Les Désobéissants enseignent comment gêner la police et gérer les médias. Ils veulent essaimer partout en France.
(De Meisenthal, Moselle) La scène se passe fin octobre à Meisenthal, dans les Vosges. Une douzaine de jeunes, répartis en policiers et manifestants, miment dans un centre culturel l'occupation de la centrale nucléaire de Fessenheim, devant les yeux de son directeur, « M. Sans-Souci », alias Xavier Renou, porte-parole des Désobéissants.
Xavier Renou, que les lecteurs de Rue89 connaissent bien (voir notamment ses actions il y a peu à Vichy et son interview), était venu pour animer un stage sur la « désobéissance civile », organisé au sein d'un forum social local appelé « Octobre verre ». (Voir la vidéo)
Ce n'était pas une première pour le médiatique porte-parole, puisqu'en deux ans d'existence, les Désobéissants -c'est-à-dire Xavier Renou la plupart du temps- ont déjà animé une quarantaine de stages similaires.
Parmi les participants, des militants anti-pub, des faucheurs volontaires, des membres du Réseau éducation sans frontière, etc. Les Désobéissants ont même assuré des formations express pour les étudiants de Nantes, lorsqu'ils ont bloqué leur université en novembre 2007.
« Les militants formés sont plus efficaces »
« Nous sommes issus de la lutte contre le nucléaire militaire », explique Xavier Renou, ancien responsable de cette campagne chez Greenpeace :
« Nous avons pu observer l'organisation des groupes d'opposition européens lors des contre-sommets de l'Otan notamment. Puis en rentrant en France, on s'est dit qu'il était dommage de ne pas faire profiter les militants français de nos connaissances. »
Appliquant une stricte discipline face aux forces de l'ordre et les techniques de Greenpeace quant aux rapports avec les médias, les Désobéissants entendent aussi faire école dans les grandes régions françaises, pour que ces savoirs se diffusent dans tous les collectifs en lutte.
« Les militants formés sont plus efficaces », enseigne Xavier Renou à ses stagiaires :
« Nous n'avons pas le même accès aux médias que nos adversaires, qui peuvent se faire inviter sur les plateaux de télévision. Donc, le message essentiel de la lutte doit passer pendant les quelques minutes que les médias nous accordent et ce, quelle que soit la question du journaliste. »
Un militant bien formé, voici à quoi ça ressemble face à la caméra. (Voir la vidéo)
« A l'heure actuelle, nous disposons de 3 000 à 4 000 personnes prêtes à servir pour des luttes diverses », estime Xavier Renou :
« C'est encore trop tôt pour entrer dans une démarche professionnelle, d'autant que nous voulons maintenir des prix d'accès à nos stages les moins élevés possibles (actuellement, 20 euros par personne). Mais il y a une très forte demande de la part d'associations diverses et nous sommes déterminés à y répondre. »
Vidéo : David Thiriet




















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De Marina
nc | 11H46 | 11/11/2008 |
Ce qui fait la force de la désobéissance civile, c'est sa spontanéité.
Ces formations ont pour but de rationaliser ce qui, à la base, est une réaction émotionnelle (la colère).
Un stage de « Comment devenir un bon révolté en 10 leçons » me laisse perplexe.
De skalpa
actif et militant ? | 11H52 | 11/11/2008 |
Merci à vous pour ce coup de projecteur…
C'est clair qu'il va falloir être de plus en plus vigilants, deux ou trois adresses utiles :
http://www.guidejuridique.net/
http://www.agoravox.fr/article.php3 ? id_article=46383
http://vegantekno.free.fr/manifestant_e.txt
Et en ce jour commémoratif de la grande boucherie :


http://kprodukt.blogspot.com
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 12H09 | 11/11/2008 |
Nous aurons toujours des imbéciles pour confondre désobéissance civile et sabotage des lignes de chemins de fer (et je parie à dix contre un qu'ils ne mettront pas longtemps à se manifester ici même).
Or, même si ça peut sembler paradoxal aux esprits simplets, les « désobéissants civils » sont bien souvent d'excellents citoyens, ne serait-ce que parce qu'ils connaissent leurs droits et leurs devoirs et qu'ils savent jusqu'où ils peuvent aller trop loin. Ce type de formation est le même que suivent ceux qui partent en mission civile en Israël. Elles ont précisément pour but d'éviter les erreurs qui finissent immanquablement par affaiblir la cause défendue, et qui surtout coûtent très cher au final à ceux que nous prétendons défendre.
De caro
délinquante avérée | 12H42 | 11/11/2008 |
Il faudrait demander à Xavier Renou si ses formations entrent dans le cadre du DIF (droit individuel à la formation). Ce serait assez amusant de se servir du droit d'un système pour apprendre à y résister.
Et pour les demandeurs d'emploi en tout genre, insister pour suivre cette formation « citoyenne » à la non violence, en démontrer la nécessité pour apprendre à se contrôler en vue d'une meilleure intégration. Ca ne pourrait que décider les financeurs. Une formation gratuite est impensable pour eux, et puis ce serait un moyen que les « désobéissants » obtiennent des subsides du système qu'ils combattent.
Et puis, n'oubliez pas les retraité-es ; )
De la boucherie que l'on commémore aujourd'hui, passons à la résistance passive/active non violente.
Bonne journée.
De Fondriest
euh | 12H55 | 11/11/2008 |
« De la boucherie que l'on commémore aujourd'hui, passons à la résistance passive/active non violente. »
==> Résistance à quoi, exactement ? Aux lois de la République, votées par la représentation populaire ? Et dans quel but ? Imposer le point de vue d'un ou plusieurs groupuscules qui estiment nécessaire d'imposer LEUR vision de la société (apporter le bonheur aux gens malgré eux), c'est bien ça ?
Quelle est la légitimité de ces groupes, qui prétendent à tous les coups détenir le monopole du bien ? J'espère au moins que vous ne vous prétendez pas démocrate…
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 13H16 | 11/11/2008 |
Si vous remontez à l'origine de la désobéissance civile (c'est-à-dire Thoreau), vous constaterez que les « désobéissants civils » ont pour singularité (ou devraient avoir) d'assumer les conséquences de leurs actes. C'est ainsi que Thoreau, refusant de payer son impôt au motif qu'il finançait une guerre qu'il tenait pour infâme, a fulminé contre ses amis qui l'avaient payé à sa place, considérant qu'ils avaient vidé sa protestation de sa substance.
Il me semble que la désobéissance civile devrait être, au minimum, une tournure d'esprit quasiment instinctive. Particulièrement après les expériences politiques funestes qu'a connu l'Europe au vingtième siècle, je crois qu'il est tout particulièrement salutaire de remettre en question a priori la légitimité des décisions de l'Etat (quel que soit l'Etat).
Vous voyez que nous sommes très loin de vouloir imposer un point de vue, et surtout pas minoritaire, ne serait-ce que parce qu'il s'agit d'action non-violente.
De A.V.
tamagotchi89 | 13H39 | 11/11/2008 |
Ce qui marche à fond avec les flics, c'est l'humour. Quand on prend tout au premier degré, ça devient l'embrouille. Extrait :
- Vous appartenez à une organisation ?
- « C.A.R.C.F.R.H.E »
- ? ? …
- « Cellule d'Action Révolutionnaire Canal Familles Rurales Halte aux Éoliennes »
- Vous sabotez les éoliennes ?
- Nan, ça c'est la C.A.R.C.C.P.H.E.
- ? ? …
- « Cellule d'Action Révolutionnaire Canal Confédération Paysanne Halte aux Éoliennes ». Nous, on est pour les éoliennes.
- Vous venez de me dire que vous faisiez partie d'une organisation machin Halte aux Éoliennes.
- Oui.
- Bah alors ? …
- On est pour les éoliennes parce que ça crée des emplois en zone rurale. Par contre, une fois installées, c'est Halte aux Éoliennes ! On ne veut pas qu'elles tournent. Trop de nuisances.
- Comment avez-vous été averti de cette action ?
- Par une lettre de Ti'coquin le Bisounours.
- Le juge appréciera.
- C'est un nom de code. Chacun le sien, et son masque de Bisounours. Ça évite de donner ses camarades. Moi, je suis Maminours. On a même notre hymne :
« Oui je veux être un bisou
Oh j'en veux plein dans le cou, un nounours
Oh doux comme de la mousse, un Bisounours
Aimer comme tous les Bisounours »…
- Ça va.
- Ce petit groupe, vous le recrutez comment ?
- Par l'émission « Le jour du Seigneur ».
- Tu commences à me faire chier, Maminours.
- Nan, nan, sérieux. Chaque dimanche, tous les gens du coin matent le début de l'émission. Le prochain commando est composé de Bisounours dont le prénom commence par la 3è lettre du 20è mot prononcé dans l'émission. C'est comme ça que ça marche. Ensuite, pour le lieu et l'heure, on regarde les Pokémon.