Julien Coupat, présenté comme leader du groupe des autonomes de Tarnac, avait fondé une revue philosophique, Tiqqun, que Rue89 a exhumée.
Depuis la mise en examen de dix militants soupçonnés d'être derrière les sabotages de caténaires de la SNCF, les médias s'essayent à reconstituer le parcours de ces jeunes réputés autonomes, souvent présentés (un peu vite) comme « terroristes d'extrême gauche ». Les équipes de télé défilent en Corrèze, où est installé Julien Coupat, présenté par les médias comme « le leader du groupe » (un terme que réprouvent les Autonomes eux-mêmes). Tandis que les voisins y vont chacun de sa petite anecdote, on apprend au passage que le FBI enquêtait depuis le printemps sur ces Français en rupture. Jeudi après-midi, un universitaire visiblement proche de Julien Coupat dénonçait sur LeFigaro.fr qu'on place « un intellectuel en garde à vue pour ses idées ». Autant le dire, je ne savais rien de ces dix personnes avant leur interpellation. Mais, depuis qu'elles ont été placées en garde à vue (laquelle peut durer jusqu'à quatre jours à la faveur des lois antiterroristes), je cherche. Et voilà que, dans un commentaire posté sous l'article de mercredi sur la mouvance autonome, un riverain indique qu'il a déjà croisé les auteurs de « Tiqqun », la revue fondée par Julien Coupat à l'époque où il était encore thésard à l'EHESS, l'Ecole des hautes études en sciences sociales. Des riverains lecteurs de la prose de Julien Coupat… en 1999 Numerosix, ce riverain, se souvient les avoir rencontrés « en 1999, à vue de nez ». Il se rappelle d'un « vieux rade fermé » dans le XIIe arrondissement à Paris, où il était allé acheter cette fameuse revue « formidable,intelligente, très bien faite, très situationniste et parfaitement légale avec aucun appel au meurtre ». Lui qui précise n'avoir plus jamais eu de contacts avec « l'utragauche » par la suite a gardé en mémoire un groupe d'étudiants « un tout petit peu exaltés mais tres gentils et super sympas ». Au lancement du premier numéro (Tiqqun en comptera deux en tout et pour tout avant de s'autodissoudre en 2001), Julien Coupat abandonnera l'EHESS.
Or il se trouve qu'un autre riverain croise son chemin à peu près au même moment. Cet internaute-ci, qui tient à rester anonyme, conserve un souvenir sensiblement plus critique. A propos de Tiqqun, il parle carrément de « dérive mystique et bouffonne ». Avant de m'aiguiller dans la foulée vers une autre contribution, extrêmement à charge, qui s'intitule : « Avant-garde et mission : la Tiqqounnerie ». La référence à la mystique juive : « un pot-pourri fantaisiste » Ce riverain n'est pas seul à prendre ses distances avec la pensée situationniste développée par Julien Coupat dans ses écrits. Ainsi, jeudi matin, Jean-Yves Camus, notre blogueur, restait sceptique quand à l'usage-même du terme « tiqqun », emprunté à la mystique juive de la Kabbale :
: « Cette notion que le monde est imparfait et qu'une observance et de bonnes pratiques religieuses permettront de le réparer était très présente chez les gauchistes juifs des années 60-70, qui n'étaient pas religieux. Mais qu'est ce que ça veut dire de mélanger Talmud et Heiddeger dans un tel pot-pourri fantaisiste ? Guy Debord et les situationnistes n'avançaient rien de tel. »
De fil en aiguille, j'ai fini par retrouver sur la Toile le premier numéro de cette fameuse revue Tiqqun, qui date donc de 1999. En voici plusieurs extraits en PDF, sur un total de 162 pages intitulées « Tiqqun, organe conscient du parti imaginaire ». Sous-titre : « Exercices de métaphysique critique ». Toujours sur le Web, on découvre un article que Jacques Guigou, universitaire à Montpellier III et fondateur de la revue Temps critiques, a justement consacré à cette revue dans le sillage de Guy Debord, il y a deux ans. Pour Rue89, il a accepté de décrypter les principaux points théoriques et métaphysiques étayés par les auteurs de Tiqqun. Proche du mouvement autogéré dans les années 60, il n'est pas aussi assassin que Jean-Claude Camus. Pour lui, cette revue « érudite » n'est pas aussi dépourvue de références, « même si l'on peut pointer des contradictions et des faiblesses du raisonnement », voire des culs de sac. Sur la violence et la lutte armée : « un discours plutôt sophistiqué » Il y est certes question de violence dans le premier tome de Tiqqun : « La période historique dans laquelle nous entrons doit être un temps d'une extrême violence et de grands désordres », écrivent les auteurs de Tiqqun. Mais pour sophistiquer tout de même un peu plus leur pensée en matière d'insurrection :
« On se méprendrait gravement sur la stratégie du Parti Imaginaire en la réduisant à la poursuite de lacatastrophe. On ne se méprendrait pas moins en nous prêtant l'enfantillage de vouloir pulvériser en un coup on ne sait quel quartier général où le pouvoir se trouverait concentré (…) Quoique le Parti imaginaire n'abandonne à aucun instant le dessein de l'achever lui-même, sa tactique n'est pas de l'attaquer de front mais, dans l'acte même de se dérober, d'orienter et hâter l'issue de sa maladie. »
Pour Jacques Guigou, il ne faut pas infantiliser le rapport de ces jeunes penseurs de l'autonomie en matière de violence :
« Leur critique de l'Etat est plutôt intéressante, ce ne sont pas des forcenés de la critique radicale en la matière, même si l'on peut noter des contradictions sur ce point. Bien sûr, il y a une radicalité dans leur discours : ils sont dans la scission. Mais il n'y a pas d'appel au meurtre, contrairement à la prose qui s'inscrit dans la lutte des classes. D'ailleurs, je serais extrêmement étonné de les entendre revendiquer quelque chose, comme c'était le cas pour Action directe, qui avait décidé de passer à la lutte armée et au meurtre. Eux préconisent le silence. »
Rejet de la société marchande… et ses symboles Puisqu'il est question de caténaires et de la SNCF, puisque le mouvement autonome, infiniment protéiforme comme on le rappelle depuis plusieurs jours, se retrouve globalement sur l'anticapitalisme, voilà ce qu'on peut aussi trouver dans la prose de Julien Coupat, en 1999 :
« C'est dans la mesure exacte où la catastrophe est la vérité à l'état de fulguration que les hommes du Parti Imaginaire travaillent à la faire advenir, par tous les moyens. Les axes de communication sont pour eux des cibles privilégiées. Ils savent comment des infrastructures qui “valent des milliards” peuvent être anéanties en un coup d'audace. “
Autonome, kesako ici ?
Dans leurs écrits, Julien Coupat et les siens reposent la question de l'individu par rapport à la communauté et critiquent la passivité des individus. Leur cynisme, aussi :
‘La domination dans ses formes les plus avancées a incorporé à son discours la critique de la société de consommation, du spectacle et de leur misère. La culture Canal+’ et ‘l'esprit Inrockuptibles’ en donnent, pour la France, des exemples passagers mais significatifs. C'est plus généralement le language scintillant et sophistiqué du cynique moderne, qui a définitivement identifié tout usage de la liberté à la liberté abstraite de tout accepter, mais à sa manière.”
En s'exprimant sur les ruines des théories révolutionnaires, ils s'inscrivent dans un sillage qui est loin d'être décérébré, note Jacques Guigou :
“Tiqqun arrive après la fin du cycle des révolutions prolétariennes. Ils ont lu le situationnisme, notamment en Italie où le mouvement autonome a duré plus de dix ans dans les années 60-70. Ils connaissent aussi Negri et son concept d'empire, mais encore Deleuze et Guattari et leur ‘individu-réseau’. Inspirés par Castoriadis, ils critiquent même l'aliénation au sein des groupes révolutionnaires, comme la CNT, les syndicats.”
Ils esquissent quelque chose : ils créent bien un “Parti imaginaire” mais c'est justement un antiparti ; ils rejettent l'être vivant mais il veulent quand même faire avec lui pour agir : ils lui parlent, ils lui font des serments, c'est leur côté mystique et messianique. »
Au final c'est un autre individu qu'ils exhaltent, plus anonyme, plus invisible aussi :
« On a vu se répandre parmi les Bloom [les individus aliénés par le système, appelés à se révolter, ndlr], en même temps que la haine des choses, le goût de l'anonymat et une certaine défiance enfers la visibilité (…) Que son ennemi n'ait ni visage ni nom ni rien qui puisse lui tenir lieu d'identité est propre à déchainer la paranoïa du pouvoir. »
Un dernier constat pour terminer : ces derniers mots, exhumés d'ecrits datant de 1999, résonnent comme un écho à de nombreux commentaires publiés sur Rue89, lorsqu'il s'agissait de brosser les contours de ce que le ministère de l'Intérieur appelle « la mouvance anarcho-autonome » depuis le printemps. Illustration : Les trois premières pages du numéro 1 de la revue Tiqqun ► A lire aussi : Comment je n'ai jamais pu interviewer un autonome




















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à Chloé Leprince
De Au sud de nul part
Situation | 19H16 | 14/11/2008 |
Merci pour cette info qui confirme ce que j'ai appris.
J'espère qu'ils vont sortir.
Au SuD De NuL Part.
à Au sud de nul part
De Chloé Leprince
(auteur)
Rue89 | 19H52 | 14/11/2008 |
Entre temps, on a appris ce soir à l'issue d'une conférence de presse (a laquelle je n'assistais pas mais l'AFP s'en charge) qu'ils seraient déférés demain au parquet (samedi) a l'issue de leur garde à vue. Cinq pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et dégradation en réunion », les quatre autres pour « association de malfaiteurs ».
à Chloé Leprince
De parti
punishment park | 21H19 | 14/11/2008 |
sur paris inter, j'ai cru ouir que le leader aurait une mise en exam un peu plus salée que ses corrélégionaires…bique bique rage…
à parti
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 21H34 | 14/11/2008 |
Et sur Radio Paris ?
à parti
De ramassis
(ch'tite racaille) | 21H37 | 14/11/2008 |
« le leader “
Surveille tes mots, lamorille. Ou tu vas te faire étriper : -))
à ramassis
De parti
punishment park | 22H01 | 14/11/2008 |
j'ai failli écrire leader minimo…
à parti
De compte supprimé 24
| 00H25 | 15/11/2008 |
Commeeeeeeeent ? Putain de Sonotone !
Un leader Minimoy ?
http://www.google.fr/search ? q=minimoy&ie=utf-8&oe=utf-8&aq=t&rls=org.moz…
(Banzaï ! )
De XLanig
dilettante | 15H28 | 14/11/2008 |
Merci à Chloé Leprince,
Alors que, de toutes parts, est dénoncée une pensée odieuse, apte semer le terrorisme en notre pays, il est judicieux de pouvoir la lire, au-delà de son phantasme, cette théorie du diable.
Je ne suis pas le seul - disons que c'est entendu- a penser que la littérature ne fait de mal à personne et que les excès sont de sa nature, que l'outrance peut y trouver son lieu. Je n'ai jamais été terrorisé par un livre, au pire offusqué par son contenu.
Dire n'est pas faire !
De l'écrit plutôt que les cris !
C'est éminemment subversif et c'est déclaré « universellement » (article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme)
« Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. ».
Les commentateurs, journalistes pressés ou politiciens en transit, convoquent un ouvrage en preuve de l'outrage de Julien Coupat. L'ont-ils lu ?
Je me permet, ici, de faire œuvre humanitaire : ce livre est librement accessible. En librairie ou ici :
http://www.lafabrique.fr/IMG/pdf_Insurrection.pdf
Eh bien, il va être lu, ce livre… Le Goncourt, le Médicis… se font souffler la promo !
De La Grenouille
16H06 | 14/11/2008 |
Pas besoin de fouiller le web pr retrouver leurs écrits, ils sont dispos à la FNAC et chez Amazon !
http://www.amazon.fr/Livres/s ? ie=UTF8&rh=n%3A301061%2Cp_27%3ATiqqun&fiel…
http://recherche.fnac.com/search/quick.do ? text=tiqqun&category=book&bl=r…
Bientôt collector en ces temps obscurs ?
à La Grenouille
De XLanig
dilettante | 16H19 | 14/11/2008 |
Oui, bien sûr, sur toutes les librairies en ligne… Je ne voulais juste ne pas faire de publicité particulière…
Il est aussi, sur un rayonnage (là, à gauche, sur la seconde étagère) de « L'ivre livre », 14, place Gobillard…
Enfin, aussi chez votre accueillant et compétent libraire habituel.
Sans blague, LISEZ LES LIVRES !
De gladiateur thrace
prothesiste dentaire | 16H07 | 14/11/2008 |
Article 35
Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.
à gladiateur thrace
De La Grenouille
16H21 | 14/11/2008 |
Il me semble justement que cet article ne figure plus dans la version moderne et adoptée par l'Etat français… à vérifier.
à La Grenouille
De gladiateur thrace
prothesiste dentaire | 16H41 | 14/11/2008 |
ah ouais ?
à gladiateur thrace
De dddd
présent | 18H14 | 14/11/2008 |
ben ouais, c'est celle de 1793…
à gladiateur thrace
De ramassis
(ch'tite racaille) | 21H44 | 14/11/2008 |
« l'insurrection est le plus indispensable des devoirs. »
Salut gladiateur.
En écrivant ça, tu laisses entendre que tu penses que ces actes « terroristes » (sabotages de lignes TGV) sont bien le fait d'insurgés.
De plus : pourquoi des insurgés contre le régime ou « la société » agiraient-ils ainsi ?
Espèrent-ils pouvoir changer la société juste avec ce genre de mini actions ?
Ou est-ce seulement un moyen primaire d'assouvir un désir de vengeance, faire savoir que des gens souffrent dans notre société de merde ?
Je ne comprends absolument pas l'intérêt de tels actes de sabotages (s'il s'agit bel et bien de micro terrorisme).
Y'en a ki peuvent m'expliquer ? ? ?
De mathieu-s2
16H22 | 14/11/2008 |
Etablir que les gens qui font d'énormes conneries d'un côté, sont capables de produire de la prose lisible d'un autre côté n'est pas le signe d'une grande découverte.
Donc svp : deux enquêtes !
l'une sur la « pensée » (ça n'a pas l'air brillant, mais chacun a le droit de placer son bout de gras)
l'autre sur les faits.
Et aussi qu'on établisse si le fait d'élever des chèvres est subversif.
De Monard
16H39 | 14/11/2008 |
mis en examen , garde à vue, ça ne veut pas dire coupable, si ?
De JeanBavedeRage
Démocrade Crétin | 16H41 | 14/11/2008 |
Ca y est le couperet va tomber les sbires du pouvoir vont faire conférence ce soir.
Il est certain qu'il y aura des inculpations.
Il ne peuvent plus reculer maintenant ce serait un trop gros bouillon. la hoonnte quoi !
préfèrent mettre des petites gens en taule plutot que de perdre la face. Mais bien entendu dans l'intérêt général.
Et lorsque que la mayonnaise médiatique sera redescendu, le jugement sortira et hop on apprendra que le dossier est vide.
Voire, pour ce type d'histoire il ne faut pas grand chose pour être accusé, les flingueurs de l'antiterrorisme engéolent pour des histoires de fumigènes…. heuuu de bombe à fragmentation selon eux.
De Toto le terroriste
Electron libre | 16H45 | 14/11/2008 |
Pour celles et ceux qui semblent s'intéresser subitement au mouvement autonome (les attentats font fantasmer n'est-ce pas ? ), voici ici quelques sources pour vous :
Deux livres à lire : « TAZ » d'Hakim Bay (http://www.lyber-eclat.net/lyber/taz.html) et « L'insurrection qui vient » du Comité invisible (http://www.lafabrique.fr/IMG/pdf_Insurrection.pdf).
Pour ceux qui veulent du Tiqqun dans le texte, ça se passe par là : http://www.tiqqun.info/
Tout de même une remarque sur les écrits de Julien Coupat : si les médias le représentent aujourd'hui comme étant celui qui intellectualise le nouveau mouvement autonome en France, de nombreux autonomes ne se retrouvent pas dans ses écrits. Pour beaucoup, l'Insurrection qui vient est un ramassis de connerie : voir dans les émeutes de 2005 et de 2006 une sédition prochaine est totalement illusoire.
S'il y a un texte qu'il faut avoir lu, et qui montre bien les contours de l'autonomie française, c'est l'appel de Raspail (http://infokiosques.net/IMG/pdf/APPEL_de_RASPAIL.pdf). Toutes vos recherches sur l'occupation de l'EHESS et l'AG en Lutte (installée dans un squat depuis expulsé La Serre Volante, à Paris dans le 11e, rue Servan) serviront à cerner ce qu'est le mouvement autonome. Sur le site « Invitations au Débat sur la Totalité » (http://www.debat-totalite.org/), vous trouverez un document très intéressant concernant l'AG en Lutte.
Dans toute la France, de nombreux collectifs existent qui peuvent être rapproché de près ou de loin au mouvement « autonome ». Lire les textes des grenoblois de Pièces et Main d'œuvre (http://www.piecesetmaindoeuvre.com/) est intéressant pour saisir le rapport à la technologie.
Les autonomes n'existeraient pas sans les squat : je ne peux que vous invitez à aller les visiter, discuter, échanger avec les squatteurs, et vous rendre compte de visu que ceux-ci n'ont rien de terroristes (http://squat.net/ vous sera utile dans cette tâche).
Dans ces lieux existent des « infokiosques » : il s'agit de mettre à la disposition de tous des brochures sur tel ou tel sujet (le nucléaire, les CRA, le mouvement anti-CPE, etc.) Il existe un infokiosque virtuel, particulièrement bien fait, et qui vous permettra de mieux « comprendre » les autonomes : https : //infokiosques.net/ (Pour comprendre l'acharnement de la police antiterroriste, lire « Mauvaises intentions » : https : //infokiosques.net/spip.php ? article592)
Les sites d'informations (souvent « libres ») sont aussi très importants dans le mouvement autonome : l'agenda francilien de http://www.demosphere.eu/, http://rebellyon.info/, les Indymedia : Grenoble (http://grenoble.indymedia.org/), Nantes (http://nantes.indymedia.org/), Dijon : http://brassicanigra.org/. Les brèves du désordre de Cette semaine (qui est par ailleurs un journal) : http://cettesemaine.free.fr/spip/
Pour finir, je ne peux que vous conseiller d'aller jeter un œil aux photos d'un autonome Parisien : http://thibautcho.free.fr/
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 16H50 | 14/11/2008 |
http://www.deezer.com/track/1767700
De Jess Feuillie
liberté et vérité | 16H50 | 14/11/2008 |
Ce qui m'intéresse dans leurs propos est le moment où ils dénoncent la passivité et le cynisme des individus. On en revient aux luttes révolutionnaires du passé : ils s'auto proclament donc, ouvertement ou non, comme l'avant garde éclairée du peuple. Ils ne peuvent faire autrement puisqu'ils ne peuvent, c'est impossible, le représenter. D'où le risque fort, si des individus aussi surs d'eux et de leur science, parvenait au pouvoir, meme par la légalité. Soucieux d'éviter des rebellions intellectuelles et autres avis, ils en viendraient mécaniquement, meme s'ils le contestent aujourdhui comme Lénine le fit ou d'autres, a réduire la liberté d'expression. Le systeme politique serait il vraimeent meilleur que le notre. J'en doute fort. Oui a la critique. Oui a la réforme. Non a la radicalité, non a la révolution. Nous y perdrions tous. C'est d'ailleurs pour ca qu'on l'attend toujours !
à Jess Feuillie
De JeanBavedeRage
Démocrade Crétin | 17H13 | 14/11/2008 |
..De l'intérêt de se taire…
à JeanBavedeRage
De Jess Feuillie
liberté et vérité | 19H31 | 14/11/2008 |
de lintéret d'émettre des avis contraires, d'argumenter, de contre argumenter, bref de penser. Manifestement, la réflexion n'est pas votre tasse de thé ! ! ! ! (sauf celle qui va dans votr sens : en témoigne votre réaction puérile à l'égard de mon post)
à Jess Feuillie
De dddd
présent | 18H18 | 14/11/2008 |
l'avant-garde éclairée…
c'est en cela qu'ils ne sont pas anarchistes mais peut-être noyés dans un fatras de théories marxistes, marxiennes ou marxisantes…
à dddd
De compte supprimé 24
| 18H36 | 14/11/2008 |
Oui : l'anarchie n'a rien à voir dans ce bourbier infra-rimbaldien marxolytique.
C'est pas des ultragauchistes, mais des ultrapéteux. C'est évident pour ce qui est de la prose lourdingue de Julien Coupat, que je suis en train me déglutir péniblement.
Une chose est sûre : le monsieur est un petit gourou, ni plus ni moins.
à Jess Feuillie
De XLanig
dilettante | 18H30 | 14/11/2008 |
Mais bien sûr. On ne peut qu'être d'accord sur le fond, si tu dit que l'on meurt de nos révolutions confisquées par les, toujours, nouveaux maitres.
Je ne suis pas certain qu'il soit ici question de prendre le Pouvoir, qu'il y ait une queconque déclaration d'amour à Lenine (je crois le contraire). Comme je ne suis pas persuadé que « certains anarchistes » dédaigneraient être de ces « nouveaux maitres ». Mais passons.
Je persiste à penser qu'il y peut y avoir un monde « meilleur que le notre ».
Alors, oui à la Révolution ! et qu'elle soit douce pour les dominés, tendre pour ses ennemis…
Tu vois, il y a encore, et toujours, des doux rêveurs ! Des candidats aux pelotons d'exécution futures.
à XLanig
De Jess Feuillie
liberté et vérité | 19H37 | 14/11/2008 |
oui, c'est une belle formule ça « des candidats aux pelotons d'éxécutions futures » ! ! !
« je persiste a penser qu'il peuy y avoir un monde meilleur que le notre alors oui a la révolution » : suffit il d'etre pour pour garantir un monde meilleur ? ? ? imagine qu'elle soit dure pour les dominer et meutrière pour ses ennemis ! ! ! ! ! C'est ton avis contre le mien et à défaut d'une argumentation permettant de prévoir les applications pratiques de cette révolution dans tous les champs de la société, je reste, constatant que notre monde d'aujourdhui, dans tte son imperfection, vaut bien mieux que tous les précédents, prudent. Et c'est un euphémisme ! ! !
à Jess Feuillie
De XLanig
dilettante | 20H01 | 14/11/2008 |
Mais non, justement, ce n'est pas ton avis contre le mien. Pourquoi cela serait ainsi ? Pourquoi faudrait-il absolument que cela s'oppose ?
Si, par exemple, il y avait des espaces d'amélioration, tu t'y opposerais sous le prétexte que « monde d'aujourd'hui, dans toute son imperfection, vaut bien mieux que tous les précédents » ? Eh bien non !
Par ailleurs, notre époque n'est ni pire, ni meilleure que les précédentes… Différente tout au plus. Nous avons échangé de liberté contre de la sécurité, du confort contre des rêves. C'est tout et je ne souhaite pas l'existence de mes grand-parents, juste moins de difficultés à mes enfants et… à Youssouf, mon ami burkinabé…
Justement, et c'est le propos, en l'occurrence, des idées (ou peut être des actes, que sais-je) font conflit au monde que les Maitres veulent : leur disparition, annihilation est programmée.
(confère l'Ecole de Frankfort et la Dialectique négative où les contraction ne s'annulent pas, ne se résolvent pas).
En fait, il y a en toi un dangereux subversif… brimé ! (je blague)
à XLanig
De Jess Feuillie
liberté et vérité | 20H51 | 14/11/2008 |
-Qu'appelles tu des espaces d'amélioration CONCRÈTEMENT ? C'est facile de dire l'inégalité reculerait en parole etc…….
- Notre époque est meilleure que les précédentes en terme de chances a'ascensions sociales pour les plus modestes. N'importe savant de sciences sociales ou autre expert te le confirmera études a l'appui. Comment peux tu comparer des systemes tels que l'esclavagisme, le féodalisme, le 19 eme siècle d'exploitation au notre ou la répartition a fait son apparition apres la seconde guerre mondiale et ou les classes moyennes sont apparues ? ? ? ? ? ? C'est OBJECTIVEMENT, de la mauvaise foi pure. J'insiste : n'importe quel histoiren, sociologue, philosophe, économiste, observateur avisé te le dira. Ta réaction est pour moi d'ordre symbolique et renvoie au livre d'Aron intitulé « les désillusions du progrès » : dans un monde ou les choses tendent tendanciellement (sur le long terme, ce qui implique des mouvements de relux) au mieux pour les plus démunis, les inégalités qui persistent paraissent inhumaines (ce qui ne veut pas dire quil ne faut pas réformer,j'en ai un peu marre de me justifier). C'est un peu comme la pédophilie qui a toujours existée mais qui est décriée uniquement aujourdhui parce que nous sommes a un stade d'évolution où le bien etre et la recherche du bohneur est devenu prioritaire et les attaques a la personne intolérable.
fondamentalement le blème est que vous critiquez l'écart qui persiste entre l'égalité formelle et l'égalité réelle. Cet écart ne sera jamais totalement comblé en raison, comme dit Aron, de la dialectique de la société moderne. A partir, le jugement est bcp plus modéré car il intègre des données que tu ignores. nous n'avons pas échangé notre liberté contre de la sécurité, cest excessif. C'est justement parce que les droits de l'humain sont devenus comme un totem que les gens ne pensent, a tort, qu'a la sécurité. Les fous, les taulards, les cailleras, les cités…..C'est paradoxal mais cest la vérité (cest un effet pervers de la civilisation des loisirs, basée sur la liberté de chacun : on est obsédé par les atteintes potentielles que peux nous faire l'autre). « on a échangé du confort contre des reves ». C'est un peu de l'exotisme. Pourquoi personne, a commencé par les ouvriers ne veux faire la révolution a ton avis. La révolution dans les pays occidentaux, c'est pour les intellectuels et pour les étduiants (qui sont ni travailleur ni intellectuel, qui sont angoissés par l'incertitude du future et qui veulent se renarcissiser en s'autonomisant de la sphère familiale). Les gens du peuple, conscients de leur relative chance par rapport aux voisins sont bcp moins avancés sur ce point.
De parleamon
journaliste | 17H06 | 14/11/2008 |
Bravo ! Quelle enquête ! Et bien imaginez qu'en quelques clics ( malgré les très nombreuses préventions que l'on se doit d'avoir vis-à-vis d'Internet en matière d'informations…), j'avais retrouvé la même chose. Et sans doute plein d'autres l'ont fait… mais, plutôt que de citer des « riverains » anonymes, des « internautes » masqués, pourquoi ne pas enquêter au plus proche de Julien C., ( anciens amis de luttes, anciens co-auteurs,etc), si l'on veut en savoir plus sur lui ? Vous auriez alors pu nous offrir autre chose qu'un portrait ( certes de qualité, grâce à J.Guigou ) uniquement dessiné grâce à l'analyse des écrits de ce jeune homme… Car il y a un hic : il n'a jamais produit seul… C'est donc - au moins - un portrait de groupe que vous avez réalisé… Dommage, en allant plus loin, vous auriez pu découvrir des choses très intéressantes, contradictoires mais vécues sur Julien C… bref, une enquête quoi ! Encore, un effort !