
Aux Etats-Unis, Halle Berry, Will Smith et Denzel Washington trônent au sommet du box-office. Et en France ? Pourquoi si peu de noirs au cinéma ? Alors que sort mercredi « Aide-toi, le ciel t'aidera », le nouveau film de François Dupeyron tourné dans une communauté « black » des Mureaux, enquête sur une cruelle absence.
Michèle Halberstadt, profession productrice, n'en revient toujours pas… Un jour, François Dupeyron, dont elle a financé plusieurs films, se pointe avec son nouveau scénario. Titre : « Aide-toi, le ciel t'aidera ». Une fable située dans une communauté noire du beau pays de France. Argument : pendant l'été de la canicule, une femme qui s'apprête à marier l'une de ses filles perd son mari (une crapule) et cherche à se débarrasser du cadavre, histoire que la noce suive son cours. Grâce à l'aimable collaboration d'un voisin (Claude Rich, génial), elle parviendra peut-être à ses fins et à s'inventer une nouvelle vie. Le sentiment de la productrice :
« Le script rappelait la comédie italienne. François avait envie d'évoquer des sujets graves avec légèreté. Je pensais que l'on parviendrait à financer le film sans problème. Les choses ne sont pas passées ainsi, c'est le moins que l'on puisse dire. »
« Les noirs n'intéressent personne. »
Le film a beau compter dans son casting un comédien populaire (Claude Rich, donc) ; Dupeyron a beau sortir de plusieurs succès (« La Chambre des officiers », « Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran », avec un césar à la clé pour Omar Sharif), les chaînes de télévision, hormis Canal+, dédaignent le projet. Leurs arguments ? La productrice ouvre la boîte aux souvenirs, qui exsude de vilains relents.
« J'ai tout entendu : “les noirs n'intéressent personne”, “j'ai déjà produit mon quota de films avec des minorités cette année”, “cette histoire est trop futile pour des noirs”… Il y avait un problème, un gros problème. En fait, le projet ne rentrait dans aucune case. Ce n'était ni une comédie poids lourd façon “Black Mic-Mac”, ni un drame compassionnel. Comme si, avec des personnages noirs, on devait forcément rester dans le misérabilisme ou la farce énorme. »
Inconnus, forcément inconnus
Formatage de la production française, l'éternel retour… Avec une circonstance « aggravante », si l'on ose dire, la présence au casting de comédiens inconnus sur les écrans de cinéma. Inconnus et pour cause !
Alexandre Michelin est le président de la commission Images de la diversité, chargée depuis 2007 par le Centre national de la cinématographie) et l'Agence pour la cohésion sociale et l'égalité), de promouvoir la diversité sur les écrans petits et grands. Il est aux premières loges pour décrire la « frilosité » ambiante. Et il ne mâche pas ses mots : « préjugés », « discrimination », « blocages conscients et inconscients » :
Créée aux lendemains des émeutes de 2006, la commission aide, avec les moyens du bord, les projets qui lui sont soumis, en se méfiant comme de la peste des lois des quotas et des crispations communautaristes. Alexandre Michelin ne se gargarise pas de grands mots. Et il rappelle justement que si la situation est rude au cinéma, c'est encore pire à la télévision. La preuve : l'étude récente du CSA soulignant que, malgré le très médiatique « phénomène Roselmack », aucun progrès sensible n'est à noter depuis dix ans au rayon diversité…
Télévision : le grand alibi
Du côté des chaînes de télévision, justement, les grands argentiers du cinéma français. Comment explique-t-on la pénurie ? Et comment justifie-t-on le refus d'attribuer quelques deniers au film de Dupeyron, pourtant potentiellement populaire ?
Sur le service public, on avance n'avoir guère apprécié le script (pourquoi pas ? ). Pour le reste, sous couvert d'anonymat, on se retranche derrière les lois de l'arithmétique :
« Nous produisons le dixième des projets que l'on nous propose. Nos critères : l'intérêt du script, la solidité des producteurs et la qualité du paquet cadeau (acteurs et réalisateur). Nous ne pouvons pas tout financer, mais nous contribuons plus que nos concurrents à la diversité du cinéma. »
Chez Arte, spécialisée dans le film d'auteur, Michel Reilhac, en charge du cinéma, ne se « souvient pas » avoir lu le script (pourquoi pas ? ). Mais il admet sans hypocrisie que quelque chose cloche :
« Le cinéma français est en retard dans la représentation de ce que l'on nomme “les minorités”. Dans les films, la communauté noire n'échappe pas aux stéréotypes. A notre échelle, nous essayons de contribuer à un changement, par exemple en produisant des fictions comme celles de Claire Denis. Cela étant, beaucoup reste à faire. »
La honte
« Beaucoup » ? C'est un doux euphémisme. Exceptés quelques « cas » -dans des registres divers : Aïssa Maïga, Isaac de Bankolé (aujourd'hui installé aux Etats-Unis) ou Pascal Légitimus- qui peut citer des comédiens noirs français figurant en haut de l'affiche ? Valérie Lemercier ? On rigole à peine… Dans « Agathe Cléry », nouveau film de Chatilliez (sortie le 3 décembre), la comédienne incarne en effet une directrice de marketing un tantinet raciste dont la peau s'obscurcit progressivement. Une héroïne black, enfin. Passons. Michèle Halberstatd poursuit :
« Les acteurs du film de Dupeyron galèrent pour gagner leur vie. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas de rôles pour eux, tout simplement. Dans “Aide-toi le ciel t'aidera”, il y a plusieurs acteurs formidables. Je suis heureuse que Jean-Jaques Ido s'apprête à tourner aux Etats-Unis avec Tarantino. Mais les autres ? Certains envisagent de changer de métier. C'est une honte. »
Alexandre Michelin ajoute :
« Du passé colonial à l'actualité, les récits où les acteurs noirs pourraient occuper le premier plan ne manquent pas. Hélas, le cinéma français semble déconnecté de la réalité. C'est l'antithèse de ce qui se passe en musique. Commercialement cette absence sur les écrans est un non-sens. Il existe forcément des Will Smith ou des Halle Berry français qui attendent qu'on leur donne leur chance. Ce qui se produit depuis quelques années avec la communauté beur devrait donner des idées ! »
En effet… Grâce à des films aussi divers que « Indigènes », « L'Esquive », « La Graine et le mulet » ou « Entre les murs » (dont la production, pour les deux premiers, ne fut pas une mince affaire), quelque chose a bougé. Et aujourd'hui, derrière la locomotive Jamel Debbouze (un des acteurs les plus « bankables » du cinéma national), des comédiens comme Roschdy Zem ou Sami Bouajila (entre autres) ont enfin droit à la reconnaissance artistique, sans que l'on pointe du doigt leurs origines. Pour les blacks, l'attente continue. Jusqu'à quand ?
► Aide toi, le ciel t'aidera de François Dupeyron - avec Félicité Wouassi, Jean-Jacques Ido, Mata Gabin, Claude Rich… - sortie le 26 novembre.
Photos : Félicité Wouassi dans « Aide-toi… » (ARP). Portraits : Isaac de Bankolé ; Félicité Wouassi ; Bakari Sangaré ; Aissa Maiga ; Jean-Jacques Ido ; Firmine Richard ; Lucien Jean-Baptiste ; Mata Gabin ; Hubert Koundé ; Rokhaya Niang ; Pascal Légitimus ; Edéa Darcque (DR).




















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à vive nicolas princen
De Anne Jacqueline
internaute | 01H15 | 27/11/2008 |
Ah bon ? Et il y a 60 ans, L.S. Senghor, il n'a pas été député (1945-1958), puis secrétaire d'Etat à la Présidence du Conseil (1955-1956) par exemple ?
De steed1
prosateur à mi-temps | 15H55 | 25/11/2008 |
Rien de nouveau sous le soleil. Le racisme français ne se raconte pas, ne se livre pas, nous sommes officiellement dans le pays des droits de l'homme, une terre d'accueil, nous donnons facilement des leçons…et pourtant.
pourtant, nos présentateurs TV noirs sont « victimes » de discrimination positive.
Au lendemain de la victoire d'obama on se dépèche de nommer un prefet noir, au cinéma le noir est là pour faire le comique ou pour jouer le truand, jamais le héro sentimental.
J'avoue ne pas avoir de solution au problême. Je me dit parfois qu'il manque une vrai conscience ou un vrai esprit noir français, des figures charismatiques. Peut être parce qu'on ne prend pas au sérieux la culture créole parce que justement elle est créole, loin de l'hexagone, trop soleil et ti punch.
et là je repense à la haine de matthieu kasowitz, je me dit qu'il y avait là de nouveaux talents et des héros ou des anti héros urbains.
(je pense tout haut en fait…)
Je me dit aussi que peut être nous avons une intelligentia bobo peut être un peut trop st germain des prés, trop « café de flor » et pas assez « les halles ».
Oui j'aimerais une halle berry, un will smith ou un denzel washington français, non pas parce qu'ils sont noirs, mais parce qu'ils ont du talent, et je me refuse à croire que nous ne soyons pas capable de trouver de vrais talents ailleurs que chez les fils et filles de.
à steed1
De kirikou33
Tiers-mondiste révolutionnaire... | 16H12 | 25/11/2008 |
Je suis entièrement d'accord avec vous. Il manque en effet une véritable conscience « noire » en France. La faute reviens à la fois à l'intelligentia française (trop st germain des prés comme tu dis), et la la communauté noire (encore très partagée entre son sentiment d'appartenance aux peuples d'Afrique, ou à la civilisation Européenne).
Le noir américain et le noir français n'ont pas le même héritage historique et culturel.
à kirikou33
De Spirou
16H28 | 25/11/2008 |
Exact. Tant que le noir continuera à vouloir chasser l'antilope au bois de Vincennes et tant qu'il ne renoncera pas aux scarifications et autres lubies folkloriques qui effraient le rustre français de la campagne, il ne devra pas venir se plaindre.
Le noir cessera d'être considéré comme un noir lorsqu'il aura appris à être blanc. Point de salut en dehors du blanc, sauf s'il renonce à ses ambitions extravagantes (études, métiers valorisants…) pour se consacrer à ce qui convient à sa modeste personne (foot, danse, chant…) et à ce dans quoi il touche sa bille. Parce que la France républicaine combat le multiculturalisme (nouveau cheval de bataille des intellectuels, Gallo, Fink, BHL, Zemmour…) et lui préfère l'assimilation. Seuls ceux qui s'assimillent parfaitement peuvent croire en l'avenir. Pour les autres, il faut qu'ils gardent espoir, en ayant à l'esprit que tant qu'il y a de l'espoir, il y a de la déception.
-Modèle républicain français = égalité de droit, inégalité de fait.
-Discrimination positive = égalité de droit, égalité de fait.
Ce raisonnement est valable si on raisonne en terme de groupe et non en terme d'individus.
à kirikou33
De le soudanais
ici et là | 19H05 | 25/11/2008 |
C'est surtout qu'il n'y a pas de communauté noire en France au sens d'un ensemble homogène, avec une culture et des référentiels identiques.
Le noir américain a en commun l'esclavage et un immense trou noir quand à ses véritables origines, rien de tel en France où les vagues successives d'immigration et l'existence de territoires et départements d'outre mer sont à l'origine d'une communauté qui n'est homogène qu'au yeux des blancs.
Une communauté congolaise, malgache, antillaise, burundaise ou même kenyane, vraisemblablement, mais noire, non je ne pense pas.
Le CRAN ne représente que lui même.
à steed1
De guerzit
Incomprenant majeur | 16H21 | 25/11/2008 |
Deux réflexions à propos de votre commentaire :
- sur l'esprit créole une remarque d'un pote burkinabé m'avait surpris. Il disait que ces potes aimaient se foutre gentiment de la gueule des antillais qu'ils trouvaient naifs à toujours chanter des chansons d'amour et de collé-serré.
- Pour ce qui est de la réflexion sur le cinéma bobo, déjà et encore une fois, ne fantasmons pas les bobos ne sont que le produit de la paranoia ambiante et de la fameuse idée qu'un ennemi de l'intérieur existe. Si les bobos sont une réalité, leur influence doit friser le 0.
Et plus que le cinéma de st germain, que personne ne regarde, je crois que c'est le cinéma commercial et la masse de téléfilm qui sont la marque d'une tyrannie de cette fameuse ménagère blanche de 50 ans et de province, de cette muse que les marchands de culture se sont fabriqué pour penser à leur place.
De AgateZeblues
15H58 | 25/11/2008 |
Toutes les raisons mentionnées dans l'article, au sujet de l'absence des noirs au cinéma, sont justes.
On peut en ajouter d'autres :
-il y a très peu de comédiens noirs. Lorsque l'on fait un casting pour n'importe quel rôle, disons que sur 100 comédiens qui se présentent il y a 1 noir, voire aucun.
-les realisateurs et metteurs en scène pensent dès l'ecriture du scenario à des personnages blancs. Comme une évidence pour eux. Que le personnage principal puisse être noir ne leur vient pas à l'esprit.
En revanche on trouvera des personnages noirs. Le black de service. Par exemple un joueur de djembé dans une scène. Evidemment sur le scenario ce sera précisé « un joueur de djembé noir ». Idem, on retrouvera dès le scenario « un jeune noir en survêtement ». Pareil, s'il y a un sans-papier dans un scenario, il sera noir. Etc, etc…
Les noirs se retrouvent parqués dans les rôles pour noirs. A la rigueur, si un metteur en scène se dit que son film manque de « couleur », alors en marge des rôles principaux, il mettra des noirs, pour la figuration : le rôle du confident sera tenu par un noir, un serveur sera noir, une voisine, un commerçant etc…
Ceux qui écrivent les scenarios pensent blanc pour leur personnage parce qu'ils sont blancs (citez-moi un réalisateur français noir…). Donc peu de chances de trouver des personnages noirs au cinéma, sauf dans pour des stereotypes.
Ensuite, il y a l'autre côté, ceux qui financent et là effectivement on va retrouver tous les clichés racistes de ceux qui pensent savoir à la place du spectateur : le grand argument du « trop segmentant ».
Alors comme solution, je pense que comme pour les femmes en politique, il ne faut pas attendre que l'evolution se fasse d'elle-même : il faudrait imposer. Que quelques réalisateurs prennent conscience du problème et délibéremment confient leurs rôles principaux à des comédiens noirs.
Facile à dire, autrement plus difficile à faire, parce qu'a part Pascal Legitimus, Omar, Aïssa Maiga il n'y a guère de comédiens noirs bankables. Et c'est le serpent qui se mord la queue car effectivement peu importe la couleur de la peau des comédiens du moment qu'ils soient bankables.
à AgateZeblues
De Kipple
Exilé | 16H03 | 25/11/2008 |
Imposer une évolution ? Des quotas ? Ca renforcera la représentation des noirs comme des parias qui ont besoin d'aide.
à AgateZeblues
De Rustine
01H37 | 26/11/2008 |
« (citez-moi un réalisateur français noir…) »
Euzhan Palcy, Une saison blanche et sèche
à Rustine
De Yasmine Modestine
Comédienne | 01H23 | 27/11/2008 |
c'est d'abord rue case nègre
à Yasmine Modestine
De Rustine
21H57 | 27/11/2008 |
Voui Yasmine : une de mes madeleines (enfin celle de ma grand-mère, mais passons) ^^
Je ne voulais simplement pas courir le risque de faire sortir de gros mots galvaudés comme « communautarisme », conformément au paradigme de ces hallucinés par la menace de la disparition prochaine de l'identité - par essence européenne et chrétienne - de la France, qui pose que : « dès l'instant où y a tout pleins de basanés entre eux ou une simple supériorité numérique sur les non-basanés, c'est du com-mu-nau-ta-ris-me ».
Et comme on a pu aisément vérifier qu'il y en a des bus entiers qui ont échoué par ici ces derniers temps, je ne veux pas choquer ces bonnes gens, j'avance prudemment, quoi.
Mais curieusement, impossible de faire s'indigner les mêmes sur le communautarisme des non-basanés s'agissant des instances de décisions politiques locales et nationales, des médias, du cinéma etc.
Allez comprendre…
à AgateZeblues
De Anne Jacqueline
internaute | 01H28 | 27/11/2008 |
@ Agatezeblues :
« il y a très peu de comédiens noirs. Lorsque l'on fait un casting pour n'importe quel rôle, disons que sur 100 comédiens qui se présentent il y a 1 noir, voire aucun. »
Pas si sûre qu'il y en ait si peu (de comédiens noirs)…
Encore faut-il avoir l'information sur le casting ; on ne se présente pas à un casting on est appelé.
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 16H01 | 25/11/2008 |
et fatou dans tous ça elle devient quoi ?
à patrick du 14
De Spirou
16H05 | 25/11/2008 |
Fatou la malienne ? Elle est victime d'un mariage forcé…On ne se refait pas.
De guerzit
Incomprenant majeur | 16H06 | 25/11/2008 |
On pourrait titrer plus simplement : « France : où sont les noirs ? »
Dans les grandes villes en gros, Paris en tête. Mais la France n'est qu'une petite ville de Province, et l'on y voit surtout des petits francais. Pour reprendre les paroles d'un mec qui sait de quoi il parle, Kamini, le black de Marly-Gomont :
« Et à l'école maternelle, j'étais le seul black
Et dans le putain de collège, j'étais le seul black
Et dans le putain de lycée, j'étais le seul black
Et de la maternelle au lycée
Toujours autant de claques
Qui se perdaient dans la nature ou dans la raison »
Allez expliquer aux producteurs de téléfilm qu'il faudrait tenit compte d'un certaine réalité. mais quelle réalité.. ? La France immémoriale qui aimerait na pas changer est dans les campagnes et les petites villes où les noirs n'existent pas. Et l'art commercial, forcément réactionnaire, ne viendra pas changer nos habitudes. Même les politiques pratiquent la démagogie. N'allez pas demander à des marchands de culture de prendre des risques.
à guerzit
De deecurl
| 16H49 | 25/11/2008 |
cela dit, tous les gens qui résident dans les petites villes et villages français ne sont pas racistes non plus.
ce n'est pas parce qu'on ne connaît personne de noir dans notre entourage qu'on a forcément des préjugés.
à propos de préjugés, évitons donc celui qui veut qu'hors de la région parisienne on est tous bêtes, sales et méchants.
à deecurl
De guerzit
Incomprenant majeur | 17H19 | 25/11/2008 |
On est absolument d'accord sur le fait que le racisme n'est pas endémique dans les villes et villages. Et point de préjugés de ma part, je m'imaginais plutot dans la peau du producteur soucieux de ces deniers et qui crois devoir en appeler à la france éternelle pour fédérer son auditoire.
Ceci dit c'est vrai que les gens sont un peu sales à la campagne et souvent idiots. Autant qu'en ville en tous cas… Je sais de quoi je parle ; j'en viens…
De Salmuek
16H12 | 25/11/2008 |
En France les Noirs forment environ 2% de la population.
Aux Etats-Unis, 13%. Du coup ben oui, les Noirs français sont moins présents au cinema…
On peut aussi ajouter que les Noirs français sont une immigration récente (même les Antillais qui sont nouveaux en métropole) alors que les Noirs américains ne sont en aucun cas des immigrés.
Un article de presse devrait avoir un peu de recul avant de dénoncer à tout va. En plus ça nuit à la crédibilité de la dénonciation d'une discrimination bien réelle. C'est suffisamment important pour qu'on ait pas besoin d'en rajouter avec des comparaisons casse-gueules.
Enfin, cher M. de Bruyn, Isaak de Bakole n'est pas « un noir français », ne l'a jamais été, et ne souhaite visiblement pas l'être.
Il y a près de 50 ans que l'Afrique a été décolonisée mais la société française continue à mélanger les véritables « noirs français » et les « noirs francophones mais étrangers ». C'est une manière insidieuse d'empêcher l'intégration des Noirs effectivement français, et donc européen, en les associant systématiquement aux Africains.
Hier encore dans un article de 20 mn sur Amadou et Mariam on parlait de leurs « origines maliennes » ! ! ! !
Quand Francis Cabrel vient faire une tournée à Bamako, personne ne parle de ses « origines françaises », non ?
Amadou et Mariam sont des Maliens, du Mali, et, à preuve du contraire, ne sont ni ne souhaient devenir français.
ras le bol
à Salmuek
De gerlart
01H02 | 27/11/2008 |
Excellente mise au point : les statistiques sont une raison très claire pour expliquer cette présence si faible des gens de peau noire dans le cinéma. Il faudrait rajouter aussi que le phénomène des communautés n'est pas du tout le même en France qu'aux Etats-Unis. Aux Etats-Unis, avoir la peau noire signifie dans la plupart des cas que la personne est issue de l'esclavage (Obama est une exception, chose qui confond le monde entier car il ne représente pas la « communauté noir ». Lui, il est un vrai « african-american », pas comme tous les gens de peau noire dans ce pays qui ne savent même plus où se trouve l'Afrique ; ils n'ont plus rien à voir avec ce continent). Mais en Europe, le mot « Noir » ne veut rien dire ! Qu'est-ce qu'une personne qui vient des antilles a en commun avec un immigrant du Mali ou avec un français de peau noire ? ? ? Je sens que cette époque où l'on importe tout et n'importe quoi des séries américains et de leur cinéma, sert à beaucoup de gens en France de prétexte pour sortir de vieilles attitudes racistes. C'est du racisme que de classer les gens par leur couleur. Est-ce que quelqu'un s'est posé la question quel est le contraire de métisse ? Si métisse signifie mélange de races, l'opposé est race pure.
Je suis parti de votre idée et ai fini avec un autre sujet… mais bon, c est dans le même sens. Il faut éviter de classer les gens par quelque chose de si superficiel comme la couleur de la peau.
De titou31
16H16 | 25/11/2008 |
Il y a quand même une différence majeur avec les USA, d'ordre démographique : la population noire est beaucoup plus importante, proportionnellement, au US qu'en France. Il faudrait plutôt comparer avec la représentation de la population maghrébine. Et là, les choses bougent. « les bankables » du moment : Jamel et Kad Mérad (qui en plus joue autre-chose que le « beur de service »). Et si je parle de bankable, c'est à dessin. le cinéma, c'est aussi une économie. Si les will smith et Cie sont en haut de l'affiche, c'est parce qu'ils ramènent des spectateurs.
Des acteurs qui galèrent ? quelle nouvelle ! C'est vrai que pour les autres, c'est super facile : pas de vache enragée, par de suite de casting sans fin, pas de rôles minables, etc. Non, pouf, tu arrivent à Paris et pouf tu trouves un rôle. Non, des acteurs qui abandonnent ou qui bossent à côté pour payer les factures , on ne voit ça jamais ! Non, vraiment s'ils ne trouvent pas de rôle, c'est que les scénaristes sont des crypto-fascistes nostalgique des colonies. D'ailleurs, chacun sait ça, le théatre et le cinéma, c'est un des milieux les plus à droite après l'armée et la police.
Acteur est métier de chien où les élus sont peu nombreux. Quand à la télé, c'est encore là qu'un acteur d'une « minorité visible » a le plus de chance de trouver un rôle. Comme comique ? Et alors, de nombreux acteurs noir ont commencé comme ça au US, et pas des moindres ni des plus mauvais !
De charlybaby
Intermittent | 16H22 | 25/11/2008 |
En tous cas, on ne dira jamais assez l'importance des films américains pour les noirs de France et d'ailleurs : ils est plus facile de s'identifier au personnages de même appartenance sociale, et par extension de même couleur de peau.
A Fort de France, j'ai été frappé par le fait que 99% des salles projettent des films dont l'affiche est composée d'au moins un acteur noir connu.
Heureusement, Agathe Cléry sort en salle début décembre !
De Elle anonyme
16H49 | 25/11/2008 |
Ca me fait doucement marrer d'entendre les producteurs/diffuseurs justifier l'absence de noirs dans les films parce que les spectateurs ne s'identifieraient pas aux personnages.
Si les personnages des films devaient ressembler au français moyen, on verrait plus souvent des couples qui gagnent 2 000 €/3 000 € par mois que de bobos vivants dans leur 150m² parisien tourmentés par leurs interrogations existentialistes !
De Jacques BOLO
Auteur-Editeur | 17H06 | 25/11/2008 |
Un petit point quand même, quand on parle d'acteur noir, on parle de couleur de peau, pas de nationalité. Noir n'est pas une nationalité. De même qu'un acteur blanc peut être d'origine italienne, belge, allemande, espagnole… (qu'il soit de nationalité française ou non, comme un Noir ou un Arabe). Mais précisément, ici, certains semblent confondre couleur de peau et origine comme dans un vulgaire contrôle policier au faciès pour repérer des clandestins.
De freaka
Développeur | 17H10 | 25/11/2008 |
J'aimerai que l'on m'explique pourquoi on utilise toujours le mot « blacks » à tort et à travers pour désigner la communauté noir ? C'est ridicule, c'est quoi un black ? Un noir à la cool qui joue du saxo ?
Dites noir tous simplement cela n'a rien de péjoratif.
De léo solo
17H49 | 25/11/2008 |
Mon voisin se pose la question :
« pourquoi n'y avait-il pas d'esclaves dans nos champs de coton ? »
à léo solo
De Yasmine Modestine
Comédienne | 00H54 | 27/11/2008 |
c'était des champs de canne à sucre.
De robindesfoix
cherche une issue | 18H06 | 25/11/2008 |
bon heureusement que le président des états unies n'est pas chinois sinon ce serait ou sont les chinois dans le cinéma français
bon ? ou sont les blancs dans les clips américains,est ce que l'on va passer son temps maintenant a compter qui est noir qui est blanc ou quand et combien ?
à robindesfoix
De Chris.A
Ni pour,ni contre,bien au contraire | 18H20 | 25/11/2008 |
Qu'entends-tu par clip américain ?
Si tu veux dire dans le hip hop, je répondrai en te demandant où sont les noirs dans le rock d'aujourd'hui. Et l'on dérivera ainsi dans l'étiquetage des noirs, blancs, jaunes et verts…
Finalement, ta question est à la fois hors-sujet et anecdotique.
à Chris.A
De robindesfoix
cherche une issue | 18H32 | 25/11/2008 |
NI POUR NI CONTRE BIEN AU CONTRAIRE ….
De Chris.A
Ni pour,ni contre,bien au contraire | 18H12 | 25/11/2008 |
Quand bien même les USA seraient démographiquement plus peuplés de noirs que chez nous, je ne vois pas pourquoi l'on devrait obéir à une logique minimaliste qui se contenterait d'un « Roselmalck “ pour la représentativité des minorités.
D'ailleurs se poser la question de la représentativité des dites minorités est un aveu des discriminations que celles-ci subissent. Comme le dit un commentaire, les réalisateurs et autres producteurs écrivent des scénarios pour des sujets ‘ blancs en prétextant la suffisance et l'identification de la grande majorité de la population. Comment font donc ces jeunes africains qui, du fin fond de leur village et loin de nos problèmes d'images de minorités, parviennent à s'identifier aux héros occidentaux tels que Rambo, Chuck Norris, Superman, Will Smith ?
Le cinéma devrait universel ( c'est un autre débat ), et les émotions qu'il procure devraient l'être aussi.