freiner. Il y a ici des acteurs remarquables, tant économiques que sociaux et cette « crise » du carburant aura permis de révéler leur sens des responsabilités.
Sur cette base, et avec la cohésion nouvelle née de cette crise, les Guyanais sauront, je l'espère, trouver la confiance nécessaire à leur salut.
Salut que je vous renvoie, chers voisins !
à Pierre973
De weenana
locataire baobab27 | 22H10 | 01/12/2008 |
Et si ce n'était pas aussi simple que cela, en février 2007 les conseillers régionaux ont alerté le gouvernement sur l'impossibilité pour la Guyane d'absorber le choc financier résultant de cette mise aux normes juxtaposée aux prix en phase de forte hausse du brut.
21 mois plus tard, ceux-ci « avouent » n'avoir jamais eu de réponse à leur alerte.
Pour une affaire aussi importante ?
Attendre que la population descende dans la rue pour qu'on lui donne, à elle, les réponses ?
Responsables ? qui ça ? et où ça ?
Etat coupable peut être, mais Région complice sûrement La ligne de l'effroyable hypocrisie des élus locaux est inscrite dans une évidence : durant 21 mois en n'allant pas exiger de ce même Etat une réponse rapide à son alerte, la Région Guyane a bien encaissé l'effet d'aubaine liée à la hausse considérable du produit pétrolier.
Il avait donc tout intérêt à ne pas « insister lourdement »
à weenana
De Gandijyn
22H59 | 01/12/2008 |
Il suffit d'aller consulter les comptes de quelques membres des familles d'élus … Comment s'appelle déjà cette bestiole à queu plate ? … : )))
Tout le monde ferme les yeux, parce que tout le monde est impliqué « passivement » dans le système des subventions Europeennes et Nationales… l'agent qui travaille, on lui donne une prime exceptionnelle de 100€ à la fin de l'année, et il est content, pendant que les autres empochent des millions (dizaines, centaines ? )… Ne parlons pas des magouilles des élus de tous bords, et des « abus » de pouvoir des autres… En déontologie professionnelle, beaucoup reste à faire en Guyane : médecin bavard, notaire véreux, huissiers complices…
à Gandijyn
De Pierre973
désanusseur de porcs | 04H02 | 02/12/2008 |
@ weenana et Gandijyn
Loin de moi l'idée de défendre les élus locaux d'ici… et d'ailleurs. Au même titre que bien des Ministres, Présidents ou élus des assemblées nationales dont l'exemplarité a été un jour mise à mal devant de multiples juridictions …
Ceux d'ici ne sont certainement pas + exemplaires que ceux de métropole. Mais globalement, le sont-ils moins encore ? La question vaut d'être posée mais je n'en n'ai pas la réponse. D'ailleurs, la seule vraie réponse devrait venir (encore une fois ! ) de l'Etat qui à le devoir de mettre en place des dispositifs efficaces de contrôles des élus de la Nation, dans la mesure où ceux-ci détiennent des pouvoirs voués à générer des situations d'intérêts personnels ou collectifs. Croyez-vous encore en l'Homme et en sa probité naturelle ? ? ? Allons, allons, la Guyane n'est pas le pays de Oui-Oui, tout comme la métropole n'est pas celui de Pollux ! ! !
Pour ce qui est des insuffisances que Weenana met en exergue vis à vis de la Région Guyane, bien sûr que son rôle eut été, après avoir demandé à l'Etat de se saisir d'un problème, d'en vérifier la prise en compte effective. Mais est-ce sa vocation première ?
Ceci devrait alimenter un débat fondamental(complètement occulté par ailleurs ! ! ! ) qui est pourtant à l'origine de bien des problèmes en cours : l'Etat fixe des règles au travers de réglementations en tous genre. Mais trop peu d'agents de l'Etat sont dévolus au contrôle du respect de ces règles. Combien contrôlent les allocataires des prestations familiales ? Combien contrôlent le respect du Droit du Travail dans les entreprises ? les bénéficiaires de HLM ? les prescriptions ou les arrêts de travail établis par les médecins ? les déclarations d'impôts ? …
Des économies gigantesques (et certainement une plus grande justice sociale) pourraient naître de ces contrôles. Si, parmi les milliers de départs annuels de fonctionnaires, quelques centaines étaient conservées au bénéfice des contrôles, certains abus seraient alors évités, débouchant sur une situation beaucoup + saine que celle qui perdure aujourd'hui.
à Pierre973
De weenana
locataire baobab27 | 16H21 | 02/12/2008 |
« Mais est-ce sa vocation première ? » mais bien évidemment sinon pourquoi sont-ils élus ?
Pour que le peuple descende dans la rue pour faire leur boulot ?
Pierre973 durant 21 mois, ils n'ont pas bougé pendant que le prix enregistrait des augmentations honteuses, pendant 21 mois, ils ont encaissé l'effet d'aubaine lié à ces hausses et à présent qu'on leur demande de prendre leur responsabilité en réinjectant une partie de cette manne du moins jusqu'à l'édition du rapport d'expertise, ils nous ressortent le folklore local le « panou-panou ».
C'est la CGPME début 2008 (à la demande de la Région et du département selon les dires de MMe Prevot-Madère mais j'émets un SIC monumental) qui a demandé un audit pour clarifier la répartition du - produit - carburant entre les différents « preneurs ».
Puisque la Région considère que les seuls pétroliers sont les grugeurs du peuple de Guyane, ils ont également autorité à les traîner en justice.
Sauf que le procès va durer jusqu'aux calanques grecques et qu'ils ne sont absolument pas certains de gagner, alors ils prennent le devant et réclame à l'Etat portefeuille, la solidarité nationale.
Et moi, ça me fait vraiment suer pour pas dire pire, que l'agriculteur du Cantal participe par ses impôts à regonfler les caisses de cette bande d'irresponsables.
D'après les dernières infos, ils demandent aussi à l'Etat d'acter à leur place.
Je suis désolée, à un moment, il faut arrêter de réclamer le beurre, l'argent du beurre mais également les deux seins de la crémière.
Y'a un moment faut montrer qu'on est des grands, qu'on est capable de faire ce pourquoi on s'est présenté au peuple et qu'on démontre notre volonté a enfin apprendre à faire une partie de son beurre soit même.
Sois honnête durant ces 21 mois, tu as vu des améliorations sur les postes sensées être financés par les taxes sur le carburant ? Les routes ? Le transport public ? C'est à croire que tous les guyanais font Maripasoula Cayenne tous les jours. Ces fonds ont été détournés de leur destination.
Sous prétexte que l'Etat ne couvre pas financièrement les besoins de la Région.
Et s'ils commençaient à nettoyer dans leur propre maison ? A quoi ça sert d'avoir pléthores d'employés, si t'es pas fichu d'en mettre un à obtenir une réponse à une de tes questions ?
Et question prévision de dépenses c'est Byzance, le département vient de lancer un appel d'offres pour la maîtrise d'œuvre de son futur hôtel du département.
Je te garantie que pour ce poste, ils ne regarderont pas à la dépense.
Je suis entièrement d'accord avec toi, s'il fallait bien faire les choses. Il faudrait envoyer dans tous les dom des armées de contrôleurs doublées de spécialistes anticorruption.
Et je te suis encore, les rotations de fonctionnaires provoquent une amnésie générale dans le suivi et de l'entretien de la mémoire des faits.
Mais là, je m'arrête, faut que j'aille soutenir les potes.
à weenana
De Pierre973
désanusseur de porcs | 22H58 | 02/12/2008 |
Bonjour Weenana,
Je ne reviens pas sur l'exemplarité de nos élus locaux que tu fustiges avec vigueur et peut-être raison. Je n'ai pas d'éléments tangibles sur ce point.
Je pense que c'est plutôt le système qu'il convient de dénoncer. Un système sans garde-fou, en métropole comme ici, incite et entretient à la gabegie. J'insiste : le pb de fond est identique en métropole ! ! !
En revanche, ici, l'Etat, au travers des collectivités locales (Région, Département et Communes) achète purement et simplement la paix sociale, au travers de la pléthore d'employés de ses services. Comme il le fait sciemment en Corse par exemple, au travers de subventions accordées sans fondements. Dans l'incapacité de proposer un développement de ces territoires, il n'a trouvé que ces leviers financiers pour calmer (temporairement) les esprits. Et la facture s'alourdira de + en +, en particulier au profit de ce beau département qui nous occupe et dont la démographie n'est pas contrôlée.
RDV au prochain barrage !
De Spartel
Sur son île | 18H38 | 30/11/2008 |
Merci à Pierre Haski d'avoir consacré un petit instant aux DOM.
Un rhum coco toujours au frais.