Enquete

On a retrouvé les écrits du gardé à vue pour sabotages à la SNCF

Julien Coupat, présenté comme leader du groupe des autonomes de Tarnac, avait fondé une revue philosophique, Tiqqun, que Rue89 a exhumée. Les trois premières pages du numéro 1 de la revue Tiqqun Depuis la mise en examen de dix militants soupçonnés d'être derrière les sabotages de caténaires de la SNCF, les médias s'essayent à reconstituer le parcours de ces jeunes réputés autonomes, souvent présentés (un peu vite) comme « terroristes d'extrême gauche ». Les équipes de télé défilent en Corrèze, où est installé Julien Coupat, présenté par les médias comme « le leader du groupe » (un terme que réprouvent les Autonomes eux-mêmes). Tandis que les voisins y vont chacun de sa petite anecdote, on apprend au passage que le FBI enquêtait depuis le printemps sur ces Français en rupture. Jeudi après-midi, un universitaire visiblement proche de Julien Coupat dénonçait sur LeFigaro.fr qu'on place « un intellectuel en garde à vue pour ses idées ». Autant le dire, je ne savais rien de ces dix personnes avant leur interpellation. Mais, depuis qu'elles ont été placées en garde à vue (laquelle peut durer jusqu'à quatre jours à la faveur des lois antiterroristes), je cherche. Et voilà que, dans un commentaire posté sous l'article de mercredi sur la mouvance autonome, un riverain indique qu'il a déjà croisé les auteurs de « Tiqqun », la revue fondée par Julien Coupat à l'époque où il était encore thésard à l'EHESS, l'Ecole des hautes études en sciences sociales. Des riverains lecteurs de la prose de Julien Coupat… en 1999 Numerosix, ce riverain, se souvient les avoir rencontrés « en 1999, à vue de nez ». Il se rappelle d'un « vieux rade fermé » dans le XIIe arrondissement à Paris, où il était allé acheter cette fameuse revue « formidable,intelligente, très bien faite, très situationniste et parfaitement légale avec aucun appel au meurtre ». Lui qui précise n'avoir plus jamais eu de contacts avec « l'utragauche » par la suite a gardé en mémoire un groupe d'étudiants « un tout petit peu exaltés mais tres gentils et super sympas ». Au lancement du premier numéro (Tiqqun en comptera deux en tout et pour tout avant de s'autodissoudre en 2001), Julien Coupat abandonnera l'EHESS. Or il se trouve qu'un autre riverain croise son chemin à peu près au même moment. Cet internaute-ci, qui tient à rester anonyme, conserve un souvenir sensiblement plus critique. A propos de Tiqqun, il parle carrément de « dérive mystique et bouffonne ». Avant de m'aiguiller dans la foulée vers une autre contribution, extrêmement à charge, qui s'intitule : « Avant-garde et mission : la Tiqqounnerie ». La référence à la mystique juive : « un pot-pourri fantaisiste » Ce riverain n'est pas seul à prendre ses distances avec la pensée situationniste développée par Julien Coupat dans ses écrits. Ainsi, jeudi matin, Jean-Yves Camus, notre blogueur, restait sceptique quand à l'usage-même du terme « tiqqun », emprunté à la mystique juive de la Kabbale :

 : « Cette notion que le monde est imparfait et qu'une observance et de bonnes pratiques religieuses permettront de le réparer était très présente chez les gauchistes juifs des années 60-70, qui n'étaient pas religieux. Mais qu'est ce que ça veut dire de mélanger Talmud et Heiddeger dans un tel pot-pourri fantaisiste ? Guy Debord et les situationnistes n'avançaient rien de tel. »

De fil en aiguille, j'ai fini par retrouver sur la Toile le premier numéro de cette fameuse revue Tiqqun, qui date donc de 1999. En voici plusieurs extraits en PDF, sur un total de 162 pages intitulées « Tiqqun, organe conscient du parti imaginaire ». Sous-titre : « Exercices de métaphysique critique ». Toujours sur le Web, on découvre un article que Jacques Guigou, universitaire à Montpellier III et fondateur de la revue Temps critiques, a justement consacré à cette revue dans le sillage de Guy Debord, il y a deux ans. Pour Rue89, il a accepté de décrypter les principaux points théoriques et métaphysiques étayés par les auteurs de Tiqqun. Proche du mouvement autogéré dans les années 60, il n'est pas aussi assassin que Jean-Claude Camus. Pour lui, cette revue « érudite » n'est pas aussi dépourvue de références, « même si l'on peut pointer des contradictions et des faiblesses du raisonnement », voire des culs de sac. Sur la violence et la lutte armée : « un discours plutôt sophistiqué » Il y est certes question de violence dans le premier tome de Tiqqun : « La période historique dans laquelle nous entrons doit être un temps d'une extrême violence et de grands désordres », écrivent les auteurs de Tiqqun. Mais pour sophistiquer tout de même un peu plus leur pensée en matière d'insurrection :

« On se méprendrait gravement sur la stratégie du Parti Imaginaire en la réduisant à la poursuite de lacatastrophe. On ne se méprendrait pas moins en nous prêtant l'enfantillage de vouloir pulvériser en un coup on ne sait quel quartier général où le pouvoir se trouverait concentré (…) Quoique le Parti imaginaire n'abandonne à aucun instant le dessein de l'achever lui-même, sa tactique n'est pas de l'attaquer de front mais, dans l'acte même de se dérober, d'orienter et hâter l'issue de sa maladie. »

Pour Jacques Guigou, il ne faut pas infantiliser le rapport de ces jeunes penseurs de l'autonomie en matière de violence :

« Leur critique de l'Etat est plutôt intéressante, ce ne sont pas des forcenés de la critique radicale en la matière, même si l'on peut noter des contradictions sur ce point. Bien sûr, il y a une radicalité dans leur discours : ils sont dans la scission. Mais il n'y a pas d'appel au meurtre, contrairement à la prose qui s'inscrit dans la lutte des classes. D'ailleurs, je serais extrêmement étonné de les entendre revendiquer quelque chose, comme c'était le cas pour Action directe, qui avait décidé de passer à la lutte armée et au meurtre. Eux préconisent le silence. »

Rejet de la société marchande… et ses symboles Puisqu'il est question de caténaires et de la SNCF, puisque le mouvement autonome, infiniment protéiforme comme on le rappelle depuis plusieurs jours, se retrouve globalement sur l'anticapitalisme, voilà ce qu'on peut aussi trouver dans la prose de Julien Coupat, en 1999 :

« C'est dans la mesure exacte où la catastrophe est la vérité à l'état de fulguration que les hommes du Parti Imaginaire travaillent à la faire advenir, par tous les moyens. Les axes de communication sont pour eux des cibles privilégiées. Ils savent comment des infrastructures qui “valent des milliards” peuvent être anéanties en un coup d'audace. “

Autonome, kesako ici ? Dans leurs écrits, Julien Coupat et les siens reposent la question de l'individu par rapport à la communauté et critiquent la passivité des individus. Leur cynisme, aussi :

‘La domination dans ses formes les plus avancées a incorporé à son discours la critique de la société de consommation, du spectacle et de leur misère. La culture Canal+’ et ‘l'esprit Inrockuptibles’ en donnent, pour la France, des exemples passagers mais significatifs. C'est plus généralement le language scintillant et sophistiqué du cynique moderne, qui a définitivement identifié tout usage de la liberté à la liberté abstraite de tout accepter, mais à sa manière.”

En s'exprimant sur les ruines des théories révolutionnaires, ils s'inscrivent dans un sillage qui est loin d'être décérébré, note Jacques Guigou :

“Tiqqun arrive après la fin du cycle des révolutions prolétariennes. Ils ont lu le situationnisme, notamment en Italie où le mouvement autonome a duré plus de dix ans dans les années 60-70. Ils connaissent aussi Negri et son concept d'empire, mais encore Deleuze et Guattari et leur ‘individu-réseau’. Inspirés par Castoriadis, ils critiquent même l'aliénation au sein des groupes révolutionnaires, comme la CNT, les syndicats.”

Ils esquissent quelque chose : ils créent bien un “Parti imaginaire” mais c'est justement un antiparti ; ils rejettent l'être vivant mais il veulent quand même faire avec lui pour agir : ils lui parlent, ils lui font des serments, c'est leur côté mystique et messianique. »

Au final c'est un autre individu qu'ils exhaltent, plus anonyme, plus invisible aussi :

« On a vu se répandre parmi les Bloom [les individus aliénés par le système, appelés à se révolter, ndlr], en même temps que la haine des choses, le goût de l'anonymat et une certaine défiance enfers la visibilité (…) Que son ennemi n'ait ni visage ni nom ni rien qui puisse lui tenir lieu d'identité est propre à déchainer la paranoïa du pouvoir. »

Un dernier constat pour terminer : ces derniers mots, exhumés d'ecrits datant de 1999, résonnent comme un écho à de nombreux commentaires publiés sur Rue89, lorsqu'il s'agissait de brosser les contours de ce que le ministère de l'Intérieur appelle « la mouvance anarcho-autonome » depuis le printemps. Illustration : Les trois premières pages du numéro 1 de la revue TiqqunA lire aussi : Comment je n'ai jamais pu interviewer un autonome

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Portrait de r0d

à BurnOutTheRich Portrait de BurnOutTheRich De r0d

exilé heureux | 10H54 | 14/11/2008 | Permalien

BOTR : « Une chose qui commence à m'énerver bien fort….. et qu'il m'énerve de trouver sous ta plume Chloé : Leader »

Je l'avais noté également. Je ne suis pas anarchiste, mais j'en fréquente régulièrement et depuis longtemps certains milieux - et je suis, idéologiquement, assez proche de certaines d'entre eux - et c'est assez énervant d'entrendre parler de « leader » concernant un groupe anarchiste. C'est énervant pour 2 raisons :

. ça montre une incompréhension du sujet traité, et ça biaise un peu le débat (dans le sens où ça l'oriente dans le mauvais sens).

. ça inscrit immédiatement l'info dans le « modèle de propagande » (Herman & Chomsky), et de fait, ça la discrédite immédiatement.

My cent.

Portrait de mechante langue

à r0d Portrait de r0d De mechante langue

11H26 | 14/11/2008 | Permalien

 » et c'est assez énervant d'entrendre parler de « leader » concernant un groupe anarchiste. « 

Au contraire ! C'est dans les groupes anarchistes qu'on observe le mien le phénoméne de dominant et de dominé

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à mechante langue Portrait de mechante langue De r0d

exilé heureux | 12H00 | 14/11/2008 | Permalien

@ mechante langue : Dans votre prochain message, je sens que vous allez nous affirmer péremptoirement que les anarchistes sont en fait des fascistes…

Je ne comprends pas la finalité de vos interventions. Elles n'ont aucun sens ; il n'y a absolument rien à en tirer (c'est tout de même assez rare, car même dans les pires trolls on trouve presque toujours de la matière).

Ca ressemble à de la provocation gratuite, mais ce n'en est pas car la vacuité de vos propos ne permet pas d'y réagir.

Peut-être juste un écran de fumée, pour faire dévier les discussions ? Mais je ne vois pas quel pourrait être votre intérêt dans ce comportement.

Ou bien juste vous vous ennuyez mortellement et vous n'avez rien d'autre à faire ?

Je pencherai plus pour une névrose, quelque chose dans le style « contrariant compulsif ».

Serait-ce le propre de l'homme de que polluer tout les endroits où il va, y compris de simples discussions ?

Cela dit, si vous avez envie de vous soigner, je vous propose de réfléchir à la phrase suivante (attention, pour la comprendre, il faut un peu de logique et faire l'effort de réfléchir un peu) :
« J'affirme péremptoirement que toute affirmation péremptoire est fausse ».

Portrait de Numerosix

à r0d Portrait de r0d De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 12H24 | 14/11/2008 | Permalien

Il n'existe pas en vrai , méchante langue . C'est juste le troll réac de service qu » on prend quand on joue contre l'ordinateur sur Rue89 .
Il est pas tres perfectionné , il est « niveau 1 » et envoie que des arguments automatiques .

Portrait de mechante langue

à Numerosix Portrait de Numerosix De mechante langue

13H23 | 14/11/2008 | Permalien

« Il n'existe pas en vrai , méchante langue . C'est juste le troll réac de service qu » on prend quand on joue contre l'ordinateur sur Rue89 « 

Vi vi .
Numéro ,dire une telle bétise cela ne m'etonne pas de votre ^part vous la stupidité de vos idées .

Portrait de Numerosix

à mechante langue Portrait de mechante langue De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 14H10 | 14/11/2008 | Permalien

C'est vraiment nul , le niveau 1 .

Portrait de ramassis

à Numerosix Portrait de Numerosix De ramassis

(ch'tite racaille) | 21H05 | 14/11/2008 | Permalien

Trop fort. Trop drôle.

Portrait de mechante langue

à r0d Portrait de r0d De mechante langue

13H21 | 14/11/2008 | Permalien

« @ mechante langue : Dans votre prochain message, je sens que vous allez nous affirmer péremptoirement que les anarchistes sont en fait des fascistes… »

Contentez vous de lire mes messages et de ne pas imaginer les futurs messages , compris ?

« Peut-être juste un écran de fumée, pour faire dévier les discussions ? “

Quand j'ecris que le discours de ces nanar est d'une bétise affligeante , je suis bien en plein coeur de la discution

‘Je pencherai plus pour une névrose, quelque chose dans le style contrariant compulsif ’.”

Pathologiser les opinions de contradicteurs cela ne vous rappelle rien

Portrait de compte supprimé 22

à mechante langue Portrait de mechante langue De compte supprimé 22

Lecteur écriveur | 12H00 | 14/11/2008 | Permalien

Encore une fois, mauvaise pioche, chère mauvaise langue. J'ai connu en 1968, dans ma ville, un des leaders de la contestation étudiante. Un type adorable, profondément généreux (pas comme toi : -). Eh bien, dès qu'un des membres de son entourage se mettait à genoux devant son gourou, il l'évinçait poliment mais fermement.

En tout cas, tu sembles bien connaître les « groupes anarchistes ». En aurais-tu été évincé, pour adoration du roi mage ?

Portrait de antonh

à mechante langue Portrait de mechante langue De antonh

curieux | 12H21 | 14/11/2008 | Permalien

comment s'appelle 2 connards sur rue 89… des connards ! !
évitez de répondre à leurs débats stériles, le sujet n'a rien à voir avec l'insulte de petits militants de droite ayant perdu du fric avec leurs actions. les ignorer, c'est les mettre à la rue un peu plus qu'ils ne le sont déjà…

Portrait de mechante langue

à antonh Portrait de antonh De mechante langue

13H28 | 14/11/2008 | Permalien

PMB voyez bien qu'il y a des leader .
Regardez antonh qui donne des consignes , je ne l'invente pas !

Portrait de compte supprimé 22

à mechante langue Portrait de mechante langue De compte supprimé 22

Lecteur écriveur | 18H48 | 15/11/2008 | Permalien

Oui oh, il a deux votes, soit pas plus que moi.

Alors si vous appelez ça un leader, moi je suis le pape.

Non, pas le pape, je préférerais encore être Élisabeth II.

Edit. Voilà, maintenant il a plus de voix que moi. C'est de votre faute ! ! ! !

Portrait de Chloé Leprince

à BurnOutTheRich Portrait de BurnOutTheRich De Chloé Leprince (auteur)

Rue89 | 11H48 | 14/11/2008 | Permalien

Pour tout vous dire, on a débattu de l'emploi de ce terme mais il a semblé au final que la terminologie « personnage plus charismatique que les autres au sein d'un groupe qui n'en est pas un mais relève tout de même d'une petite structure certes rattachée de facon tres aléatoire à une mouvance qui n'est en un rien une organisation et peut-etre a peine une mouvance » risquait d'etre un poil confusionnant pour le lecteur.

En tous cas, aucun rapport avec « faire du sensas », plus probablement avec « ecrire court ». Mais je vous l'accorde, le terme est peu satisfaisant. La preuve : hier soir sur le coup de 22 h a l'heure de la publication, ca donné lieu a un débat au sein de ce que vous appelez « la rue crasseuse » (quand même ! ! )

Portrait de r0d

à Chloé Leprince Portrait de Chloé Leprince De r0d

exilé heureux | 12H08 | 14/11/2008 | Permalien

Pourquoi pas, tout simplement : « un membre du groupe » ?
C'est sûr ça en jette moins, mais ça aurait l'avantage d'être vrai.

Sinon, votre remarque est intéressante. Celle-ci :
« En tous cas, aucun rapport avec “ faire du sensas ”, plus probablement avec “ ecrire court ”. »

En fait, ce que vous avouez ici, c'est que « faire court » est plus important pour vous que « dire la vérité ».

Je crois que Bourdieu n'a pas bonne presse ici, mais il n'a pas dit que des conneries.

J'aimerais bien connaître vos contraintes, par curiosité. Avez-vous une limite dans le nombre de symboles de vos articles ? Vous limitez-vous vous-même sur ce nombre de symbole ? Si oui pourquoi ? Sinon, pourquoi « faire court » semble important pour vous ?

Portrait de Chloé Leprince

à r0d Portrait de r0d De Chloé Leprince (auteur)

Rue89 | 14H16 | 14/11/2008 | Permalien

Parce que, comme le reconnait d'ailleurs BurnOut, il arrive que certains aient plus de charisme, ce qui est le cas de Julien Coupat.

Ah bon, Bourdieu n'a pas bonne presse ? Dans les commentaires, vous voulez dire ? Ou dans ma bibliotheque perso ?

Portrait de r0d

à Chloé Leprince Portrait de Chloé Leprince De r0d

exilé heureux | 16H42 | 14/11/2008 | Permalien

Tout d'abord, je vous remercie pour votre réponse, j'imagine que vous avez d'autres chats à fouetter et je vous avoue que je ne pensais pas que vous me répondissiez (arf, quelle horreur la langue française parfois : / ).

J'ai lu quelques critiques acerbes, et à mon sens infondées, de Bourdieu dans les commentaires de rue89. Donc je parlais du site en général et non de votre bibliothèque.

Je ne sais plus dans quel ouvrage (je ne suis pas chez moi, je ne peux pas vérifier), Bourdieu expliquait les travers qu'engendrait le format moderne de l'information. Format qui, si mes souvenirs sont bons, doit respecter deux impératifs : court et énergique. L'un de ces écueils étant l'impossibilité de traiter de sujets complexes, ou pire, un traitement simplifié qui dénature l'information. Typiquement, ce que vous fîtes en utilisant le mot « leader », alors qu'il n'en est rien, ce qui dénature l'information.

Vraiment, je m'excuse d'insister, mais le sens des mots est primordial. Le sens que prend un mot dans le langage courant est le résultat d'une longue génèse, de siècles d'influences et d'évolution, et chaque mot traîne avec lui toute une symbolique, en sus de ses traditinnelles valeurs héritées. Par exemple, dire que Besancenot est le leader de la LCR est de la désinformation. Lorsque j'habitais en France, j'étais militant LCR, et le facteur n'a rien d'un leader. Il est un bon produit d'appel, un bon porte parole, un assez bon tribun, mais il n'a rien d'un leader. Et le présenter comme leader donne une image fausse du fonctionnement de la LCR, c'est donc de la désinformation.

En utilisant le terme de leader ici, vous ajoutez au sujet de l'information un ensemble de valeurs qui, en vérité, le dénature.

Vous l'aurez remarqué, pour moi ce sujet (le sens des mots et leur utilisation) a beaucoup d'importance. Je crois que les mots sont les armes de destruction massive de l'ère moderne (je veux dire que c'est l'arme la plus puissante). Et donc j'aimerais comprendre où vous vous situez sur cette discussion à propos de l'utilisation du mot « leader » :
- Vous ne pensez pas distordre la réalité en l'utilisant.
- Vous pensez que ce n'est pas important, tout le monde aura compris.
- Vous avez cédé à des contraintes (ontologiques, déontologiques ou … ? ).

Portrait de Network 23

à r0d Portrait de r0d De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 23H46 | 14/11/2008 | Permalien

Oui, bien sûr, les groupes anarchistes sont purs de tout rapports de pouvoir, de charisme, de domination.

Ils en sont tellement purs, d'ailleurs, que la totalité de leur programme politique est consacré à la lutte contre cela : l'autorité.

Et qu'ils ne cessent de se battre contre elle dès lors qu'elle ressurgit, la perfide !

Car ils savent bien qu'il ne suffit pas de se dire « anti-autoritaire » pour évacuer l'autorité.

Et ils peuvent avoir lu Bourdieu, Clastres, Foucault, Deleuze (« il ne suffit pas de crier “Vive le multiple ! ” ») voire même L'Insurrection qui vient ou les heideggeriens d'ultra-gauche, il n'en demeure pas moins que, chez eux comme ailleurs, il y a parfois des «  leaders  », même s'il n'y a pas de « dirigeant », puisque pas de procédure de désignation de ces derniers.

Maintenant, quant à savoir si notre bonhomme était le « leader » de ce groupe ou non, je ne suis pas le psychanalyste du groupe, ni même leur schizoanalyste.

Portrait de Emma T

à Network 23 Portrait de Network 23 De Emma T

TBBT addict. | 10H19 | 15/11/2008 | Permalien

« Ils en sont tellement purs, d'ailleurs, que la totalité de leur programme politique est consacré à la lutte contre cela : l'autorité. »

Eh bien justement… c'est un programme à plein temps ça, lutter contre toute autorité tutélaire. C'est même plus qu'un programme, c'est une position métaphysique. Un état.

Le problème du pouvoir est surtout la liste infinie de ses abus. Se garder du « leadership autoritaire » est déjà un sacré boulot.
Mais se garder soi-même d'user et abuser de ses capacités de leadership, aussi minimales soient-elles, est en soi un « exploit » de tout instant.

C'est cet état d'équilibre subtil que l'intéressé ne maîtrise plus lors de l'urgence policière ou médiatique : un « chef » va forcement être désigné par les « envahisseurs ». (Lors d'une descente de police par exemple dans un squat, celle-ci va très vite repérer « qui est qui » et mieux : utiliser cette désignation d'office pour exploser le groupe.)
C'est en ce sens que Chloé emploie le mot leader je crois.

Allez, bonne journée Network23 et « NI DIEU NI MAITRE NI CROQUETTES » comme disent les frères Larcenet.

Portrait de Network 23

à Emma T Portrait de Emma T De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 13H34 | 15/11/2008 | Permalien

Rien à ajouter.

C'est bien parce qu'on sait qu'on n'est pas pur de tout rapport de pouvoir, qu'on n'est jamais en-dehors de toute autorité, qu'on peut placer la lutte contre celle-ci comme un impératif urgent.

Des viles « négristes » qui militent, selon certains riverains, pour l'élite universitaire comme « contrepoids » à l'élite politique (c'est mal barré après Allègre et Pécresse - on murmure qu'elle pourrait remplacer Fillon - sic), rappellent à juste titre que Tiqqun citait, apparemment sans les comprendre, ces mots de Foucault, sans doute encore un pseudo-gastéropode révolutionnaire :

« Là où il y a pouvoir, il y a résistance et pourtant, ou plutôt par là même, celle-ci n'est jamais en position d'extériorité par rapport au pouvoir […] Il n » y a donc pas par rapport au pouvoir un lieu du grand Refus - âme de la révolte, foyer de toutes les rébellions, loi pure du révolutionnaire. »

http://multitudes.samizdat.net/Rions-un-peu-avec-Tiqqun

Enfin, les lecteurs de Pierre Clastres, qui défendait la théorie d'une société sans chefferie chez les Guaranis, se souviennent que si les Guaranis n'avaient pas de chefs, c'est parce qu'ils luttaient à chaque instant contre l'émergence d'un tel chef chez eux. Bref, ils savaient qu'ils n'étaient pas immunisés contre l'institutionnalisation d'un chef ou de l'autorité.

Salut à toi !

Portrait de compte supprimé 24

à Chloé Leprince Portrait de Chloé Leprince De compte supprimé 24

| 12H09 | 14/11/2008 | Permalien

Chloé,

CrameRupins n'est qu'un petit couillon excité, inculte et sexiste (lire la remarque débile qu'il a écrite hier sous ton précédent article).

Et je le vois bien incapable de pouvoir réellement fonctionner de manière *autonome*, c'est-à-dire sans gourou.

Portrait de BurnOutTheRich

à compte supprimé 24 Portrait de compte supprimé 24 De BurnOutTheRich

Libertaire | 13H17 | 14/11/2008 | Permalien

Vive Pierre Bunk notre maitre à tous

Portrait de BurnOutTheRich

à compte supprimé 24 Portrait de compte supprimé 24 De BurnOutTheRich

Libertaire | 13H19 | 14/11/2008 | Permalien

sexiste parcequ'hétéro ou parcequ'en voyant la femme derrière la fonction….. merci la morale……

Portrait de compte supprimé 24

à BurnOutTheRich Portrait de BurnOutTheRich De compte supprimé 24

| 14H14 | 14/11/2008 | Permalien

C'est pas de la morale, CrameRupins,

C'est juste que ton fonctionnement n'a rien, mais alors *rien* qui ne puisse le différencier de celui du beauf de base.

Portrait de BurnOutTheRich

à Chloé Leprince Portrait de Chloé Leprince De BurnOutTheRich

Libertaire | 13H10 | 14/11/2008 | Permalien

Mouai, T'as du mal……
T'aurais pu essayer…..Un des incuplpés du groupe …. plutôt que de faire de l'ironie, ça aurait prouvé ton intelligence…..
J'suis peut être un peu aigri aujourd'hui peut être de voir qu'on a passé notre temps à parler d'innocents….

Portrait de marv d_ar saout

De marv d_ar saout

09H13 | 14/11/2008 | Permalien

ça pue la grosse magouille du gesticulateur précoce et de son équipe de tartuffes…en attendant la présomption d'innocence en prends un méchant coup…avec l'aide, fortement désintéressée bien sur, de TFcon et du nabotléon pujadas sur france débile…

cela me fait un peu penser au roman Globalia, de JC Ruffin, une société bien stable et bien policée à besoin d'un bon ennemi…purée, on a les terroristes que l'on merite :
dobeuliou avait ben laden, le chihuahua des hauts de seine : l'épicier de tarnac…tout est question d'échelle ! ! !

Portrait de mechante langue

à marv d_ar saout Portrait de marv d_ar saout De mechante langue

11H24 | 14/11/2008 | Permalien

Heu il me semble que celui qui fait du complotisme , c'est vous !

Portrait de antonh

à mechante langue Portrait de mechante langue De antonh

curieux | 12H22 | 14/11/2008 | Permalien

comment s'appelle 2 connards sur rue 89… des connards ! !
évitez de répondre à leurs débats stériles, le sujet n'a rien à voir avec l'insulte de petits militants de droite ayant perdu du fric avec leurs actions. les ignorer, c'est les mettre à la rue un peu plus qu'ils ne le sont déjà…

Portrait de ALLAIN JULES C@MMUNICATION

De ALLAIN JULES C@MMUNICATION

09H23 | 14/11/2008 | Permalien

Waouh !

Le malabar était bien inspiré dis donc ! Je redoute néanmoins une vaste fumisterie.

http://allainjulesblog.blogspot.com/

Portrait de cMoi69

De cMoi69

Informaticien à Dardilly | 09H28 | 14/11/2008 | Permalien

Votre titre est bien bizarre….
« On a retrouvé les écrits du gardé à vue pour sabotages à la SNCF »

Mais il me semblait qu'ils n'étaient que suspectés et que l'enquète en est à la recherche de preuves…

Quand est t'il exactement .. ? ?

Portrait de m.

De m.

entre parenthèses | 09H35 | 14/11/2008 | Permalien

Juste en passant : le « situationnisme » n'existe pas. Il n'y a que des situationnistes.

Belhaj-Kacem, le copain de Nassif de Technikart, a été proche de Tiqqun, aussi.

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