Julien Coupat, présenté comme leader du groupe des autonomes de Tarnac, avait fondé une revue philosophique, Tiqqun, que Rue89 a exhumée.
Depuis la mise en examen de dix militants soupçonnés d'être derrière les sabotages de caténaires de la SNCF, les médias s'essayent à reconstituer le parcours de ces jeunes réputés autonomes, souvent présentés (un peu vite) comme « terroristes d'extrême gauche ». Les équipes de télé défilent en Corrèze, où est installé Julien Coupat, présenté par les médias comme « le leader du groupe » (un terme que réprouvent les Autonomes eux-mêmes). Tandis que les voisins y vont chacun de sa petite anecdote, on apprend au passage que le FBI enquêtait depuis le printemps sur ces Français en rupture. Jeudi après-midi, un universitaire visiblement proche de Julien Coupat dénonçait sur LeFigaro.fr qu'on place « un intellectuel en garde à vue pour ses idées ». Autant le dire, je ne savais rien de ces dix personnes avant leur interpellation. Mais, depuis qu'elles ont été placées en garde à vue (laquelle peut durer jusqu'à quatre jours à la faveur des lois antiterroristes), je cherche. Et voilà que, dans un commentaire posté sous l'article de mercredi sur la mouvance autonome, un riverain indique qu'il a déjà croisé les auteurs de « Tiqqun », la revue fondée par Julien Coupat à l'époque où il était encore thésard à l'EHESS, l'Ecole des hautes études en sciences sociales. Des riverains lecteurs de la prose de Julien Coupat… en 1999 Numerosix, ce riverain, se souvient les avoir rencontrés « en 1999, à vue de nez ». Il se rappelle d'un « vieux rade fermé » dans le XIIe arrondissement à Paris, où il était allé acheter cette fameuse revue « formidable,intelligente, très bien faite, très situationniste et parfaitement légale avec aucun appel au meurtre ». Lui qui précise n'avoir plus jamais eu de contacts avec « l'utragauche » par la suite a gardé en mémoire un groupe d'étudiants « un tout petit peu exaltés mais tres gentils et super sympas ». Au lancement du premier numéro (Tiqqun en comptera deux en tout et pour tout avant de s'autodissoudre en 2001), Julien Coupat abandonnera l'EHESS.
Or il se trouve qu'un autre riverain croise son chemin à peu près au même moment. Cet internaute-ci, qui tient à rester anonyme, conserve un souvenir sensiblement plus critique. A propos de Tiqqun, il parle carrément de « dérive mystique et bouffonne ». Avant de m'aiguiller dans la foulée vers une autre contribution, extrêmement à charge, qui s'intitule : « Avant-garde et mission : la Tiqqounnerie ». La référence à la mystique juive : « un pot-pourri fantaisiste » Ce riverain n'est pas seul à prendre ses distances avec la pensée situationniste développée par Julien Coupat dans ses écrits. Ainsi, jeudi matin, Jean-Yves Camus, notre blogueur, restait sceptique quand à l'usage-même du terme « tiqqun », emprunté à la mystique juive de la Kabbale :
: « Cette notion que le monde est imparfait et qu'une observance et de bonnes pratiques religieuses permettront de le réparer était très présente chez les gauchistes juifs des années 60-70, qui n'étaient pas religieux. Mais qu'est ce que ça veut dire de mélanger Talmud et Heiddeger dans un tel pot-pourri fantaisiste ? Guy Debord et les situationnistes n'avançaient rien de tel. »
De fil en aiguille, j'ai fini par retrouver sur la Toile le premier numéro de cette fameuse revue Tiqqun, qui date donc de 1999. En voici plusieurs extraits en PDF, sur un total de 162 pages intitulées « Tiqqun, organe conscient du parti imaginaire ». Sous-titre : « Exercices de métaphysique critique ». Toujours sur le Web, on découvre un article que Jacques Guigou, universitaire à Montpellier III et fondateur de la revue Temps critiques, a justement consacré à cette revue dans le sillage de Guy Debord, il y a deux ans. Pour Rue89, il a accepté de décrypter les principaux points théoriques et métaphysiques étayés par les auteurs de Tiqqun. Proche du mouvement autogéré dans les années 60, il n'est pas aussi assassin que Jean-Claude Camus. Pour lui, cette revue « érudite » n'est pas aussi dépourvue de références, « même si l'on peut pointer des contradictions et des faiblesses du raisonnement », voire des culs de sac. Sur la violence et la lutte armée : « un discours plutôt sophistiqué » Il y est certes question de violence dans le premier tome de Tiqqun : « La période historique dans laquelle nous entrons doit être un temps d'une extrême violence et de grands désordres », écrivent les auteurs de Tiqqun. Mais pour sophistiquer tout de même un peu plus leur pensée en matière d'insurrection :
« On se méprendrait gravement sur la stratégie du Parti Imaginaire en la réduisant à la poursuite de lacatastrophe. On ne se méprendrait pas moins en nous prêtant l'enfantillage de vouloir pulvériser en un coup on ne sait quel quartier général où le pouvoir se trouverait concentré (…) Quoique le Parti imaginaire n'abandonne à aucun instant le dessein de l'achever lui-même, sa tactique n'est pas de l'attaquer de front mais, dans l'acte même de se dérober, d'orienter et hâter l'issue de sa maladie. »
Pour Jacques Guigou, il ne faut pas infantiliser le rapport de ces jeunes penseurs de l'autonomie en matière de violence :
« Leur critique de l'Etat est plutôt intéressante, ce ne sont pas des forcenés de la critique radicale en la matière, même si l'on peut noter des contradictions sur ce point. Bien sûr, il y a une radicalité dans leur discours : ils sont dans la scission. Mais il n'y a pas d'appel au meurtre, contrairement à la prose qui s'inscrit dans la lutte des classes. D'ailleurs, je serais extrêmement étonné de les entendre revendiquer quelque chose, comme c'était le cas pour Action directe, qui avait décidé de passer à la lutte armée et au meurtre. Eux préconisent le silence. »
Rejet de la société marchande… et ses symboles Puisqu'il est question de caténaires et de la SNCF, puisque le mouvement autonome, infiniment protéiforme comme on le rappelle depuis plusieurs jours, se retrouve globalement sur l'anticapitalisme, voilà ce qu'on peut aussi trouver dans la prose de Julien Coupat, en 1999 :
« C'est dans la mesure exacte où la catastrophe est la vérité à l'état de fulguration que les hommes du Parti Imaginaire travaillent à la faire advenir, par tous les moyens. Les axes de communication sont pour eux des cibles privilégiées. Ils savent comment des infrastructures qui “valent des milliards” peuvent être anéanties en un coup d'audace. “
Autonome, kesako ici ?
Dans leurs écrits, Julien Coupat et les siens reposent la question de l'individu par rapport à la communauté et critiquent la passivité des individus. Leur cynisme, aussi :
‘La domination dans ses formes les plus avancées a incorporé à son discours la critique de la société de consommation, du spectacle et de leur misère. La culture Canal+’ et ‘l'esprit Inrockuptibles’ en donnent, pour la France, des exemples passagers mais significatifs. C'est plus généralement le language scintillant et sophistiqué du cynique moderne, qui a définitivement identifié tout usage de la liberté à la liberté abstraite de tout accepter, mais à sa manière.”
En s'exprimant sur les ruines des théories révolutionnaires, ils s'inscrivent dans un sillage qui est loin d'être décérébré, note Jacques Guigou :
“Tiqqun arrive après la fin du cycle des révolutions prolétariennes. Ils ont lu le situationnisme, notamment en Italie où le mouvement autonome a duré plus de dix ans dans les années 60-70. Ils connaissent aussi Negri et son concept d'empire, mais encore Deleuze et Guattari et leur ‘individu-réseau’. Inspirés par Castoriadis, ils critiquent même l'aliénation au sein des groupes révolutionnaires, comme la CNT, les syndicats.”
Ils esquissent quelque chose : ils créent bien un “Parti imaginaire” mais c'est justement un antiparti ; ils rejettent l'être vivant mais il veulent quand même faire avec lui pour agir : ils lui parlent, ils lui font des serments, c'est leur côté mystique et messianique. »
Au final c'est un autre individu qu'ils exhaltent, plus anonyme, plus invisible aussi :
« On a vu se répandre parmi les Bloom [les individus aliénés par le système, appelés à se révolter, ndlr], en même temps que la haine des choses, le goût de l'anonymat et une certaine défiance enfers la visibilité (…) Que son ennemi n'ait ni visage ni nom ni rien qui puisse lui tenir lieu d'identité est propre à déchainer la paranoïa du pouvoir. »
Un dernier constat pour terminer : ces derniers mots, exhumés d'ecrits datant de 1999, résonnent comme un écho à de nombreux commentaires publiés sur Rue89, lorsqu'il s'agissait de brosser les contours de ce que le ministère de l'Intérieur appelle « la mouvance anarcho-autonome » depuis le printemps. Illustration : Les trois premières pages du numéro 1 de la revue Tiqqun ► A lire aussi : Comment je n'ai jamais pu interviewer un autonome




















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De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 09H55 | 14/11/2008 |
Je précise que meme si j » ai deux ou trois livres de Sade en 10/18 dans ma bibliothéque et « La Machine à broyer les petites filles » de Tonino Benacquista, je n » ai jamais massacré de petites filles en vrai , et que je suis incapable de faire du mal à une mouche
-Faux ! Chef ! Il ment : regardez , il a planqué une plaquette Vapona !
à Numerosix
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 10H05 | 14/11/2008 |
Vous excusez pas, N6, moi j'ai bien la Bible.
Pour caler une armoire.
(Naaan j'rigole, j'ai pas d'armoire)
à compte supprimé 22
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 10H15 | 14/11/2008 |
Malheureux , il y a des passages vraiment violents , dans la Bible …
Et puis pas mal de textes assez délirants ..
Vous etes un terroriste fou.
à Numerosix
De compte supprimé 24
| 13H34 | 14/11/2008 |
Je suis un inconditionnel du « Cantique des Cantiques ». Combien de baignoires de sperme de séminariste a-t-il contribué à remplir au cours des siècles, ce bouquin ?
à compte supprimé 24
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 17H33 | 14/11/2008 |
Moi, mon préféré, c'est la Genèse. Hé oui, la Genèse, même si elle signe dès son début le malheur de la nature et parlant de l'origine de l'homme, reste un livre magnifique. Voilà ce que j'en avais tiré pour mes élèves, tout athée mangeur de curés que je sois :
(On dira que c'est un enfant qui parle)
O Dieu,
Merci pour le jour et la nuit, pour le soleil se levant nouveau chaque fois, pour la lune inquiétante et sereine, pour les étoiles mystérieuses et si lointaines que jamais je ne pourrai aller jusque là. Pour la nuit, surtout, qui me permet de rêver à des vies que je n'aurai pas.
Grand merci pour les eaux d'en haut et celles d'en bas. J'aime quand il pleut à travers ma fenêtre bien au chaud, que les grosses gouttes de l'orage dansent dans ma cour en jupe transparente. Mais j'aime moins l'eau des mares, des lacs et des mers quand elle m'appelle vers ses fonds inconnus.
Merci beaucoup pour toutes les plantes, toutes. Même la digitale pourprée et son poison minute, même l'ortie et son fichu caractère, même la ronce et ses bras accrocheurs. Mais ma préférée c'est le chêne, qui envoie sa puissance de la Terre si solide au Soleil si léger.
Mille mercis pour les animaux terrestres, de la vache paisible et un peu niaise au tigre violent et mélancolique, du chien le doux au chat le souple, ce roi des paresseux. C'est vrai, tu aurais pu éviter le serpent, qui me fait toujours aussi peur. Mais va pour une fois !
Merci bien pour les oiseaux et pour les animaux des eaux. Il y a même des poissons qui volent et des oiseaux qui nagent. Ce sont les plus heureux, ils connaissent tout du monde.
Et enfin, et surtout, merci pour l'Homme et la Femme, c'est grâce à eux si je suis là qui te parle. Quand même, tu aurais pu les faire se tenir un peu mieux, se battre un peu moins, et laisser l'endroit aussi propre en partant qu'ils l'ont trouvé en entrant.
(Cyp, pour le sperme de séminariste, on pouvait se passer du cantique. Il suffisait d'un bon aumônier pas manchot)
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 10H16 | 14/11/2008 |
à patrick du 14
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 23H50 | 14/11/2008 |
Un spécialiste de l'antiterrorisme, flic, qui parle des « années de feu ». Sic.
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 10H22 | 14/11/2008 |
si non hier les cheminots européens y manifestais a paris pourquoi au justes ah oui c'est vrai nikolaé est le président de l'europe et y veulent pas qu'on touche à leurs train
De stangrof
10H28 | 14/11/2008 |
Encore du doux réveur manipulé par les services pour justifier l'armada de lois et sections anti terroristes.
l'affaire bouclée en trois jours est louche , je rappelle que le groupe « azf “ qui ,lui, utilisait des explosifs pour racketter la sncf court toujours !
A plus
http://www.ipernity.com/home/stangrof
De egide
Littéral | 15H23 | 14/11/2008 |
L'éveillé du val, l'anté-Rimbaud.
Chacun est à soi-même le plus étranger. (tiqqun) Paraphrase laborieuse du Je, est un autre de l'ex-poête devenu marchand.
Rimbaud n'a jamais théorisé sa renonciation aux métaphores. On sait seulement qu'il s'engagea comme soldat colonial dans l'armée hollandaise et, après 4 semaines militaires passées à l'intérieur de Java, il a déserté. Retour en Europe, enfin deux années d'errance avant d'atterrir à Chypres, sa porte pour le Harrar.
Son dormeur, jeune homme stigmatisé, à jamais figé dans une jouissance sans fin, imaginée éternelle. Pourtant, l'émancipation des corps est très loin de son temps. La jeunesse d'Europe n'a pas connu son sacrifice absolu par le fer, par le feu. La jeunesse d'Europe n'a pas encore assassiné et violé en masse dans les colonies.
Mourir jeune dans un combat militaire, sort le plus doux selon Teillard de Chardin, aumonier, théologue qui visita lui aussi Java et le Harrar.
Le soldat ne constitue plus une figure de la virilité. Certains ne supportent pas d'avoir manqué la bataille pour s'initier à l'ordre masculin du monde. Privé de l'ardente obligation militaire, ils ne sont pas eux-mêmes. Ils ne se représentent qu'en sous-êtres incomplets que seule l'action sortira du chaos de leurs pensées désordonnées et des vicissitudes de leur époque qu'ils rejettent.
Léon Blum a renoncé à la guerre en Espagne.
Double renonciation et de la poésie et de la guerre. Par le poète et le juif. Deux figures habituelles de la féminité faite homme. Le poète y renonce, le politique s'y obstine.
Le spectacle a pris un tour paroxystique avec l'image. Tous les iconoclastes sont abreuvés des représentations honnies. le monde devient connaissance et savoir par ses propres représentations laïques plein de la réalité virtuelle, immatérielle, désincarnée des secrets dévoilés par la puissance de calcul des machines sans chair. Des vérités presque irréfutables stupéfient les pensées.
Dix siècles de christianisme ont imposé la morale et la prédominance du masculin comme l'essence du principe divin, l'homme EST l'image. La seule IMAGE de dieu.
Ce dieu est détrôné. Le dormeur du Val se réveille tiré de son rêve de plaisir alors qu'il croyait vivre pour le reste de l'éternité cette jouissance sans fin qu'il n'avait pas nommée.
A-t-on vu plus rageur détournement de la poésie que l'action de Rimbaud, a-t-on lu texte plus radical (tiqqun) qui pervertit parmi les plus significatives métaphores de la littérature contemporaine celles des auteurs les plus minoritaires MAIS les plus universalistes qui soient.
Ces métaphores sublimes qui font écho aux découvertes qui ont construit notre présent complexe, sont retournées dans l'inverse de leur essence, en appelant le Déluge qui engloutira Mahagony la Putain et ses gynécées, en substituant la métaphysique à la poésie par la vertu même des mots des métaphores dépouillées de leur sensibilité, de leur féminité, leur rendant par une opération de pensée, leur qualité ancienne de chant des combats.
que les hommes reconstituent entres eux leur monde commun (tiqqun)
Comme antidote au texte de Coupet, brulot haineux contre la littérature, il n'y a que la figure d'Achille, le héros au dessus de tout les héros, l'amant de Patrocle et de Patrocle l'amant.
Achille, symbole vital de la révolte contre la guerre.
Achille, quand une fois dans sa courte vie héroïque il joue dans le gynécée comme une fille au milieu des filles, parmi leurs odeurs femelles, son corps puissant démasculinisé par des voiles, au milieu de leurs corps frêles, il s'approche de la poésie.
Et lui, le guerrier chante avec elles leurs poèmes de vierges. Il ressent comme elles l'absence de soi de son corps qui devient alors complètement disponible au plaisir inouï de la métaphore.
Il oublie un instant le sacrifice qu'il doit à la Cité, de sa jeunesse.
Simone Weil s'était engagée dans une milice anarchiste en Espagne au début de la guerre civile. Blessée dans un accident logistique un peu ridicule, rapatriée en France, elle avait milité vigoureusement pour la NON-INTERVENTION Blumienne. Cette vierge sage (savoir) refusait qu'on s'engagea dans l'horreur des crimes de guerre.
Par intuition, elle préférait l'extase strictement charnelle des métaphores indicibles et symboliques de l'altérité à soi-même comme le principe par excellence du self touchant au plus prêt sa part maudite (Georges Bataille)
Elle savait la vertu de l'individualité et de la responsabilité de soi pour soi. Indispensable préalable pour participer à la Cité. Parole de femme, parole de vierge, inaudible.
Car j'aspire à voir sa démarche aimable et l'éclat radieux de son doux visage, plus que les chariots des Lydiens et leurs
soldats en bataille ! - Sappho -
Mysogyne ? homophobe ? antisémite ? En tout cas le Bloom de Tiqqun vomit Pénélope, la Molly (dernier chapitre d'Ulysse de Joyce) qui se masturbe avec délice cessant d'attendre pour toujours le retour du héros mort et tisse, tisse ses métaphores poétiques et sensuelles.
Molly qu'on dit mutique, serait la Reine, la Sorcière qui allume sa braise dans le pot de terre, ne voudra jamais nous raconter ce qu'elle sait, et que nous ignorons !
Arthur Rimbaud - Après le Déluge - Illuminations
Tiqqun. L'ignorance glorifiée du monde n'est-elle pas le retour du refoulé théologique de la démonalité, corporéïté fécondante du mal ? Une façon de rhétorique messianique et sceptique qui se veut annonciatrice du Désastre ?
De Humain
10H40 | 14/11/2008 |
La trouille ! ! Nous avons vraiment peur !
Des terroristes horribles !
La preuve, ces gens là s'occupent d'une épîcerie à Tarnac quelque part dans le centre de la France.
De plus ils étudient la philosophie…
De plus, ils discutent politique.
Et ils « seraient » même « anti-nucléaires » ! ! !
Ces gens là sont de vraies terreurs ! !
Mais si un jour de vrais terroristes attaquent vraiment, il faudra alors informer la police de faire le tour des épiciers ?
Fini de rire ! !
à Humain
De mechante langue
11H22 | 14/11/2008 |
Mais ou avez vous vu de la peur .
Ils sabottent des lignes de chemin de fer , ils participent a des actions violentes : on les arréte un point c'est tout . La peur et la parano elle est plutot dans leurs ecrits .
De parti
punishment park | 12H49 | 14/11/2008 |
t'as vu y s'énerve…un post de plus de deux lignes… ml le petit factieux…et anton, oublie-nous…
à parti
De compte supprimé 24
| 13H54 | 14/11/2008 |
Non et puis des traces il y en a, chez ML.
Des traces douteuses, même ; des virgules brenneuses.
à Humain
De Mon-Al
roturière :-) | 11H37 | 14/11/2008 |
Si un TGV plein de voyageurs avait déraillé, si ces « horribles terroristes » avaient tué des gens, peut-être alors auriez-vous « eu vraiment peur “ ? Surtout si quelqu'un de votre famille en avait été victime ? Ne riez pas trop : dans les années de plomb, les rires se sont vite tus … et des individus comme ceux-là sont avides de foutre la société honnie à feu et à sang. Vous avez la mémoire courte. Tant mieux pour vous.
à Mon-Al
De XLanig
dilettante | 12H13 | 14/11/2008 |
On nous fait régulièrement le coup !
Je suis contre la peine de mort ! … « Oui, mais si…un salaud violait et tuait ta fille, ton fils… hein… » Je serait très malheureux,
Et bien, pas de si ! Cela n'arrive pas : Je suis contre la peine de mort !
La loi, la justice n'opère que sur des faits et des actes commis, réels et avérés. Et c'est heureux.
Pour l'instant (vendredi 14 novembre, 12h13), les enquêteurs ne sont certains que les inculpés sont les auteurs des sabotages. Ces sabotages n'ont tués personne…
à Mon-Al
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 12H14 | 14/11/2008 |
Y peut pas dérailler , le TGV : il est IN-SUB-MER-SI-BLE .
à Numerosix
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 12H35 | 14/11/2008 |
comme le capitalisme !
à Lohiel
De compte supprimé 24
| 19H57 | 14/11/2008 |
Commeeeent ? J'entends que dalle…
Le capitanic ?
à Mon-Al
De XLanig
dilettante | 13H01 | 14/11/2008 |
AFP 14 nov 10h50 :
« Toutes(les personnes) ont été interpelées dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte le 16 avril contre les agissements et intentions prêtés à un groupuscule de la mouvance anarcho-autonome, et non dans celui de l'enquête de flagrance ouverte sur les dégradations dont a été victime la SNCF. »
Il s'agit bien « d'intentions prêtés »… Moi j'ai l'intention que le Monde soit moins impitoyable et j'agis (paisiblement, mais c'est déjà indécent).
Que fait la police ! que ne suis-je pas soumis à la question ? Pourquoi, moi et mes semblables ne sommes nous pas éradiqués !
Une société débarrassée de contradictions, univoque… ah !
à Mon-Al
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 17H38 | 14/11/2008 |
- S'attaquer aux caténaires ne pouvait pas faire dérailler un TGV.
- Qui dit train dit gare, qui dit gare dit gare de Bologne en Italie. 85 morts, plus de 200 blessés. On chercha d'abord vers les Brigades Rouges, bien sûr… pour finir par trouver à l'extrême-droite
De asozial
aus Berlin | 10H39 | 14/11/2008 |
contribuer au débat et à la pensée de gauche comme l'a fait de façon importante Tiqqun dans ses différentes publications n'est pas tenter de substituer un évangile à un autre.
un des intérêts de Tiqqun est justement d'adopter une posture quasi-poétique permettant une grande liberté dans le procès intellectuel aussi bien que dans la forme. leur travail se situe dans le champ philosophique et fait ça très bien.
les commentateurs peuvent pointer les limites de l'exercice ou lancer un débat contradictoire, mais évoquer Tiqqun dix ans après pour y trouver la semence d'un hypothétique acte séditieux est bien plus léger et bien plus graveleux que tout ce que qu'on peu critiquer dans leur travail.
je recommande « premiers matériaux pour une théorie de la jeune-fille » paru chez mille et une nuits. là encore il ne s'agit pas d'y trouver un petit livre rouge apportant un près à penser définitif, mais c'est un bon outil de réflexion.
à asozial
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 10H55 | 14/11/2008 |
D » accord a 100% avec Asozial …
De XLanig
dilettante | 10H56 | 14/11/2008 |
Enfin, nous commençons à y voir plus clair.
Il ne s'agit plus d'un nébuleuse d'agités décérébrés apôtres d'une d'un chaos systématique, de cavaliers de l'apocalypse.
Discours mystiques ? pas plus, et de la même veine, que les conspirateurs de l'Internationale situationniste, référence galvaudée par les intellectuels aux petits pieds, de gauche et de droite ( qui ne ne gausse pas d'avoir lu « La société du spectacle » de s« être bourré avec Debord »).
Quant à placer « un intellectuel en garde à vue pour ses idées », en Allemagne et en Italie, dans un contexte vraiment différent, l'inculpation de « complicité intellectuelle avec le terrorisme » a durant plusieurs année mis des professeurs en prison ( précisement, et entre autres, Toni Negri). La pensée y fut brimée.
En France, encore, tant dans la loi que dans la psychiatrie, penser ce n'est pas faire ( je peux avoir tous les rêves érotiques possibles, je ne suis un délinquant sexuel tant que je ne les actualise pas, par exemple)
Dorénavant, et c'est pour cela que Jerôme Coupat est retenu, il reste à démontrer qu'il est l'auteur d'actes de sabotage ; et non « qu'il les aurait inspiré ».
Certains de nos maitres n'inspirent du dégout, provoquent mon exaspération, ma colère… Je ne le traduit en violence à leur égard.
à XLanig
De Au sud de nul part
Situation | 12H50 | 14/11/2008 |
Bonjour. Les auteurs de tiqqun et les automones en genéral sont aux antipodes de la pensée de toni négri.
Les universitaires de centre gauche veillent bien à ce que leurs élèves intégrent Spinoza et nietzsche, lesquels sont lus d'une certaine façon.
Les autonomes sont anti-capitalistes et refusent le monde tel qui est. Ce qui fait horreur au négristes. Or, sous couvert d'avoir une quelconque influence sur le capitalisme, les universitaires post-deleuzien, négristes en tout genre, ne prônent rien sinon la montée en puissance d'une multittudes d'êtres connectés en réseau, ultra diplômés, qui seront comme une sorte d'avant garde, et qui par la possession d'un capital cognitif pourront -soi-disant- tenir tête au système actuel (capitaliste) par l'introduction d'un nouveau rapport de force, soit par le fait d'une négociation et par l'appropriation de postes clefs.
Ces personnes stigamisent en général les communistes, les autonomes, l'extême gauche, les anarchistes durs, car ils les pensent comme des être du ressentiment, qui sont du mauvais côté de la force, et qui introduisent une mauvaise négativité (alors qu'il faut éviter toute dialectique, toute ontologie dualiste, etc…). Bref, les négristes refusent le négatif sous toutes ses formes (ils tentent d'achapper à marx et à hegel) sauf pour le reporter sur certains individus ou groupes (ceux qui ne sont pas joyeux comme nietszsche…) pour prôner du « positif », et du « constructif ». A ce petit jeu, évidemment, toute forme de rebellion, de jeu, de défi lancés aux multiples pouvoirs, sont très mal vus.
Au passage, ce sont ces grands professeurs qui ont oublié la classe dite ouvrière durant vingt ans et qui se sont réveillés, éffarés, lorsqu'est apparu le fait d'un appauvrissement généralisé des classes moyennes ainsi qu'une « précarité » de la vie, ou plutôt, d'une « précarité » de l'existence sociale.
Le nom même de la revue « multitudes », dans laquelle officie Mr. Négri et ses collègues n'a rien d'innocent : il n'évoque ni « l'invidu » (faut se démarquer de certains sociologues…), ni des « classes sociales », ni le « peuple », ni « les masses », ni le « sujet », ni les « gens » ; mais, les puissances ou les forces de la « multitude ». Ce concept bien obscur (l'obscurité vient toujours des gauchistes, cela va de soi …( : ))) exprime la présence immanente d'un réseau d'individu cultivés, sains, qui refusent toute violence, et qui produiraient comme l'ouvrier des « outils » intellectuels permettant non de changer le monde, mais de forcer d'autres puissances (la finance, le politique, etc…) a ne plus imposer le capitalisme d'une certaine manière. On conçoit donc qu'un point crucial empêche toute confusion entre des lecteurs de Badiou, ou des situs, ou des auteurs anarchistes, ou des autonomes, trotskystes, et des négristes lecteur de spinoza (coucou philippe val).
Aujourd'hui, évidemment, on mesure mieux -après la venue de la « crise“- l'intérêt prodigieux et l'efficence réelle (prière de na pas rigoler…)de ce courant philosophique dit de ‘gauche’. A force de dire que le monde est Un, forcément tout ce qui en déborde et pense son dehors ne peut qu'être jugé idiot. On ne sort pas du capitalisme raconte dans Empire ce cher Négri : pas de Dehors. On doit faire avec. Donc nier la légitimité du capitalisme, c'est nier le réel et introduire un ‘mauvais infini’, pour ainsi dire, un négatif illusoire sans début ni terme, sans but. S'opposer : c'est mal. Il faut composer avec d'autres forces pour négocier stratégiquement des sortes de compromis. Un pensée de sabotage : c'est le diable qui n'a encore atteint la cinquantaine paisible.
Je rappelle, pour juste bien rigoler, que Guy Debord a très longtemps été considéré comme un illuminé ou un charlot dans les milieux universitaires de gauche, toutes tendances confondues, avant que la venue d'une réelle société du spectacle (en politique, dans les médiais, dans la culture) ne s'impose comme un fait : qui ne cite pas maintenant sa petite phrase de Debord à la manière d'un hochet ? Pourtant, rarement, la société du spectacle n'est entendue selon le fait que le spectaculaire consiste surtout par le biais de l'image (et du texte) en un rédoublement de l'état des rapports de forces réels (de l'immanence, justement…) qui sont rendus alors comme innocents et/ou invariables, déjà là. Etre dirigé par le spectaculaire c'est ne pas comprendre que la structure même du social y est justifiée. Et que tout Evènement y est, de fait, rendu impossible.
Au SuD De NuL ParT
à Au sud de nul part
De gladiateur thrace
prothesiste dentaire | 16H03 | 14/11/2008 |
+1
à Au sud de nul part
De fantome de la nuit
insomniaque | 19H22 | 14/11/2008 |
eh bien, citons-le , Debord :
« J'ai beaucoup moins écrit que la plupart des gens qui écrivent, mais j'ai beaucoup plus bu que la plupart des gens qui boivent. »
à Au sud de nul part
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 00H07 | 15/11/2008 |
Ravis d'apprendre que nous avons tant d'universitaires « post-deleuziens, négristes en tout genre » - bien que les travaux sur Deleuze ne sont pas légion, en France du moins (aux USA, c'est autre chose).
Ravis aussi de voir que les « négristes » prônent l'avant-garde diplômée pour négocier avec les élites politiques. Suivant cette logique, ils feraient sans doute mieux de faire HEC et d'essayer d'appartenir aux rangs de l'« hyperbourgeoisie » mondiale. Je me demande pourquoi ils capitalisent pas plus là-dessus ?
J'adore votre éclaircissement du « concept bien obscur » - j'avais tellement de mal à comprendre à quoi pouvait bien renvoyer ce concept, tiré de Spinoza, que maintenant, je peux dormir en paix. C'est un véritable Comité d'hygiène publique, dites-moi, les « négristes » !
Ah oui, ne confondons surtout pas les « lecteurs de Badiou, ou des situs, ou des auteurs anarchistes, ou des autonomes, trotskystes, » (dites-moi que de monde et de chapelles ! Debord serait si content de boire un pot avec Arlette ! ) avec les infâmes « négristes », en plus, infamie suprême, « lecteur de spinoza », comme Philippe Val ! ! !
Ah, ces « négristes » et ces « valiens », tous de la pourriture contre-révolutionnaire !
J'avoue qu'aligner sur la même brochette les noms de Val, Spinoza, Negri et Badiou, sans parler de Trotsky, Debord, et les AAAAAA, c'est vraiment vachement balèze comme technique d'argumentation ! Ca semble même persuasif.
Négatif, « nier le réel », « positif »… Oui, c'est ça, les « négristes » sont des hégéliens idéaliste-fascistes, qui refusent la lutte et le négatif - contrairement à ceux qui, comme Tikkun, ont bien lu Heidegger, et savent que le négatif, c'est la vie même, l'effort, la destruction.
Heidegger futuriste, qui l'eût cru ?
C'est en Italie que nous lançons ce manifeste de violence culbutante et incendiaire, par lequel nous fondons aujourd'hui le Futurisme parce que nous
voulons délivrer l'Italie de sa gangrène d'archéologues, de cicérones et d'antiquaires…
à Network 23
De compte supprimé 24
| 02H32 | 15/11/2008 |
À ton avis Network :
Tous ces gens-là, c'est capote ou Kleenex ?
à compte supprimé 24
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 13H41 | 15/11/2008 |
Aargh, le Petit père des peuples Malthus disait : « il faut baiser comme des lapins pour faire tomber le capitalisme ! »
Perdre l'énergie vitale de la lutte dans du caoutchouc ou du kleenex, c'est s'asservir à la société de consommation, qui stérilise à tout va.
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Quelqu'un a justement rappelé l'existence d'autres écrits, dont ceux d'Hakim Bey. Tu sais, l'anarchiste mystique (celui-ci se revendiquait plutôt des sectes chinoises Tong et de la mystique soufie) qui mettait en garde contre la nouvelle gnose, qui agite un certain nombre de scientifiques ou/et de militants. Le millénarisme a la vie longue… de même que les stéréotypes attachés à la forme que doit prendre un texte théorique militant (« De formel, la domination du Capital devient réelle. » T'as entendu Cyp, R-E-E-L-L-E ! ! ! fais attention au REEEEEELLLLL ! )