
(De Phnom Penh) Scènes de grands travaux -ici l'édification d'un réseau d'irrigation, là la construction d'un barrage-, de repas pris en communauté, portraits de Cambodgiens, en tenues sombres et krama, bien nourris et souriants… La série d'images d'Epinal du Cambodge de Pol Pot prises par le Suédois Gunnar Bergstrom en août 1978 déconcerte.
Pas de corps faméliques, pas plus que de regards rendus hagards par une survie quotidienne et un climat de terreur, pas de charnier… Le jeune militant maoïste et ses trois acolytes, délégation d'une association d'amitié Cambodge-Suède invitée à découvrir en quatorze jours la révolution khmère rouge, serviront sans le savoir la propagande du régime.
Cette manipulation, Gunnar Bergstrom en prend conscience plusieurs mois plus tard et après avoir largement loué le Kampuchea démocratique à travers moult articles et conférences. Trente ans plus tard, il revient au Cambodge présenter ces mêmes photos, cette fois-ci avec un tout autre discours, via une exposition, des forums et un livre, et ses excuses au peuple cambodgien pour son erreur de jugement passée.
Une société communiste idéaliste ou idéalisée
Du 12 au 26 août 1978, baladés entre Phnom Penh, Siem Reap et Sihanoukville, les quatre Suédois visitent des écoles, des usines et des hôpitaux, des modèles qui n'ont pas leur équivalent dans le pays à cette période.
Interrogé à son arrivée à Phnom Penh par le site d'information cambodgien Ka-set, partenaire de Rue89, à son arrivée au Cambodge, Gunnar Bergstrom concède aujourd'hui, l'air grave :
« Je pense que tout ce que l'on nous a montré était faux ».
S'ils ne parviennent pas à décrocher une entrevue avec Norodom Sihanouk, alors en résidence surveillée, le régime les gratifie d'une rencontre, « très officielle », avec Pol Pot et son chef de la diplomatie, Ieng Sary.
« Tout s'est déroulé dans la plus pure tradition communiste. On nous a demandé d'envoyer nos questions à l'avance et quand nous les avons vus, ils nous ont lu leurs réponses. »
Il demande, par acquit de conscience, si un génocide s'est produit, comme l'idée commençait à se répandre en Occident, mais Pol Pot nie catégoriquement. Les discussions s'orientent alors vers la propagande impérialiste et l'URSS, avec laquelle la Chine était en rupture.
Les quatre délégués suédois repartent rassérénés dans leurs convictions et se pressent, à leur retour en Suède, de prêcher par tous les moyens à leur disposition la bonne parole khmère rouge.
Les photos de Gunnar, reconnaît celui-ci, ont semé le doute dans certains esprits. Les quatre mordaient totalement à la propagande khmère rouge, jusqu'à ajouter foi à ces récits selon lesquels Pol Pot et Ieng Sary travaillaient plusieurs heures chaque semaine dans les rizières. L'envie de croire à l'utopie d'une société communiste modèle, à la lumière de la révolution chinoise, était alors forte chez les personnes se revendiquant de gauche.
Tout était bon pour démonter la propagande antikhmère rouge,
« qui était souvent stupide et incorrecte au point que nous n'avions presque qu'à en grossir le trait pour en souligner l'aberration. Dans la presse bourgeoise, ils disaient que les Cambodgiens qui portaient des lunettes étaient systématiquement éliminés. Alors, lors de notre voyage, on a pris des photos de Khmers portant des lunettes pour les diffuser et dénoncer ces mensonges ! »
La désillusion
Au fil des mois qui suivent et sonneront la chute du Kampuchea démocratique, les témoignages de rescapés se multiplient, qui ont pour la plupart trouvé refuge en Thaïlande et décrivent tous sans exception la barbarie du régime. Le regard de Gunnar Bergstrom se dessille.
« Quand mille personnes racontent la même histoire, c'est qu'elle doit être vraie ! Ils ne pouvaient pas tous mentir ! »
Le tableau ne lui était d'ailleurs par apparu parfait en août 1978.
« Tout d'abord, le travail des enfants ne m'avait guère plu. Ensuite, quand j'avais questionné les responsables sur l'absence de système légal, ils m'avaient répondu que les tribunaux et les juges n'étaient pas nécessaires… Je m'étais dit que c'était une jeune révolution et qu'ils n'avaient pas encore eu le temps de se doter d'un arsenal législatif : j'avais une excuse !
Enfin, on a vu la ville fantôme qu'était devenue Phnom Penh. L'évacuation de la capitale constituait pour moi une violation des droits de l'Homme, et je l'ai écrit mais noyé dans un article très positif sur les Khmers rouges ».
Et puis, la nuit tombée, là où en fait les drames se produisaient, les Suédois étaient tenus à l'écart. Jamais ils n'ont pu obtenir le droit de dormir dans les coopératives avec les ouvriers.
« Le jour, on n'a jamais ressenti une atmosphère de terreur… »
A cet aveuglement, les raisons ne manquent pas. L'âge, déjà. Gunnar avait 27 ans. Le contexte ensuite. Cet engagement n'est alors pas seulement le fait de militants maoïstes dans le monde mais s'inscrit dans un large mouvement de contestation de la guerre que les Etats-Unis ont menée au Vietnam, lequel trouve un très large écho en Suède.
Une page qu'il croyait tournée
Six mois après leur retour, Gunnar publie un article dans lequel il admet qu'ils se sont trompés. Il décide alors de tourner le dos à son passé, de se détacher d'une idéologie qui avait jusque-là guidé sa vie.
« Je n'ai ensuite pas mesuré l'ampleur du génocide et de l'horreur… »
Depuis cette malheureuse expérience, confie-t-il, il nourrit « un fort scepticisme envers toute solution fanatique ». « D'ailleurs, relève-t-il, toutes les révolutions communistes de l'histoire se sont achevées d'une manière dramatique. »
Se croyant en paix avec sa conscience, Gunnar part vivre dans le nord de la Suède où il s'occupe de toxicomanes « jour et nuit, onze ans durant ». « Je pensais être passé à autre chose et en avoir fini avec le Cambodge… » C'était sans compter les questions de journalistes qui, depuis une dizaine d'années, vont l'obliger à déterrer des souvenir à coups de « comment avez-vous pu y croire ? ».
Jusqu'à ce journaliste suédois qui, il y a trois ans, publiera un livre sur le voyage de la délégation en 1978 et finira par lui suggérer de retourner au Cambodge. Un véritable débat sur le sujet s'ouvre alors en Suède.
Puis, il y a un an et demi, Gunnar apprend la venue à Stockholm de Youk Chhang, le directeur du Centre de documentation du Cambodge (DC-Cam) à l'occasion d'un séminaire sur le tribunal khmer rouge. Il décide d'aller à sa rencontre pour lui confier ses archives sur le Cambodge « qui seront plus utiles dans son centre à Phnom Penh que sur mes étagères ».
« En découvrant mes photos, Youk Chhang a eu spontanément l'idée d'en faire une exposition. J'ai accepté mais à la condition que ces clichés soient accompagnés de commentaires appropriés afin qu'ils ne se réduisent pas à de la propagande. »
Les légendes que Gunnar a rédigées sont doubles, voire triples : il explique ce qu'il a vu et ce à quoi il croyait en 1978, ce qu'il pense aujourd'hui, et parfois, les pensées alors interdites. L'exposition sera itinérante au Cambodge mais rejoindra de manière permanente les murs du musée du génocide de Tuol Sleng à Phnom Penh.
Pour revenir au Cambodge, résume-t-il, le processus aura été « long ».
Le retour : une démarche pour effacer tout sentiment de culpabilité
Parmi les intellectuels issus de différents pays à avoir effectué le voyage au pays des Khmers rouges, ils sont nombreux à ne pas avoir ensuite été aussi critiques qu'il l'a été.
« Je suis allé jusqu'à proclamer que ce voyage n'aurait pas dû avoir lieu, que ce n'était que de la propagande. »
Malgré l'honnêteté intellectuelle dont il fait preuve, le remords se devine chez lui.
« Je pense que j'ai fait quelque chose de mal -même si évidemment les exécutions sont le fait de Pol Pot et Ieng Sary- mais j'étais du mauvais côté ! C'est pourquoi dans la préface du catalogue qui accompagne aujourd'hui l'exposition de photos j'ai écrit que j'avais été un supporter du Kampuchea démocratique et que j'en suis profondément désolé. Et si je peux venir le dire en personne aux Cambodgiens, je pense que c'est encore mieux qu'un livre ! »
Gunnar ne cache pas un peu d'anxiété à la veille des forums organisés dans le pays où il rencontrera des Cambodgiens et répondra à leurs questions.
« J'ai beaucoup lu avant de venir ici mais cette confrontation est quelque chose à laquelle on ne peut pas se préparer… »
Sa démarche est à ce jour unique et pourra apporter des éléments de réponse aux Cambodgiens qui, depuis trente ans, se demandent pourquoi la communauté internationale n'est jamais venue à leur secours durant ces trois ans, huit mois et vingt jours de cauchemar.
Photo : portraits de victimes des Khmer Rouges au muséee du génocide Toul Sleng à Phnom Penh (Chor Sokunthea/Reuters).



















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à Yvon
De deathinjune
Professeur | 00H56 | 23/11/2008 |
Et vous recommencez…
L'impact des thèses politiques naïves est irrésistible…
à deathinjune
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 02H45 | 23/11/2008 |
Est-ce naïf que de se battre contre les horreurs du capitalisme ?
Les divagations de certains régimes auto-proclamés « communistes » ne rendent pas le capitalisme innocent, très loin s'en faut.
à deathinjune
De Yvon
18H43 | 23/11/2008 |
Oui je recommence ou plutôt je continue. Quand on vient de familles qui ont lutté toute leur vie eh bien cela fait partie de l'héritage culturel.
Seules les luttes paient !
à Yvon
De deathinjune
Professeur | 19H36 | 23/11/2008 |
Quand on a vécu dans un régime totalitaire communiste ( de ma naissance à 22 ans ) on mesure aussi les conséquences de vos idées dans ma chair et dans mes larmes.
à deathinjune
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 10H20 | 24/11/2008 |
Et c'était comment avant les communistes ?
Les abus ne sont pas le monopoles de la gauche.
Pourtant, c'est souvent uniquement de ceux-là dont on parle.
Or il y a souvent un lien de cause à effet entre les deux.
Taire les uns, c'est encourager les autres. Dans les deux sens !
De 3teo
lamda d'en bas | 18H47 | 22/11/2008 |
Hélas, cela rappelle « l'erreur de jugement “ de Jean Lacouture reconnu par ce dernier qqes années après la chute de Saigon, sur les ‘bienfaits’ du régime communiste du Nord Vietnam. Par contre, on ne l'a pas entendu s'insurger contre les ‘camps de rééducation’ où croupissaient les anciens officiers & fonctionnaires du Sud VN, ni devant les violences & horreurs(viols,vols, etc… ) que subissaient les boat-peoples qui ont vu la mer de Chine transformé en mer de sang !
Pas trop de regret d'avoir été berné par des mises en scène nordistes ?
Cà se passe bien la retraite de ce grand ‘historien’ ?
De HB84
en correspondance............ | 18H48 | 22/11/2008 |
j'ai ete mao dans les annees 70 et bien evidement j'ai soutenu le regime de pol pot et glorifie la GRCP chinoise au nom de la purete doctrinaire du leninisme.
j'ai gardé de tout cela une vigilance de tous les instants a l'endroit de tous ceux (autoproclamés ,toujours)qui veulent « le bonheur des peuples »,des gardiens du temple de la pureté (ideologique,ethnique,raciale,confessionnelle…..).
cet ideal de pureté reveille en nous la part la plus tenbreuse,la plus inhumane.
soyons vigilants
à HB84
De Emma T
TBBT addict. | 09H29 | 23/11/2008 |
Bravo, « soyons vigilants » en effet.
Et LA question qu'on doit poser en permanence au pouvoir est : « Comment traiter vous vos dissidents ? » et même simplement « Comment traiter vous AVEC vos contradicteurs ? »
Tant que cette question là reste en suspens, ne pas lâcher prise, jamais.
à Emma T
De Emma T
TBBT addict. | 13H53 | 23/11/2008 |
Pan sur les doigts ! Traitez avec des Z… trop tôt peut-être. : -)
De hedona
retraitée | 19H09 | 22/11/2008 |
Félicitations à M.Gunnar Bergstrom. J'attendais ces excuses des journalistes français, qui ne parlaient toujours que de Pinochet, mais omerta sur les exactions de Pol Pot. On peut toujours rêver pour qu'un Serge July, ou d'autres présentent leurs excuses surtout aux lecteur de n'avoir eu qu'une pensée unique et nous avoir désinformé pendant des années par omission, sous prétexte que cela se passait dans un pays communiste ! Quand des journalistes se considèrent comme des moralisateurs et pratiquent la langue de bois ou se taisent comme nos politiques, ils deviennent « des chiens de garde » et ne doivent pas s'étonner que de moins en moins de lecteurs achètent les journaux.
Le petit nuage de Tchernobyl, stoppé par la frontière française, je n'ai pas oublié non plus.
Maintenant avec Internet, et des journalistes indépendants, on peut espérer être enfin informés.
De L-imprecateur
citoyen du monde | 04H39 | 23/11/2008 |
Personne n'imaginait avant 75 le genocide qui allait suivre au Cambodge . Ni les Cambodgiens, ni les francais du Cambodge, ni les intellectuels soit-disant eclaires.
Pour ceux que cela interesse je conseille la lecture de http://ecrits-vains.com/points_de_vue/portail.html
Il m'en revient deux episodes, celui du francais inconscient qui arrive a l'ambassade de France comme il serait alle a un match de foot, et celui de ce journaliste qui, a la frontiere thailandaise, nie que sa compagne soit sa femme, l'envoyant sans le savoir a une mort certaine.
Et Lacouture etait deja la…
Deux autres references :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Livre_noir_du_communisme
http://www.ciao.fr/Mao_L_histoire_inconnue_Chang_Jung__Avis_981203
De RETRO
artiste guitariste/chanteur/travell... | 10H20 | 23/11/2008 |
faut pas oublié que « certains“allaient en irak,voir un ‘fringuantdictateur,a qui on chantait louange,en echange de petrole ; ceux ne s'excusaient point,alors ne juge pas trop vite,regarde tes dirigents actuelles,et pleure avec nous !
De HIAWATHA
TECHNICIEN | 11H32 | 23/11/2008 |
bONJOUR Yvon 18H12 22/11/2008
» Oui nous avons été trompés non seulement par nos organisations…mais aussi par tous ces intellectuels qui ont glorifié…la révolution culturelle chinoise et le cambodge de pol pot. »
Moi, je n'ai jamais été trompé, car depuis toujours je connais la FINALITE des Gouvernements COMMUNISTE et plus à Gauche….
Je vous conseille vivement de voyager, et ensuite de juger par vous même…
La lumiére va vous éblouir….
Bonne journée.
HIAWATHA
à HIAWATHA
De Yvon
18H49 | 23/11/2008 |
Lutter pour les sans papiers, pour les droits des travailleurs, penser à une société plus égalitaire avec une médecine pour tous, un système scolaire adapté à tous, une justice équitable…c'est donner un sens à sa vie , c'est se comporter en être humain ouvert au monde et à toutes ses cultures…
PS : j'ai sûrement voyagé plus que vous !
à HIAWATHA
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 10H23 | 24/11/2008 |
Vous n'avez pas dû assez voyager : allez au Kerala
http://fr.wikipedia.org/wiki/Kerala#Politique
De BJFGind
16H01 | 23/11/2008 |
« Au fil des mois qui suivent et sonneront la chute du Kampuchea démocratique, les témoignages de rescapés se multiplient, qui ont pour la plupart trouvé refuge en Thaïlande et décrivent tous sans exception la barbarie du régime »
Non, Stéphanie : cela, nous le savions tous bien avant avril 1975 ; ce que vous écrivez est - pardonnez ma franchise - de la désinformation, car ces témoignages concordants précédaient depuis fort longtemps la chute du Kampuchea démocratique.
Âgé de 18 ans à l'époque, j'avais alerté d'anciens amis, devenus maoïstes, sur les atrocités des khmers rouges déjà décrites par des médias du moment : idéologiquement embrigadés, ils ne voulaient pas y croire, « c'était de la propagande bourgeoise ». Il faut préciser que le niveau des sévices ainsi rapportés, d'une ahurissante horreur, a pu être aisément retourné, comme « propagande antikhmère rouge », auprès de n'importe quel gogo ; manipulation d'autant plus facile pour un journaliste « forcément » héritier, dans l'inconscient collectif, des valeurs humanistes de la Suède.
Puis il y a eu en avril ou mai 1975 ce chirurgien de la coopération qui, dès sa descente d'avion à Paris, a témoigné des scènes vécues dans l'hôpital de Phnom Penh ; immédiatement convoqué par Michel Poniatowski, puis obligé de démentir son interview violemment contesté par le journal « Le Monde » au risque, sinon, de laisser briser sa propre carrière médicale (militaire) : en effet, Valéry Giscard d'estaing venait tout juste d'afficher son choix de ménager le nouveau régime communiste.
Voilà comment une opération chirurgicale interrompue de force, des opérés « pneumothorax » obligés de quitter leur poumon artificiel puis de s'écrouler, étouffés, dans la cour de l'hôpital, etc … passent à la trappe de l'Histoire officielle.
Ce chirurgien, je le connais personnellement ; je pense qu'après l'article assassin du « Monde » et le lâchage de Ponia, son rôle de lanceur d'alerte était voué au sort sans espoir du colibri amazonien.
On savait trop cette cruauté des KR, des journalistes témoignaient sur les cambodgiens refoulés à l'ambassade de France : à la télé, leurs images étaient diffusées. Politiquement incorrectes !
J'en parlai avec des étudiants cambodgiens et viet-namiens qui partageaient mes inquiétudes et ma colère, mais se résignaient, parce que sans pouvoir.
Aujourd'hui, je plains ces jean lacouture, bernard kouchner, jean daniel, serge july, tous ces complices, complaisants ou autres « idiots utiles », et, surtout, mes amis retrouvés qui savent désormais avoir été sciemment trompés à l'époque.
Alors, qu'est-ce qui fait qu'on peut avoir raison contre l'idéologie dominante ?
L'autorité de mon père, survivant d'un camp de concentration communiste ? de mes grands-parents qui ont, à la demande de leur pasteur, caché des Israëlites ?
De ma mère qui faisait, il y a 40 ans, de l'alphabétisation auprès de toutes jeunes femmes africaines ?
Comment des amis, de QI élevé, ont-ils pu se laisser entraîner dans une idéologie dont le « point d'orgue » était la pensée d'« Action Directe », ce groupuscule dont on sait aujourd'hui que les assassinats étaient commandités par l'Iran des enturbannés ?
« A cet aveuglement, les raisons ne manquent pas. L'âge, déjà. Gunnar avait 27 ans. Le contexte ensuite. Cet engagement n'est alors pas seulement le fait de militants maoïstes dans le monde mais s'inscrit dans un large mouvement de contestation de la guerre que les Etats-Unis ont menée au Vietnam, lequel trouve un très large écho en Suède. »
Là encore, Stéphanie : impossible de vous suivre.
Vos arguments ne sont pas crédibles : « l'âge ne fait rien à l'affaire ; quand on est c.., on est c.. » et il était possible de contester la guerre au Viet-Nam par d'autres attitudes.
Gunnar Bergstrom s'est trompé.
Un point, c'est tout.
Seules ses excuses et son travail de repentir sont admissibles, sauf que ses victimes ne sont plus là.
Alors, qu'est-ce qui fait qu'on peut avoir raison contre l'incrédulité dominante ?
J'ai chez moi un numéro d'avant-guerre du magazine « Match » (l'ancêtre de « Paris-Match »), où sont minutieusement décrites les méthodes des camps de concentration (on ne parlait alors pas « d'extermination ») : le sort des contestataires allemands voués à ces camps était de terribles souffrances puis la mort.
C'était clairement écrit noir sur blanc, et on trouve aujourd'hui encore des négationistes.
Pour la mémoire :
http://www.truveo.com/Lenjeu-cambodgien/id/1005957804
et sur un sujet voisin des oubliés de l'histoire :
http://www.fmd.asso.fr/updir/37/memoire_vivante52.pdf
.
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 17H18 | 24/11/2008 |
Cela me rappelle un reportage que j'ai vu il y a quelques années sur la Corée du Nord. Le journaliste était évidemment encadré, censuré et ne filmait que ce que lui disait de filmer.
Et si il n'y avait eu que l'image, on aurait pu se dire que c'était un pays où tout le monde était heureux.
Mais le journaliste était parti en sachant ce que l'on sait, et ses commentaires étaient heureusement là pour recadrer la chose et parler de ce qui n'était pas visible à l'écran, ou souligner des détails qui passaient inaperçus mais était lourd de conséquence (la dentition pourri des gosses étaient ce genre de détail qui était très révélateur)