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Deux mineurs irritent Balkany : 36 heures de garde à vue

Arrêtés lundi pour « rébellion » lors d'un conseil municipal mouvementé à Levallois, ils étaient toujours retenus mardi soir.

Patrick et Isabelle Balkany le 10 mars 2008 à l'Elysée (Charles Platiau/Reuters)

Appelons-les Tristan et Matthieu (*). Même âge et même lycée à Levallois-Perret, le fief des Balkany dans les Hauts-de-Seine. Lundi soir, à l'issue d'un conseil municipal mouvementé, ils ont été arrêtés, comme quinze de leurs camarades. Mais ces deux-là ont été placés en garde à vue. Ils y étaient toujours mardi soir.

Outre cette garde à vue, Tristan et Matthieu, 17 ans chacun, ont en commun d'avoir des parents militants politiques dans l'opposition (PS pour l'un, PCF pour l'autre), de militer dans les organisations lycéennes, mais aussi au sein du MSL, le Mouvement solidaire pour le logement.

C'est Tristan, également impliqué au sein de la Coordination nationale lycéenne (CNL), qui a fondé cette association locale il y a près de deux ans.

Au fil des mois, le MSL a étoffé son reseau, fédéré des militants politiques et syndicaux (PS, Verts, PCF, CNL, LCR, SUD, FSU, CGT…). Leur but : aider les familles sous le coup d'une explusion à retrouver un logement. A leur actif, plusieurs dossiers qui se sont soldés par un relogement.

L'opposition accuse en effet les Balkany de loger d'abord « les amis de la mairie ». Il y a un an, le Parisien avait ainsi révélé que le joueur de tennis Henri Leconte, (élu en mars 2008 sur la liste de Patrick Balkany comme conseiller municipal UMP) bénéficie d'un logement social.

Des témoignages qui concordent

Lundi, la Ville avait un rendez-vous important : l'examen du budget. Le Mouvement solidaire pour le logement avait décidé de se déplacer à une vingtaine. La mère de Tristan précise à Rue89 que son fils, lycéen, avait l'habitude d'assister à ces conseils.

Lundi soir, donc, le public arrive à la mairie et découvre que l'accès habituel a été condamné. Direction l'accès principal, où Annie Mandois, élue PCF, raconte avoir découvert « une présence policière particulièrement fournie », contre deux ou trois policiers municipaux à l'accoutumée.

Delphine Roussy, militante PS présente dans les rangs du public, confirme et précise qu'elle a été fouillée « à deux reprises comme à chaque fois que le MSL est présent ». Dans les gradins, elle dit avoir entendu les policiers en faction parler d'aller « chercher les renforts » lorsque Patrick Balkany « a commencé à protester contre l'opposition ».

Les séances sont en effet toujours très agitées à Levallois, où l'opposition municipale accuse depuis longtemps la mairie de « confisquer le débat démocratique, par exemple en coupant les micros lorsque l'opposition s'exprime ».

Toutes les personnes présentes -dans le public, sur les gradins du haut, comme en bas, dans la salle- rapportent que le couple Balkany a protesté vivement contre « quelques gloussements et des applaudissements lorsqu'un représentant de l'opposition a bravé les sifflets des groupies de Balkany ».

Pour Annie Mandois, « Balkany cherchait un prétexte contre le MSL, sinon pourquoi avoir mobilisé une cinquantaine de policiers ? » C'est aussi l'avis d'Anne-Eugénie Faure, conseillère municipale socialiste depuis le mois de mars. Et avocate des deux mineurs depuis lundi.

Petits fours et renforts policiers

Suite à ce chahut et tandis que les renforts arrivent, Patrick Balkany demande une suspension de séance. Elle dure environ quinze minutes, durant lesquelles le gros des élus passent dans la salle contiguë, où les attendent des petits fours.

Mais Annie Mandois, Anne-Eugénie Faure et quelques autres restent dans la salle « en pensant que tant qu'on était témoins, ils ne leur taperaient pas dessus ». Gilles Auchère, un autre élu PS, a même pris des images avec son téléphone portable. (Voir la vidéo)


Rébellion… et blessures ?

Me Anne-Eugénie Faure raconte sa version des faits qui se sont déroulés après l'interruption de séance, alors que la police tente de faire évacuer la salle :

« Les jeunes ont refusé de quitter les lieux en faisant la pierre et les policiers s'en sont saisis brutalement, les ont levés de force. On a alors vu une grappe d'une cinquantaine de policiers qui embarquaient les jeunes, mais pas entendu particulièrement de cris. »

Dix-sept jeunes au total sont pourtant arrêtés. Matthieu et Tristan sont placés en garde à vue. Les quinze autres seront très vite relâches. Etienne (*) est l'un deux. Il n'a passé que deux heures au commissariat. Il confirme la version de l'avocate et tente une explication de ces deux gardes à vue :

« Dans les gradins, ils ont pris tout le monde. Mais Matthieu, qui était le dernier à être évacué, a perdu ses clefs au moment où ils lui tenaient les quatre membres. Il a gigoté pour les récupérer, et à partir de là, on ne l'a plus vu jusqu'au commissariat.

“Sur place, nous avons attendu une demi-heure tous ensemble dans la même salle, puis ils sont revenus en demandant qui était Tristan, signe qu'ils ne connaissaient donc pas son visage, contrairement à Isabelle Balkany, qui l'a pris à partie pendant la séance. Pour moi, ça veut dire que c'est bien à une personnalité politique qu'on s'en prend. »

L'avocate a finalement pu voir ses clients lundi soir à minuit :

« Ils n'avaient pas été entendus mais niaient les blessures, affirmant s'être seulement opposés à l'évacuation car ils n'étaient pas en infraction. L'interrogatoire a eu lieu seulement au matin, durant environ quatre heures, ce qui est très long pour des mineurs. »

En effet, si, selon la police, Tristan et Matthieu sont uniquement accusés de « rébellion », l'avocate parlait, elle, mardi en début de soirée, d'une autre plainte pour coups et blessures. Le parquet soupçonnerait en fait les deux adolescents d'avoir blessé « légèrement » deux policiers, l'une à la cheville et l'autre aux côtes.

A l'issue des 24 premières heures de garde à vue, le parquet de Nanterre a demandé une prolongation « pour les besoins de l'enquête ». Selon l'avocate, des certificats médicaux de policiers « mais pas seulement » devaient encore arriver.

Une garde à vue filmée pour les mineurs

Devant le commissariat, à Levallois-Perret, les parents ne comprenaient pas, mardi soir, pourquoi on les convoquait « seulement mercredi matin » pour leur faire signer leurs dépositions. Ils spéculaient : une nuit de confrontation avec les forces de l'ordre ? De nouvelles intimidations ?

Dans une telle affaire, la garde à vue ne peut excéder 48 heures. Et parce qu'ils sont mineurs, les interrogatoires doivent impérativement être filmés. Une sécurité ? Pour Me Faure, c'est aussi le risque que la garde à vue s'éternise « parce qu'ils ne peuvent du coup les avoir qu'à l'usure, avec le temps ».

Jointe au téléphone depuis le commissariat à 19 heures, la mère de Matthieu était à bout. Elle qui a vécu quatorze ans à Levallois dénonçait « les pratiques scandaleuses des Balkany » :

« On est en France et on se pince. Depuis que Sarkozy a été élu, il se croit plus que jamais au-dessus des lois, mais on nage en plein despotisme. »

A la même heure, la Direction départementale de la Sécurité publique pour les Hauts-de-Seine reconnaissait avoir « encore peu d'éléments ». Le cabinet du maire, lui, était aux abonnés absents.

* Rue89 a décidé de ne pas révéler l'identité de ces mineurs, présumés innocents.

Photo : Patrick et Isabelle Balkany le 10 mars 2008 à l'Elysée (Charles Platiau/Reuters)

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8 commentaires sélectionnés

Portrait de gargamelle

De gargamelle

01H32 | 19/11/2008 | Permalien

Circulez svp…

Il n'y a rien à voir encore moins à entendre !

C'est l'assurance et l'arrogance affichées depuis l'élection du petit nerveux…..

Qu'attendiez-vous d'autre exactement ? Que voulez-vous aujourd'hui ? De la Justice ? du Respect ? de la Tolérance ? de l'Ecoute ?

Lors de la prise de pouvoir officielle à l'Elysée en 2007 (les maniaques me préciseront la date), il y avait dans les 5 premières personnes invitées et présentes… le couple Balkany…. ! ! ! ! ! Des vieux de la vieille….très protégés maintenant et rompus à tous les exercices mafieux-dégueus-pourris. Ils sont des proches..très proches de Sarko.

Que faire d'une nouvelle telle celle-ci ? BOF…rien de plus normal en ces temps. Naïfs les étonnés, naïfs les choqués.. Et faux naïfs les journalistes ! ! !

(euh… j'eusse apprécié savoir mettre des textes grassouillets, bien gras….je ne sais toujours pas ! ! ! ! ! ! ! : ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! heuuuuhhhhh) j'y travaillerai ce week-end….ça c'est pour les chats)

Portrait de enfant-de-marih

De enfant-de-marih

02H29 | 19/11/2008 | Permalien

Depuis que Sarko est a l'Elysee, on a assiste a une Balkanisation des Hauts de Seine.Ce couple peu recommandable se partage le fromage et gare a ceux qui auseront la ramener. J'ai habite Levallois dans le passe, un peu plus de 30 ans, je crois que si je devais revenir en region Parisienne je n'irai surement pas a Levallois. Ces jeunes etudiants sont courageux. Il faut crever l'absces Balkany avant qu'ils n'aillent trop loin. Denoncez ces abus de pouvoir haut et fort.

Portrait de kebra

De kebra

Bisounours killa | 10H37 | 19/11/2008 | Permalien

Le couple Balkany fait parti du premier cercle, il connaît tous les petits et les grands secrets de la famille Sarközy de Nagy-Bocsa, le seul vrai nom de notre président, voir sa nomination à l'ordre de la légion d'honneur. Les Balkany ont toujours eu une conception très personnelle de la loi et une grande habitude des menaces, pressions et coups tordus.

Balkany est un membre central de la Firme du 92, il a une conception despotique et mafieuse de la politique comme tous les membres. Il n'y a qu'à voir comment il a privatisé la mairie pour le mariage de sa fille, comment il a intimidé son assistante pour qu'elle retire une plainte pour viol, une pipe sous menace d'un 357 magnum, comment il a été piégé en plein délire par les Yes Men… Sans aller gratter dans les recoins sordides des histoires familiales.

Il est plus que temps de se rassembler sous ses fenêtres pour exiger la libération de nos camarades. Je n'ai vraiment rien contre la Hongrie et encore moins les Hongroises. Mais je trouverais fort cordial que dans le cadre de la réconciliation européenne, ce beau pays recycle ces déchets que les aléas de l'histoire ont déposés sur notre territoire.

Portrait de Absurde

De Absurde

11H24 | 19/11/2008 | Permalien

Réactions officielles du PS, des Verts, du PCF, du CNL, de la LCR, de SUD, de la FSU, de la CGT ?

Je n'entends rien.

Quels mots d'ordre ? Quelles actions pour obtenir la libération inconditionnelle des jeunes otages ? Quelle mobilisation pour demander la démission de Balkany et sa mise en examen pour viol sous la menace d'une arme ?

Je n'entends rien.

Courageux ados, qui auraient mieux fait de s'adonner aux joies de la Playstation que s'engager dans des causes perdues. A une autre époque, cet inqualifiable fait-divers aurait donné lieu à une mobilisation de la gauche toute entière. Là, rien. Silence radio.

Portrait de richy

De richy

artisan | 12H28 | 19/11/2008 | Permalien

maintenant enregistrez discétement toutes les histoires de ce style ! et mettez les en ligne de suite pour leur couper l'herbe sous le pied ! !
par exemple là : quand vous avez vu les policiers en nombre vous auriez du vous douter de la frottée ! ! ! !

Portrait de Tita

De Tita

oiseau | 13H28 | 19/11/2008 | Permalien

Je viens de finir de lire les mémoires de Mademoiselle Anne Marie Louise d'Orléans de Montpensier (cousine germaine de Louis XIV). Je fus surpris qu'au moment où on lui apprend que celui qu'elle veut épouser est arrêté, elle n'en demande pas les raisons. Je me suis dit que ce devait être évident à l'époque tant le simple fait de déplaire au roi est une raison suffisante.

Je me suis fait alors la réflexion que nous avions bien de la chance d'être dans une république et un État de droit où chaque citoyen n'a pas plus de droit qu'un autre. Mais aurai-je tort ? La république auraient-elle ses princes ? Je me le demande parfois car à part quelques titres de duc ou de comte, je ne vois pas toujours la différence.

Portrait de Gil BERT

De Gil BERT

Je suis un humain, mais je me soign... | 13H44 | 19/11/2008 | Permalien

La voilà la rupture : avec Chirac on avait droit au TIBERI(s)
avec Sarkozy, ce sont le Balkany. Difficile de savoir si on y gagne ou si on y perd, mais c'est indéniable : y a du changement.

Portrait de L-imprecateur

De L-imprecateur

citoyen du monde | 14H20 | 19/11/2008 | Permalien

Cette info, du pain beni pour commentaires politiquement corrects, avec les ingredients necessaires :

- un maire plusieurs fois condamne par la justice, coutumier de frasques diverses
- une evacuation de salle par la police
- deux jeunes en longue garde a vue.

Il ne semble qu'on ait plus alors qu'a lire des commentaires attristants du type :

- Les hommes politiques, « tous pourris, surtout certains » (sic). Les vieux, par exemple.
- des jeunes frappes par des policiers (sadiques par definition).
- les electeurs de Levallois, des « niais ». Pour sur s'ils avaient elu un maire d'extreme gauche ils auraient ete superieurement intelligents.

A quand les analyses pertinentes, meme si le sujet n'en merite guere ?

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