
Crise : oubliez le démarreur, c'est la machine qu'il faut changer
« Nous entrons dans une période difficile qui peut durer un an. » C'est le dernier leitmotiv à la mode de nos « prévisionnistes » en cour. Il n'y a pas si longtemps, les mêmes annonçaient que la crise était déjà derrière nous. Juste avant, ils déclaraient que la France était à l'abri du cataclysme général. Et en tout début d'année 2008, ils rigolaient ouvertement quand on les alertait sur l'imminence du cataclysme planétaire en vue. Aujourd'hui, en désespoir de cause, ils cherchent à le circonscrire à une petite année.
Nul ne sait combien de temps durera la crise en question, mais au train où vont les choses, il serait étonnant qu'elle se limite aux douze prochains mois de 2009. La situation à fin 2008 est proprement catastrophique.
Le pilier financier n'est plus qu'une ruine inopérante. Les milliards de milliards entièrement « inventés » sur le pouce par les pouvoirs publics pour qu'il ne s'écroule pas purement et simplement, n'ont fait que le figer dans un état de profond délabrement.
Les piliers de l'économie réelle commencent à s'effondrer les uns après les autres. Les deux plus importants, l'immobilier et l'automobile, sont à l'agonie. Selon des sources notariales sûres, les transactions immobilières se sont contractées de 50 à 70% en septembre et octobre 2008. Et de l'aveu même de nos dirigeants, un million de véhicules neufs végètent dans les parkings des constructeurs français.
Quoiqu'en fanfaronnent nos ministres, le démantèlement de nos services publics, comme l'éducation ou la santé, ne résulte pas d'un projet politique, mais consacre un peu plus la faillite de l'État. Un cadre de la Caisse des dépôts et consignations confiait récemment à un ami, après une nuit blanche, qu'on ne pouvait imaginer à « quel point nous en sommes arrivés ».
Il ne faut pas être grand clerc pour anticiper l'enchaînement dramatique qui va suivre dès le début de l'année 2009 : PMI, mais aussi très grandes entreprises, au bord du précipice, paralysées par le tarissement des liquidités et par l'atonie de la consommation. Commerces contraints de baisser rideau. Collectivité locales exsangues… Tout ceci ne relève hélas pas de la divination, mais du constat dès à présent vérifiable. D'ici la mi-2009, nous avons tout lieu de craindre que l'économie réelle n'ait largement touché le fond.
Avec l'inévitable explosion du chômage et des défaillances d'entreprises individuelles, 2009 sera le moment critique d'une crise sociale majeure, sans précédent depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.
Relancer la croissance ? Quelle relance ? Pourquoi ? Avec qui ?
Les tensions internationales risquent fort d'être exacerbées par la fragilisation des nations émergentes, les bouleversements climatiques, et les dérèglements économico-politiques planétaires.
Mais le plus grave, ce qui pousse à considérer que la crise actuelle a toute les chances de se poursuivre bien au-delà de fin 2009, c'est l'atonie de nos dirigeants et de ce qui nous reste d'élite. Totalement incapables d'anticiper la montée d'une crise pourtant aisément prévisible1, ceux-ci ne parviennent pas à dépasser les schémas d'un système désormais obsolète, qui vient d'imploser, et ne se remettra pas2. Après l'échec des politiques de sauvetages financiers, les récentes mesures de relances économiques, promises à grands cris par nos gouvernants, tiennent tout juste de la stérile et impuissante « course aux milliards », récemment dénoncée par Angela Merkel.
Relancer la croissance, cette carotte de plus en plus improbable, témoigne d'une asthénie de l'imagination et d'un nette manque de lucidité. Il est trop tard. La machine est déjà par trop grippée, atrophiée. Quelle relance ? Pourquoi ? Avec qui, quand des centaines de milliers de personnes sont priés d'être « volontaires » au chômage ? Quand les chaînes des usines s'engourdissent en longues périodes de « chômage technique » ? Quand des millions de petits propriétaires américains sont presque à la rue faute de pouvoir rembourser leurs crédits ? Quand la mer charrie chaque jour son lot de réfugiés exténués, morts ou vifs, sur les côtes de nos pays prétendument prospères ? Ce n'est pas sur le démarreur « relance » qu'il faut s'acharner aujourd'hui. C'est à un retoquage complet de la machine elle-même.
Les pulsions plutôt que la raison
Le véritable problème qui se pose est l'absence d'alternative crédible pour remplacer nos élites défaillantes, vieillissantes, accrochées comme des perdus à leurs magots, à leurs pouvoirs, à leurs vieux schémas dépassés, rejetant tout ce qui pourraient menacer leurs « avantages acquis », à commencer par le sang frais des élites nouvelles. Ce faisant, nous entrons doucement dans une gravissime période de régression sociale, économique et, je dirais, philosophique puisque les pulsions irrationnelles et mécaniques tiennent désormais lieu de raison.
Je ne connais AUCUN exemple, dans l'histoire de l'humanité, où de telles dramatiques impasses se soient résolues en dehors du conflictuel et de l'affrontement. Cette issue devient désormais, hélas, de plus en plus aussi inéluctablement prévisible que la crise financière au début de l'année précédente.
Mais quand ? En 2009 ? Plus tard ?
Au moins sommes-nous prévenus. Une nouvelle fois…
- 4177 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque






















73
(Pour réagir, connectez-vous)
De ysengrimus
12H58 | 27/11/2008 |
Surtout qu'en y regardant bien, le fait est que les rouages de ladite machine se mangent entre eux.
http://ysengrimus.wordpress.com/2008/04/29/la-guerre-interne-du-capitali…
Contradiction interne, quand tu nous tiens…
Paul Laurendeau
à ysengrimus
De heleor
artiste | 10H07 | 28/11/2008 |
Le monde dans lequel on vie est dirigé par de élites de la finance et de la politique.
chaque année une centaines de personnes influentes se retrouvent pour discuter de l'évolution du monde. Personnellement je pense qu'il ne font pas que parler de philosophie mais du partage du gateau.
un groupe qui s'appelle BILDEBERG
voilà la liste des invités français
FRA « Baverez, Nicolas » FRA « Castries, Henri de FRA “Collomb, Bertrand”
FRA : ministre “Jouyet, Jean-Pierre ‘
FRA Kodmani, Bassma’ directrice de l” Arab Reform Initiative financé par le “council on foreign relations”.
FRA “Margerie, Christophe de” “ Total” FRA “Montbrial, Thierry de” “President, French Institute for International Relations”
FRA “Ockrent, Christine” FRA “Pérol, François” secrétaire général adjoint de l'Elysée, inspecteur des Finances
“Trichet, Jean-Claude” “President, European Central Bank” FRA “Valls, Manuel ‘ ( je prend le pari qu’ il sera le prochain leader de ‘l’ opposition” si il plaît bien sur.) FRA “Védrine, Hubert”.
FRANCE il y a un groupe qui se réuni chaque mois qui s'appelle le siecle et qui paraît se réunis pour parler philosophie
mais oui mais oui
Claude Bébéar (ancien PDG d'AXA) [1]
Daniel Bouton (ancien directeur du Budget, Président de la Société générale)[3]
Thierry Breton (ancien ministre des Finances et grand patron)[1]
Emmanuel Chain (journaliste, producteur pour la télévision) [1]
Jean-Marie Colombani (journaliste, ancien président de Le Monde)[1]
Bernard Boulito (Heinz et Asics)[1]
Jean-François Copé (ancien ministre du Budget)[1]
Michèle Cotta (journaliste, ancienne directrice de France2)[1]
Anne-Marie Couderc (Hachette Filipacchi Médias)[1]
Teresa Cremisi (Flammarion) [4]
Rachida Dati (ministre de la Justice)[5]
Renaud Denoix de Saint Marc (ancien vice-président du Conseil d'État, membre du Conseil constitutionnel)[1]
Richard Descoings (directeur de l'Institut d'études politiques de Paris)[6]
Laurent Fabius (ancien premier ministre)[1]
Antoine Guichard (ancien PDG du Groupe Casino)[7]
Jean-Yves Haberer (ancien PDG du Crédit Lyonnais)[7]
Anne-Marie Idrac (femme politique, ancienne PDG de la SNCF et de la RATP) : vice-présidente de l'association Le Siècle en 2008[8]
Claude Imbert (journaliste Le Point)[1]
Odile Jacob (éditrice)[1]
Denis Jeambar (directeur des éditions du Seuil)[1]
Laurent Joffrin (journaliste et directeur de publication Libération)[1]
Lionel Jospin (ancien premier ministre) [1]
Serge July (ancien PDG de Libération)[1]
Étienne Lacour (secrétaire général du Siècle)[1]
Alain Lambert (ancien ministre du budget)[1]
Corinne Lepage (avocate, ancien ministre de l'Environnement)[9]
Maurice Lévy (PDG de Publicis)[1]
Jean-Marie Messier (écarté poliment après le scandale Vivendi)[1]
Nicole Notat (présidente de Vigeo et ancienne dirigeante de la CFDT)[1]
Christian Noyer (ancien directeur du Trésor, Gouverneur de la Banque de France)[10]
Michel Pébereau (président de la BNP Paribas)[1]
Patrick Poivre d'Arvor (journaliste et ancien présentateur télévisé TF1)[1]
Alain de Pouzilhac (ex-PDG d'Havas)[1]
David Pujadas (journaliste et présentateur télévisé LCI, France 2)[1]
Jean-Pierre Raffarin[1](ancien premier ministre)
Édouard de Rothschild (banquier et homme d'affaires)[1]
Nicolas Sarkozy (sixième président de la Ve République et ancien ministre et président de l'UMP)[1]
Louis Schweitzer (ancien président du conseil d'administration de Renault, président de la HALDE)[1]
Dominique Strauss-Kahn (ancien ministre des Finances, Directeur général du FMI)[1]
Marc Tessier (ancien président de France Télévisions)
QUAND ON LES ENTENDS parler ils se connaissent pas etc etc
c'est vraiment des bons comédiens et ILS nous prennent pour des cons
à heleor
De karlM
15H28 | 28/11/2008 |
La crise, quelle crise ?
- Celle qui fait que 2 milliards de terriens sont affamés.
- Celle qui maintient les 2 millions de chômeurs (4 millions non officiel) nécessaires à la modération salariale.
- Celle qui fait que 10% de français sont mal logés.
-Celle qui comble les déficits des banquiers qui nous endettent.
Les choix des gouvernants (gauche région, droite état) sont mauvais, ils favorisent les plus riches.
C'est facile de créer du travail intéressant et enrichissant quand on voit les immenses besoins de notre pauvre humanité.
Quelques pistes concrètes :
-Le créateur de son emploi ne doit pas être taxé.
-La TVA sur l'essentiel, les produits locaux doit disparaître.
L'habitat doit être subventionner avec une logique de mieux être énergétique.
De pablico
13H14 | 27/11/2008 |
au deuxième ou troisième essai, on tirera les conséquences. Mais le pouvoir est toujours conservateur.
Ils ont appris l'économie avec les mêmes professeurs, les mêmes conceptions, les mêmes schémas .
Comment changer ? Comment trouver de nouvelles idées, et concepts ? , quand on est un dirigeant lambda et non un visionnaire…
Il faut s'écraser dans le mur….il n « y a pas d'autres solutions.
De CA Not Dead
Glandouilleur Pro | 13H15 | 27/11/2008 |
Constat lucide de l'auteur de l'article…
Pleurez pas, vous allez tous devenir anarcho-autonome par la force des choses ! Une vie autrement plus excitante que ce que propose nos élites…
à CA Not Dead
De BobLaMouche
subversion + construction = substru... | 17H49 | 27/11/2008 |
Haha, rien que ma signature me plonge au plus profond de la « mouvance »…
« La Machine Travail Planétaire (MTP) doit être démantelée soigneusement car nous ne voulons pas mourir avec elle. N'oublions pas que nous sommes une partie de la Machine et qu'elle fait partie de nous-mêmes. Nous ne voulons détruire que notre rapport à la Machine. […] Nous ne nous présenterons pas comme un ennemi de l'extérieur. Il n'y aura pas de front, ni de quartier général, encore moins d'uniformes.
[…] La construction doit être combinée avec la subversion pour former un processus unique : la substruction (ou con-version si l'on préfère). La construction ne doit jamais être un prétexte pour renoncer à la subversion. À son tour, la subversion isolée ne produit qu'un feu de paille, des dates historiques et des héros, mais elle ne laisse pas de résultats sur le terrain. Construction et subversion prises isolément sont, l'une et l'autre, une manière de collaboration tacite ou explicite avec la Machine. »
http://www.lyber-eclat.net/lyber/bolo/substruction.html
De C. Creseveur
Ca pourrait bien être ça! | 14H18 | 27/11/2008 |
Le constat est terrible, il n'y a pas de doute, sans compter le second volet de la catastrophe financière à venir avec les LBO : des fonds prêtés sur 3 ans avec peu ou pas de garanties afin de racheter des boîtes. La vente à terme permet théoriquement de rembourser l'emprunt et de faire un bénéfice. Malheureusement la crise fait baisser la valeur globale des sociétés, et ne permet que de vendre à perte, quand elle permet de vendre.
Cette seconde claque devrait être magistrale, puisque selon le Canard Enchaîné les encours de LBO seraient supérieurs à 150 milliards d'Euros en France.
Pour autant le Yéti je ne suis pas certain de partager ta vision façon Cassandre. D'abord parce que l'économie de marché est bien plus maligne que les catastrophes qu'elle provoque et elle a toujours su s'ajuster à travers les époques : ni 1789, ni 1830, ni 1848, ni 1870, ni le krach de 29, ni les crises pétrolières de 74, 77, ni deux guerres mondiales, ni même 75 ans d'expérience communiste n'en sont venu à bout.
Ensuite parce que cette catastrophe financière n'est que l'occasion pour l'argent de changer de mains.
Moi ma crainte c'est plutôt qu'on n'est pas prêt de sortir de ce système parce que ce système à l'intelligence inouïe de tolérer en sein toute forme d'opposition. Non seulement le capitalisme ne t'interdira jamais d'être anticapitaliste, mais il trouvera même le moyen de te vendre les attributs de ta contestation : le poster du Che, le tee shirt « vintage » CCCP, le keffieh, etc !
à C. Creseveur
De CA Not Dead
Glandouilleur Pro | 14H27 | 27/11/2008 |
« Non seulement le capitalisme ne t'interdira jamais d'être anticapitaliste »
En effet, il suffit de les marginaliser par une saine propagande !
» mais il trouvera même le moyen de te vendre les attributs de ta contestation : le poster du Che, le tee shirt « vintage » CCCP, le keffieh, etc ! »
Vous avez tout a fait raison ! S'habiller comme a la star'ac, pour faire son rebelle du dimanche, aucun intérêt !
à C. Creseveur
De Le Yéti
(auteur)
yetiblog.org | 15H15 | 27/11/2008 |
« BIEN PLUS MALIGNE… »
Je ne pense pas que ce soit vrai. Il suffit de voir la paralysie actuelle des pouvoirs publics face aux dégâts de la crise. Leur seule pauvre « malignité » est d'inventer des milliards de milliards totalement inexistants.
Le capitalisme sauvage tel qu'il existe aujourd'hui a par le passé souvent été mis en échec et durablement : par les mesures sociales du Front Populaire en 1936, par les fameuses ordonnances de 1945 du Conseil National de la Résistance qui résistèrent plus de cinquante ans.
Le capitalisme dont je parle ne se confond pas avec les divers systèmes de dominance qui ont parcouru l'histoire. Je parle du capitalisme né lors de la révolution industrielle, donc bien postérieur à la Révolution française de 1789. Avant lui, bien d'autres civilisations qu'on croyait également « maligne » et surtout incontournables ad vitam aeternam, se sont méchamment effondrées.
Enfin, le système capitaliste né de l'ère industrielle, était exclusivement lié à l'idée de croissance exponentielle. Or cette croissance que l'on pouvait justifier lorsqu'il s'agissait de produire le minimum vital, puis le minimum de confort, n'est désormais PHYSIQUEMENT plus possible, à l'heure du superflu et de l'inutile où nous sommes parvenus, du fait de l'épuisement des ressources naturelles sur lesquelles il reposait entièrement, et des gravissimes dégradations climatiques qu'il a causé.
Je tiens donc pour acquis que le capitalisme né de la révolution industrielle a aujourd'hui vécu…
… CE QUI NE VEUT PAS DIRE (et je ne l'ai pas dit) que nous allons enfin entrer, de gré ou de force, dans une ère miraculeuse de félicité. Bien au contraire, je pense que nous arrivons à une période de graves conflits dont je serais bien en peine de prévoir aujourd'hui la durée, et ce sur quoi ils déboucheront.
à Le Yéti
De Coldo
pas là | 15H31 | 27/11/2008 |
« Le capitalisme sauvage tel qu'il existe aujourd'hui »
Dans quel pays ? …
En France par exemple, les impôts représentent 44% du PIB.
Ca veut dire qu'à chaque fois que la France produit pour 100€ de richesses, l'état en prend 44…
Autre exemple, 25% des salariés sont des fonctionnaires…
C'est sauvage ça ?
à Coldo
De C. Creseveur
Ca pourrait bien être ça! | 16H07 | 27/11/2008 |
Un type qui te met une semaine en congé d'office, qui en profite pour vider les machines outils, et te laisse te cogner le nez sur les grilles à ton retour c'est pas du capitalisme sauvage ?
Coldo, je te souhaite de garder longtemps le o avant le l.
à C. Creseveur
De Coldo
pas là | 16H13 | 27/11/2008 |
Non… ça s'appelle un délit, et c'est condamnable.
Je ne comprends pas bien ton argument.
à Coldo
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 10H48 | 28/11/2008 |
« C'est sauvage ça ? »
Bien sûr que non.
Ces 44% servent à financer tous les services publics (enfin, ce qu'il en reste) dont vous pouvez bénéficier. Demandez à Jean-Marc Sylvestre ce qu'il en a pensé après son passage dans un hôpital. Bon, c'est vrai, il a oublié. Début d'Alzheimer ?
Et ces 25% de fonctionnaires sont, pour la majorité, à votre service.
Si vous avez des enfants dans un collège où il y a moins de profs et de surveillants (chez moi, un surveillant pour deux cours distantes de 100m), vous verrez…
à compte supprimé 22
De C. Creseveur
Ca pourrait bien être ça! | 10H53 | 28/11/2008 |
Alzheimer sans doute puisqu'à sa sortie de l'hôpital Sylvestre qui avait été parfaitement soigné avait juré de ne plus médire sur les services publics de santé. A moins que ce ne soit ça nature qui revienne au galop.
à compte supprimé 22
De Coldo
pas là | 10H53 | 28/11/2008 |
Et c'est très bien… On est d'accord…
Et ça prouve que la France est loin de vivre sous un régime de Capitalisme Sauvage comme l'auteur de l'article veut le faire croire.
à Coldo
De Le Yéti
(auteur)
yetiblog.org | 12H03 | 28/11/2008 |
Un capitalisme qui permet aux patrons des grandes entreprises de s'octroyer (même en période de crise) des augmentations de plus de 20% annuel, des parachutes dorées de plusieurs centaines d'années de SMIC (même en cas d'échec), des stock options de leurs entreprises sans aucun contrôle, EST un capitalisme sauvage. Et je dirais même plus, mafieux.
Un capitalisme qui, pour de simples raisons de rentabilité maximum, permet de masquer pendant des années les conséquences de produits hautement toxiques comme l'amiante, ou de se ruer sur le nucléaire sans maîtriser le retraitement des déchets, ou de promouvoir des produits hautement polluants (les 4x4) ou dont il ne connaît pas les conséquences (OGM) EST un capitalisme sauvage. Et je dirais même plus, criminel.
à Le Yéti
De C. Creseveur
Ca pourrait bien être ça! | 16H02 | 27/11/2008 |
Je ne discute pas de l'idée de décroissance, d'autant que je la partage.
En revanche je ne partage pas cette idée qui est un peu en vogue en ce moment qui voudrait espérer (ose croire ? ) que le capitalisme est au bout et qu'il s'effondre.
L'histoire des deux siècles précédent nous montre plutôt que le capitalisme s'est parfaitement accommodé de toutes les crises. Et les exemples que tu fournis me semblent justemment le démontrer : le front populaire a été vite balayé par la guerre, et les comités publics d'après guerre ont tous été phagocytés par le plan Marshall.
Les mesures sociales qui en sont issues (ajoutons-y celles de 68 avec les augmentations de salaires, la 4eme semaine de congés payés, etc.) font partie des régulations. Mais aucun de ces mouvements n'a mis fin au capitalisme en France, non ?
Le système s'est bel et bien adapté, et je ne vois pas pourquoi il en serait autrement aujourd'hui.
Pour l'instant aucun banquier ne s'est encore jeté par la fenêtre.
à C. Creseveur
De déluge
menuisier | 17H15 | 27/11/2008 |
Sans remonter à deux siècles en arrière , le dernier suffit pour voir comment le capitalisme résoud ses « contradictions internes » :
Deux guerres mondiales et des millions de morts.
La tension sur les matières premières et l'énergie serait déjà suffisante pour provoquer des crises majeures. Là on y rajoute le travail de sape des parasites de la finance mondiale.
Avouez que le coctail est explosif.
Va t-on accepter d'être sur les champs de bataille les variables d'ajustement de ce système dément ?
Va t-on continuer à accepter que la misère mondialisée en soit une autre ?
à déluge
De C. Creseveur
Ca pourrait bien être ça! | 17H48 | 27/11/2008 |
J'ai pas de réponse Déluge. Je n'ai que des doutes, et un incroyable sentiment d'impuissance.
Pour ce qui est de l'hypothèse de la révolution, j'ai encore plus de mal à y croire. C'est d'ailleurs ce vers quoi je ne tends pas du côté du NPA. D'autant que ceux qui en discutent (de façon pas toujours intelligible), ne sont guère capables d'expliquer ce qu'ils mettraient après.
J'imagine plus volontiers un 68 européen, une sorte de grève générale qui naîtrait par contamination transfontalière, et qui permettrait d'imposer une véritable Europe sociale. Mais avant qu'on s'entende tous sur un dénominateur commun !
à C. Creseveur
De déluge
menuisier | 18H30 | 27/11/2008 |
Les doutes et le sentiment d'impuissance est partagé, et je pense voulu.
Depuis des années on nous serinnes « la nécessaire adaptation », « les contraintes de la mondialisation », etc. Tout ce qui nous empêche d'aller penser ailleurs qu'on nous dit.
C'est à ce titre,par ailleurs que le PS est à mes yeux le plus coupable et surtout néfaste pour la gauche : La glaciation des esprits et de l'imagination.
Par contre, la faim est un puissant moteur.
J'espère que ce ne sera pas elle qui précipitera les choses.
C'est la raison pour laquelle il faut valoriser les démarches solidaires quoiqu'en dise certains abrutis ici ou ailleurs.
Gardons au moins au coeur cette valeur fondamentale. Solidarité entre les peuples, solidarité avec les étrangers.
Et regardons les « élites » pour ce qu'elles sont : Des féodaux qui saignent laplanète, et n'hésitons pas à voir en eux nos ENNEMIS.
Comment les combatre ?
Je préfèrerai que celà passe par la médiation des instututions, mais elles sont si stupides qui sont à la tête du CAC qu'elles ferment la cocotte à double tour de peur de perdre un peu.
Gardons espoir quand même.
à déluge
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 13H59 | 28/11/2008 |
« C'est la raison pour laquelle il faut valoriser les démarches solidaires »
C'est ce que j'ai écrit sur plusieurs blogues après l'arrivée de Notre Saigneur au pouvoir en 2007. Tout à attendre de mal de lui (c'est déjà fait) rien de bien du ps (lire ce que dit Val -si, si - du système Royal cette semaine).
C'est ce qu'on trouve chez les Tarnaco-terroristes (s'il faut en croire Match) :
MATCH TERRORISE SES LECTEURS !
Pas avec sa couverture sur le Retour de la Vengeance d'Alain Zorro avec fifille, non (ça aurait dû, pourtant).
Mais avec, en plein milieu, un article de quatre pages sur les Tarnaco-terroristes.
Une photo, d'abord. Double page sur l'intérieur de la maison des suspects. Dans la pénombre. Très baba-cool des seventies mais limite austère, même les pauvres de 2008 font mieux. Pas rangé. Par dédain de la chose chez des gens pensant qu'on a mieux à faire que de passer sa vie à briquer et briquer son petit intérieur ? Ou parce que les occupants ont été invités toutes affaires cessantes à goûter au rata réglementaire des geôles de l'Etat policier ?
Légende : « leur QG ». Ah oui, ils nous font la guerre, hein. « Photographié à travers une vitre ». Tiens tiens. Donc vous n'avez pas pu entrer, chers journalistes, ce qui aurait été plus pratique. Donc vous n'aviez pas d'autorisation. Ho, hé, ho, et le respect de la propriété privée ? – Dis donc Coco, on n'était pas dans la villa corse de Christian Jacquouille l'ami de, alors, camembert, hein ! *
Plus la qualification du leader-selon-la-police : « un intello bourgeois ». Bel assemblage :
- « Intellectuel » ça aurait fait bien, Glucksmann et tout, alors que « intello » ça fait qui réfléchit trop à ce qu'il devrait pas, hein Mâme Lagarde.
- Et « bourgeois » pour souligner que ce type a trahi son camp, celui de l'ordre injuste (désolé, Mâme Ségo).
Plus le second intertitre en rouge : « Leur révolution, un maximum de dommages ». Tremblez lecteurs terrorisés, les avions tueurs d'Al Quaeda ont trouvé leurs maîtres. Inutile, surtout, de dire que la seule action dont on les soupçonne sans preuve établie est d'avoir posé sur des caténaires des crochets fabriqués de façon à ne faire que rompre le lien caténaire-locomotive. En aucun cas à provoquer de déraillement ou même d'accident à tout ouvrier travaillant sur les voies. Et cela, sur les usagers, pour un résultat pas pire qu'un « incident indépendant de notre volonté » mais provoqué par le sous-entretien d'une société privatisée pour faire péter la thune en en dépensant le moins possible.
Au passage, notons que cet article contient un portfolio Spécial luxe etc. Montres à 11000, non, 10900 euros, coffret à cognac (1700) ou grolles en veau (850). Est-ce pour faire antidote à ces dangereux non-consommateurs ? Car on peut se demander si le principal crime, le pire terrorisme de ces babas pas cool (dixit Match) n'est pas d'avoir quitté les temples urbains de l'hyper-consommation et de militer pour une vie moins obèse et moins destructrice des autres vies. Voyez en dernière page leurs vieilles caravanes, posées sur un terrain même pas désherbé au Monsanto !
* Bien entendu, nous recevrons avec joie le démenti de Match, accompagné du nom de la personne qui l'a autorisé à faire son Zola.
Edit1 : 2 votes. On parie que c'est 1 « naze » et 1 « top » ?
Edit2 : Rhôôô, Coldo, ce serait mieux de me répondre en argumentant, vous qui savez si bien faire !
à Le Yéti
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 19H06 | 27/11/2008 |
Merci Yéti pour cette tribune on ne peut plus perspicace…
En fait à force d'observer ce système depuis des années, la manière dont il se dévore lui-même, je sentais que ça allait arriver… et mon intuition me trompe rarement. Si tôt et si vite, par contre, non, j'imaginais pas.
Alors effectivement, les perfusions à un cadavre, hein, ça lui rendra pas la vie. Mais ils n'imaginent même pas l'alternative, qui est pourtant à portée de main. J'espère que le principe de réalité leur remettra les idées en place, à coups de pied au derche !
…surtout qu'avec tout ça se profile aussi la grande crise écologique, le seuil de basculement carbone et tout le saint frusquin. Car ce système, non content d'avoir détruit l'emploi et le travail pour générer plus de profit… a aussi empoisonné et pillé la planète de nos descendants.
à Le Yéti
De zorbek
15H12 | 29/11/2008 |
Je trouve contradictoire de se morfondre de la récession économique qui s'annonce, et de déplorer la course à la croissance, dans le mesure ou la première représente un arrêt net de la seconde.
Cela ne veut pas dire que je souscris au mythe du « toujours plus de croissance » : il est parfaitement exact que les ressources de la planète s'épuisent, et que toujours consommer plus ne peut être une fin en soi. Le problème, c'est que consommer moins veut aussi dire provoquer d'avantage de chômage pour aboutir à un appauvrissement généralisé, appauvrissement qui est déploré dans l'article ci-dessus.
Pour rester concret, vendre moins de voitures est un bienfait écologique (ça fait autant de tonnes de fer épargnées, autant de pétrole qui ne partira pas en CO2 etc), mais ça fait aussi un certain pourcentage de chômage en plus. Bien sur, on pourrait envisager d'investir dans des transports publics beaucoup plus nombreux et plus efficaces pour résorber le chômage et pallier aux besoins de transports, mais je ne crois pas que ce soit là le souhait de la majorité, ni que les mêmes acceptent une inévitable diminution de leurs niveaux de vie, même si d'un point de vue écologique ce serait au bénéfice de l'écosystème et de la qualité de la vie…
Alors pour moi il faut savoir ce que l'on veut : une croissance avec élévation du niveau de vie et pourrissement probable de la planète, ou bien une décroissance et une diminution du niveau de vie, au bénéfice des générations futures. C'est la deuxième option qui pointe le nez via la récession, et ça n'a pas l'air de ne faire que des heureux…
à zorbek
De Le Yéti
(auteur)
yetiblog.org | 15H55 | 29/11/2008 |
D'accord, Zorbeck. Nous sommes pris entre deux feux si le système actuel se maintient : mourir de la dégradation de nos conditions de vie climatiques, avec une croissance qui détruit. Ou se laisser marginaliser par l'organisation économique actuelle en crise (chômage, jeunes tenus en dehors du marché du travail, femmes précarisées…) et végéter entre ennui et pénurie.
La planète pourrait effectivement vivre en se passant de cette croissance destructrice et désormais dénuée de raison puisqu'elle ne s'engraisse surtout que du superflu et d'économie sur les « coûts de productions » (cad, les êtres humains eux-mêmes).
Mais une condition de taille : changer le système de répartition des biens et services disponibles pour ne pas laisser sur le carreau les centaines de milliers d'individus rejetés de la sphère active. La diminution du niveau de vie dont tu parles est effective si l'on maintient le système actuel de répartition des richesses , par le travail (un tout petit peu pour beaucoup) ou par l'exploitation et la spéculation (un gros beaucoup pour très peu d'élus).
Or justement, c'est ce système qui prend l'eau et n'est plus tenable. Ce système qui va à coup sûr mourir. Et nous faire mourir aussi, s'il n'y a aucune réaction pour le retoquer. Vaste boulot, dangereux boulot, non ?
à Le Yéti
De zorbek
07H09 | 03/12/2008 |
Vaste boulot effectivement. Et pour citer un propos recueilli d'une salle de marché : si les Européens ont mis 30 ans à s'entendre sur ce qui peut légalement se vendre sous le label « chocolat » dans l'UE, comment espérer que les mêmes gugusses puissent se mettre d'accord sur une législation efficace des marchés financiers afin de prévenir le genre de bulles qui vient de nous péter à la figure, voire de permettre une plus juste répartition des richesses…
à C. Creseveur
De CrocMignon
Fan de Carla et fane de carotte | 08H54 | 28/11/2008 |
« ta vision façon Cassandre »
Malheureusement, Cassandre avait raison.
De blablablaetblablabli
patati et patata | 14H18 | 27/11/2008 |
Pas mal votre article,« les pulsions irrationnelles et mécaniques tiennent désormais lieu de raison » ya qu'à aller sur les site midi-libre ,ribric fait divers vous allez vite comprendre,anti noir,anti arabe,anti homos,anti sémite,anti manouche, anti gitans,anti pauvre. Et j'en passe.
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 15H20 | 27/11/2008 |
C'est cool, je compte m'acheter un appart, alors si les prix baissent, ça ne peut pas être une mauvaise chose.
Bon forcément, si les banques ne prêtent plus de sous…
Et puis ce n'est pas la crise pour tout le monde. Dans le joyeux monde de la grande distribution, ça tirait la gueule depuis quelque temps, certains maudissant le hard discount, d'autres le spectre de la baisse du pouvoir d'achat.
Alors cette crise financière, même si elle a porté un coup aux actions et surtout aux crédits à la consommation des grandes enseignes, n'est qu'un coup en plus.
Aujourd'hui se termine une des grandes messes du milieu, le salon de l'IFM, et même si ce n'est pas l'euphorie, on ne peut pas dire que c'est un climat de fin du monde.
C'est sur que l'industrie des temps jadis qu'est l'automobile va tirer la gueule, de même que celle des produits de luxe ou d'électronique. Car les gens recentrent leurs priorités sur le vital : la bouffe et l'hygiène, sur ce qui peuvent se payer maintenant et pas en 20 fois avec frais.
L'argent change de main, le système a eu un haut le cœur à force de s'empiffrer, mais ce n'est pas ça qui va changer grand chose.
Justement, ça peut faire une bonne excuse pour fermer des usines moribondes en France, et les ouvrir ni vu ni connu de l'autre côté du monde. Ou pour torpiller des petites boites et laisser les grands groupes les avaler.
Mauvais plan pour certains, très bon plan pour d'autres ; je vais pas me plaindre, ça me consolera d'avoir été une victime de le net economy : D
Ce que je crains, c'est que le vrai couillon de l'histoire, ça ne soit l'état. A force de filer des milliards aux banques qui vont être dilapidés, la justice, l'éducation ou la santé vont se faire couper les vivres.
De Coldo
pas là | 15H28 | 27/11/2008 |
Dans l'article : « Un cadre de la Caisse des dépôts et consignations confiait récemment à un ami, après une nuit blanche, qu'on ne pouvait imaginer à “ quel point nous en sommes arrivés ”. »…
Joli… Moi l'aut » jour, je discutais avec mon pote Gérard au bistrot, et il m'a confié : « Quand on voit c'qu'on voit et qu'on entend c'qu'on entend, on a raison de penser c'qu'on pense… »
Mais où sont passés les journalistes ! ! ? ? ! ! !
Rue89 est devenu un zinc numérique où chacun vient donner son avis, péremptoire de préférence, et surtout sur les sujets qu'ils ne maîtrisent pas.
Un flipper dans le coin et un bol de cacahuètes, c'est tout ce qu'il manque pour qu'on se croie tout à fait au Balto.
à Coldo
De Le Yéti
(auteur)
yetiblog.org | 15H58 | 27/11/2008 |
Il y a des centaines de milliers de bistrots en France.
Il n'y a qu'une seule Caisse des Dépôts et Consignations, et c'est la banque de l'État (« institution financière publique française créée en 1816. Placée sous le contrôle direct du Parlement, elle exerce des activités d'intérêt général pour le compte de l'État et des collectivités territoriales » - Wikipédia)
Quant à votre précédent commentaire sur le « capitalisme sauvage », il est piquant que vous cherchiez à le « civiliser » en évoquant juste le pourcentage fiscal du PIB… et en oubliant les délocalisations d'entreprises vers des pays tiers, les suppressions massives d'emploi, la remise en cause du code du travail…
À part « le flipper et le bol de cacahuètes », vous avez d'autres arguments aussi flamboyants pour défendre vos points de vue ?