Gabon : « Après 40 ans, Bongo doit passer le témoin »
En arrêt de travail depuis la rentrée scolaire, le 6 octobre, le syndicat des enseignants gabonais (Conasysed) a suspendu mercredi sa grève pour 21 jours, le gouvernement s'étant engagé à verser diverses primes dues aux enseignants.
Une mobilisation symptomatique du malaise qui règne au Gabon, où les opposants à Omar Bongo, le plus vieux dirigeant africain, ont beaucoup de mal à se faire entendre.
Rue89 a interviewé par téléphone Pierre Mamboundou, principal opposant au régime d'Omar Bongo, deux fois candidat malheureux à la présidentielle, plusieurs fois condamné par la justice gabonaise et aujourd'hui leader du principal parti d'opposition représenté à l'Assemblée nationale. Il décrit « un mouvement sourd d'opinion sur le mal vivre, le chômage, le coût de la vie » et la confiscation des ressources naturelles, notamment pétrolières. (Ecouter le son)
Une situation encore envenimée par le débat qui s'est ouvert sur la succession, après quarante-et-un an de règne sans partage du président Bongo et alors que de plus en plus de politiques, y compris au sein de la majorité, estiment que « le témoin doit être passé à quelqu'un ». (Ecouter le son)
En ce qui concerne enfin la France, infaillible soutien au régime de Libreville, qui le lui rend bien, Pierre Mamboundou reste très prudent quant à l'attitude du président Sarkozy :
« Le soutien a été très net du temps où il y a avait d'autres présidents de la République. Nous attendons de voir comment cette situation va évoluer. » (Ecouter le son)
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L'opposition au Gabon est depuis des décennies endormie, fraternelle et très complaisante avec Papa Bongo. Quand l'opposition manque d'argent, elle menace un peu papa (à travers la presse locale), papa comprend le message et paye ! Le palais présidentiel réserve même un jour par semaine pour permettre à tous les gabonais de présenter leurs doléances (toutes bien sûr d'ordre financier) pour obtenir l'aide nécessaire. En réalité, tous les gabonais aiment Bongo mais ils n'arrivent pas à cerner ce qui ne va pas pour développer au mieux le pays.




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