Choses vues

Avec les sans-abri du bois de Vincennes : « On vous fait peur »

Dans le parc parisien où trois SDF sont morts ces dernières semaines, rencontre avec les deux occupants d'un abri de fortune.

Trois SDF sont morts dans le bois de Vincennes depuis le début du mois d'octobre. Ils sont plus 200 à vivre cachés. Certains sont là depuis plusieurs années. Il y a trois semaines, j'ai rencontré Stéphane et Fabien.

On arrête les coureurs : « Les tentes des SDF, c'est par où ? » C'était le début de l'après-midi, Didier était décédé la semaine précédente, l'information s'étalait partout : « Premier mort de froid, au bois de Vincennes. »

Dans la cabane de Francis


Il y a quelques mois, Six35 avait suivi des « habitants » du bois de Vincennes et ceux qui leurs viennent en aide, dans un documentaire en trois volets, présenté sur Nuesblog. Parmi eux, Francis, mort le 22 novembre.


Il faut d'abord trouver les tentes. Le bois de Vincennes, le plus grande espace vert de Paris, regorge de petites allées, de sentiers à l'écart, d'embranchements isolés.

Au bout de quelques heures, on atterrit devant une grande tente, cachée derrière des arbres. Pas une petite tente Quechua. Une installation de fortune toute en bâches de plastique et bouts de carton.

« Il y a quelqu'un » ? Avec un copain caméraman, on avance précautionneusement autour de la tente comme si l'on craignait d'être braqué à tout moment par un fusil à pompe. Un homme passe la tête entre les grosse bâches en plastique de la tente : « Oui ? »

Il sort, remarque la caméra : « Vous cherchez ? » J'explique : « On est journalistes, on vient faire un reportage sur le bois de Vincennes…le premier mort de froid. » « Ah ? Quelqu'un est mort ? Je ne savais pas. » Il dit « pas de caméra » mais nous invite à entrer.

Un grand blond fume une cigarette à l'intérieur. Présentations. Stéphane et Fabien. Je suis intimidée. D'habitude, les interlocuteurs que rencontre un journaliste parlent parce qu'ils veulent qu'on les écoute : syndicalistes, politiques, artistes, anonymes qui veulent témoigner. Lorsque que quelqu'un est réticent à raconter, il faut le convaincre.

Là, je ne peux convaincre de rien. Dire quoi ? « Racontez moi votre vie pour que les gens comprennent que… » Comprendre quoi ? Tout le monde, vous, moi, savons qu'ils existent. Nous les voyons tous les jours.

Ils rejettent les foyers : trop de violences et de vols

Stéphane époussète un tabouret avant de l'avancer vers moi. Il roule une cigarette. Il a des dreadlocks rousses attachées derrière la nuque, le visage dégagé, de gros cernes sous ses yeux bleus et une dizaine d'années dehors.

Il a délaissé les trottoirs parisiens il y a trois ans pour avoir un endroit à lui. La tente, divisée en deux espaces, peut accueillir cinq à six personnes. Dans un coin, deux couchettes. Celle de Stéphane et celle qu'il réserve aux copains de passage. Sur la caisse autour de laquelle on discute, un thermos de café et un cendrier.

« Je suis juste de passage ici », explique Fabien. Aussi nerveux que Stéphane parait impassible, Fabien fume cigarette sur cigarette et reste debout. Je comprends qu'il se protège ainsi du froid. Lui a du travail de temps à autre. Des « trucs » au black dans des hôtels à Paris qui lui permettent de se payer occasionnellement une chambre. Les deux rejettent totalement les foyers, lieux de violence, de vols. Que possèdent-ils donc de si précieux ? « Nos couvertures. »

Il souffle fort, il pleut, il n'y a pas de bruit. Ils sont tous les deux, totalement isolés. En dehors de la ville, en dehors du circuit des maraudes des associations, loin des autres, comment font-ils ces nouveaux hommes des bois pour survivre ? Qui leur offre une pièce, un café ? Comment se réchauffent-ils loin des métros, des porches et des bouches d'égouts ? La misère à Paris n'est-elle pas moins misérable ?

« Les gens repartent très vite. On leur fait peur »

Stéphane a quitté Paris parce que la rue y est bruyante et humiliante : « Je ne veux plus mendier dans le métro, je me sens mal à l'aise. »

Marre de recevoir des pièces de passants muets, qui gardent le regard baissé pour ne pas voir les crevasses sur le visage, les dents manquantes. Marre des cafés ou sandwiches tendus par des généreux qui évitent soigneusement de toucher la main de l'autre. Marre enfin de sentir la peur qu'il provoque :

« Il y a une dame très gentille. Elle court dans le bois et s'arrête ici pour déposer des choses. Elle ne m'a jamais parlé. Les gens repartent très vite. On leur fait peur. »

Parce qu'on croit les SDF alcooliques et agressifs, Stéphane me répète trois fois qu'il ne boit pas ou peu.

« Au bois, on n'emmerde personne »

Quand il sort, Stéphane glisse son walkman, son minilecteur de DVD portatif et ses conserves dans son sac. Même s'il n'a jamais été cambriolé, il prend ses précautions. Plus que tout, il a peur qu'on mette le feu à sa tente. C'est déjà arrivé à certains ici.

Pour se nourrir, se soigner ou juste parler, il traverse le bois et va au Samu social de Saint-Mandé. Il garde un souvenir lumineux de trois jours passés à descendre l'Ardèche en canoë. C'était cet été, à l'initiative d'une association. Là encore, pour loger le groupe de sans-abris, l'association a du ruser en les faisant passer pour ses employés.

La police ne dit rien, vérifie juste qu'il n'y a pas de problèmes. « Au bois, on n'emmerde personne », commente Fabien. Sauf quand ils meurent.

Les prénoms ont été modifiés.

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Portrait de Zineb Dryef

à comptesuprimé30 Portrait de comptesuprimé30 De Zineb Dryef (auteur)

Rue89 | 19H27 | 27/11/2008 | Permalien

Je suis d'accord. J'ai lu Declerck, son bouquin est sans doute ce que j'ai lu de mieux concernant les SDF d'ailleurs.

Portrait de comptesuprimé30

à Zineb Dryef Portrait de Zineb Dryef De comptesuprimé30

hestia | 19H58 | 27/11/2008 | Permalien

à zyneb
merci pour la réponse.
Qui plus est Patrick Declerck est passionnant à rencontrer ; peut être pourriez vous lui proposer une tribune sur rue89 ?

à conseiller du même auteur « le sang nouveau est arrivé » concernant aussi les SDF.
cordialement

Portrait de dahu74

à comptesuprimé30 Portrait de comptesuprimé30 De dahu74

déclassé disqualifié mais vivant | 12H33 | 28/11/2008 | Permalien

Je recommande chaleureusement « SDF -Crtique du prêt à penser » de Patrick Gaboriau et Daniel Terrolle (tous 2 chercheurs au CNRS)éd Privat
Une interview de professionnels, qui, comme P decleck, travaillent sur ce « phénomène » de société depuis +15 ans.
Et aussi le dernier n° de regards croisés sur l'économie consacré à Pour en finir avec la pauvreté (http://www.cairn.info/revue-regards-croises-sur-l-economie.htm)
Et bien sûr le rapport de la Fnars « Sortir de la rue » (12/2007)
Des analyse sérieuses, professionnelles, de la situation ont été établies.
Des pays ont mis en œuvre avec succès l'éradication de la vie à la rue (GB, DK, NL)
Nos politiques sont-ils sourds et illettrés ?

Portrait de tropi

à comptesuprimé30 Portrait de comptesuprimé30 De tropi

calisé | 19H53 | 27/11/2008 | Permalien

il est vrai que le regard de certains est destructeur ! mais,je parlerai là de ma propre expérience, le dialogue est très important ! il permet de montrer que ce n'est pas parce que vous êtes à la rue que vous êtes pour autant une bête sauvage !
nos écrits(quand on peut écrire ! ) et nos paroles nous éloignent de l'animalité !

Portrait de citrouille

De citrouille 33365

gerboulade permanente | 18H23 | 27/11/2008 | Permalien

J'ai campé l'an dernier pendant 4 semaines avec des SDF-EDQ. Ils ont énormément apprécié qu'on partage leur vie et qu'ils partagent la nôtre. Parler, c'est ce qui leur manque le plus. De l'attention, un sourire, un casse-croute partagé et pas tendu du bout des doigts…C'est pas compliqué.

Portrait de remi86

à citrouille Portrait de citrouille De remi86

le croquant ...du poitou | 20H15 | 27/11/2008 | Permalien

Là je vais etre vache ! c etait un tour operator sdf ou un pokalontas je sais pas quoi ? ! suffit pas de partager pendant un certains temps !
J ai pas de lecon a donner mais c est pas des kikuyus que tu vas visiter en afrique ! et tu retournes chez toi avec pleins de bons souvenirs !
qu est ce qu il y a derriere depuis ton safari ?

Portrait de citrouille

à remi86 Portrait de remi86 De citrouille 33365

gerboulade permanente | 06H55 | 28/11/2008 | Permalien

Safari. Comique. Vu que j'ai été à l'initiative de l'installation du camp avec un copain faucheur,j'apprécie hautement ta hargne.
Combien de nuits et de jours as-tu passées avec des SDF, à dicuter avec eux, à faire la soupe pour tous ceux qui voulaient venir la partager, à intervenir auprès de la mairie pour qu'une maison-relai soit créée, à se faire agresser par des nasillons envoyés je ne dirai par qui. Combien de fois as-tu pris le temps de discuter avec eux, quand tu les croises dans la rue ? A continuer à t'inquiéter pour le plus vieux d'entre eux, qui est régulièrement agressé je ne dirai par qui, ses affaires brûlées en pleine ville sans que cela ne gêne grand-monde…
Rien. Tu n'as pas de leçons à donner ? Alors ferme ta gueule.Moi je n'ai pas de comptes à rendre.

Portrait de Ryze

à citrouille Portrait de citrouille De Ryze

La Jeune Garde Rouge | 10H08 | 28/11/2008 | Permalien

Citrouille, c'est juste pour une petite précision : le sigle EDQ ça veut dire quoi ?
En tout cas, bravo pour ta démarche.
Cordialement.

Portrait de PIT LE CHIEN

à Ryze Portrait de Ryze De PIT LE CHIEN

10H55 | 28/11/2008 | Permalien

EDQ = Les Enfants de Don Quichotte = Les Frère et mère..Legrand = Quai de Jemmapes = les tentes , etc…
QC = Qu'ils continuent et nous aussi.

Portrait de ALLAIN JULES C@MMUNICATION

De ALLAIN JULES C@MMUNICATION

18H28 | 27/11/2008 | Permalien

Nom de Dieu !

Mais pour quel intérêt donc, le gouvernement veut faire le forcing avec ces gens ? De voir un gouvernement incapable de prendre des mesures de réquisition fait pitié. Ces gens ne demandent pas forcément la charité, mais veulent quon soit simplement attentif à leur malheur.

L'Abbé Pierrre revient, ils sont devenus fous !

http://allainjulesblog.blogspot.com/

Portrait de Teberli

à ALLAIN JULES C@MMUNICATION Portrait de ALLAIN JULES C@MMUNICATION De Teberli

Enseignant | 19H03 | 27/11/2008 | Permalien

Ce n'est pas seulement de charité que notre société a besoin mais de justice sociale absolue.

Comment se fait-il que la misère gagne du terrain ? Ne serait-ce pas à cause d'une théorie géniale et incroyablement vicieuse qui veut que le travailleur paye le patron, qui veut que le patron gagne dix ou vingt ou trente fois plus que le travailleur, que les lois soient faites par les puissants pour les puissants etc.

Du côté des travailleurs :

Produire plus pour avoir moins
Se faire jeter comme un citron trop pressé
Cacher la misère sous la dignité

Du côté des responsables de la situation :

Exploiter plus pour capitaliser plus
Dégraisser et délocaliser pour gagner plus
Cacher la fortune dans les paradis du capital
Montrer l'assurance et l'arrogance du vainqueur
Expliquer aux victimes que c'est de leur faute, qu'ils avaient les mêmes chances au départ … enfin presque !

Quoi, c'est faux ? Y en a qui sont plus égaux que les autres ? Ben, c'est normal, non ? On n'y peut rien ! Ca a toujours été comme ça, vous le savez bien. Comment ça on y peut beaucoup ? La solidarité, l'éducation, les services publics gratuits, des lois justes ? Et puis quoi encore ? Vous seriez pas en train de virer NPA, vous ?

Portrait de Thomas GREDAT

De Thomas GREDAT

| 19H17 | 27/11/2008 | Permalien

Ils ont peut-être besoin de charité, sans doute de justice sociale, mais surtout d'espoir. D'envie de vivre, de savoir qu'on peut s'en sortir, parce que ça en vaut de la peine.
Quand un SDF dit : « Au bois, on n'emmerde personne », ça veut tout dire. Le sentiment d'être de trop.
Ils ont besoin de savoir qu'ils existent. C'est vrai qu'on ne les y aide pas beaucoup. Mais c'est cela qui leur donnerait l'énergie.

Portrait de Keldan

De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 18H41 | 27/11/2008 | Permalien

Les seuls dont il faut avoir peur ce sont les clochards qui ont l'alcool qui leur attaquent le cerveau, les keupons perchés ou pire que tout, les junkies en manquent.
Après, les autres ont plus à avoir peur du reste du monde que l'inverse. Si un clochard me blesse, un tour à l'hosto et je rentre chez moi, et ça guérit. Lui ira peut être à l'hosto, mais trainer dehors avec une plaie ou un bras cassé, ça pardonne pas.

Mais il existe une bonne raison pour les éviter : le dégout. Je suis pas du genre bégueule, mais il y a quand même une limite à l'odeur qu'on peut supporter. Sans même parler de la crasse ou des puces et des poux (surtout les punkachiens, pour les puces…)

Et puis je ne les regarde pas parce que ma maman m'a dit que c'était impoli de dévisager les gens. Et que j'aime pas qu'on me regarde. Et lorsque je croise leur regard, ils ont le droit à un traitement égal à celui du reste du monde : indifférence et mépris.

En fait je suis un mec trop sympa avec les vagabonds, je les traite en être humain. Pas de bol, je suis misanthrope : D

Portrait de compte supprimé 20

à Keldan Portrait de Keldan De compte supprimé 20

20H05 | 27/11/2008 | Permalien

les puces des punkachiens , elles restent sur les chiens ! méfie toi davantage des clodos sans chiens !

Portrait de Juan Pablo de Tagéna - bloqué

De Juan Pablo de Tagéna - bloqué

18H43 | 27/11/2008 | Permalien

Je crains qu'il soit impossible de réintégrer dans la société certains SDF : il y a chez eux un refus absolu de la vie en société et de ses règles, c'est un choix qu'ils font de vivre ainsi. Mais nous sommes devenus si délicats et si égoïstes que nous ne supportons pas le spectacle de la misère choisie, car nous avons trop peur que ça nous arrive. Il y a dans cette compassion quelque chose de suspect, d'intrinsèquement égoïste ! Nous ne voumons pas être gênés par le spectacle de la pauvreté !

Portrait de vol19

à Juan Pablo de Tagéna - bloqué Portrait de Juan Pablo de Tagéna - bloqué De vol19

awash | 19H28 | 27/11/2008 | Permalien

(1) « nous ne supportons pas le spectacle de la misère choisie »…
(2)« Nous ne voulons pas être gênés par le spectacle de la pauvreté »
(3) « il y a chez eux un refus absolu de la vie en société et de ses règles, c'est un choix qu'ils font de vivre ainsi ».

Une pointe d'humour…votre discours témoigne d'une grande empathie et une grande compréhension vis à vis des processus d'exclusion.
Pourriez-vous développer quelle « vie en société et de leurs règles » s'agit-il ?
Celles du trader ?
C'est le côté paradoxal aujourd'hui, l'éclatement de la société et des conventions homis celles de la production/consommation et de l'autre côté moins de place pour la singularité contrairement aux sociétés anciennes ?

Portrait de Au sud de nul part

à Juan Pablo de Tagéna - bloqué Portrait de Juan Pablo de Tagéna - bloqué De Au sud de nul part

Situation | 20H02 | 27/11/2008 | Permalien

C'est curieux que vous en veniez immédiatement à dire que :

« Je crains qu'il soit impossible de réintégrer dans la société certains SDF : il y a chez eux un refus absolu de la vie en société et de ses règles, c'est un choix qu'ils font de vivre ainsi. »

Vous dîtes « Je » : vous parlez à leur place et vous en venez à savoir pour eux. Vous parlez aussi de « choix » : un jour, selon une position abstraite, un homme décide librement de vivre dehors. Et les autres homme non.

« Mais nous sommes devenus si délicats et si égoïstes que nous ne supportons pas le spectacle de la misère choisie, “

Ah ? Quel beau sophisme : l'égoïsme ne consiste pas à ne pas vouloir réduire le nombre de sdf, mais à ne pas accepter un choix de vie libre….
Pour parler (de vous même, en fait) vous dites ‘certains’ sdf : ‘certains’. C'est un terme tellement indéfini qu'il ne veut rien dire du tout.

Sur 100 000, voire 150 000 sdf, cela veut dire quoi ‘certains SDF’ ? 10, 1000, 10 000… ? Et même si 10 000 sdf auraient un jour ‘choisi’ la vie de ‘misère’ (quand ? Comment ? on ne sait pas…), qu'est ce que cela veut dire pour les autres ? Qu'ils n'ont rien choisit du tout. Votre raisonnement est juste fondé sur une stratégie de diversion : du genre, parlons plutôt de ‘certains SDF’ qui ont ‘choisis’ leur mode de vie…genre, eh oui, brisons les tabous, rendons nous compte que ‘certains sdfs’ sont libres d'être ‘sdf’. On change ainsi bien de sujet.
C'est commode.

L'allusion à une ‘compassion’ ‘suspect(e)’, laquelle proviendrait de notre délicatesse moderne, ou d'une supposée sensibilité excessive, expliquerait notre désir ne de pas être ‘gênés par le spectacle de la pauvreté ! ’. Cela voudrait dire que nous devrions accepter de reconnaître la liberté de ‘certains’ sdf à vivre dans la misère. Ce type d'argumentation marche à tous les coups : il y a des chômeurs qui choisissent librement le chômage ; il y a des femmes qui choisissent librement un mari violent, etc…Même si on octroyait à ce propos la moindre vraisemblance, en quoi celui-ci permti-il de résoudre le problème ? Quel est l'intérêt de parler de Soi pour ne pas parler des milliers de sdf qui n'ont pas ‘choisit’ ne vivre dehors ?

En réalité, c'est une manière bien signifiante de se raussurer soi-même, justement, que d'évoquer d'abord une figure marginal du SDF, celle de l'être rebelle au ‘règles’ et qui ‘choisit’ selon une conscience libre un mode de vie supposée être vécu en ‘dehors’ de la ‘société’. Cette figure post romantique est une figure construite.

Comment croire, sans n'avoir jamais fréquenter une majorité de sdf, que le problème majeure se situerait ici, dans une forme de rebellion sociale ? Quel intérêt même recouvre cette manière de déplacer le fait qu'il y a 100 000 sdfs ? Quel est l'intérêt psychique de celui qui parle d'abord ainsi du problème ?

On polémique alors sur un point de détail -liberté ou non liberté de choix, le libre arbitre…- pour ne pas parler du réel : est-ce que les sdf -dans leur grande majorité- sont satisfaits de conditions de vie et veulent absolument que celles-ci ne changent aucunement ? S'interroger en revanche sur une ‘suspect(e) compassion’, laquelle remettrait en cause un certain interventionnisme social, est bien plutôt le comble du narcissisme. Interrogons nous d'abord sur Nous mêmes… réfléchissons d'abord à l'ambivalence de l'altruisme…. plutôt que de s'occuper concrètement d'un problème social qui se trouve ainsi soigneusement occulté. C'est le recours à une psychologie de bazar, un sous nieztchéisme passe-partout : le ‘spectacle de la pauvreté’ nous dérangerait car nous ne respecterions pas la liberté, et non parce que l'humain éprouverait, parfois, un malaise à pas voir l'un de ses semblables vivre dans un pays riche moins bien qu'un chien de compagnie. Bien sûr. Cela va de soi. C'est une priorité que de s'interroger sur l'ambivalence morale de l'altruisme : les SDF n'attendent que cela.

A.S.D.N.P

Portrait de vol19

à Au sud de nul part Portrait de Au sud de nul part De vol19

awash | 20H57 | 27/11/2008 | Permalien

L'analyse de discours, c'est toujours intéressant :

L'insupportable « pauvreté choisie » évoque étrangement le terme devenu générique d« immigration choisie »…
Pauvreté et immigration semblent être liés.

Le discours de l'égoisme qui sous-tend la compassion vis à vis de la pauvreté et de la pauvreté traduit au fond le mépris.

-> En fait un discours fachiste, il n'y a pas de ressenti de souffrance par rapport à celle de l'autre, juste de la peur que celà arrive à lui. Au fond, c'est la peur, voire la haine même de sa propre part de fragilité (que chacun dans notre société essaye tant bien que mal de rejeter)… et non pas de la souffrance d'autrui. C'est très différent.

Oui, mieux vaut les faire disparaitre, leur faire-comprendre de disparaitre. Hitler lui a tout liquidé, malades (avec l'aide des médecins pour les enfants diabétiques), marginaux, handicapés, homosexuels, étrangers (commence par les Juifs, les Tziganes, puis pour après : les Slaves, puis les Latins…)avant de se détruire lui-même et part de son peuple… Ca ne doit pas si bien marcher que çà…

Entre temps, on cogne sur ce qui est fragile, un pâle moyen d'essayer de lutter contre cette faille en soi-même détestée.

Portrait de Marc de café_bloque

à Juan Pablo de Tagéna - bloqué Portrait de Juan Pablo de Tagéna - bloqué De Marc de café_bloque

cabot mais pas chien | 10H45 | 28/11/2008 | Permalien

A Juan Pablo de Tagéna : non, ce n » est pas de la misère choisie , ou alors pour quelques cas très rares. C « est souvent une grave impossibilité de s “ adapter à la société : deux amies ont essayé de loger dans des appartements corrects des SDF et leur ont trouvé des petits boulots. Des mecs très sympas , normaux, ‘dehors’, et qui se sont avérés être de dangereux déséquilibrés dès leur changement de mode de vie . C ‘ étaient des schizophrènes qui avaient , nous l’ avons découvert ensuite, un lourd passé psychiatrique. Le plus triste, c ‘est l’ attitude des services sociaux, qui ont reproché à mes amies leur initiative.
Je ne dis pas qu” il ne faut pas loger les SDF mais que c “est le rôle de l” Etat, qu » il y a un énorme travail en amont, que ce sont des services très spécialisés qui devraient l » assumer et non des bénévoles. La situation actuelle est scandaleuse à tous points de vue.

Vous exagérez : on n'a jamais redistribué autant de fric ! 56% de la richesse nationale est confisqué par l'Etat pour être redistribuée ! Pire que dans la russie de Staline ! Et on ose dire que nous sommes dans une société ultralibérale ? Mais où ont-ils appris à raisonner ?

Portrait de Marc de café_bloque

à Juan Pablo de Tagéna - bloqué Portrait de Juan Pablo de Tagéna - bloqué De Marc de café_bloque

cabot mais pas chien | 17H13 | 28/11/2008 | Permalien

nuance ! on a jamais aussi mal redistribué et utilisé NOTRE argent. Vous avez raison de dire que dans ces conditions il nous est confisqué, pour ne pas dire volé.

Portrait de titysse

à Juan Pablo de Tagéna - bloqué Portrait de Juan Pablo de Tagéna - bloqué De titysse

| 23H34 | 28/11/2008 | Permalien

provocation à deux balles voire moins…

Portrait de Phil2922

De Phil2922

Retraite invalidité | 18H45 | 27/11/2008 | Permalien

Avec ses dernières déclarations, Christine Boutin fait dans le charitable. Mais bon sang, des SDF, il y en a toute l'année qui meurent. Oui, nous avons besoin d'une personne aussi charimastique que l'abbé Pierre pour faire un appel. Et cette fois un appel de réquisition des nombreux logements vides qui existent dans les villes. Ceux qui dorment dehors ont besoin d'un logement pérenne qui leur donnerait la possibilité d'être reconnus et de se réinsérer.

Pendant que Mme Boutin lance ses déclarations à l'emporte pièce, le DAL a été condamné à 12 000 euros… !

http://phil195829.overblog.com

Portrait de Juan Pablo de Tagéna - bloqué

à Phil2922 Portrait de Phil2922 De Juan Pablo de Tagéna - bloqué

10H16 | 28/11/2008 | Permalien

Elle est sûrement plus charitable que vous. Un peu de pudeur, SVP…

Portrait de Marc de café_bloque

à Phil2922 Portrait de Phil2922 De Marc de café_bloque

cabot mais pas chien | 17H16 | 28/11/2008 | Permalien

Et qui meurent jeunes . La peine de mort existe toujours dans ce pays et fonctionne 24h sur 24 , pour de nombreuses catégories de citoyens : la rue , les pesticides, mauvaises conditions de travail, vaccins frelatés responsables en grande partie du fléau Alzheimer etc.

Portrait de patrick du 14

De patrick du 14

toujours naze et qui cotises pas | 19H06 | 27/11/2008 | Permalien

Portrait de jabier

De jabier 31087

consultant dans les Landes | 19H11 | 27/11/2008 | Permalien

Il faudra bien qu'un jour se convaincre que ce n'est pas en faisant la charité que les problèmes des SDF se résoudront, mai en leur procurant des logements décents et dignes.
Nous ne sommes, dans le fin fond de nous, pas encore capables de penser qu'il ne suffit pas de poser des rustines sur les injustices.
Sommes nous capables de réagir avec vigueur à ceux qui nous imposent cette vie où la peur de devenir SDF est devenu majoritaire chez nous ? La peur ne suffit pas, au contraire elle paralyse.

Portrait de Juan Pablo de Tagéna - bloqué

à jabier Portrait de jabier De Juan Pablo de Tagéna - bloqué

14H25 | 28/11/2008 | Permalien

C'est pourtant pas mal la charité ! Cela vous évite d'avoir à cracher au bassinet.

Portrait de Marc de café_bloque

à Juan Pablo de Tagéna - bloqué Portrait de Juan Pablo de Tagéna - bloqué De Marc de café_bloque

cabot mais pas chien | 17H22 | 28/11/2008 | Permalien

Oh que si, qu » on crache au bassinet ! si vous saviez ce que nous coûtent en temps et en argent nos infos utiles à diffuser, les déplacements dans les G8 pour présenter aux requins qui nous soi-disant gouvernent des Chartes dont ils se contrefichent, les déplacements-hébergements pour des actions de fauchage d « OGM, anti-nucléaire etc et les aides que nous apportons aux sans abris, cas sociaux, malades, victimes de procès … Tout notre fric y passe ! ! !

Portrait de sûrderien

De sûrderien

paresseux | 19H13 | 27/11/2008 | Permalien

Mme Dryef

Très bien ,un reportage sur les SDF . C'est porteur
en ce moment .Les morts sont encore (presque) chauds

Ce sujet , gravissime , aurait pu être traité beaucoup plus profondément. Et surtout bien plus tôt .Votre article sent l'opportunisme et le sensationnel !

France Dimanche quoi !

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