
Qui a écrit les romans de l'écrivain et dramaturge congolais Sony Labou Tansi ? Ceci n'est pas une question attrape-nigaud. Elle mérite d'être posée en ces termes parce que de plus en plus de voix parlent de l'écriture à plusieurs mains des romans de l'écrivain congolais !
Sony Labou Tansi a occupé l'espace littéraire africain durant la décennie 80-90. Aussi bien dans l'écriture romanesque que dans le théâtre, il fut considéré comme le meilleur de sa génération. Une décennie après sa disparition [il est mort du sida en 1995, à l'age de 47 ans, ndlr], son œuvre est entrée dans l'ère du soupçon.
Longtemps, ces accusations ont été accueillies avec un souverain mépris par les inconditionnels de Sony Labou Tansi dont je fais partie, les mettant sur le compte de la calomnie. Il est vrai que chaque fois qu'un auteur africain a émergé, il s'est trouvé des voix pour tenter de le salir.
Ainsi, Yambo Ouologuem fut accusé de plagiat après le Renaudot ; Calixte Beyala aussi le fut après que le prix du roman de l'Académie française lui a échu. En général, les grands auteurs, même européens, ont connu ce soupçon. On a dit que c'est la reine d'Angleterre qui écrivait les tragédies de Shakespeare, que c'est Racine qui refilait des comédies à l'inculte Molière.
Une œuvre bâtie à l'ombre du soupçon
La rumeur a toujours accompagné la carrière de Sony. Même de son vivant, Sony Labou Tansi fut accusé d'avoir pillé « Cent ans de solitude » de Gabriel Garcia Marquez pour écrire son roman « La Vie et demie ». Influence que Sony n'a jamais cachée d'ailleurs. Mais, pour beaucoup de gens, la frontière est difficile à tracer entre intertextualité et plagiat.
On se rappelle aussi la rumeur qui disait que Sylvain Bemba réécrivait les œuvres du jeune écrivain dont il fut le premier lecteur. L'homme n'entrera jamais dans la polémique, mais devant la persistance de la rumeur, Henri Lopes se verra dans l'obligation de répondre, en relativisant l'implication de Sylvain Bemba dans l'œuvre de Sony.
On apprendra que « la fratrie des écrivains congolais » relisait les manuscrits de ses membres et faisait des remarques, dont l'auteur n'était pas obligé de tenir compte. Il dira que Sylvain Bemba se contentait d'un « travail de toilette » sur les manuscrits. Jusqu'où allait ce toilettage ? En l'absence des manuscrits de Sony, c'est mystère et boule de gomme.
Plus tard, viendra le pavé de Mukala Kadima-Nzuji. Dans une note de lecture, il affirme que « Le Commencement des douleurs », qui a été publié par les Editions du Seuil, est très différent du manuscrit que Sony avait fait lire à plusieurs personnes. Comme cette affirmation ne s'appuyait que sur des déclarations d'écrivains sous le couvert de l'anonymat, on l'a mise sur le coup de la jalousie de confrères.
Adapter au goût du public hexagonal
Et puis, comme un dernier clou au cercueil de la réputation de Sony, tombe une œuvre consacrée par Jean-Michel Devesa à l'écrivain congolais et intitulée « Sony Labou Tansi, l'écrivain de la honte » (éd. L'Harmattan).
L'universitaire et chercheur ayant vécu et travaillé au Congo montre qu'il y a effectivement eu un profond travail de réécriture des romans de Sony Labou Tansi par Luc Estang et quelques autres personnes des éditions du Seuil. Un travail de retouche, sous le prétexte que l'écriture de Sony Labou Tansi avait besoin de lifting pour être accepté par le lectorat hexagonal.
Quelles sont la part d'écriture de Sony Labou Tansi et celle des « cosméticiens » du Seuil dans ces livres hybrides ? Le style étant propre à chaque homme, qu'en est-il lorsque l'œuvre est écrite à plusieurs ?
Toutes ces questions trouveront de réponses lorsque les manuscrits de Sony Labou Tansi et tous ses carnets d'écrivain seront à la disposition des chercheurs, et qu'une véritable critique « génétique » sera possible.
Sony est une victime. Seulement une victime
Même s'il s'avérait que des écrivains ont aidé Sony Labou Tansi en réécrivant ses livres, il serait plus à plaindre qu'à blâmer. Quel jeune auteur aurait la détermination de refuser de petits arrangements si c'était le prix pour voir éditer son premier roman ?
On peut imaginer le calvaire qui fut le sien plus tard, en tant que créateur contraint de vivre dans une imposture pareille. Il n'y a pas de Faust heureux. Et cela éclairerait pour nous l'attitude de Sony dans les dernières années de sa vie. Expliquer pourquoi il a scié la branche sur laquelle il était assis et la solitude dans laquelle l'ont relégué ses amis.
En s'engageant en politique aux côtés de Bernard Kolelas, en dénonçant la Françafrique, en tenant un discours africaniste que l'on a qualifié d'antifrançais, il contribua à détruire les alliances qui avaient aidé à ses succès littéraires.
En effet, Sony Labou Tansi s'était appuyé sur un réseau de parrains littéraires qui étaient des écrivains en même temps que des personnalités politiques de son pays, en l'occurrence Henri Lopes et Jean-Baptiste Tati-Loutard qui créera un poste spécialement pour lui au ministère de la culture : une façon de l'enlever de la classe tout en lui conservant son salaire de fonctionnaire pour qu'il se consacre entièrement à son art.
Des amitiés à l'ambassade de France et à RFI lui assureront la promotion de ses œuvres en France. D'ailleurs, il sera longtemps l'invité incontournable de chaque édition du festival de théâtre de Limoges. Des pièces saluées par la critique de l'époque et déjà tombées dans l'oubli, nul metteur en scène d'Afrique ou d'Europe ne les montant aujourd'hui.
Avec son entrée en politique, il ne pouvait ignorer qu'il perdrait tous ses soutiens. Pourtant, il l'a fait. Comme un ultime sursaut pour se déprendre des maîtres artisans de la gloire et se réapproprier sa liberté au prix fort.
Mais, au-delà du cas Sony, ces révélations doivent nous interpeller, car elles posent un grave problème, celui de tous les auteurs africains publiés par les maisons d'éditions hors du continent : quel est leur degré d'indépendance ? Jusqu'où sont-ils maîtres de leur création ?
Ont-ils la force de résister aux nègres (il n'y a pas un autre nom pour désigner les mercenaires de la plume) qui tripatouillent leur manuscrit sous le prétexte d'en faire des succès de librairies ? S'ils succombent à la tentation du succès, alors on peut affirmer que la littérature africaine est en péril.
► Sony Labou Tansi, écrivain de la honte et des rives magiques du Kongo éd. L'Harmattan - 380p., 31€.




















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De vive nicolas princen
PARIS | 15H31 | 22/11/2008 |
NEGRES BLANCS , OU NON ?
De p_ierre
universitaire | 16H16 | 22/11/2008 |
Le terme de nègre est inadéquat. Le « nègre » est une personne que je paie pour écrire un livre que je signerai. Rien de tel ici.
Il s'agit des tripatouillages des maisons d'édition, qui concernent tous les auteurs et non les seuls Africains.
Pour le reste banalités.
De albin
journaliste, écrivain & éditeur | 16H18 | 22/11/2008 |
Il était le nègre de ses propres livres… d'ailleur je déteste cette terminologie ne pourrait-on pas parler d'écriveur sous-traitant ?
à albin
De Czar.
réac | 20H14 | 22/11/2008 |
« je détahhaaaiiiîîste cette terminologie »
tu as raison ami non-comprenant, il faut promouver les écriveurs de l'égalitude.
à Czar.
De parti
punishment park | 00H56 | 23/11/2008 |
eh casoar…tu nous le refais…trop drôle tu es…
De Deborah
18H09 | 22/11/2008 |
Seulement les auteurs africains ont des nègres ?
Qu'est-ce qu'on est vertueux, en France !
Non, non, je n'ai aucune arrière pensée, vous pensez bien.
De compte supprimé17
18H13 | 22/11/2008 |
N'est ce pas plutôt Corneille qui est présenté comme éventuel « nègre » de Molière et non Racine ?
De compte supprimé17
18H16 | 22/11/2008 |
Franchement ! Un noir utilisant un nègre, c'est un jour sombre pour la littérature, c'est même à broyer du noir ! ! !
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 20H48 | 22/11/2008 |
Soyons sérieux. Les grandes sagas américaine, type « Hawaii », sont écrites par des équipes d'une ou deux douzaines de personnes, avec recherchistes et stylistes, l« auteur mettant sa griffe comme ultime arbitre de la version finale, après avis des éditeurs et conseils des relationnistes…
Por Zola ou Balzac, c'était autre, mais ce n'est plus ça.
Pierre JC Allard
http://nouvellesociet.org/703.html
De infiltré_
ex étudiant...... | 02H00 | 23/11/2008 |
Tout le monde magouille…
Que dire d'autre ? si, le fric d'abord, zola voltaire et les autres sont morts.
D'ailleurs, Lopès et Loutard connaissent le fric, ils pillent leur pays depuis des lustres. Pour fricotter avec eux, ils faut être pourri jusqu'à la moelle, donc oui, il y a eu entourloupe
Ca s'appelle petit arrangement entre amis…corrompus
De Alex Engwete
Consultant | 03H31 | 23/11/2008 |
Exercice futile à souhait, pour nous fans indécrottables du grand Congolais, que d'essayer de frotter notre nez dans la boue infecte de la médisance et de la rumeur sur Sony Labou Tansi. L'homme est mort, que l'on respecte au moins sa mémoire, n'en déplaisent aux charognards et pilleurs de cadavres que sont les critiques généticiens qui sont eux-mêmes mal barrés de nous produire un court récit-confession retraçant les sentiers vers les mangroves pestilentielles de leurs propres compromissions politiques. En effet, Dieudonné Mukala Kadima-Nzuji, aux côtés de sa sœur aînée Clémentine Nzuji (« la mère de la poésie zaïroise ») et d'autres écrivains zaïrois de l'école littéraire du mensuel catholique « Congo-Afrique » appelaient de tous leurs vœux l'émergence de Mobutu comme l'homme-providence, du parti unique comme solution au développement du pays, ont même proposé au dictateur le nom « Zaïre » comme nom de substitution du pays et ont suggéré à l'homme fort l'escroquerie sémiotique appelée « recours à l'Authenticité africaine ». Cette pléiade littéraire a causé des torts physiques et politiques irréparables à des millions de Congolais (du Congo-Zaïre) que des archéologues de la pensée politique de Mobutu n'ont même pas encore commencé à creuser : les archives de « Congo-Afrique » sont là ; j'en ai même retrouvées outre-Atlantique dans la bibliothèque des études africaines de Boston University ! Soit… et là n'est pas le propos de l'article, me rétorquerez-vous, bien que cette préface me paraisse opportune lorsque je vois sur la liste des pourfendeurs de Sony Labou Tansi le nom de Dieudonné Mukala Kadima-Nzuji. Nous avons tous déploré les malheureuses dérives des dernières années de la vie de Sony Labou Tansi : ses pamphlets ethnofascistes dans la guerre civile au Congo-Brazzaville (ne seraient-ils pas le vrai mobile de ce révisionnisme de l'histoire littéraire ? ) ; sa fuite couarde de la mort : il est mort dans un village perdu, dans la case d'un shaman qui lui faisait ingurgiter des décoctions pour le guérir du sida (sa femme, qu'il avait contaminée, mourra quelques jours après lui)… Mais son œuvre littéraire reste entière et unique. Un critique avait dit que Sony Labou Tansi écrivait debout, c'est-à-dire qu'il était un génie fourmillant de mille idées instantanées et de tournures de phrases inépuisables. Il est donc normal qu'il ait pu donner à plusieurs personnes des versions qui ne se retrouveraient nécessairement point dans une version définitive. La réécriture par les maisons d'édition est pratique courante d'ailleurs — non seulement par des correcteurs (dont s'est plaint une grande plume tel Régis Debray), mais aussi par la nécessité toute commerciale de lifting que vous notez : après tout, une maison d'édition moderne est une affaire commerciale. Assez bizarrement, ces puristes généticiens n'ont encore pipé mot sur les romans de série noire de Chester Himes dont les manuscrits étaient directement traduits par Marcel Duhamel avant d'être offerts aux lecteurs de l'Hexagone… Ils pourront d'ailleurs jaser tout leur soûl sur Sony Labou Tansi sans changer d'un iota son packaging paratextuel : le volume physique du livre avec le nom de l'immortel congolais en première page de couverture. Ou stopper le foisonnement, aux USA, des dissertations doctorales axées sur le CONTENU de l'œuvre-monument de Sony Labou Tansi.
à Alex Engwete
De MèreEvé
témoin | 17H23 | 27/11/2008 |
Merci pour cette intervention, Alex.
Et voici un extrait prémonitoire trouvé au hasard en ouvrant « L'autre monde » un très beau recueil de textes (et dessins) inédits de Sony paru aux éditions Revue Noire (collection Soleil) en 1996 :
« Un jour, il y en aura qui diront : je l'ai influencé - ils seront nombreux - et voici ma réponse, à tous ceux-là qui croient qu'ils m'ont influencé je dirai : d'accord, vous m'avez influencé, mais je suis allé plus loin que vous, j'ai sauté plus haut que vous, accusez-moi de cela, pas d'autre chose, autrement soyez fier de m'avoir engendré : c'est votre droit après tout. »
De Panca
raleur qui aime les débats | 09H27 | 23/11/2008 |
Dans le monde de l'édition, et pour des livres moins littéraires que les romans, les nouvelles ou les essais, le recours au « nègre » (c'est un terme de jargon professionnel), s'est fait de tout temps. Parmi les auteurs qui ne sont pas romanciers, essayistes ou novellistes, il arrive que certains le disent publiquement, les en remercie et citent leur nom : tel fut le cas de Yannick Noah : c'est d'une honnèté rare à une époque où on préfère les apparences et le contenant au contenu !
De Brezault Alain
Ecrivain | 12H15 | 23/11/2008 |
Quand les moutons et les brebis galeuses se
rassemblent pour crier au loup… Ce n'est qu'un
vulgaire bèlement rassemblant tous les zappés
envieux d'une postérité littéraire à laquelle ils
n'auront jamais droit…
En fait, rassemblés autour de Tati Loutard, le
groupe soudé des écrivains congolais de l'époque,
se repassait les manuscrits de chacun pour en
faire une critique positive et inciter chaque auteur
à effectuer d'éventuelles modifications avant
d'envoyer le manuscrit aux maisons d'édition, mais
également à Tchikaya U'Tamsi qui y allait lui aussi de
son petit commentaire : ils avaient compris la nécessité d'un « comité de relecture », qui existe d'ailleurs dans toute maison d'édition digne de ce nom, en Europe etaux Etats-unis. C'est ce qui a fait la force des écrivains congolais durant cette décennie.
Quant à l'ouvrage en question qui puise dans la fange des informations non vérifiables, il est publié
par une maison d'édition où il n'y a aucune relecture
des manuscrits qui lui sont envoyés et, bien souvent,
c'est l'auteur lui-même qui paye une partie des frais
d'édition au lieu d'être payé pour son travail d'écrivain.
Ce qui donne très souvent des livres « bruts de décofrage »,pleins de coquilles et vaguement distribués sans la moindre promotion : est-cela que souhaite cet « analyste » de l'oeuvre d'un véritable écrivain qui fait de l'ombre à son manque absolu de talent ?
De lizounette
Dégoûtée | 14H06 | 23/11/2008 |
Alexandre Dumas père était connu, lui aussi, pour utiliser des « nègres »…
Loana certainement aussi (c'est pas beau de se moquer mais bon).
De freakfeatherfall
back to the primitive - fuck all yo... | 17H47 | 23/11/2008 |
mais c'est le boulot de l'éditeur de retaper un texte, non ?
Après qu'on accepte ce rôle ou pas est un autre problème. Mais c'est l'éditeur qui a le « final cut » je suppose (si quelqu'un connait l'expression pour un livre…)
il suffit de voir le boulot de l'éditeur (gallimard je crois) sur « Les Bienveillantes » il y a 2-3 ans.
Je me souviens de l'interview d'un écrivain français qui déclarait que la science-fiction française n'était pas très intéressante parce que les éditeurs n'était pas assez attentifs/insistants sur la qualité des textes.
PS : l'auteur de l'article parle de « soupçons » concernant Calixte Beyala, sauf que c'est plus des « soupçons », puisqu'elle a été condamnée pour plagiat.
De lanterne rouge
à cheval sur mon yawl | 20H18 | 23/11/2008 |
l'appel à des « collaborateurs », c'est un faux en négritude ?
De Ursidé
Paris | 11H53 | 24/11/2008 |
J'ai rencontré, il y a longtemps au cours d'une soirée/réunion de travail Sony Labou Tansi -dont j'avoue n'avoir jamais lu une ligne écrite par lui. Comme lui et moi n'avions aucun intérêt à la participation dans cette réunion de fonctionnaires internationaux, l'organisateur Henri Lopes devenu aujourd'hui ambassadeur en France nous avait présentés l'un à l'autre et demandé de patienter à l'écart de cette réunion dans une pièce voisine. J'ai rencontré un jeune homme dont la timidité n'avait d'égale que la mienne. Au terme de quelques brefs échanges aimables, j'ai repris mon carnet de croquis (je suis peintre) et lui a sorti de son petit cartable un gros cahier. Je peux vous certifier que Sony Labou Tansi « ECRIVAIT ». Je ne sais pas si ce qu'il écrivait dans son coin pendant que je dessinais a été publié mais je peux vous certifier que le lascar savait écrire
Bien à vous
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 17H58 | 24/11/2008 |
Franchement, c'est un genre de querelle que je trouve assez pathétique. Juste la preuve que l'homme n'est qu'un idolâtre qui a toujours besoin de se prosterner devant ses veaux d'or.
Qu'est ce que cela change que René n'a pas écrit son livre tout seul, mais s'est fait aider par Robert et s'est fait corrigé par Roger, et que l'ensemble soit signé Raoul ?
Si le bouquin est bien, il est bien, peut importe qui l'a écrit, l'information « auteur » sur la couverture n'est qu'une clef pour sa classification.
Tant qu'ils ne piquent pas les idées aux autres et que chacun touchent sa part du gâteau, il n'y a pas de soucis.
De yanikos
Enseignant chercheur | 11H46 | 29/11/2008 |
Comme toute rumeur, celle-ci se nourrit de l'absence d'information. Les manuscrits existent, certains les ont rencontrés. D'autres les ont cherchés et même édités. Il suffit de se tenir au courant de l'actualité éditoriale. Depuis la publication de l'ouvrage de JM Devésa, il y a plus de dix ans (faut-il le rappeler,car la date n'est curieusement pas mentionnée), notre connaissance de l'écriture et de son histoire a beaucoup progressé, réduisant la part des rumeurs, parfois mal intentionnées.
Je me permets de rappeler la part personnelle dans cette entreprise. D'abord en 1997, deux ans après la mort de SLT, est paru « L'Autre monde » aux éditions Revue Noire, où l'on peut lire page 11 : « Un jour, il y en aura qui diront : je l'ai influencé - ils seront nombreux - et voici ma réponse, à tous ceux-là qui croient qu'ils m'ont influencé je dirai : d'accord, vous m'avez influencé, mais je suis allé plus loin que vous, j'ai sauté plus haut que vous, accusez-moi de cela, pas d'autre chose - autrement soyez fier de m'avoir engendré : c'est votre droit, aprés tout. »
Puis, en 2005, chez le même éditeur, un coffret de trois volumes, « L'Atelier de Sony Labou Tansi, dont le troisième reproduit, avec des fac similés, une version antérieure, intitulée “Machin la Hernie”, de “L'Etat Honteux” publié au Seuil. La différence entre les deux versions a fait l'objet d'analyse de critique génétique (Voir notamment le dossier de la revue Etudes Littéraires Africaines n°15 et les Actes du colloque Sony Labou Tansi de mars 2006 à l'Université Paris 12 et Paris 13).