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Trois mois d'iPhone : pas mal de fun et beaucoup de frime

On aurait aimé le détester mais il a vaincu notre esprit critique : gros plan sur le téléphone d'Apple et ses gadgets indispensables.

Augustin Scalbert prend une cuite virtuelle avec la fonction bière de l'iPhone (Yann Guégan/Rue89).

Fin juillet, j'ai acheté un iPhone (et même changé d'opérateur pour le faire). Je suis loin d'être le seul : Orange a annoncé avoir vendu 216 000 exemplaires de la version 3G du joujou d'Apple depuis la mi-juillet (le chiffre atteint 6,8 millions pour le monde entier). Mais pour moi, ce fut une petite révolution personnelle.

Pour la première fois, j'étais en possession d'un objet frime. Les Saab décapotable et autres voitures sexy me laissent indifférent, je n'ai pas de montre élyséenne au poignet, et mon ordinateur est un banal PC portable sous Ubuntu, système d'exploitation « aussi moche que Windows 3.1 », selon un confrère malveillant.

Des prix en baisse


99 euros : c'est la somme qu'il vous faudra débourser si vous voulez vous offrir un iPhone 3G (avec 8 Go de mémoire) vendu par Orange en France. Pas donné (la différence entre les hommes et les petits garçons, c'est le prix des jouets, dit-on).

Comptez ensuite 45 euros par mois pour le forfait de base (deux heures de communication par mois plus deux heures « soirs et week-end »). La quantité de données Internet n'est elle pas limitée.

Après plus de trois mois passés avec le truc qui squatte les conversations dans les dîners et fait des envieux parmi les collègues (à Rue89, quatre autres journalistes ont également cédé à la tentation), petit bilan, pour aller au-delà du buzz et voir ce que l'engin apporte vraiment au quotidien.

Techniquement, et les geeks le rappellent volontiers, le téléphone d'Apple n'est pas un foudre de guerre. L'appareil photo qu'il renferme (2 mégapixels seulement) rappelle les pénibles débuts du numérique. Les couleurs sont dégueulasses dès que la lumière baisse, et le temps de latence est vite insupportable.

Contrairement à la plupart de ses concurrents dans le secteur haut de gamme, l'iPhone ne permet pas de faire de la vidéo (même si des bricoleurs tentent de combler cette lacune).

Parmi les autres griefs, citons une autonomie (parfois très) limitée, une batterie inamovible, l'absence de lecteur de cartes mémoire, et, bien sûr, les limitations de débit révélées cet été par Rue89.

On n'échappe pas aux logiciels Apple et à sa boutique en ligne

« Philosophiquement », ce n'est pas mieux. Acheter un iPhone vous oblige à passer par Orange, seul opérateur autorisé à commercialiser la chose, ou bien à bidouiller (à vos risques et périls) le combiné pour faire sauter cette limitation.

Pour configurer l'iPhone et y transférer des données, il FAUT passer par l'application iTunes et son magasin en ligne de musique. Pour installer des nouvelles applications (jeux, utilitaires, gadgets, etc.), il FAUT passer par l'AppleStore, le magasin officiel. Les passionnés peuvent y proposer, parfois gratuitement, leurs créations, mais avoir l'honneur de figurer au catalogue coûte 99 dollars (là encore, les bricoleurs peuvent défier l'interdit, à condition de « jailbreaker » (« libérer ») leur iPhone).

Impossible, par ailleurs, de transférer des photos ou des morceaux de musique sur un ordinateur tournant sous Linux. Enfin, pas tout à fait, mais la longueur de la procédure a de quoi décourager les plus motivés des accros au petit manchot.

Devant un magasin Apple à Zurich, juillet 2008 (Christian Hartmann/Reuters).

Bref. Je pourrais continuer à allonger la liste des reproches que j'adresse au boîtier noir qui brille à mes côtés, comme à ses concepteurs. Mais ce ne serait pas très honnête de ma part. La vérité, c'est que malgré ce qu'on peut rationnellement lui reprocher, la bébête reste incroyablement, indécrottablement, insupportablement cool.

On ne se lasse pas de regarder et zoomer sur ses photos, lire ses mails, naviguer sur Internet, gérer son agenda et ses contacts, consulter la météo partout dans le monde, trouver une adresse et se repérer dans une ville, le tout les doigts dans le nez.

Enfin, plutôt sur l'écran un graphomane parvient à y écrire ses éditos).

C'est le vrai grand talent de la firme de Steve Jobs : le design et l'ergonomie « feel and touch ». Comprendre la facilité déconcertante avec laquelle on parcourt les menus et active les différentes fonctionnalités, la joie enfantine de découvrir les animations et autres détails raffinés qui émaillent l'« expérience utilisateur ». Une forme de réconciliation entre l'homme et la machine, si apaisante qu'elle finit par anesthésier l'esprit critique.

Et les applications bonus ! Grâce à des blogs comme iPhone-Apple.fr, j'en découvre de nouvelles chaque jour. L'appareil photo, l'accéléromètre, le Wifi et le Bluetooth intégrés offrent des possibilités quasi infinies aux programmeurs. L'iPhone peut ainsi se transformer :

Mais l'application la plus populaire et la plus spectaculaire reste Shazam (disponible aussi sur d'autres modèles de téléphone) : elle reconnaît la musique qui passe, vous donne titre, nom de l'album et de l'artiste, un lien vers le clip sur YouTube… sans oublier un lien vers le Music Store d'Apple pour l'acheter et la télécharger. (Voir la vidéo)



Contrairement à ce qui est dit dans cette vidéo, ça ne marche pas à chaque fois (j'ai pris en défaut Shazam avec « No Woman No Cry » de Bob Marley, pourtant un classique).

Voilà pour mes premiers mois avec l'iPhone. A vous maintenant, dans les commentaires, de raconter les défauts et les qualités de l'objet, les raisons pour lesquelles vous l'avez acheté ou avez évité de le faire.

Et bien sûr, de dénoncer la futilité de cet article, qui ne revient pas sur les déboires d'Apple avec les écologistes ou les polémiques sur les conditions de travail dans les usines de la firme. Je vous ai prévenu : tant de cool vient à bout des esprits les plus critiques.

Rectifié le 17/11 à 12h51. Précision sur la batterie (cf. commentaires).

Photo : Augustin Scalbert prend une cuite virtuelle grâce à la fonction bière de l'iPhone (Yann Guégan/Rue89) - Devant un magasin Apple à Zurich, juillet 2008 (Christian Hartmann/Reuters).

9 commentaires sélectionnés

Portrait de wgombrowicz

De wgombrowicz

_ | 12H37 | 17/11/2008 | Permalien

C'est sans doute cool, flashy, c'est peut-être même un signe extérieur de mon aliénation, voire la preuve de mon imbécillité crasse, mais j'ai un iPhone, je m'en sers et j'en suis ravi.
Outre les gadgets inutiles (donc indispensables) évoqués, je parviens sans peine à
- mettre un interlocuteur en attente sans lui raccrocher au nez, répondre à un deuxième etc.
- activer le haut-parleur et le désactiver sans couper la conversation.
- donner un numéro de téléphone ou une adresse électronique en conservant mon interlocuteur en ligne.
Toutes ces trucs inutiles que je n'arrivais pas à faire avec mes précédents appareils.
(je ne parle pas de la navigation internet et des courriels que j'avais depuis longtemps abandonné sur mon mobile).

Portrait de Manoplas

De Manoplas

en los madriles | 13H00 | 17/11/2008 | Permalien

Moi j'aime les téléphones qui téléphonent, juste qui téléphonent !
Pour un demi, je vais dans un bar.
Pour un sabre laser, je me sers chez le petit frère.
Pour l'ocarina je vais chez les péruviens.
Pour le grille-pain à la cuisine, le rasoir dans la salle de bain…

Portrait de Keldan

De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 14H02 | 17/11/2008 | Permalien

Je dois me servir de cette saleté pour le boulot, vu que ce genre de téléphone, et celui là plus particulièrement, vont être la référence en terme d'utilisation professionnelle et mobile d'Internet, et que tout apprenti Bill Gates se doit de développer ses outils pour ce support.
C'est sûr que nos clients sont tous ravis de savoir qu'ils pourront troquer leurs portables de plusieurs kilos contre un petit truc de quelques grammes.

Le bon point, c'est le navigateur, avec sa fonction de zoom sur les cadres et autres détails qui rendent l'utilisation aisée.
Et l'écran est quand même d'une sacrée qualité, l'affichage reste très nette pour un truc de cette taille.

Mais le truc qui me sort par les yeux, c'est de devoir mettre les doigts sur l'écran.
Déjà, il faut passer sa journée à nettoyer ce truc, car même en évitant d'y toucher avec les doigts sales, au bout de trois heures l'écran est une véritable tartine beurrée.

Et surtout, il faut avoir des doigts d'un gamin de cinq ans ou d'un de ces anorexiques qui arrivent à s'habiller sans problème chez Celio : D
Quand on a des grosses pattes comme les miennes, arriver à taper ou à chopper une barre de défilement relève du défi. Et en utilisant un stylo, la bestiole a du mal à capter le mouvement.

Portrait de brazz

De brazz

14H26 | 17/11/2008 | Permalien

Une des grosses différences entre le produit de google et celui de apple, c'est la possibilité ou non de créer ses propres applications et les intégrer dans le smartphone. Il faut reconnaitre que Apple a régressé depuis les années 90 sur ce point, à présent c'est vraiment tout « plug and pay » !
Par ailleurs, et de façon plus générale -et quelque part c'est aussi le problème des geeks- ce genre de produit n'apporte rien de plus par rapport à l'existant (sinon depuis 2 ans, tout le monde en aurait).
En fait, cela participe très exactement à l'esprit de gaspillage ambiant ! Bien sur, on peut en dire autant de beaucoup de choses mais en fait peut être que c'est plus ou moins sensible en fonction de la différence entre l'utilité réelle et le discours marketing… C'est du même ordre d'idée que l'acquisition d'un 4x4 par des gens qui ne font que le tour de la Concorde !
Il y a peut être une explication supplémentaire qui serait -en ce qui concerne les portables et les montres- un succédané de bijou chez l'homme, qui serait culturellement beaucoup plus admis qu'un collier ou des boucles d'oreilles en diamant…

Portrait de TiFooN

De TiFooN

Marketing | 14H45 | 17/11/2008 | Permalien

Hello !
Pour répondre à la question de l'auteur de l'article, voici en substance ce que je pense de mon iPhone, après environ un an d'utilisation.

Malgré tous ses défauts, c'est un appareil efficace. Malgré toutes ses options, c'est un appareil simple à utiliser.
Et surtout, ce qui m'a séduit, c'est le côté « tout en un » que proposaient soi-disant d'autres marques et qui ne m'ont jamais convaincu.

Il y a quelques années, j'avais avec moi un Nokia (tel & sms), un Sony Minidisc et quelques disques (pour la musique) et un Palm Tungsten (pour le carnet d'adresses, l'agenda et les mails (hum ! )) avec une synchro avec l'ordinateur. Je vous passe les détails des interconnexions, des cables multiples dans la voiture, etc.

Puis, j'ai « switché » vers un Palm Tréo (650) qui me permettait d'avoir les fonctions de téléphonie, de gestion d'agenda, une fonction de mail, et (miracle) un superbe accès à « l'internet » (selon Palm). Ne comptez pas sur l'affreux lecteur musical inclus (Realplayer : p) qui tuait la batterie en une heure. Donc j'ai opté pour un iPod. Facile, pratique, etc… De plus, avec les prises iPod dans la voiture, et le bluetooth du Palm, c'était du « vrai » mobile.

Puis, j'ai pris un iPhone, et MobileMe. Tout en un, partout, tout le temps.
Mon téléphone, ma musique, Internet (le vrai, à présent), mes mails. Plug dans la voiture. Plug dans la chaine hifi. Plug au bureau.

La batterie ? Pour l'usage que j'en ai, je peux dire que ça résiste mieux que tout ce que j'ai connu (à utilisation égale, n'est-ce pas ! Un BB, ça fait juste les mails, ne venez pas me dire le contraire).

Bref, malgré tout ce qu'on lit, je suis très content d'avoir un condensé de techno dans la poche, qui me sert tous les jours, qui n'est jamais en panne, qui ne demande pas de manuel à comprendre, etc.
Oui, en effet, faut de temps en temps l'éteindre… Comparé à Palm ou à certains appareils WM, ça reste très raisonnable !

Ah, oui, c'est vrai, j'allais oublier. En plus on peut frimer parce que c'est beau…

Portrait de Garance

De Garance

20H53 | 17/11/2008 | Permalien

99 euros le bidouillot et 45 euros d'abonnement chaque mois, pour frimer avec. On est vraiment dans une société de consommation de merde, et le pire c'est que j'y participe en réagissant à cet article de vide intersidéral… Finalement, est-ce moins pire que d'avoir un 4*4, quand on voit les problèmes que pose le démantèlement de ces milliards d'appareils en Inde, en Chine et ailleurs. Aïe, je vire ultragauchisante…

Portrait de Grégory

De Grégory

22H38 | 17/11/2008 | Permalien

J'en ai un depuis peu et la conclusion est sensiblement la même que l'auteur : y a du contre mais pour l'essentiel, c'est excellent.

C'est excellent non à cause des gadgets mais parceque c'est *beaucoup* plus fonctionnel que la concurrence. Il y a des tas de smartphone qui font du net, mais le navigateur d'Apple est le seul que j'ai vu réellement utilisable. On peut réellement surfer avec, lire des tas de site. D'ailleurs je préfére même les sites normaux aux sites « fait pour iPhone » car l'interface est tellement pratique qu'on a envie d'avoir d'emblée toutes les possibilités.

Surtout, il y a quelquechose d'indépassable dans cet écran qu'on peut tourner. Avec le clavier en soft n'apparaissant que quand on en a besoin, on est sur d'avoir le plus grand écran pour le format possible (oui, on fait un peu plus de fautes de frappe mais taper étant un usage minoritaire vs surfer, c'était le meilleur choix).

Mais en plus, le fait de pouvoir passer à la volée de format horizontal à vertical, bien plus qu'un gadget sympa, améliore encore nos moyens d'avoir une lecture confortable.

Quand on surfe sur le net (ce qui est grosso mode ce que j'attendais de l'iPhone) ces deux caracteristiques (pas de clavier et écran tournant) sont à mon sens devenu des obligations.

J'ai en revanche un regret serieux sur le mailer, très décevant car il n'a ni antispam ni filtres ou folders, ce qui le rend à peu près inutile pour des gens comme moi qui recoive une vingtaine de mail pro (et 80 spams…) par jour. Il y a heureusement des ruses mais que personne ne s'y trompe : comme toujours l'argument « avec Apple c'est simple et ça marche » est complètement mensonger. J'ai galéré pour la mise en oeuvre (le code par défaut c'est 0000, ne cherchez pas dans la doc, ça n'est écrit nulle part…) et ça bugge à l'occasion (impossible pendant un jour de se connecter à l'Apple Store).

Mais dans l'ensemble il me change la vie. Je n'ai jamais eu une once de sympathie pour les téléphones portables, ne m'équipant que sous la pression des amis et collègues. L'iPhone, c'est très différent, c'est un appareil qui change ma vie et mon bien être.

Portrait de Guillaume Febvrel

De Guillaume Febvrel

graphiste | 23H20 | 18/11/2008 | Permalien

Pour une fois que je peux légitimement me sentir compétent sur un article (effectivement un peu futile, la honte ! ), voici mes remarques : En tant qu'utilisateur de l'appareil, je trouve qu'on oublie de dire qu'il a l'avantage, certes assez trivial, d'être très solide. C'est pour moi la meilleur surprise de l'appareil. L'autonomie n'est pas fameuse, mais c'est surtout du fait qu'on a du mal à ne pas jouer avec : si on ne fait que téléphoner avec, c'est raisonnable.

Non, pour moi, le vrai défaut, c'est la prestation d'Orange (mais ça aurait sans doute été pareil avec SFR). Le bridage du débit organisé par l'opérateur est pénible. Puis l'interdiction de se servir de l'iphone comme passerelle entre un ordi et la 3G (à coup sûr pour lutter contre la téléphonie sur IP) me hérisse. Apple n'aurait jamais pu faire de partenariat avec les opérateurs sans prendre part à ces bridages. C'est comme les DRM avec les majors de la musique. La firme de Cupertino montre patte blanche, c'est sa tactique. Pour l'instant ça lui réussit,… bon… c'est pas à l'avantage de l'utilisateur mais ça pourrait changer (comme avec les DRM, et il est à noter que ça n'évoluerait pas (ou très peu) si il n'y avait la pression des hackers et autres « pirates'). 8^)

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