En partant de l'exemple d'une ville américaine, un article du New York Times montre que de nouveaux sites internet à but non lucratif se substituent aux médias traditionnels dans le rôle de « watchdog » (« chien de garde »).
Le correspondant du quotidien à San Diego détaille le cas de VoiceofSanDiego.org. Avec onze journalistes professionnels, ce site créé en 2005 a révélé « certains des secrets les plus sombres de cette ville » : fausses statistiques criminelles, politiciens ou fonctionnaires corrompus… Ces révélations ont débouché sur des enquêtes de police et des démissions.
Le New York Times relève au passage que les scoops les plus importants ne venaient pas de son alter ego local, le San Diego Union-Tribune, ni des radios ou télévisions de la ville :
« Un nouveau type de médias basés sur Internet a éclos dans plusieurs villes, forçant les journaux à suivre les informations qu'ils révèlent. […] Leur couverture de l'information et leur articles d'investigation en eau profonde sont remarquables dans un paysage Internet dominé depuis longtemps par le commentaire partisan, le ragot, le vitriol et le journalisme citoyen réalisé par des amateurs bénévoles. »
De plus en plus nombreux, les sites comme VoiceofSanDiego.org secouent donc, par leurs révélations, le paysage médiatique américain.
Cependant, leur modèle économique pose des questions : ils sont financés par des fondations, des donateurs privés, leurs lecteurs et, en part très minoritaire, la publicité. Certes, « publier en ligne revient moitié moins cher que de publier un journal papier comparable ». Mais « même les plus riches de ces sites ont des ressources très inférieures à celles des journaux », constate un professeur de Harvard.
Même déséquilibre en termes d'audience : le site californien n'a que 18 000 visiteurs uniques mensuels, et le plus grand du pays, MinnPost (qui couvre les « twin cities » de Saint-Paul et Minneapolis), plafonne à 200 000 visiteurs.
Buzz Woolley, l'homme d'affaires qui a fondé VoiceofSanDiego avec de jeunes journalistes, se déclare pourtant convaincu que ce modèle d'information à but non-lucratif a les meilleures chances de survivre :
« L'information est désormais un service public autant qu'un produit. On devrait la penser de la même manière que l'éducation ou la santé. C'est une des choses dont on a besoin pour faire fonctionner une société civile, et le marché ne le fait pas très bien. »



















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De rocheclaire
retraitée | 11H30 | 22/11/2008 |
je ne sais comment fonctionne rue 89, mais pour ma part je vais de plus en plus lire les infos sur des sites comme le vôtre, ou @si sur image, ou la télélibre, La chronique du Roué etc. J'ai de plus en plus de mal à suivre les infos à la télé ou même les journaux quotidiens, ça tourne en rond.
Oui je crois au média internet et je lepratique longuement
De keo
12H45 | 22/11/2008 |
Il est néanmoins utile de préciser que Rue89 n'est pas un site a buts non lucratifs mais bien une entreprise commerciale.
Ceci afin d'éviter tout malentendu entre : Sites d'infos véritablement indépendants du marché et de ses pressions et sites intégrés aux lois et règles économiques en vigueur (bénéfices commerciaux, publicité, etc, etc…).
Sans mettre en cause l'intégrité et le professionnalisme de l'équipe de Rue89 bien entendu. : -)
De TARPON
13H11 | 22/11/2008 |
Aujourd'hui aucun maire ne peut echapper à la transparence : finie la langue de bois,les promesses non tenues,les infractions au PLU des copains,bref toutes les magouilles.
Un site,une page web ,une video qui tourne 24h sur 24 sur you tube,les photos des electeurs,les declarations enregistrees ,les discours itou ,tout est là en permanence qu'on ne peut renier.
Personne ne peut y echapper ,pas meme un procureur ou un juge ,qui se trouvera à un moment ou à un autre confronté avec ses declarations contradictoires.Vive la democratie.
De Albedo
15H02 | 22/11/2008 |
Ce qui est intéressant c'est que tous ces sites d'info foutent la trouille aux grands médias, les remettent en cause. Ils se font déborder et sont obligé de s'améliorer.
De David Servenay
Rue89 | 15H15 | 22/11/2008 |
Dans notre esprit, cher keo, Rue89 est d'abord un média indépendant du point de vue éditorial. L'équipe essaie de vous informer le mieux possible, en travaillant librement, sans une quelconque pression, hormis celle que l'on se met tous les jours pour faire du bon journalisme : vous rapportez des faits.
Ensuite, il y a la question économique. Pour chercher de l'information, il faut du temps et de l'argent. Comment faire ? Nous nous sommes appuyés sur une structure (une société) qui nous garantie l'indépendance, puisque nous (les journalistes) en sommes les principaux actionnaires.
Pour parvenir à un équilibre économique, voire un bénéfice (qui permettrait d'embaucher, de partir plus loin en reportage, de faire des enquêtes plus fouillées… etc), il faut des recettes. Par la publicité, par les prestations de service (l'équipe technique développe des sites pour des clients) et aussi grâce à vous (par vos visites, vos infos, vos contributions…). Plus les sources des recettes se multiplient, plus il nous semble que notre indépendance se renforce.
Voilà, tout cela n'est pas figé, ni encore très solide (surtout en ce moment), car comme le souligne l'article, l'info sur le web n'a pas encore trouvé de modèle économique définitif.
Si vous avez de (bonnes) idées, nous sommes preneurs.