Qui sont les « anarcho-autonomes », mouvance dont est issu le groupe accusé d'avoir saboté des voies SNCF ?

Depuis mardi soir, les médias relatent l'arrestation de dix militants autonomes placés en garde à vue pour quatre jours, comme le permet la législation antiterroriste. Ces activistes, dont presque une moitié de filles, ont entre 20 et 34 ans et sont soupçonnés de sabotages à répétition contre le réseau ferré.
Ce mercredi 12 novembre, en début d'après-midi, Angelo, internaute, nous envoie ce message :
« On entend en ce moment parler d'une mouvance de l'ultra-gauche responsable des sabotages sur les lignes TGV et de l'arrestation de son chef. Peut-être que si on lui avait donné la parole, elle ne serait pas passé à l'acte. »
Le problème, c'est qu'on aurait bien voulu la leur donner, la parole. Depuis des mois, d'ailleurs. Le 13 juin, le ministère de la Justice lance les hostilités contre ce qui devient officiellement « la mouvance anarcho-autonome ».
A cette date-là, j'en suis déjà à plusieurs tentatives de prises de contact avec des internautes de Rue89 très critiques contre le traitement de leur mouvement par le gros des médias.
Tentative de dialogue, jusqu'au 6 août. Ce jour-là, une autre riveraine, X*, me contacte pour dénoncer « l'amalgame » dans les journaux qui parlent de « groupuscules d'extrême-gauche qualifiés d'ultra-violents ».
Ses deux fils sont autonomes et elle a une autre vision du mouvement :
« Ce ne sont que des militants. Tout cela ressemble à une belle entreprise de désinformation, construite petit à petit. Jusqu'à ce qu'on les mette tous en taule. Si vous le souhaitez, je peux vous faire rencontrer ces vrais gens, pour désamorcer les bombes qu'ils n'ont jamais voulu poser. »
Rencontrons donc ses fils, qui vivent dans un squat de la banlieue parisienne ! Leur mère est partante, envisage un dîner de famille, pense d'ailleurs que les laisser s'exprimer dégonflera pas mal de fantasmes. Puis elle finit par renoncer à les convaincre :
« Ils ont des copains en prison, et ne savent pas ce qui est le mieux pour eux, le faire savoir ou au contraire faire le moins de bruit possible pour qu'ils abandonnent faute de preuves. »
A Vichy, nouveau rendez-vous avorté
Le dernier échange de mail avec cette mère de famille remonte à fin août. Deux mois plus tard, le contre-sommet de Vichy se prépare. Sur les médias alternatifs, l'info circule, les réseaux s'agitent. De nouveaux e-mails arrivent, pas mal de procès d'intention aussi (« De toute façon, aucun journaliste ne couvrira le contre-sommet… »)
Raté : le but était justement d'aller rencontrer la France qui se bat contre Brice Hortefeux, remontée à bloc par le choix de la ville de Vichy.
La partie de cache-cache dure jusqu'au lundi 3 novembre, et le rendez-vous fixé par les autonomes devant la gare de Vichy. Une négociation difficile s'engage avec certains militants, qui refusent de « parler à la presse »… mais se plaignent aussi du traitement médiatique, qui ignore l'opposition à Brice Hortefeux.
J'apprends à l'occasion qu'en tant que « suppôt du capitalisme » et incarnation vivante de « l'ordre bourgeois », j'aiderais quand même « les forces répressives » en leur donnant la parole. Y compris si c'était justement pour dessiner une vision affinée, moins caricaturale et même polymorphe de ce mouvement, qui fédère aussi bien des autonomes pur jus que des militants CNT ou des anars « à l'ancienne ».
Paradoxe temporaire ? Pas franchement : de retour de Vichy, un premier commentaire de l'internaute « BurnOutTheRich » (« libertaire », qui se dit « dans une orga ») cingle :
« Camarade Chloé. Tu n'as pas, camarade journaliste, à te positionner en faveur des forces répressive en leurs fournissant des images de nous, révolutionnaires, même si la pertinence ou la portée révolutionnaire de nos actes ne t'apparraissent pas.
Commence à respecter nos luttes, comme tu respectent les représentants de la bourgeoisie, politicards et patrons, respecte notre droit à l'image, peut être alors, nous te parlerons. »
« Nous te reconnaîtrons »
Dans la foulée, nouveau message, destiné cette fois à ma boîte mail. L'auteur est le même, le ton un chouïa plus tendu (en voici seulement un extrait) :
« Strasbourg est un rendez-vous important, si tu y es, nous te reconnaitrons, en tout cas, je te reconnaitrai. A toi de voir, par tes prises de positions, par la façon dont tu nous exposes à la répression, à toi de voir si tu choisis que nous te parlions ou si tu choisis que nous te considérions comme tous les autres journalistes… »
De procès pour « collaboration avec les forces répressives » en tentatives avortées, maigre bilan pour qui voulait juste donner la parole à ces militants sous surveillance. Restait toutefois Charles, militant d'un comité de défense belge des sans-papiers. Rencontré lui aussi devant la gare de Vichy, il expliquait face caméra qu'il partageait « certaines revendications autonomes », notamment l'anticapitalisme.
« Un mouvement difficile à cerner »
Charles a accepté de nous parler. Après publication (et garde à vue d'une partie de son comité de soutien), Charles a eu des regrets, notamment sur l'utilisation du terme « autonome », décidément à géométrie subtile :
« C'est un mouvement encore une fois très difficile a cerner, puisque très divisé sur de multiples aspects. Pour ma part, je m'accorde sur des actions de communisme immédiat par exemple, mais me rallie largement à la frange autonome pour un Etat fort capable d'appliquer des lois d'autonomies. »
Je vais donc devoir dresser un portrait en creux de ce mouvement pourtant pas si clandestin que ça, vu le nombre de policiers en civil sur les flancs du petit cortège à Vichy. Pourquoi ? « Parce que nous avons nos propres médias, nos propres réseaux, et besoin de personne », dira l'un d'eux à Vichy.
Allons donc faire un tour sur ces médias, largement diffusés sur le web.
On y trouve quoi ? En vrac, des citations de René Char (« Agir en primitif et penser en stratège »), une féminisation scrupuleuse des termes et surtout une rubrique « Sabotages » fort d'actualité, qui promet explicitement de s'en prendre à la SNCF.
Ainsi, le numéro de mai d'Incendo -« le journal qui brûle d'en découdre », qui affirme par exemple, contrairement aux enquêteurs cette semaine, que certains saboteurs du réseau ferré comptent bien parmi les rangs des cheminots. Ou encore d'autres pages qui proposent un mode d'emploi très explicite pour asmather une caténaire.
« Pas d'assise intellectuelle forte »
Notre blogueur Jean-Yves Camus, chercheur en science-politique, fouille depuis longtemps dans cette prose militante. Il propose ses réponses de chercheur et une lecture historique de cette mouvance, qui a gagné en puissance depuis les manifs anti-CPE (contrat première embauche) en 2006 :
- Quel terreau idéologique ?
« Il est disparate, mais les autonomes partagent la certitude que “tout doit disparaître”. Ils veulent tout liquider, y compris l'Etat, fasciste par essence.
Pour eux, la logique ultra-sécuritaire de la société de surveillance a pour premières victimes les étrangers, les chômeurs et les précaires. Ils détrestent le NPA de Besancenot, tombé dans le piège bourgeois par excellence.
Ils sont anticapitalistes, mais n'ont pas d'assise intellectuelle forte ou de culture politique d'extrême-gauche. Ce ne sont pas les héritiers de Mao et de la Gauche prolétarienne ! Plus spontanéistes, ils sont surtout idéologues du temps libre, du repli sur soi et de la décroissance. »
- Pourquoi les retrouve-t-on dans le combat pour les sans-papiers ?
- Pourquoi la SNCF ?
« Ils sont très hostiles au travail salarié et à tous les symboles des Trente glorieuses ou de la technologie adossée à l'appareil d'Etat.
La SNCF incarne cela, mais aussi l'échec des luttes syndicales contre la privatisation rampante ou le service minimum. Sans compter la délation contre les sans-papiers ou le transport de déchets nucléaires. »
« Les sans-papiers et le combat contre les centres de rétention ou les prisons ont remplacé l'internationalisme et le combat tiers-mondiste de l'extrême-gauche.
Même s'ils se déplacent pour les sommets internationaux type G8, leur action est d'ailleurs très peu internationalisée. Même le combat palestinien y a très peu de place. »
Photo : Manifestation contre le sommet sur l'intégration à Vichy, lundi 3 novembre (Chloé Leprince/Rue89)
Modifié le 13/11/2008 à 05h02 : le prénom de la mère des deux autonomes a été modifié à sa demande.




















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De Servais-Jean 4591
HS | 00H04 | 13/11/2008 |
C'est sûr que de vouloir interviewer le chef des anarchistes pose un sacré problème vu qu'ils refusent toute hiérarchie.
à Servais-Jean
De Aka 75
Ayaliste et Blanquiste | 00H24 | 13/11/2008 |
Cherchez pas, la racaille bleue ne peut pas comprendre le concept de décision collective.
Pour eux, la politique, c'est le culte du chef.
à Servais-Jean
De Aka 75
Ayaliste et Blanquiste | 00H34 | 13/11/2008 |
Le culte du chef, je vous dit, le culte du guide faisant avancer les petits scarrabés bien proprets « dans la nuit noire, noire et obscure, où on se tape la tète contre les murs ». Talalalala.
La droite, c'est la politique du gourou, qu'il soit ultra-narcissique, ultra-libéral, ultra-menteur et ultra-nul.
Ils ne peuvent comprendre que des mouvements politiques n'aient pas de chefs. Au besoin, ils en inventent eux-mêmes. Ca les interpellent trop dans leurs admiration béate du leader.
Remarquez, ils sont récompensés pour ça :
http://mange-ta-soupe.over-blog.com/article-24570582.html
De padiran
Chroniqueur mondain | 00H17 | 13/11/2008 |
Le traitement de ces pseudos anarchos-libertaires-gauchos ressort plus de la psychiatrie que du judiciaire. Sans faire dans la purge stalienne ou dans les traitements appliqués dans les différentes « démocraties » bien connues sur notre douce planète que sont la Birmanie, la Chine, la Russie où l'élimination physique est la règle, il n'y a pas de solution dans nos pays dits « civilisés » pour faire rendre raison à une bande d'illuminés parfaitement friqués dont nous n'avons rien à foutre qu'ils fassent notre bonheur malgré nous
De Aka 75
Ayaliste et Blanquiste | 00H22 | 13/11/2008 |
Ils se sont trompés de coupables, c'est la racaille bleue qui attaque les trains de prolétaires.
http://mange-ta-soupe.over-blog.com/article-24572991.html
De Le flou stoique
Cf fiche n°15673B | 00H24 | 13/11/2008 |
Je dois avouer que la naïveté de cet article et d'ailleurs d'autres que j'ai pu lire est assez épatante. Attribuer le rejet des médias, où plutôt la crainte de la censure qui y est présente à un espèce de fanatisme sectaire est trop simpliste et facile. Il est important de comprendre qu'il résulte, ainsi que la radicalisation de certains groupes, du black-out passif, si ce n'est actif dans le montage, à laquelle donne lieu le traitement des mouvements sociaux depuis quelques années. Les médias sont clairement complices par leur traitement de l'information de la répression tout au moins excessive dont sont victimes les jeunes aujourd'hui. En prenant la plupart du temps le parti des forces de l'ordre, même quand il est clairement établi de pratiques abusives dignes de certaines des plus belles années de notre pays, y compris sur des manifestants pacifiques, ou encore en diabolisant des luttes issues de débats dont il n'est jamais fait état. C'est bien ce traitement par les médias, à l'image d'ailleurs de le vision plus générale qu'a la société actuelle de sa jeunesse, qui a poussé une frange des protestataires vers la violence symbolique. Et j'insiste sur ce terme car dans ces mouvements la violence n'est jamais considéré comme une fin en soi mais bien comme une tentative de porter ce message à une échelle qu'il n'aurait pas en temps normal. Autrefois, il suffisait de manifester pour alerter. Aujourd'hui, certains sont obligés d'aller jusqu'à la grève de la faim ou même jusqu'à s'immoler. On sors là de la violence symbolique et pourtant personne n'en parle. Epatant, non ?
à Le flou stoique
De Hippopotable
Honnête homme | 10H10 | 13/11/2008 |
« Les médias »
« les jeunes »
Aneries.
« Les médias sont clairement complices par leur traitement de l'information de la répression tout au moins excessive dont sont victimes les jeunes aujourd'hui. »
Dois-je comprendre que Rue89 et Le Tigre sont clairement complices par leur traitement de l'information de la répression tout au moins excessive dont sont victime les 10-15 ans à Neuilly aujourd'hui ?
De Aka 75
Ayaliste et Blanquiste | 00H49 | 13/11/2008 |
En attendant le gars qui faisait péter des bombes sur les radars automatique pendant que les gens passaient à coté, était de l'ultra-droite.
Admirez le double language du figaro
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/05/28/01016-20080528ARTFIG0…
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/11/12/01016-20081112ARTFIG0…
Encore l'ultra-propagande de droite
à Aka 75
De mechante langue
11H04 | 13/11/2008 |
« En attendant le gars qui faisait péter des bombes sur les radars automatique pendant que les gens passaient à coté, était de l'ultra-droite. »
Non de l'extréme gauche . Il votait meme pour Besancenot !
à mechante langue
De Ryze
La Jeune Garde Rouge | 12H27 | 14/11/2008 |
Ta lu ça ou mauvaise langue ? ?
Confond pas la gauche nationale avec le npa tu ne t'en rend que plus ridicule encore…
à Aka 75
De jexiste
si, si | 11H58 | 15/11/2008 |
Faux. C'est un admirateur de Besancenot. Assez récemment, il a donné plusieurs interviews à la presse. Je ne les ai plus sous la main et ne retrouve dans l'immédiat que ce commentaire :
http://www.cestpaslemerou.fr/2008/09/ltron-salvateur.html
Je vous laisse chercher. Celle du Monde était assez complète.
De Aka 75
Ayaliste et Blanquiste | 00H53 | 13/11/2008 |
Allez, la manipulation, c'est bien beau mais comment ça marche ?
Un petit livre bien utile : Petit cours d'autodéfense intellectuelle
http://mange-ta-soupe.over-blog.com/article-23552810.html
De Aka 75
Ayaliste et Blanquiste | 01H17 | 13/11/2008 |
Ce soir dans C dans l'air, le truc qui revenait sans arrêt, c'est « ils ont les cols relevés et des cagoules, ils sont méchants »
C'est un peu pauvre comme analyse des mouvements anarchistes.
T'as une cagoule, t'est un terroriste anarchiste, t'a des baskets, t'es un voleur, t'as une barbe, t'es islamiste terroriste, t'es jeune, t'es suspect, t'es vieux, tu votes à droite. Primaire tout ça, comme une droite qui cogne en aveugle.
Sauf, qu'une cagoule, ça a d'autres sens. Dire non à l'ultra-caméra de surveillance, quand il fait froid c'est utile, parce que je suis timide quand je parle en public, parce que je suis trop moche.
Non, sérieusement, en tant que zappatiste, je vais vous révéler le secret, on cache notre visage pour faire entendre notre voix, on le montre pour se cacher. Quand on est sans visage, il ne reste que la voix. Une voix que les journalistes de télé ne diffusent jamais.
Interview de Marcos
Vous avez dit que le port d'un passe-montagne ne relève pas tant de la conspiration, que ça n'est pas tant par nécessité de cacher les noms et les visages, que de montrer, de façon symbolique, que ce sont les sans-visage qui ont pris les armes, ceux qui n'ont jamais eu de nom ni d'importance pour qui que ce soit dans ce pays. Aujourd'hui, bien plus tard, ils ont une importance, on connaît leur existence, ils sont sujet de préoccupation. N'ont-ils pas gagné le droit d'abandonner le masque, l'anonymat forcé ?
Marcos : Non. C'est que le passe-montagne ne reflète pas seulement l'absence de visage des indigènes du sud-est mexicain, mais l'absence de visage du peuple mexicain. Par ailleurs, pratiquement dès le départ, le passe-montagne a cessé d'être un élément de sécurité pour devenir un symbole, comme l'uniforme, un signe distinctif, comme le foulard rouge. Celui qui porte le foulard, c'est comme s'il disait : « Je suis des leurs, bien que je n'aie pas d'arme je suis comme eux ».
Comme tout le monde
D'une façon ou d'une autre, pour tous, depuis le 1er janvier 1994, et pour nous depuis sa naissance, c'est-à-dire depuis 1983, l'EZLN est régie par des paradoxes, parce que tu vois, comme tu dis, tout le monde nous voit, mais quel paradoxe pour l'EZLN de devoir, si elle veut se montrer, se cacher le visage avec un passe-montagne, et l'enlever pour se cacher. C'est ce qui désoriente les soldats. Ils disent : « Mais on ne peut pas se battre contre eux parce que, dès qu'on arrive, ils enlèvent leurs passe-montagnes, et ils sont comme tout le monde, tout petits, tout basanés, on ne peut pas les reconnaître ».
Nous nous cachons en enlevant notre passe-montagne, et c'est quand nous nous montrons que nous nous cachons le visage. C'est un vrai paradoxe, qui a désespéré les militaires en février. Et la lutte du gouvernement pour nous faire retirer nos passe-montagnes, c'est pour ça, ils disent que sans le passe-montagne ils peuvent nous taper dessus. Puis, quand ils font la loi du dialogue et qu'ils obtiennent de nous asseoir pour parler sans armes, ils n'arrivent pas à obtenir que nous y allions sans masque.
C'est là qu'ils s'aperçoivent que le symbole fort n'est pas l'arme mais le passe-montagne, et il serait absurde d'exiger que nous les enlevions pour discuter avec eux, parce qu'on pourrait leur dire : « D'accord, j'enlève mon passe-montagne, mais toi tu enlèves ton pantalon. » Et ils diraient : « Mais non, moi je veux que tu enlèves ton passe-montagne pour savoir qui tu es. »
Et on leur répondrait : « Et moi je veux que tu enlèves ton pantalon pour la même raison. » En plus, les services de renseignements du gouvernement se vantent de savoir qui nous sommes, alors pourquoi voudraient-ils qu'on l'enlève ?
Source : http://www.voltairenet.org/article6835.html
Tous en cagoule à fleurs, mais faut trouver ou se la faire tricoter.
à Aka 75
De Le flou stoique
Cf fiche n°15673B | 02H29 | 13/11/2008 |
J'abonde dans ton sens, j'ai regardé C dans l'air, sur leur site, sur conseil d'un ami et je dois avouer que je n'ai pas été déçu. Encore du grand journalisme avec des analyses totalement erronées et simplistes, mais bon à l'image de ce qu'on entend un peu partout dans les médias. Quant aux manifestants qui ne voulaient pas être filmés, je comprends tout à fait leur demande, vu la qualité de l'émission et surtout du débat avec les « spécialistes » qui visiblement n'y connaissaient rien. C'est à peine s'ils n'ont pas ressorti le même charabia qu'après le 11 Septembre. A la limite, je ne serais même pas surpris que d'ici quelques jours, ils retrouvent des brochures d'Al Quaeda dans les ordinateurs des suspects. Après tout, on n'en est pas à une énormité près…
De Weatherboy
Comédien dans un système oligarchiq... | 20H33 | 13/11/2008 |
Et bien en toute modestie, il est bien, bien nullissime votre chercheur en sciences-po pour vous parler de l'anarchisme en termes de « repli sur soi » dans la pire des caricatures, alors qu'il s'agit fondamentalement du contraire.
Dans la logique anarchiste, celle développée par ses fondateurs et ceux qui ont donné leur vie à ces idées comme Koprotkine, un tel repli est synonyme de mort, de l'absence de vie qui cherche partout, lorsqu'elle est présente à se répandre « La plante ne peut pas s'empêcher de fleurir. Quelque fois fleurir pour elle c'est mourir. N'importe la sève monte toujours ».
Je pense que si chacun veut se faire une idée de l'anarchie et bien qu'on commence par lire le petit livre « la morale anarchiste » de Kropotine, ca changera de l'anarchie expliquée aux nuls moutons par la petit bourgeoisie qui vous expliquera comment tourne le monde.
De prez
01H40 | 13/11/2008 |
En tout cas lire cette article sur fond publicitaire « chronique des années de plombs » spécial Bande à Baader a quelque chose d'ironique, non ? Et si c'était du marketing viral cette histoire d'ultra-gauche ? pouf pouf.
à prez
De kebra
Bisounours killa | 02H28 | 13/11/2008 |
Après Mesrine, Baader. Si le cinéma n'arrive pas à nous créer un petit Carlos de cité, c'est que les jeunes sont sur le Net.
Attention aux vieux, les panthères grises pourraient attaquer…
De Jacky_S
02H35 | 13/11/2008 |
Très bon article. Celà dit, pour moi, ces jeunes gens sont les « idiots utiles » du Sarkozysme. Tout le reste n'est que littérature.
De jojomigrateur
Photojournaliste | 02H47 | 13/11/2008 |
»…Je vais donc devoir dresser un portrait en creux de ce mouvement pourtant pas si clandestin que ça, vu le nombre de policiers en civil sur les flancs du petit cortège à Vichy… »
Chloé Leprince déplore qu'il lui ait été impossible de rencontrer un représentant de ces autonomes et cette phrase sonne comme un aveu…
Chloé Leprince regrette que la presse ne puisse pas faire son travail mais pouvait-elle croire qu'elle soit accueillie les bras ouverts par des gens qui ont sans doute de très bonnes raisons de se méfier de la presse et d'« infiltrés » de la police…
« Nous te reconnaîtrons »
Cette phrase adressée à Chloé Leprince est peut-être un début d'explication de ces rencontres avortées… Une sorte de « délit de trop belle gueule »… ?
Un « look » qui pourrait refléter une manière d'être, des idées très éloignées des leurs… ?
Il est probable que les écrits de Chloé Leprince aient été lus, disséqués par les autonomes et que leur ton n'ait pas donné envie à ces mystérieux « autonomes » d'aller plus loin avec elle…
Chloé Leprince aurait sans doute du envisager différemment cette « rencontre du 3è type »… Mais c'est une autre histoire !
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 06H09 | 13/11/2008 |
Vous n'avez pas pu les interviewer Chloé ?
Ne vous en faites pas, la police s'en charge et le ministre continuera à dicter la suite de votre article.
Il vous donnera le nom du 1er secrétaire du parti anarchiste.
L'organigramme structurel du parti.
Les règles et interdits du parti anarchiste.
Ah, oui, anarchiste autonome ultra gauche, pardon
Ne perdez-surtout pas votre temps à lire ce que ces gens écrivent !
Le gouvernement vous explique tout que comment ça marche.
Et c'est simple :
- Eux méchants terroristes gauchistes anarchistes
- Le gouvernement : sauveur de la Fraannnnceuhhhh !
- Vous : bon journaliste qui explique bien ce que l'on lui explique d'expliquer
De lacalas
07H17 | 13/11/2008 |
rue 89
ce n'ai pas la proximité de vos locaux a ceux de la cnt qui vous donne le droit de dire des conneries sur les anarchosyndicalistes
les anars ne font pas partie de l'extreme gauche quest » ce que veut dire anarcho totos et la cerise sur le gâteau vous insinuez que les militants de la cnt sont a leurs heures perdues totos décidément les journalistes sont de moins en moins curieux et prennent trop les infos des flics pour source
chloe un conseille lire ce n'ai pas si mal et ça instruit
De antonh
curieux | 07H18 | 13/11/2008 |
faites gaffe à ce que vous dites, darcos a laché quelques centaines de milliers d'euros pour repérer les agitateurs sur la toile ! !
on est en periode de crise, on file des milliards à ceux-meme qui ont coulé leur joli système et on continue la liberalisation et la casse sociale avec un sourir tristounné et une larme à l'oeil.
le fascisme pointe son nez quand le capitalisme est en difficulté et on y est.
jusqu'à preuve du contraire, des gens qui résistent n'ont pas pignon sur rue (fusse-t-elle 89), sont discret et intégrés. je ne vois rien d'anormal dans le comportement des « autonomes ». de plus, sans medias, à vous écouter, leur mouvement grandi depuis 2006. existerait-il des medias parallèles qui recrutent du monde ou le bouche à oreille et la situation actuelle suffit à les faire apparaitre spontanement ? j'ai une idée là dessus.
notez que chez besancenot, c'est aussi essentiellement des jeunes qui arrivent au NPA…
De johanjohan
johan | 07H46 | 13/11/2008 |
Votre article me rappelle fortement l'embarras dans lequel je me suis trouvé lorsque j'avais croisé les « totos ». En fait pas exactement lorsque je les rencontré, il n'y avait alors aucun problème : nous avions occupé un édifice de l'EHESS durant la mobilisation contre le CPE, c'était sympa, très intéressant comme expérience politique (dont je suis singulièrement dépourvue il faut dire) où il y avait une véritable agora physique dans l'amphi (à l'heure d'internet c'est très valorable)… bref, le malaise est venu après.
J'avais fait publié par le journal Libération mes carnets (qui avaient été largement tronqués au passage) et je me suis retrouvé dans une situation très bizarre. Moi j'avais l'impression d'avoir un peu rétabli des faits alors que TF1 et consort étaient parti en plein délire à partir d'un graffiti qui disait « mort à la démocratie ». Mais mes « potes » (je ne connaissais personne, nous avions juste partagé quelques jours sympas et nous commencions à peine à nous reconnaître les uns et les autres lorsqu'on s'est fait viré par les CRS) ont considéré le publication comme une pure et simple trahison. Je me suis senti obligé de quitter le « groupe » puisque j'avais froissé la plupart d'entre eux. Mais j'en ai gardé beaucoup d'interrogations.
D'abord je ne comprend pas très bien cette histoire de ne pas vouloir communiquer autrement que « socialement » (des communiqués qui faisaient consensus autours d'une table). J'ai cru comprendre en feuilletant Bourdieu que les règles de la communication sont franchement défavorables pour toute personne ou groupe qui remet en question l'ordre établi. Soit. Je comprend aussi que faire des « portes-paroles » est très dangereux pour un projet politique horizontal : il donne un pouvoir médiatique intolérable à ce porte-parole (et j'ai beaucoup apprécié ce soucis assez généralisé durant le CPE de chercher à ne jamais parlé pour les autres, à part les quelques guignols des syndicats « majoritaires » qui ont préféré ne rien comprendre au mouvement).
Bien, nous avons donc deux bonnes raisons pour se méfier des médias. Mais de toutes façons une multitude de textes fleurissent sur internet et ailleurs, donc que ce soit chez Rotschild je ne vois pas le problème, ce n'est qu'un texte parmi d'autres. Surtout, comment faire de la politique sans parler ? C'est exactement un non-sens. Même AD dit des choses, les actions qu'elle a mené sont parlantes en soi. Je ne vois pas en quoi un meurtre politique serait plus significatif qu'un bon brûlot, c'est de la communication dans les deux cas.
Bref, il y a là une impasse que je n'arrive sincèrement pas à résoudre et ça me parait d'autant plus absurde que nombre de journalistes sont fort bien disposés envers les actions de protestation, quand ils ne sont pas plus nombreux que les activistes sur le site de l'action. Après, que la logique journalistique soit aux antipodes de celle de la gauche radicale, il suffit de le savoir : on ne parle pas qu'avec des amis, ou alors c'est vraiment très réduit comme affaire.
L'autre interrogation principale était sur la capacité a réellement pouvoir vivre sans règle en communauté : à l'époque, le bâtiment de l'EHESS avait été très mal entretenu durant notre « gestion ». Je trouvais vraiment intolérable que notre occupation se termine par un travail exceptionnellement lourd pour les employées qui ont nettoyé -vous voyez le genre l'extrême gauche qui a besoin de bonniches pour garder son endroit vivable- (bien que, par ailleurs, la direction de l'EHESS avait plus qu'exagéré les dégâts -elle avait abusé de la situation pour demander des fonds).
Bref, je n'ai pas compris grand-chose au « mouvement toto », d'autant que je n'ai entendu ce mot pour la première fois qu'après cette histoire. Mais je suis persuadé qu'il y a là une pensée politique en gestation et je les trouve bien courageux d'entreprendre cette tâche.
à johanjohan
De nemo3637
Déchoukeur | 13H34 | 13/11/2008 |
En fait une organisation révolutionnaire cohérente nécessite une discipline d'autant plus grande qu'elle prétend attaquer un ordre établi, fort. Elle considère que les médias lui appartienne et qu'il ne faut s'exprimer que par ses propres moyens, aussi faibles soient-ils. Ce genre d'attitude n'est pas nouveau : dans la plus grande partie de l'histoire du PCF, les médias sont appelés « la presse bourgeoise » et les membres du Parti risquent l'exclusion quand ils s'expriment sans son accord.
Si je comprends bien cette politique, j'en décèle aussi une possible dérive totalitaire née du syndrome de « la citadelle assiégée ».
Pour ma part les changements sociaux concernent tout le monde, et même des policiers peuvent être « retournés » - on ne doit pas trop compter là-dessus, bien sûr… Des journalistes, comme Albert Londres, ont ainsi évolué, s'informant et étant informé, pour ensuite redonner une information qui aidait à une prise de conscience.
Certes nous ne sommes plus au temps d'Albrt Londres et les médias ont une emprise totalitaire. Voir le dernier film « Chomsky et Cie ». Mais, jusqu'à présent,aussi, dans nos sociétés « libérales », la liberté d'expression existe. Elle est même plus grande aujourd'hui que dans les années 50-60, époque où aucun média n'aurait transcrit les propos que je suis en train d'écrire.
C'est pourquoi, avec toute la prudence nécessaire, j'aurais accepté de parler avec Chloé.
Est-ce qu'on refuse de se servir de l'avion ou d'internet parce qu'ils sont « les instruments de la bourgeoisie » ?
Mais je ne suis en aucun cas un porte-parole, ni mandaté, ni même adhérent d'une organisation comme la CNT. C'est une opinion toute personnelle.
à nemo3637
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 21H17 | 14/11/2008 |
Possible « dérive totalitaire », peut-être.
Mais c'est aussi la surveillance policière, bien réelle et qui ne date pas d'hier (COINTELPRO aux USA, etc.), qui explique la paranoïa de certains militants.
En mettant en application le principe « vous pouvez être surveillés », les autorités favorisent les processus sectaires, ce qui permet ensuite de désamorcer ces mouvements qui, une fois « passé les bornes » (éminemment variables selon les lois et pratiques judiciaires en vigueur), deviennent « démocratiquement illégitimes » et ressortent donc du « terrorisme ».
Les Etats démocratiques modernes secrètent leur propre terrorisme, en criminalisant le mouvement social et en favorisant la surveillance.
C'est pourquoi les citoyens démocratiques ne peuvent se battre contre ces autorités qu'en restant ouverts sur le reste de la société.
Difficile à une époque où le brave citoyen croit que les prélèvements ADN, c'est pas grave, ça sert que pour les méchants.
De Sinouhé
08H07 | 13/11/2008 |
En fait ils mène tous le même combat…a l'extrême au centre et a l'autre extrême…
Certain on dit :
« Nous déclarons l'état permanent de grossesse qui donnera naissance aux monstre et aux mutants, a tous ce qui vous ferra peur, car tous ce que nous voulons c'est ébranlé votre ordre »
Les autres ont dit :
« Nous déchaînerons le feu et le sang pour instauré l'ordre nouveaux qui fera naître l'homme pur, car le faible doit périr ou servir l'ordre, la fin justifie les moyens »
Il se projette mutuellement les flash de leurs propre mémoire non exprimé….
L'action qu'ils mènes est alimenter par la résurgence de karma mal digéré.
Ils participent tous a leurs manière a la chute inévitable du genre humain…
Ils participent tous a la grande transmutation salutaire qui sera la vrai grande révolution… « LE REVE EN EVOLUTION »
Bonne journée.
De flastflood
Situation | 08H54 | 13/11/2008 |
enarchie ou anarchie ?
qu'est ce qui prouve que l'enarchie fait moins de dégâts que l'anarchie ?
et l'anarchie ne serait pas aussi performante que l'enarchie ?
des individualités forcenées ,dans tous les cas ,qui ne font que ce qu'elles veulent .
De sinclair
08H58 | 13/11/2008 |
Le panurgisme journalistique n'en finit pas de m'étonner. Après l'Obamania imbécile sans vision critique le Royalisme a l'assaut de la démocratie d'un PS . Voila l'Ultra Gauche désigne par un mâle mouvement de menton de notre ministre de l'intérieur. Mouvance tout de suite désignée étiquetée comme dangereuse pour la démocratie.
En fait condamnée et charge de tout sans preuve par une meute de journaliste sans cervelle. On a meme ete dans leur village interviewer leurs voisins au sujet de leur dangerosite sans preuve ni rien de réel a leur reprocher. Des criminels madame michu.
Voir un autre point de vue ca existe http://www.bakchich.info : 8080/article5808.html
à sinclair
De CA Not Dead
Glandouilleur Pro | 09H42 | 13/11/2008 |
Bientôt chez delarue et mireille dumas !
On sent bien le besoin gouvernementale de marginaliser, voir d'instiller la peur sur une partie de la population qui ne se comporte pas comme des moutons.
Tout ce que je lis en ce moment sur ces mouvements est très réducteur, limite caricatural. je comprends leur appréhension face aux journalistes…
Pour l'histoire du train, wait&see, mais à mon avis c'est de la propagande médiatique. Le gouvernement s'en fout le plus important est fait, la France continue d'avoir peur tous les soirs a 20h !
à CA Not Dead
De Manof
Prof libérale Paris | 10H25 | 13/11/2008 |
Entièrement d'accord, cf « Black War ».