Entretien 21/11/2008 à 18h20

Gabon : « Après 40 ans, Bongo doit passer le témoin »



Pierre Mamboundou (DR)

En arrêt de travail depuis la rentrée scolaire, le 6 octobre, le syndicat des enseignants gabonais (Conasysed) a suspendu mercredi sa grève pour 21 jours, le gouvernement s'étant engagé à verser diverses primes dues aux enseignants.

Une mobilisation symptomatique du malaise qui règne au Gabon, où les opposants à Omar Bongo, le plus vieux dirigeant africain, ont beaucoup de mal à se faire entendre.

Rue89 a interviewé par téléphone Pierre Mamboundou, principal opposant au régime d'Omar Bongo, deux fois candidat malheureux à la présidentielle, plusieurs fois condamné par la justice gabonaise et aujourd'hui leader du principal parti d'opposition représenté à l'Assemblée nationale. Il décrit « un mouvement sourd d'opinion sur le mal vivre, le chômage, le coût de la vie » et la confiscation des ressources naturelles, notamment pétrolières. (Ecouter le son)

Une situation encore envenimée par le débat qui s'est ouvert sur la succession, après quarante-et-un an de règne sans partage du président Bongo et alors que de plus en plus de politiques, y compris au sein de la majorité, estiment que « le témoin doit être passé à quelqu'un ». (Ecouter le son)

En ce qui concerne enfin la France, infaillible soutien au régime de Libreville, qui le lui rend bien, Pierre Mamboundou reste très prudent quant à l'attitude du président Sarkozy :

« Le soutien a été très net du temps où il y a avait d'autres présidents de la République. Nous attendons de voir comment cette situation va évoluer. » (Ecouter le son)

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  • agnès93
    • Posté à 20h46 le 21/11/2008

    L'opposition au Gabon est depuis des décennies endormie, fraternelle et très complaisante avec Papa Bongo. Quand l'opposition manque d'argent, elle menace un peu papa (à travers la presse locale), papa comprend le message et paye ! Le palais présidentiel réserve même un jour par semaine pour permettre à tous les gabonais de présenter leurs doléances (toutes bien sûr d'ordre financier) pour obtenir l'aide nécessaire. En réalité, tous les gabonais aiment Bongo mais ils n'arrivent pas à cerner ce qui ne va pas pour développer au mieux le pays.

  • Koumba
    Koumba
    animatrice commerciale
    • Posté à 22h57 le 21/11/2008
    • Internaute
      animatrice commerciale

    Avec un peuple distrait et endormi qui dans le fond s'accommode très bien du régime Bongo qui les a formaté. Pas facile dans ces conditions de faire évoluer les mentalités.
    Les revendications qui avaient suivi la proclamation des résultats de l'élection présidentielle de 2005, avaient failli une fois de plus coûter la vie à Pierre Mamboundou, président de l'Union du Peuple Gabonais (UPG), principal parti de l'opposition, qui a vu le siège de son parti du quartier Awendjè dans le 2e arrondissement de Libreville, mis à sac par les unités de l'armée gabonaise le 13 mars 2006. Exfiltré par sa base, il avait été contraint à l'exil (dans son propre pays) à l'Ambassade d'Afrique du Sud. Les gabonais n'avaient pas réagit, n'étaient pas descendus massivement dans la rue pour protester. Il en était ressorti un mois après afin d'initier des négociations avec le régime gabonais. Ces négociations avait conduit entre autre à la réforme du fichier électoral. L'UPG est le seul parti de l'opposition à compter le plus grand nombre de députés de l'opposition, soit sept députés face à un nombre écrasant de députés de la majorité présidentielle. Le pot de terre contre le pot de fer.

  • Koumba
    Koumba
    animatrice commerciale
    • Posté à 09h35 le 23/11/2008
    • Internaute
      animatrice commerciale

    Un certain gang connu des gabonais, à la solde du pouvoir vivant en Europe et aux Etats-Unis, a pour mission de faire du mercenariat politique pour étouffer toute velléité d'alternance démocratique, en caricaturant, en calomniant et dénigrant le premier parti d'opposition dans le pays : l'Union du Peuple Gabonais (UPG) et son président Pierre Mamboundou, premier parti d'oppositon qui n'a jamais exercé le pouvoir, ceci afin de divertir les gabonais et l'opinion publique internationale. Agissant sous des pseudonymes passant leur temps à invectiver à longueur de journée, le gang à la solde du pouvoir bénéficie d'immenses budgets qui lui est alloué par le pouvoir pour les basses besognes. Pendant ce temps, les prédateurs au pouvoir depuis 40 ans ne sont pas inquiétés et continuent tranquillement à piller le Gabon, à martyriser le peuple. Donc, il n'est pas étonnant qu'ils réagissent à l'interview de Monsieur Pierre MAMBOUNDOU par le mensonge, la caricature, le dénigrement.
    Nous saluons Rue89 qui a permis au principal leader de l'opposition gabonaise de s'exprimer librement car tel n'est pas le cas au Gabon où la liberté d'expression s'arrête là où la critique contre le pouvoir gabonais commence.