Dimanche vers 17h00, lors d'une intervention musclée de la police au pied de son immeuble des Grandes Bornes, à Goussainville, une grenade lacrymogène explose dans la cuisine de Jeannette Luamba. Elle a été lancée, affirme-t-elle, par des policiers qui ont pris soin ensuite de venir récupérer les morceaux, mais ne semblent pas prêts pour autant à endosser la responsabilité de l'accident.

C'est que, s'étonne Jeannette, mère de quatre enfants qui fait des ménages dans une résidence hôtelière de Paris, « moi je ne suis ni au premier, ni au deuxième. Je suis au troisième : comment ils ont visé jusqu'ici ? »
L'adjoint au maire chargé de la sécurité, David Landas, confirme l'intervention de la police avec cet étrange lapsus : des grenades ont bien été « lancées en représailles… enfin, en défense ». Mais il affirme qu'aucune explosion d'engin lacrymogène dans un logement ne lui a été signalée. Il y en aurait eu une, en fait, mais dans un véhicule de la Police nationale.
Pour le reste, son récit correspond à celui du voisinage. Les forces de l'ordre poursuivaient un véhicule dans la cité de la Grande Borne et puis, raconte la jeune Aïssatou, qui habite juste au-dessous de Jeannette Luamba, « des jeunes ont caillassé leur voiture… C'est parti en émeute. »
Le jet de la grenade chez Jeannette Luamba pourrait donc s'expliquer par la confusion, voire la panique, des forces de l'ordre. Mais à la Direction départementale de la sécurité publique du Val d'Oise, le seul officier habilité à répondre est indisponible depuis jeudi. Même silence auprès de la police municipale.
Jeannette Luamba, elle, ne demandait qu'à être assistée en tant que victime. Depuis ce soir-là, elle n'a connu qu'une succession de dérobades. (Voir la vidéo)
Du commissariat à la consultation juridique de la ville en passant par la DDSP du Val d'Oise, la réponse est toujours la même : « L'assurance paiera »… Comme si l'explosion d'une bombe lacrymogène dans un logement habité ne posait, en soi, aucun problème. (Voir la vidéo)
Jeannette Luamba ne peut plus cuisiner chez elle. Son médecin vient de lui délivrer un arrêt maladie : entre le stress des démarches inutiles et l'effet des gaz irritants, sa tension est montée en flèche. Elle doit passer à l'hôpital pour obtenir un certificat légal.
Concernant la plainte qu'elle comptait déposer contre les dégradations provoquées par la police, les choses sont plus compliquées. Elle s'est présentée, jeudi 20 novembre, au commissariat de Gonesse, dont dépend le poste de Goussainville. Une heure de trajet aller-retour, en bus, sur son jour de congé.
Elle est reçue, mais pas au bureau des plaintes. Quand les policiers se rendent compte qu'elle n'est pas là pour une simple audition, ils demandent à la personne qui l'accompagnait de quitter le bureau.
Quand elle ressort, une demi-heure plus tard, elle dit n'avoir réussi à obtenir ni procès-verbal ni même un récépissé. Mauvaise pioche pour la plaignante, qui a besoin d'un justificatif pour son assurance.
Un policier, joint par téléphone, demande son numéro pour la recontacter « tout de suite ». Mais le téléphone de Jeannette Luamba, qui patiente à la Grande Borne, ne sonne toujours pas.
Pour Demba Sokhona, chef de file l'an dernier de la liste Génération engagée, constituée pour représenter les cités justement, cette affaire a toutes les chances de finir comme bien d'autres :
« Les bavures, ça n'aboutit jamais. La police ne va jamais dire ce qui s'est passé. La municipalité, pareil. Et moi malheureusement, je fais partie de ceux qui banalisent ce genre de situations. »
Modifié le 24/11/2008 à 16h22, le nom de la cité de Goussainville étant « Les Grandes Bornes » et non « La Grande Borne », comme nous l'a justement signalé le nain voleur.

























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De XavXav
12H24 | 24/11/2008 |
Dites à cette dame qu'elle peut également porter plainte directement au tribunal, et que là on ne pourra pas esquiver sa demande…
De Eowyn
13H37 | 24/11/2008 |
Il faut qu'elle écrive au procureur de la république du Tribunal dont elle dépend. Il décidera s'il y a lieu de donner suite ou non à son affaire.
Sinon, elle peut faire une citation directe devant le tribunal correctionnel dont elle dépend, mais il faut savoir que, dans ce cas, il faut que l'affaire ne nécessite pas de complément d'enquête. Je ne suis pas sûre que ce soit le cas ici : car dans cette procédure le prévenu doit être identifié (or ici personne ne sait qui a tiré la grenade, et le principe de la personnalité de la peine empèche qu'on poursuive plusieurs policiers pour une infraction qui n'a été commise que par l'un d'entre eux).
Bref la saisine du procureur de la république me parait la solution la meilleure.
De AC-89
14H04 | 24/11/2008 |
Comment porter plainte :
http://vosdroits.service-public.fr/F1435.xhtml
De skalpa
actif et militant ? | 18H14 | 24/11/2008 |
Avant, lorsqu'on pleurait dans sa cuisine c'était souvent de la faute des oignons, désormais, nous pourrons dire que c'est aussi à cause des poulets !
http://kprodukt.blogspot.com
De Nain gris
charger de revue de presse | 09H39 | 25/11/2008 |
Pour votre information
http://vosphotos.20minutes-blogs.fr/archive/2008/11/18/des-grenades-lacr…
Vous pourrez y voir les morceaux de la fenêtre qui jonche le sol avec la grenade.
De citrouille
gerboulade permanente | 10H04 | 25/11/2008 |
Que faire ?
Par exemple : se renseigner sur ses droits auprès de la LDH (138 rue Marcadet, 75018 PARIS, http://www.ldh-france.org), il existe des commissions « Citoyens, Police, Justice ».
Contacter un parlementaire (député ou sénateur) afin qu'il saisisse la CNDS (commission nationale de déontologie de la sécurité)dont vous pouvez télécharger le rapport (http://www.cnds.fr/pages/ra.htm).
Ne laissons pas faire.
De boratlovefrance
15H41 | 25/11/2008 |
Bonjour,
Le tir de gaz lacrymogène doit être fait en cloche. Le tir ici a été fait ici semble t'il en visant des fenêtres.
1) Il faut faire établir par certificat médical les conséquences physiques et psychologiques sur la mere et l'enfant et etablir une ITT, et rassembler des temoignages sur les circonstances du tir.
2) La plainte pénale contre X pour « violences volontaires ayant entrainé une ITT de moins de 8 jours par un dépositaire de l'autorité publique en réunion avec l'usage d'une arme » réprimé par l'article 222-13 du code pénal cf. www.legifrance.com
La plainte doit etre faite au nom de la mere et de l'enfant aupres du procureur de la République du T.G.I de Pontoise par lettre recommandée avec accusé de réception.
On peut s'attendre a un classement sans suite.
3) Il faut saisir la C.N.D.S par l'intermédiaire de son député et de son sénateur pour la violation de l'article 9 du code de la déontologie
« Lorsqu'il est autorisé par la loi à utiliser la force et, en particulier, à se servir de ses armes, le fonctionnaire de police ne peut en faire qu'un usage strictement nécessaire et proportionné au but à atteindre. » Cela permet l'ouverture d'une enquete.
4) Mais surtout afin d'obtenir des dommages et interets, il faut mettre en cause la responsabilité de l'agent judiciaire du trésor qui represente les administrations de l'etat.
Il faut envoyer une lettre de mise en demeure sous 15 jours au ministre de la justice, decrivant les faits, et le prejudice et demander des dommages interets pour le préjudice moral (choc, stress), corporel (ITT), et materiel (vitre).
Sans reponse, vous faites une simple declaration au greffe a la juridiction de proximité du tribunal d'instance de Gonesse demandant de convoquer l'agent judiciaire du trésor 6 rue Louise Weiss, 75013 Paris Cedex 13 avec une copie de votre demande et de vos pièces (certificats médicaux,photos vitre).
Il faut invoquer dans votre demande la violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. »
Il n'est pas nécessaire de prendre un avocat, a part si vous vous apercevez que le juge de proximité ne vous laisse pas parler.
De Hers Vel Gr
globule bleu | 15H57 | 25/11/2008 |
bonjour, le tir a été effectué avec un fusil appelé COUGAR.
Ca ne tire qu'en trajectoire courbe et c'est notoirement imprécis.
Ca ressemble plus à un tir manqué qu'à une volonté délibérée de nuire.