A débattre

Etes-vous prêts à travailler le dimanche ?

'Yun au parc de Sceaux' (Gabyu/Flickr).

Le « travailler plus pour gagner plus » divise jusque dans les rangs de l'UMP. Nicolas Sarkozy veut faire voter la proposition de loi visant à libéraliser le travail le dimanche, persuadé que c'est un moyen de relancer l'économie en créant des emplois et en facilitant la vie des consommateurs. Et vous, êtes-vous convaincus par ces arguments ?

Selon le Code du travail, le dimanche est un jour de repos obligatoire. Mais la loi et les conventions collectives prévoient pas moins de 180 dérogations. Des dérogations temporaires délivrées par le maire ou le préfet, dans la limite de cinq dimanches par an, ou des dérogations permanentes :

- liées au secteur d'activité : hôpitaux, hôtels, lieux de spectacle, usines fonctionnant en continu…
-liées à la géographie : zones décrétées touristiques.

Pour l'auteur de la proposition de loi, le député UMP Richard Mallié, ces règles ne sont plus adaptées aux conditions de vie des Français. Il cite ainsi cet exemple :

« Un magasin qui vend des lunettes de soleil peut ouvrir le dimanche car son activité est considérée comme “de loisir” et si ce magasin vend des lunettes de vue, il ne peut pas ouvrir le dimanche. »

Un exemple promis à un certain succès, puisque le ministre du Travail, Xavier Bertrand, l'a repris à son compte ce matin sur France Inter.
Sans parler de l'exemple de l'avenue des Champs-Elysées, dont un trottoir est classé « zone touristique » et a l'autorisation d'ouvrir le dimanche, mais pas l'autre, comme se plait à le répéter le président de la République.

Richard Mallié, qui a défendu sa proposition dans une tribune sur Eco89 le mois dernier, propose notamment de créer des « zones d'attractivité commerciale exceptionnelle » dans les villes de plus d'un million d'habitants : les commerces situées dans ces zones seraient autorisés à ouvrir le dimanche.

« Travailler plus pour gagner plus »

Et selon lui, la loi profiterait d'abord aux salariés. D'ailleurs, selon l'Insee, un quart d'entre eux travaille déjà le dimanche, de manière régulière ou non. En vertu du principe sarkozyste du « travailler plus pour gagner plus », la rémunération du dimanche représenterait au moins le double de celle d'un jour normal. Et, promis, seuls les salariés volontaires seront concernés. Le texte prévoit un « droit de refus » et interdit toute sanction envers les employés récalcitrants.

Problème : une partie des députés de la majorité n'y croit pas. Une cinquantaine d'entre eux ont dénoncé le texte en publiant une tribune dans Le Figaro, puis une autre dans Le Monde. Selon eux, un salarié pourra difficilement s'opposer aux demandes de son patron. Et les autorisations accordées dans les « zones d'attractivité commerciale exceptionnelle » nuiront à la concurrence, en affaiblissant les petits commerces situées en-dehors de ces zones. Et vous, qu'en pensez-vous ? Votez et débattez !

Photo : « Yun au parc de Sceaux » (Gabyu/Flickr).

10 commentaires sélectionnés

Portrait de ZonZon la MouChe

De ZonZon la MouChe

ni dieu ni maître ! | 17H06 | 27/11/2008 | Permalien

Je veux bien qu'on autorise le travail le dimanche, à condition qu'on l'interdise les autres jours. C'est vrai quoi…

Portrait de Keldan

De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 17H30 | 27/11/2008 | Permalien

Moi je veux bien travailler le week-end.

Bon, ce n'est pas possible, car il faudrait que toute la boîte bosse le week-end, et les clients aussi, mais dans l'absolu, ça m'arrangerait bien.

Déjà, pour le côté financier, mais bon, ce n'est pas la chose qui me motive le plus.

Non, ce qui m'intéresse, c'est d'avoir mon week-end en milieu de semaine.
C'est bien plus pratique, ça me permettrait d'aller faire mes courses tranquillement, de pouvoir aller voir tous ces types qui m'obligent à poser un jour de congés en temps normal (banque, administration, toubibs, etc.), d'avoir moins de foule dans le métro quand je vais au travail et même de dormir sans supporter les bricoleurs du dimanche.
Et surtout, ça me permettrait de sortir avec pas mal de mes potes qui travaillent le week-end dans les bars ou la musique, d'avoir moins de foule dans les rades, les restos et les cinés, de voir ces émissions télé qui passent tard et jamais le we et de vivre d'une manière décalée par rapport au reste du monde.

En plus, je hais les dimanches. Mais là c'est un peu con de dire ça, car le dernier jour du week-end sera toujours comme un dimanche : D

Portrait de compte supprimé 20

De zicosas narkoly

17H35 | 27/11/2008 | Permalien

ni le dimanche, ni le reste de la semaine, merci bien

Portrait de hoshiko

De hoshiko

17H54 | 27/11/2008 | Permalien

C'est un peu ce que je faisais dans mon précédent job : samedis, dimanches et jours fériés only (plus 2h00 le vendredi pour rester en contact avec l'équipe de semaine) !
C'était de la hotline (de luxe quand même ! ) internationale pour gros n'avions en 3/8 la semaine et 2/12 le weekend et jours fériés.
C'était bien payé : je gagnais en fixe comme mes collègues de semaine pour 9h00 de boulot hebdo de moins (je passe les jours fériés : il y en a 10 et certains tombent en weekend = moins de 10h00 par mois) et en + j'avais des primes nuits, weekend et jours fériés.
Après,c'est sûr que 1. les horaires étaient contraignants : 6h00-18h00 ou 18h00-6h00 2. niveau vie sociale, c'est moyen (et je vous passe les réveillons de Noël où on appelle la famille au téléphone à minuit ! ).
Mais 1. c'était 2 jours/semaine, ce qui me laissait la semaine pour faire les courses (les joies des magasins vides de clients ! ), aller chez le docteur et autres sans devoir prendre 1/2 journée de RTT, lire, etc… 2. j'avais une relation longue distance et mes amies sont parties pas loin du monsieur en question pile à ce moment-là, donc je voyais tout ce petit monde en semaine 3. y'avait de sacrés avantages en nature en + des primes ! 4. le boulot était sympa, intéressant, valorisant et avec ambiance et collègues sympa.
Dans ces conditions (et ce genre de conditions seulement), oui au travail le dimanche !

Portrait de Juan Pablo de Tagéna - bloqué

De Juan Pablo de Tagéna

18H59 | 27/11/2008 | Permalien

Moi, j'aime bien travailler le dimanche : ne plus entendre brailler les marmots, rencontrer des gens intéressants, gagner plus d'argent. Si l'on est catholique, rien n'empêche d'aller à la messe le samedi soir.

Portrait de Simonette

De Simonette

Enseignant dans l'Hérault | 19H05 | 27/11/2008 | Permalien

Dépassons le concept, on s'en fout du travail du dimanche en tant que tel. Il n'y a guère que les culs bénis pour s'en offusquer, Ségolène peut-être ?
Donc, nous devrions travailler plus, et précisément le dimanche mais pour quoi faire ? Car du travail, il n'y en a plus beaucoup. Je renvoie chacun à la lecture d'un intéressant ouvrage de Michea où le professeur montpelliérain rappelle que les économiste américains ont depuis longtemps modélisé la disparition du travail et l'apparition du tittytainment. Le tittytainment (une contraction de tits et entertainment, seins et divertissement) permettrait de maintenir les 80% d'oisifs qui bientôt peupleront nos mondes industrialisés en les soumettant à un flot d'images (TV, Internet etc.) et en les alimentant avec des produits gras et sucrés. Le pire est que les économistes en question ont même imaginé de laisser se propager des maladies invalidantes comme le diabète pour « fixer » les populations chez elles.
Le dimanche, les rues sont vides, les gens sont chez eux, ils partagent le repas, les conversations, les câlins mais ils n'ont pas de relations extérieures. C'est le jour de la famille, le jour du nombril.
Les puissants en rêvent, plus personne dans les lieux de travail et de lien. « Chacun est retourné dans son automobile » chantait Nougaro… juste après 68. Eh bien, justement, tout repose aujourd'hui sur les épaules des esclaves de Renault. Sortez de vos auto- immobiles !

Portrait de Humain

De Humain

23H04 | 27/11/2008 | Permalien

La question du travail le dimanche n'est pas une question de choix, mais une question d'opportunité, voire simplement un moyen de boucler les fins de mois.

Ils sont heureux ceux qui peuvent se poser la question, car dans ce car ils ont encore le choix :

Portrait de kk

De kk

star malgré elle | 23H19 | 27/11/2008 | Permalien

Seulement après la messe !

Portrait de C. Creseveur

De C. Creseveur

D'actualité | 07H23 | 28/11/2008 | Permalien

Nous savons tous comment un refus de surcroît d'activité, même passager, se traduit vis à vis de l'employeur : discrédit, puis dégradation progressive jusqu'au clash. J'ai personnellement eu droit à un « il préfère torcher son môme » !
Par la suite le patron qui veut vous licencier trouvera toujours un moyen de le faire, sans que ça lui coût forcément tant que ça.
Quand à tout ouvrir le dimanche : on veut faire quoi de notre vie ? De la consommation perpétuelle ? Les gens qui bossent le dimanche, ils seront quand chez eux ? En famille ?

Portrait de Ellington

De Ellington

08H36 | 28/11/2008 | Permalien

On est en pleine hypocrisie. J'habite le sud des Yvelines, dans une des zones où l'axe principal, la N10, est bordé de part et d'autres de grandes surfaces de bricolage, de marchands de voitures d'occasions et autres soldeurs de fringues à l'année.

Une activité sans doute nécessaire à l'essor du tourisme, puisque tous ces lieux sont ouverts tous les dimanches depuis de nombreuses années.

Pourquoi est-ce autorisé (ou toléré) autour de Paris et pas à Marseille ou à Lyon ?

Certes, il est bien commode de ne pas se poser de questions sur les horaires d'ouverture mais il est totalement illusoire d'imaginer que l'on dépensera plus parce que les magasins seront ouverts plus longtemps.

Le frein à la consommation n'est pas l'absence d'offre, mais le manque de moyens. Augmenter la taille des magasins ou le nombre de jours d'ouverture ne créera pas de richesse pour les consommateurs qui tirent la machine.

D'ailleurs, bien souvent, ces lieux sont quasi-vides, est-ce donc si « rentable » ?

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